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Guy de Maupassant
L'exil

IntraText - Concordances

(Hapax Legomena)


    Par.
1 4| inguérissable.~8 février 1883~ ~ 2 | 8 3 3| la mer.~    Le soleil s'abaissait à l'horizon, prêt à plonger 4 3| magnifique, puis ils les abaissèrent, courbant la tête, courbant 5 2| serais-je pas bien fou d'abandonner le certain pour l'inconnu ; 6 1| sur une terre où il ne s'acclimatera peut-être jamais. C'est 7 1| substance ; nos organes sont accoutumés à sa température et à ses 8 2| il les fait dangereux et actifs, de tranquilles qu'ils étaient.~     9 2| leur rend leur liberté d'action, les soustrait à la surveillance, 10 2| invraisemblable, dans l'état actuel des esprits, que je me maintienne, 11 2| ménager. Prenons un exemple et admettons que Mgr le duc d'Aumale 12 1| jamais. Les plus terribles adversaires de l'Empire furent ceux 13 2| soustrait à la surveillance, les affranchit de tout scrupule, de toute 14 3| derrière l'horizon, c'était l'Afrique ! Ils avaient des visages 15 | ait 16 3| grande route qui, partant d'Ajaccio, contourne la mer en montant 17 1| peut-être jamais. C'est ajouter une souffrance physique, 18 4| Voulez-vous voir des exilés ?~    Allez chaque dimanche sur les 19 3| d'oiseaux de proie, une allure majestueuse et résignée.~     20 3| assez aux villageoises d'Alsace.~    Or, un soir, comme 21 2| traverseraient ma patrie. Mon ambition n'est pas démesurée, mes 22 4| ferme, des voisins, des amis, des parents. Ils soupirent 23 | amour 24 3| j'approchais de Calvi, j'aperçus de loin deux grands fantômes 25 3| contempler l'astre couchant. J'approchai à grands pas, prenant ces 26 3| Or, un soir, comme j'approchais de Calvi, j'aperçus de loin 27 3| tout près je reconnus des Arabes ; c'étaient deux chefs de 28 1| différent.~    Exiler, c'est arracher l'être de son sol, rompre 29 | assez 30 3| tas de paysans inactifs, assis à l'ombre, sur des bancs 31 3| semblaient contempler l'astre couchant. J'approchai à 32 3| lents la forteresse qui les attendait ; ils regardaient toujours 33 1| chassés de France. Il en est aujourd'hui qui siègent à la Chambre : 34 | aurait 35 | avaient 36 2| vais risquer une grosse aventure. Quel bénéfice en tirerai-je, 37 4| air gauche, épluchant une baguette. Trois mois plus tard, un 38 2| Il aurait assurément balancé le pour et le contre, se 39 4| aussi sûrement que si une balle l'avait frappé au cœur, 40 3| assis à l'ombre, sur des bancs de granit, vêtus de vestes 41 1| terre le pouvoir qui les a bannis.~    L'histoire est pleine 42 2| Mais si le gouvernement bannit le duc d'Aumale, lui fait 43 4| culotte rouge dont un sabre bat la cuisse. Ils regardent 44 2| une grosse aventure. Quel bénéfice en tirerai-je, si je réussis ? 45 3| loin deux grands fantômes blancs, debout sur un petit promontoire 46 | bonheur 47 3| chapeaux noirs à larges bords, des hommes petits et bruns, 48 | bras 49 3| bruns, rappelant un peu les Bretons. Les femmes, graves, ressemblaient 50 3| bords, des hommes petits et bruns, rappelant un peu les Bretons. 51 3| pour saluer le soleil ; et brusquement, ils se prosternèrent, le 52 3| Plantes, aux vautours en cage, à tous ceux, hommes ou 53 3| soir, comme j'approchais de Calvi, j'aperçus de loin deux 54 | car 55 4| en parlant du pays. Ils causent de la ferme, des voisins, 56 2| bien fou d'abandonner le certain pour l'inconnu ; de jouer 57 1| peines dont on peut frapper certains hommes. En dehors de ce 58 | cette 59 1| que, bien souvent aussi, ceux-ci finissent par jeter par 60 1| et de ses fruits, de la chair de ses bêtes, du jus de 61 | Chambre 62 2| prince, entouré, respecté. Chantilly est plus magnifique que 63 3| vestes sombres et coiffés de chapeaux noirs à larges bords, des 64 2| renverser le pouvoir qui l'a chassé.