Par.
1 5| serait insuffisant.~21 août 1882~
2 | 21
3 | 24
4 4| pénibles, très pénibles. Ayant abandonné à ses sueurs sa part d'héritage,
5 1| pièces ou quelques fragments absolument inédits. Aujourd'hui je
6 1| les nombreux parents des académiciens déclaraient Louis Bouilhet
7 1| était bibliothécaire. L'académie locale le méprisait un peu,
8 1| vers.~ Le soir même j'achetais Festons et Astragales. Et
9 5| jeunes et vieux de la France actuelle : Banville, Coppée, Silvestre,
10 1| Quelques jeunes gens l'admiraient frénétiquement.~ Un jour,
11 1| rappellera ses œuvres si admirées des lettrés et peu lues
12 4| un dernier livre :~ ~~~J'adore à présent l'héritière~Du
13 1| une caisse portant comme adresse : « A monsieur le président
14 3| toujours en éveil, toujours aiguë, mais paternelle, qui semblait
15 4| les roses, tout ce qu'il aimait d'un amour chantant et attendri,
16 1| que j'ai connu, que j'ai aimé, et que j'ai vu dans l'intimité
17 2| longtemps sans venir ; j'allais m'en aller quand je distinguai
18 4| déchiquetant, tout le long d'une allée, deux fines bordures de
19 3| infiniment bon et perçant, s'allumait d'une petite lueur moqueuse
20 4| verve nourrie, de grande allure classique, pleine de souffle
21 4| théâtre fut la Conjuration d'Amboise.~ Ses deux recueils de
22 | ami
23 5| lettrés, peu nombreux, et les amis particuliers de l'écrivain,
24 | amour
25 1| vers charmants, sonores, amoureux, caressant l'oreille et
26 2| certaine pédanterie, ces vers anciens :~ ~~~Puis, du livre ennuyé,
27 5| journaux locaux viennent d'annoncer que l'inauguration du monument
28 5| qui serait insuffisant.~21 août 1882~
29 4| finesse en même temps.~ J'appris un jour qu'il était fort
30 2| distinguai des pas qui s'approchaient. La porte s'ouvrit. J'étais
31 2| demander à Flaubert, dont je n'approchais alors qu'avec un respect
32 1| brusque comme pour nous arrêter ; puis il salua, d'une façon
33 1| ventre en avant, la tête en arrière, l'œil voilé d'un pince-nez.~
34 1| Mercredi dernier, est arrivée, en gare de Rouen, une caisse
35 3| résistante de sa nature d'artiste. Car il avait, ce poète
36 4| Paris est le fumier des artistes ; ils ne peuvent donner
37 2| regardait d'un air surpris en attendant que je parlasse. Quant à
38 4| aimait d'un amour chantant et attendri, pour se presser autour
39 5| cette cérémonie qui pourrait attirer devant le buste du poète
40 1| par Henry Monnier pour les attribuer à l'immortel Prudhomme.~
41 3| volonté, il avait plus qu'aucun autre la verve railleuse,
42 1| fragments absolument inédits. Aujourd'hui je raconterai l'homme
43 | autres
44 | avant
45 2| dans les premiers champs d'avoine ou de blé. Elles sont faites
46 | Ayant
47 2| ces interminables rues des banlieues provinciales qui vont de
48 5| de la France actuelle : Banville, Coppée, Silvestre, Mendès,
49 1| indigène, M. Decorde, un barde étonnant dont les vers semblent
50 | bas
51 | beaucoup
52 1| pensée comme font tous les beaux vers.~ Le soir même j'
53 4| entend le bruit~Du vieux qui bêche dans la nuit.~. . . . . . . . . . . . . . . . . .~. . . . . . . . . . . . . . . . . .~~
54 4| sont comparables aux plus belles choses des grands poètes,
55 4| être point pédant. »~ Le besoin de produire le harcelant,
56 1| beaucoup parce qu'il était bibliothécaire. L'académie locale le méprisait
57 4| Un jour, bientôt, quand ? je l'ignore,~A
58 3| petite lueur moqueuse et bienveillante. On y voyait distinctement
59 2| seul.~ Il habitait rue Bihorel, une de ces interminables
60 2| premiers champs d'avoine ou de blé. Elles sont faites de murs
61 4| fines bordures de bouquets bleus.~ Et je répétais machinalement
62 | bonne
63 2| Le chemin, droit, était bordé de fleurs des deux côtés,
64 4| d'une allée, deux fines bordures de bouquets bleus.~ Et
65 3| Des gens sourient de la bouche seulement ; lui, il souriait
66 4| venir à vingt ans sur les boulevards.~ Pendant six mois, je
