| Index | Mots: Alphabétique - Fréquence - Inversions - Longueur - Statistiques | Aide | Bibliothèque IntraText |
| Guy de Maupassant Musotte IntraText CT - Lecture du Texte |
LES MÊMES, plus PETITPRÉ, paraissant au fond, avec LÉON.
PETITPRÉ : Puisque ça se passe comme tous les jours, voulez-vous faire une partie de billard avec moi, monsieur Martinel ?
MARTINEL : Je crois bien. J'adore le billard.
LÉON, descendant : Comme papa !... Et il paraît que quand on aime le billard, c'est une passion. Vous êtes deux petits passionnés, quoi !
MARTINEL : Voyez-vous, mon garçon, quand on avance dans l'existence, et qu'on n'a pas de famille, il faut bien se réfugier dans ces plaisirs-là. Avec la pêche à la ligne pour le matin, le billard pour le soir, on possède deux goûts sérieux et captivants.
LÉON : Oh ! oh ! la pêche à la ligne ! Se lever de grand matin ; s'asseoir, les pieds dans l'eau, sous la pluie et le vent, dans l'espoir de prendre tous les quarts d'heure un poisson gros comme une allumette... Un goût captivant, ça ?
MARTINEL : Mais sans doute. Croyez-vous qu'il y ait un amoureux au monde capable d'en faire autant pour une femme pendant dix, douze ou quinze ans de sa vie ? Allons donc, il y renoncerait au bout de quinze jours !
MADAME DE RONCHARD : Ah ! certes !
LÉON : Moi, je me connais... Je n'attendrais pas la semaine !
PETITPRÉ : Allons, mon cher Martinel. En cinquante, voulez-vous ?
MARTINEL : En cinquante, ça va ! A tout à l'heure, madame de Ronchard !
MADAME DE RONCHARD : En est-il assez, du Havre !
Martinel et Petitpré sortent par le fond.