~    Les prétendants opulents 65 1| furent ceux qu'il avait chassés de France. Il en est aujourd' 66 3| et riche était plantée de châtaigniers, d'oliviers, d'orangers 67 1| son soleil et qu'exige son climat. Nous sommes les fils de 68 4| balle l'avait frappé au cœur, car ce mal est inguérissable.~ 69 3| vêtus de vestes sombres et coiffés de chapeaux noirs à larges 70 1| on leur demande si leur colère est éteinte.~ 71 2| banni.~    « Or, je suis colossalement riche. J'ai des palais que 72 2| plus magnifique que n'était Compiègne. Je puis recevoir en frère 73 2| tout ce que je possède pour conquérir un pouvoir qui me donnerait 74 1| histoire est pleine d'exemples consolants qui devraient être un enseignement 75 3| êtres immobiles semblaient contempler l'astre couchant. J'approchai 76 3| qui, partant d'Ajaccio, contourne la mer en montant vers le 77 2| tout scrupule, de toute contrainte morale, les dégage même 78 1| ils craignent ; mais le contrecoup fait que, bien souvent aussi, 79 1| de ses sources.~    Notre corps est fait de sa substance ; 80 3| pied, sur les côtes de la Corse, la grande route qui, partant 81 3| six jours, à pied, sur les côtes de la Corse, la grande route 82 3| semblaient contempler l'astre couchant. J'approchai à grands pas, 83 4| un d'eux sera peut-être couché dans un lit d'hôpital, frappé 84 2| excessifs ; et, si mon pays courait un danger, je le pourrais 85 1| débarrasser des gens qu'ils craignent ; mais le contrecoup fait 86 2| heureux ne sont guère à craindre : seuls les prétendants 87 3| avaient des visages noirs et creusés, de vraies têtes d'oiseaux 88 1| physique, incessante et cruelle, à la souffrance morale, 89 4| rouge dont un sabre bat la cuisse. Ils regardent au loin, 90 4| pleurent, ces hommes en culotte rouge dont un sabre bat 91 2| si mon pays courait un danger, je le pourrais défendre, 92 2| redoute : vu qu'il les fait dangereux et actifs, de tranquilles 93 2| esprits, que je me maintienne, toute façon, plus de dix 94 1| les gouvernements pour se débarrasser des gens qu'ils craignent ; 95 3| grands fantômes blancs, debout sur un petit promontoire 96 2| un danger, je le pourrais défendre, étant un de ses premiers 97 3| prisonniers pour avoir défendu leur patrie contre les Français 98 2| toute contrainte morale, les dégage même des intérêts qu'ils 99 1| frapper certains hommes. En dehors de ce sentiment idéal qu' 100 | demande 101 2| Mon ambition n'est pas démesurée, mes goûts ne sont pas excessifs ; 102 | depuis 103 3| toujours la mer.~    Là-bas, derrière l'horizon, c'était l'Afrique ! 104 | dès 105 2| l'exil dût être le plus détestable des moyens pour rendre inoffensifs 106 2| En outre, je puis être détrôné du jour au lendemain, en 107 | devant 108 1| exemples consolants qui devraient être un enseignement pour 109 1| pays le fait et le veut différent.~    Exiler, c'est arracher 110 4| exilés ?~    Allez chaque dimanche sur les fortifications de 111 2| le pour et le contre, se disant :~    - Je vais risquer 112 1| le même à vingt lieues de distance, parce que chaque parcelle 113 | donc 114 1| ton et la résistance que donne son soleil et qu'exige son 115 2| conquérir un pouvoir qui me donnerait bien peu en plus. Restons 116 2| pas les Tuileries. Je ne dormirai jamais tranquille.