67 4| deux fines bordures de bouquets bleus.~ Et je répétais
68 5| Coppée, Silvestre, Mendès, Bourget, etc., on s'exposerait à
69 2| ville à la campagne. Par un bout elles plongent dans la foule
70 | bras
71 4| écrasant les plates-bandes, broyant les œillets, les roses,
72 4| toc, toc, on entend le bruit~Du vieux qui bêche dans
73 1| chose rare, eut un geste brusque comme pour nous arrêter ;
74 4| était fort malade. Il mourut brusquement le lendemain.~ Et je
75 1| arrivée, en gare de Rouen, une caisse portant comme adresse : «
76 1| bien qu'il fût le plus cher camarade de Flaubert.~ En ville,
77 4| grecques.~ M. Maxime Du Camp, dans ses indiscrétions
78 2| qui vont de la ville à la campagne. Par un bout elles plongent
79 4| et la tête dans son air capiteux et vif, toute leur complète
80 2| et honneste.~Un autre en caquetant m'étourdiroit la teste.~~~ ~
81 3| particulier, distinctif, caractéristique de sa figure.~ Des gens
82 1| charmants, sonores, amoureux, caressant l'oreille et la pensée comme
83 2| habitation, toute simple et carrée. Le chemin, droit, était
84 4| presser autour du lourd cercueil de chêne que quatre croque-morts
85 | cet
86 2| effacent dans les premiers champs d'avoine ou de blé. Elles
87 4| Astragales et Dernières Chansons, le classent au premier
88 4| qu'il aimait d'un amour chantant et attendri, pour se presser
89 | chaque
90 3| première fois cet étrange et charmant sourire, qui était bien
91 1| vers de Melœnis, des vers charmants, sonores, amoureux, caressant
92 4| force et de rythme, son chef-d'œuvre peut-être.~ Puis,
93 2| toute simple et carrée. Le chemin, droit, était bordé de fleurs
94 4| autour du lourd cercueil de chêne que quatre croque-morts
95 1| bien qu'il fût le plus cher camarade de Flaubert.~
96 4| soirs~Au rendez-vous du cimetière.~~Toc, toc, toc, on entend
97 3| observation mordante, le mot cinglant sans devenir cependant jamais
98 2| passions du poète. Je lui citai, non sans une certaine pédanterie,
99 1| et je pourrai peut-être citer quelques pièces ou quelques
100 4| et Dernières Chansons, le classent au premier rang des vrais
101 4| nourrie, de grande allure classique, pleine de souffle épique
102 2| venais, pendant le tour de clef, d'oublier complètement
103 1| nous nous dirigions vers le collège, après une promenade, le
104 1| monsieur le président du comité Bouilhet », puis plus bas : «
105 2| regardois les fleurs.~Charmante compagnie et utile et honneste.~Un
106 4| les poésies détachées sont comparables aux plus belles choses des
107 4| capiteux et vif, toute leur complète floraison. Et il ne suffit
108 2| tour de clef, d'oublier complètement le discours habile et flatteur
109 4| vers. C'est alors qu'il composa Melœnis, une merveille exquise
110 2| et d'arbres ombrageants conduisait à l'habitation, toute simple
111 4| succès au théâtre fut la Conjuration d'Amboise.~ Ses deux
112 | contre
113 4| vers une grandeur un peu convenue dont il se fût peut-être
114 5| France actuelle : Banville, Coppée, Silvestre, Mendès, Bourget,
115 2| bordé de fleurs des deux côtés, non pas d'une simple ligne
116 3| semblait le fond même, la couche résistante de sa nature
117 4| ses idées, ses mœurs, ses coutumes intimes, sa gouaillerie,
118 2| alors qu'avec un respect craintif, de m'introduire chez Bouilhet.
119 4| cercueil de chêne que quatre croque-morts emportaient en déchiquetant,
120 3| devenir cependant jamais cruel. Son rire était bon enfant.~
121 5| démentie et qu'on fixera une date plus éloignée. En précipitant
122 4| dont il se fût peut-être débarrassé s'il avait pu, comme bien
123 4| était, dans l'intimité, débordant d'une verve incomparable,
124 4| Il avait eu des débuts pénibles, très pénibles.
125 4| croque-morts emportaient en déchiquetant, tout le long d'une allée,
126 1| immédiatement il se mit à déclamer les vers de Melœnis, des
127 1| parents des académiciens déclaraient Louis Bouilhet surfait.