~    «  117 1| souffrance morale, non moins douloureuse.~    L'exil est le moyen 118 2| les esprits, que l'exil dût être le plus détestable 119 3| courbant la tête, courbant l'échine, comme pour saluer le soleil ; 120 2| jamais tranquille.~    « Si j'échoue, je serai peut-être exécuté ; 121 3| Tout à coup, comme le globe éclatant touchait à l'eau, ils levèrent 122 2| Il faudra habiter l'Élysée, ce qui ne vaut pas les 123 2| pu songer un instant à s'emparer du pouvoir.~    Il aurait 124 1| terribles adversaires de l'Empire furent ceux qu'il avait 125 1| qui règnent.~    Un homme emprisonné injustement peut oublier ; 126 | encore 127 2| plus jeune. Je n'ai pas d'enfants. Il faudra donc laisser 128 1| consolants qui devraient être un enseignement pour ceux qui règnent.~     129 2| possèdent point. Je suis prince, entouré, respecté. Chantilly est 130 3| patrie contre les Français envahisseurs.~    Quand ils se furent 131 4| passer avec leur air gauche, épluchant une baguette. Trois mois 132 2| je le pourrais défendre, étant un de ses premiers chefs 133 1| demande si leur colère est éteinte.~ 134 4| hôpital, frappé de ce mal étrange qu'on appelle le « mal du 135 3| les flots ; et les deux êtres immobiles semblaient contempler 136 2| démesurée, mes goûts ne sont pas excessifs ; et, si mon pays courait 137 2| échoue, je serai peut-être exécuté ; mais assurément banni.~    «  138 | exemple 139 1| L'histoire est pleine d'exemples consolants qui devraient 140 1| que donne son soleil et qu'exige son climat. Nous sommes 141 1| et le veut différent.~    Exiler, c'est arracher l'être de 142 1| amour de la Patrie », il existe une singulière tendresse, 143 3| hommes pour des moines en extase devant cette fin superbe 144 3| un petit promontoire en face de la mer.~    Le soleil 145 2| me maintienne, dé toute façon, plus de dix ans.~    «  146 2| seuls les prétendants faméliques sont redoutables.~ 147 3| aperçus de loin deux grands fantômes blancs, debout sur un petit 148 3| un peu les Bretons. Les femmes, graves, ressemblaient assez 149 4| pays. Ils causent de la ferme, des voisins, des amis, 150 4| mal est inguérissable.~8 février 1883~ ~ 151 | fin 152 1| bien souvent aussi, ceux-ci finissent par jeter par terre le pouvoir 153 3| prêt à plonger dans les flots ; et les deux êtres immobiles 154 1| sa température et à ses formes ; notre peau a le ton et 155 3| regagnèrent à pas lents la forteresse qui les attendait ; ils 156 4| chaque dimanche sur les fortifications de Paris et regardez les 157 2| Aumale, lui fait perdre sa fortune, ses propriétés, son luxe, 158 2| Ne serais-je pas bien fou d'abandonner le certain 159 3| défendu leur patrie contre les Français envahisseurs.~    Quand 160 | France 161 1| des peines dont on peut frapper certains hommes. En dehors 162 2| Compiègne. Je puis recevoir en frère tous les souverains du monde 163 3| ils se prosternèrent, le front par terre, la poitrine par 164 1| de ses plantes et de ses fruits, de la chair de ses bêtes, 165 2| ménager ; il ne pourrait que gagner à tenter un coup d'État, 166 4| voyant passer avec leur air gauche, épluchant une baguette. 