128 1| d'un poète indigène, M. Decorde, un barde étonnant dont
129 1| princes, un gros monsieur décore à longues moustaches tombantes
130 3| qui ne recherche point les délicates ornementations, intérieur
131 4| inconsciente, incapable de subtiles délicatesses, piétinant ses fleurs, écrasant
132 2| jeune encore je n'osais demander à Flaubert, dont je n'approchais
133 5| que cette nouvelle sera démentie et qu'on fixera une date
134 2| tantôt très grands, et les demeures sont plantées au fond de
135 4| machinalement les tristes vers de la dernière pièce d'un dernier livre :~ ~~~
136 4| Festons et Astragales et Dernières Chansons, le classent au
137 4| Bouilhet, dont les poésies détachées sont comparables aux plus
138 1| respectueuse et humble, ainsi qu'on devait jadis saluer les princes,
139 | devant
140 1| Un jour, comme nous nous dirigions vers le collège, après une
141 2| oublier complètement le discours habile et flatteur que je
142 5| devant le buste du poète disparu tous les poètes jeunes et
143 3| bienveillante. On y voyait distinctement cette ironie toujours en
144 3| bien le signe particulier, distinctif, caractéristique de sa figure.~
145 2| allais m'en aller quand je distinguai des pas qui s'approchaient.
146 1| Flaubert.~ J'avais alors dix-huit ans, et je faisais ma rhétorique
147 | donc
148 4| pas de ta maison,~J'irai dormir sous le gazon.~Que tu seras
149 | droit
150 4| délicatesses, piétinant ses fleurs, écrasant les plates-bandes, broyant
151 5| les amis particuliers de l'écrivain, ce qui serait insuffisant.~
152 4| leçons pour vivre, tout en écrivant des vers. C'est alors qu'
153 3| raffinement, cornélien par éducation littéraire, par volonté,
154 2| autre, elles se perdent, s'effacent dans les premiers champs
155 5| on fixera une date plus éloignée. En précipitant ainsi cette
156 4| que quatre croque-morts emportaient en déchiquetant, tout le
157 2| contre une petite porte encastrée dans une haute muraille,
158 2| plantées au fond de ces enclos, loin de la rue. Je tirai
159 3| cruel. Son rire était bon enfant.~ Je pénétrai dans le
160 2| faites de murs et de haies enfermant des jardins tantôt petits,
161 2| anciens :~ ~~~Puis, du livre ennuyé, je regardois les fleurs.~
162 | ensuite
163 4| cimetière.~~Toc, toc, toc, on entend le bruit~Du vieux qui bêche
164 2| une haute muraille, et j'entendis, tout là-bas, tinter une
165 2| me tendit la main, et j'entrai.~ Un long jardin planté
166 1| Bouilhet », puis plus bas : « Envoi de M. Guillaume. »~ C'
167 2| odeurs remuées semblaient épaissir l'air.~ C'était là une
168 4| classique, pleine de souffle épique et de finesse en même temps.~
169 3| plus remarquables de son époque.~
170 3| ornementations, intérieur d'érudit surtout, car il était un
171 5| aura lieu le 24 de ce mois. Espérons que cette nouvelle sera
172 4| intimes, sa gouaillerie, son esprit vous soient familiers de
173 1| pion, un piocheur qu'on estimait, chose rare, eut un geste
174 | étaient
175 2| approchaient. La porte s'ouvrit. J'étais en face du gros monsieur
176 5| Silvestre, Mendès, Bourget, etc., on s'exposerait à n'avoir,
177 1| indigène, M. Decorde, un barde étonnant dont les vers semblent avoir
178 2| Un autre en caquetant m'étourdiroit la teste.~~~ ~
179 3| pour la première fois cet étrange et charmant sourire, qui
180 | eu
181 3| cette ironie toujours en éveil, toujours aiguë, mais paternelle,
182 4| plein cependant de richesses exceptionnelles, une certaine tendance vers
183 2| ligne comme les jardiniers experts en font serpenter autour
184 5| Mendès, Bourget, etc., on s'exposerait à n'avoir, ce jour-là, autour
185 4| composa Melœnis, une merveille exquise de grâce, de force et de
186 2| porte s'ouvrit. J'étais en face du gros monsieur qu'avait
187 1| arrêter ; puis il salua, d'une façon respectueuse et humble,
188 1| alors dix-huit ans, et je faisais ma rhétorique à Rouen. Je
189 | faisait
190 | fait
191 | faites
192 1| vers semblent avoir été faits par Henry Monnier pour les
193 4| son esprit vous soient familiers de bonne heure. Quelque
194 2| connaissait depuis longtemps ma famille, il me tendit la main, et
195 2| rue. Je tirai un fil de fer pendu contre une petite
196 4| aux bras noirs,~Je suis fidèle tous les soirs~Au rendez-vous
197 3| distinctif, caractéristique de sa figure.~ Des gens sourient de
198 2| loin de la rue. Je tirai un fil de fer pendu contre une
199 | fin
200 1| grisé de cette vibrante et fine poésie.~
201 4| le long d'une allée, deux fines bordures de bouquets bleus.~
202 4| de souffle épique et de finesse en même temps.~ J'appris
203 5| nouvelle sera démentie et qu'on fixera une date plus éloignée.
204 2| complètement le discours habile et flatteur que je préparais depuis
205 4| vif, toute leur complète floraison. Et il ne suffit pas d'y
206 | fois
207 4| merveille exquise de grâce, de force et de rythme, son chef-d'
208 | fort
209 4| présent l'héritière~Du vieux fossoyeur aux bras noirs,~Je suis
210 1| quelques pièces ou quelques fragments absolument inédits. Aujourd'
211 | France
212 1| jeunes gens l'admiraient frénétiquement.~ Un jour, comme nous
213 2| long jardin planté d'arbres fruitiers et d'arbres ombrageants
214 4| tard à Paris. Paris est le fumier des artistes ; ils ne peuvent
215 4| puissant, génial qu'on soit, on garde, quand on ne sait pas devenir
216 1| dernier, est arrivée, en gare de Rouen, une caisse portant
217 4| maison,~J'irai dormir sous le gazon.~Que tu seras charmante
218 4| Quelque grand, puissant, génial qu'on soit, on garde, quand
219 1| estimait, chose rare, eut un geste brusque comme pour nous
220 1| sa vie, on réveillera sa gloire. Je veux, un des premiers,
221 4| ses coutumes intimes, sa gouaillerie, son esprit vous soient
222 4| une merveille exquise de grâce, de force et de rythme,
223 4| d'une verve nourrie, de grande allure classique, pleine
224 4| certaine tendance vers une grandeur un peu convenue dont il
225 4| dit de lui : « Nul poète grec, nul poète latin qui ne
226 4| magnifiques études latines et grecques.~ M. Maxime Du Camp,
227 1| pendant un mois je restai grisé de cette vibrante et fine
228 1| ville, on ne le connaissait guère ; mais on en parlait beaucoup
229 1| plus bas : « Envoi de M. Guillaume. »~ C'était le buste
230 1| par son plus intime ami, Gustave Flaubert.~ J'avais alors
231 2| complètement le discours habile et flatteur que je préparais
232 4| avec Madame de Montarcy. Il habita Mantes ensuite, puis Rouen
233 2| résolus d'y aller seul.~ Il habitait rue Bihorel, une de ces
234 4| faut que ses maisons, ses habitants, ses idées, ses mœurs, ses
235 2| ombrageants conduisait à l'habitation, toute simple et carrée.
236 4| Il en faisait sa lecture habituelle et savait n'être point pédant. »~
237 2| sont faites de murs et de haies enfermant des jardins tantôt
238 4| Le besoin de produire le harcelant, il se mit à donner des
239 2| porte encastrée dans une haute muraille, et j'entendis,
240 1| semblent avoir été faits par Henry Monnier pour les attribuer
241 4| abandonné à ses sueurs sa part d'héritage, il s'était mis à travailler
242 4| J'adore à présent l'héritière~Du vieux fossoyeur aux bras
243 4| soient familiers de bonne heure. Quelque grand, puissant,
244 1| Aujourd'hui je raconterai l'homme en quelques lignes, mêlant
245 2| Charmante compagnie et utile et honneste.~Un autre en caquetant m'
246 1| absolument inédits. Aujourd'hui je raconterai l'homme en
247 3| surtout, car il était un des humanistes les plus remarquables de
248 1| une façon respectueuse et humble, ainsi qu'on devait jadis
249 4| maisons, ses habitants, ses idées, ses mœurs, ses coutumes
250 4| jour, bientôt, quand ? je l'ignore,~A quatre pas de ta maison,~
251 | ils
252 1| est Louis Bouilhet. » Et immédiatement il se mit à déclamer les
253 1| Monnier pour les attribuer à l'immortel Prudhomme.~ Dans le public,
254 1| maintenant, et dont on va inaugurer le monument dans quelques
255 4| la foule inconsciente, incapable de subtiles délicatesses,
256 4| intimité, débordant d'une verve incomparable, d'une verve nourrie, de
257 4| rappelle la foule, la foule inconsciente, incapable de subtiles délicatesses,
258 1| sous l'influence d'un poète indigène, M. Decorde, un barde étonnant
259 4| Maxime Du Camp, dans ses indiscrétions littéraires, dit de lui : «
260 1| quelques fragments absolument inédits. Aujourd'hui je raconterai
261 3| Son œil large et bon, infiniment bon et perçant, s'allumait
262 1| méprisait un peu, sous l'influence d'un poète indigène, M.
263 5| écrivain, ce qui serait insuffisant.~21 août 1882~
264 2| rue Bihorel, une de ces interminables rues des banlieues provinciales
265 1| sues de lui par son plus intime ami, Gustave Flaubert.~
266 4| ses mœurs, ses coutumes intimes, sa gouaillerie, son esprit
267 2| un respect craintif, de m'introduire chez Bouilhet. Je résolus
268 4| quatre pas de ta maison,~J'irai dormir sous le gazon.~Que
269 3| voyait distinctement cette ironie toujours en éveil, toujours
270 1| humble, ainsi qu'on devait jadis saluer les princes, un gros
271 | jamais
272 2| et j'entrai.~ Un long jardin planté d'arbres fruitiers
273 2| une simple ligne comme les jardiniers experts en font serpenter
274 2| et de haies enfermant des jardins tantôt petits, tantôt très
275 2| Tout jeune encore je n'osais demander
276 5| exposerait à n'avoir, ce jour-là, autour du monument que
277 5| Les journaux locaux viennent d'annoncer
278 | jusqu
279 2| muraille, et j'entendis, tout là-bas, tinter une sonnette. On
280 3| des lèvres.~ Son œil large et bon, infiniment bon et
281 2| étaient deux nappes, deux larges viviers de fleurs magnifiques,
282 4| Nul poète grec, nul poète latin qui ne lui fût connu. Il
283 4| fait de magnifiques études latines et grecques.~ M. Maxime
284 4| il se mit à donner des leçons pour vivre, tout en écrivant
285 4| connu. Il en faisait sa lecture habituelle et savait n'être
286 4| Il mourut brusquement le lendemain.~ Et je me rappelle la
287 | leur
288 3| encore du regard que des lèvres.~ Son œil large et bon,
289 2| côtés, non pas d'une simple ligne comme les jardiniers experts
290 1| raconterai l'homme en quelques lignes, mêlant à mes souvenirs
291 3| cornélien par éducation littéraire, par volonté, il avait plus
292 4| dans ses indiscrétions littéraires, dit de lui : « Nul poète
293 1| bibliothécaire. L'académie locale le méprisait un peu, sous
294 5| Les journaux locaux viennent d'annoncer que
295 3| Je pénétrai dans le logis, intérieur simple de poète,
296 1| un gros monsieur décore à longues moustaches tombantes qui
297 4| pour se presser autour du lourd cercueil de chêne que quatre
298 1| à Rouen. Je n'avais rien lu de Bouilhet, bien qu'il
299 1| admirées des lettrés et peu lues maintenant du public ; on
300 3| s'allumait d'une petite lueur moqueuse et bienveillante.
301 4| bleus.~ Et je répétais machinalement les tristes vers de la dernière
302 4| premier grand succès avec Madame de Montarcy. Il habita Mantes
303 2| famille, il me tendit la main, et j'entrai.~ Un long
304 4| ignore,~A quatre pas de ta maison,~J'irai dormir sous le gazon.~
305 1| promeneur fut loin, notre maître d'études qui l'avait longtemps
306 4| un jour qu'il était fort malade. Il mourut brusquement le
307 4| notre siècle.~ Son grand malheur est d'avoir toujours été
308 4| Madame de Montarcy. Il habita Mantes ensuite, puis Rouen vers
309 1| moustaches tombantes qui marchait, le ventre en avant, la
310 4| latines et grecques.~ M. Maxime Du Camp, dans ses indiscrétions
311 4| était mis à travailler la médecine, après avoir fait de magnifiques
312 1| homme en quelques lignes, mêlant à mes souvenirs personnels
313 5| Banville, Coppée, Silvestre, Mendès, Bourget, etc., on s'exposerait
314 1| bibliothécaire. L'académie locale le méprisait un peu, sous l'influence
315 1| Mercredi dernier, est arrivée, en
316 4| il composa Melœnis, une merveille exquise de grâce, de force
317 | mes
318 4| part d'héritage, il s'était mis à travailler la médecine,
319 4| devenir parisien jusqu'aux moelles, quelque chose de provincial.
320 4| habitants, ses idées, ses mœurs, ses coutumes intimes, sa
321 1| avoir été faits par Henry Monnier pour les attribuer à l'immortel
322 4| grand succès avec Madame de Montarcy. Il habita Mantes ensuite,
323 4| choses des grands poètes, montre dans son théâtre, plein
324 3| allumait d'une petite lueur moqueuse et bienveillante. On y voyait
325 3| railleuse, l'observation mordante, le mot cinglant sans devenir
326 1| était le buste du poète mort, voici treize ans maintenant,
327 3| observation mordante, le mot cinglant sans devenir cependant
328 4| il était fort malade. Il mourut brusquement le lendemain.~
329 1| monsieur décore à longues moustaches tombantes qui marchait,
330 2| encastrée dans une haute muraille, et j'entendis, tout là-bas,
331 2| blé. Elles sont faites de murs et de haies enfermant des
332 2| plates-bandes ; mais c'étaient deux nappes, deux larges viviers de
333 4| vieux fossoyeur aux bras noirs,~Je suis fidèle tous les
334 | nom
335 2| depuis trois jours. Je me nommai tout simplement. Comme il
336 4| incomparable, d'une verve nourrie, de grande allure classique,
337 | nouvelle
338 2| de toute race, de toute nuance, dont les odeurs remuées
339 4| vieux qui bêche dans la nuit.~. . . . . . . . . . . . . . . . . .~. . . . . . . . . . . . . . . . . .~~
340 3| autre la verve railleuse, l'observation mordante, le mot cinglant
341 1| cérémonie d'inauguration, je m'occuperai de son œuvre, et je pourrai
342 2| de toute nuance, dont les odeurs remuées semblaient épaissir
343 4| plates-bandes, broyant les œillets, les roses, tout ce qu'il
344 1| nom ; on rappellera ses œuvres si admirées des lettrés
345 2| arbres fruitiers et d'arbres ombrageants conduisait à l'habitation,
346 1| sonores, amoureux, caressant l'oreille et la pensée comme font
347 3| recherche point les délicates ornementations, intérieur d'érudit surtout,
348 2| Tout jeune encore je n'osais demander à Flaubert, dont
349 | où
350 2| pendant le tour de clef, d'oublier complètement le discours
351 2| approchaient. La porte s'ouvrit. J'étais en face du gros
352 | parce
353 1| le public, les nombreux parents des académiciens déclaraient
354 4| quand on ne sait pas devenir parisien jusqu'aux moelles, quelque
355 1| connaissait guère ; mais on en parlait beaucoup parce qu'il était
356 2| surpris en attendant que je parlasse. Quant à moi, je venais,
357 4| abandonné à ses sueurs sa part d'héritage, il s'était mis
358 3| qui était bien le signe particulier, distinctif, caractéristique
359 5| peu nombreux, et les amis particuliers de l'écrivain, ce qui serait
360 2| C'était là une des passions du poète. Je lui citai,
361 3| éveil, toujours aiguë, mais paternelle, qui semblait le fond même,
362 4| est d'avoir toujours été pauvre, ou d'être venu trop tard
363 4| habituelle et savait n'être point pédant. »~ Le besoin de produire
364 2| citai, non sans une certaine pédanterie, ces vers anciens :~ ~~~
365 2| Je tirai un fil de fer pendu contre une petite porte
366 3| était bon enfant.~ Je pénétrai dans le logis, intérieur
367 1| caressant l'oreille et la pensée comme font tous les beaux
368 3| et bon, infiniment bon et perçant, s'allumait d'une petite
369 2| et par l'autre, elles se perdent, s'effacent dans les premiers
370 1| mêlant à mes souvenirs personnels les choses que j'ai sues
371 2| enfermant des jardins tantôt petits, tantôt très grands, et
372 4| fumier des artistes ; ils ne peuvent donner que là, les pieds
373 4| tristes vers de la dernière pièce d'un dernier livre :~ ~~~
374 1| peut-être citer quelques pièces ou quelques fragments absolument
375 4| peuvent donner que là, les pieds sur les trottoirs et la
376 4| de subtiles délicatesses, piétinant ses fleurs, écrasant les
377 1| arrière, l'œil voilé d'un pince-nez.~ Puis quand le promeneur
378 1| une promenade, le pion, un piocheur qu'on estimait, chose rare,
379 2| entrai.~ Un long jardin planté d'arbres fruitiers et d'
380 2| grands, et les demeures sont plantées au fond de ces enclos, loin
381 4| montre dans son théâtre, plein cependant de richesses exceptionnelles,
382 4| grande allure classique, pleine de souffle épique et de
383 2| campagne. Par un bout elles plongent dans la foule des maisons,
384 1| de cette vibrante et fine poésie.~
385 4| provincial. Bouilhet, dont les poésies détachées sont comparables
386 1| gare de Rouen, une caisse portant comme adresse : « A monsieur
387 1| occuperai de son œuvre, et je pourrai peut-être citer quelques
388 5| ainsi cette cérémonie qui pourrait attirer devant le buste
389 5| une date plus éloignée. En précipitant ainsi cette cérémonie qui
390 3| sourit. Je vis alors pour la première fois cet étrange et charmant
391 2| habile et flatteur que je préparais depuis trois jours. Je me
392 4| dernier livre :~ ~~~J'adore à présent l'héritière~Du vieux fossoyeur
393 1| adresse : « A monsieur le président du comité Bouilhet », puis
394 1| quelques jours.~ Toute la presse va donc répéter ce nom ;
395 4| chantant et attendri, pour se presser autour du lourd cercueil
396 1| devait jadis saluer les princes, un gros monsieur décore
397 4| pédant. »~ Le besoin de produire le harcelant, il se mit
398 1| vers le collège, après une promenade, le pion, un piocheur qu'
399 1| pince-nez.~ Puis quand le promeneur fut loin, notre maître d'
400 4| moelles, quelque chose de provincial. Bouilhet, dont les poésies
401 2| interminables rues des banlieues provinciales qui vont de la ville à la
402 1| les attribuer à l'immortel Prudhomme.~ Dans le public, les
403 4| peut-être débarrassé s'il avait pu, comme bien d'autres, venir
404 2| attendant que je parlasse. Quant à moi, je venais, pendant
405 2| fleurs magnifiques, de toute race, de toute nuance, dont les
406 1| maintenant du public ; on racontera sa vie, on réveillera sa
407 1| inédits. Aujourd'hui je raconterai l'homme en quelques lignes,
408 3| par nature, gracieux par raffinement, cornélien par éducation
409 3| qu'aucun autre la verve railleuse, l'observation mordante,
410 4| le classent au premier rang des vrais poètes de notre
411 4| lendemain.~ Et je me rappelle la foule, la foule inconsciente,
412 1| donc répéter ce nom ; on rappellera ses œuvres si admirées des
413 1| piocheur qu'on estimait, chose rare, eut un geste brusque comme
414 3| simple de poète, qui ne recherche point les délicates ornementations,
415 4| d'Amboise.~ Ses deux recueils de vers, Festons et Astragales
416 2| salué notre pion.~ Il me regardait d'un air surpris en attendant
417 2| Puis, du livre ennuyé, je regardois les fleurs.~Charmante compagnie
418 3| des humanistes les plus remarquables de son époque.~
419 2| nuance, dont les odeurs remuées semblaient épaissir l'air.~
420 4| fidèle tous les soirs~Au rendez-vous du cimetière.~~Toc, toc,
421 1| Je veux, un des premiers, reparler du poète gracieux et puissant
422 4| bouquets bleus.~ Et je répétais machinalement les tristes
423 1| Toute la presse va donc répéter ce nom ; on rappellera ses
424 3| le fond même, la couche résistante de sa nature d'artiste.
425 2| introduire chez Bouilhet. Je résolus d'y aller seul.~ Il habitait
426 2| approchais alors qu'avec un respect craintif, de m'introduire
427 1| puis il salua, d'une façon respectueuse et humble, ainsi qu'on devait
428 1| Astragales. Et pendant un mois je restai grisé de cette vibrante
429 1| on racontera sa vie, on réveillera sa gloire. Je veux, un des
430 1| dix-huit ans, et je faisais ma rhétorique à Rouen. Je n'avais rien
431 4| théâtre, plein cependant de richesses exceptionnelles, une certaine
432 | rien
433 3| cependant jamais cruel. Son rire était bon enfant.~ Je
434 4| broyant les œillets, les roses, tout ce qu'il aimait d'
435 5| autour du monument que les Rouennais lettrés, peu nombreux, et
436 2| une de ces interminables rues des banlieues provinciales
437 4| de grâce, de force et de rythme, son chef-d'œuvre peut-être.~
438 4| soit, on garde, quand on ne sait pas devenir parisien jusqu'
439 1| pour nous arrêter ; puis il salua, d'une façon respectueuse
440 2| du gros monsieur qu'avait salué notre pion.~ Il me regardait
441 1| ainsi qu'on devait jadis saluer les princes, un gros monsieur
442 4| sa lecture habituelle et savait n'être point pédant. »~
443 4| six mois, je le vis chaque semaine, tantôt chez lui, tantôt
444 2| dont les odeurs remuées semblaient épaissir l'air.~ C'était
445 3| aiguë, mais paternelle, qui semblait le fond même, la couche
446 1| barde étonnant dont les vers semblent avoir été faits par Henry
447 | sera
448 | serait
449 4| dormir sous le gazon.~Que tu seras charmante encore !~. . . . . . . . . . . . . . . . . .~~~ ~
450 2| jardiniers experts en font serpenter autour des plates-bandes ;
451 | seul
452 | seulement
453 | si
454 4| des vrais poètes de notre siècle.~ Son grand malheur est
455 3| sourire, qui était bien le signe particulier, distinctif,
456 5| actuelle : Banville, Coppée, Silvestre, Mendès, Bourget, etc.,
457 2| jours. Je me nommai tout simplement. Comme il connaissait depuis
458 4| boulevards.~ Pendant six mois, je le vis chaque semaine,
459 | soient
460 1| tous les beaux vers.~ Le soir même j'achetais Festons
461 4| Je suis fidèle tous les soirs~Au rendez-vous du cimetière.~~
462 | soit
463 2| tout là-bas, tinter une sonnette. On fut longtemps sans venir ;
464 1| Melœnis, des vers charmants, sonores, amoureux, caressant l'oreille
465 4| allure classique, pleine de souffle épique et de finesse en
466 3| bouche seulement ; lui, il souriait plus encore du regard que
467 3| sa figure.~ Des gens sourient de la bouche seulement ;
468 3| cet étrange et charmant sourire, qui était bien le signe
469 3| tourna alors vers moi et sourit. Je vis alors pour la première
470 1| quelques lignes, mêlant à mes souvenirs personnels les choses que
471 4| inconsciente, incapable de subtiles délicatesses, piétinant
472 1| personnels les choses que j'ai sues de lui par son plus intime
473 4| pénibles. Ayant abandonné à ses sueurs sa part d'héritage, il s'
474 4| complète floraison. Et il ne suffit pas d'y venir ; il faut
475 | suis
476 1| études qui l'avait longtemps suivi du regard nous dit : « C'
477 1| déclaraient Louis Bouilhet surfait. Quelques jeunes gens l'
478 2| Il me regardait d'un air surpris en attendant que je parlasse.
479 3| ornementations, intérieur d'érudit surtout, car il était un des humanistes
480 | ta
481 4| pauvre, ou d'être venu trop tard à Paris. Paris est le fumier
482 | temps
483 4| exceptionnelles, une certaine tendance vers une grandeur un peu
484 2| longtemps ma famille, il me tendit la main, et j'entrai.~
485 2| caquetant m'étourdiroit la teste.~~~ ~
486 4| lui, tantôt chez Flaubert. Timide en public, il était, dans
487 2| j'entendis, tout là-bas, tinter une sonnette. On fut longtemps
488 2| enclos, loin de la rue. Je tirai un fil de fer pendu contre
489 1| décore à longues moustaches tombantes qui marchait, le ventre
490 | tour
491 3| Bouilhet se tourna alors vers moi et sourit.
492 4| héritage, il s'était mis à travailler la médecine, après avoir
493 1| buste du poète mort, voici treize ans maintenant, et dont
494 4| répétais machinalement les tristes vers de la dernière pièce
495 2| que je préparais depuis trois jours. Je me nommai tout
496 | trop
497 4| que là, les pieds sur les trottoirs et la tête dans son air
498 | tu
499 2| Charmante compagnie et utile et honneste.~Un autre en
500 2| parlasse. Quant à moi, je venais, pendant le tour de clef,
501 1| tombantes qui marchait, le ventre en avant, la tête en arrière,
502 4| toujours été pauvre, ou d'être venu trop tard à Paris. Paris
503 | veux
504 1| je restai grisé de cette vibrante et fine poésie.~
505 5| Les journaux locaux viennent d'annoncer que l'inauguration
506 4| dans son air capiteux et vif, toute leur complète floraison.
507 4| comme bien d'autres, venir à vingt ans sur les boulevards.~
508 4| peut-être.~ Puis, il vint à Paris, où il eut son premier
509 2| deux nappes, deux larges viviers de fleurs magnifiques, de
510 4| à donner des leçons pour vivre, tout en écrivant des vers.
511 1| le buste du poète mort, voici treize ans maintenant, et
512 1| la tête en arrière, l'œil voilé d'un pince-nez.~ Puis
513 3| éducation littéraire, par volonté, il avait plus qu'aucun
514 2| banlieues provinciales qui vont de la ville à la campagne.
515 | vous
516 3| moqueuse et bienveillante. On y voyait distinctement cette ironie
517 4| classent au premier rang des vrais poètes de notre siècle.~
518 | vu
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