167 1| pour se débarrasser des gens qu'ils craignent ; mais 168 3| jour. Tout à coup, comme le globe éclatant touchait à l'eau, 169 2| n'est pas démesurée, mes goûts ne sont pas excessifs ; 170 2| semblerait, si la logique gouvernait les esprits, que l'exil 171 2| nous sommes. " Mais si le gouvernement bannit le duc d'Aumale, 172 1| servent le plus souvent les gouvernements pour se débarrasser des 173 3| ombre, sur des bancs de granit, vêtus de vestes sombres 174 3| les bras dans un mouvement grave et magnifique, puis ils 175 3| les Bretons. Les femmes, graves, ressemblaient assez aux 176 2| Je vais risquer une grosse aventure. Quel bénéfice 177 2| opulents et heureux ne sont guère à craindre : seuls les prétendants 178 2| dix ans.~    « Il faudra habiter l'Élysée, ce qui ne vaut 179 1| rompre les racines de ses habitudes et de sa vie, pour les porter 180 4| village dont le souvenir le hante, il mourra aussi sûrement 181 2| prétendants opulents et heureux ne sont guère à craindre : 182 1| qui les a bannis.~    L'histoire est pleine d'exemples consolants 183 4| peut-être couché dans un lit d'hôpital, frappé de ce mal étrange 184 1| France. Il en est aujourd'hui qui siègent à la Chambre : 185 1| En dehors de ce sentiment idéal qu'on appelle « l'amour 186 3| flots ; et les deux êtres immobiles semblaient contempler l' 187 3| rencontrais des tas de paysans inactifs, assis à l'ombre, sur des 188 1| une souffrance physique, incessante et cruelle, à la souffrance 189 2| abandonner le certain pour l'inconnu ; de jouer la tranquillité 190 3| vers le nord. La montagne inculte et riche était plantée de 191 4| au cœur, car ce mal est inguérissable.~8 février 1883~ ~ 192 1| Un homme emprisonné injustement peut oublier ; un banni 193 2| détestable des moyens pour rendre inoffensifs ceux qu'on redoute : vu 194 2| Aumale ait pu songer un instant à s'emparer du pouvoir.~     195 1| tendresse, une tendresse instinctive et presque sensuelle, pour 196 2| morale, les dégage même des intérêts qu'ils pouvaient avoir à 197 2| dix ans ; il est même bien invraisemblable, dans l'état actuel des 198 3| poitrine par terre, les jambes repliées sous eux.~    Et 199 3| Je pensais aux lions du Jardin des Plantes, aux vautours 200 1| aussi, ceux-ci finissent par jeter par terre le pouvoir qui 201 3| ceux, hommes ou bêtes, que jette loin du sol natal l'odieuse 202 2| réussis ? Je ne suis plus jeune. Je n'ai pas d'enfants. 203 2| certain pour l'inconnu ; de jouer la tranquillité de ma vieillesse, 204 3| Je suivais depuis six jours, à pied, sur les côtes de 205 1| la chair de ses bêtes, du jus de ses vignes et de l'eau 206 3| regardaient toujours la mer.~    Là-bas, derrière l'horizon, c'était 207 2| enfants. Il faudra donc laisser ma succession à un neveu. 208 3| coiffés de chapeaux noirs à larges bords, des hommes petits 209 2| être détrôné du jour au lendemain, en ce pays qu'une révolution 210 3| relevés ils regagnèrent à pas lents la forteresse qui les attendait ; 211 3| éclatant touchait à l'eau, ils levèrent les bras dans un mouvement 212 2| étaient.~    Il leur rend leur liberté d'action, les soustrait 213 1| est plus le même à vingt lieues de distance, parce que chaque 214 3| résignée.~    Je pensais aux lions du Jardin des Plantes, aux 215 4| peut-être couché dans un lit d'hôpital, frappé de ce 216 2| Il semblerait, si la logique gouvernait les esprits, 217 2| de sa vie, ce prince, dès lors, n'a plus rien à ménager ; 218 | lui 219 2| fortune, ses propriétés, son luxe, toute l'opulence et tout 220 2| actuel des esprits, que je me maintienne, dé toute façon, plus de 221 3| oiseaux de proie, une allure majestueuse et résignée.~    Je pensais 222 3| oliviers, d'orangers et de maquis. En traversant les villages, 223 4| les petits troupiers qui marchent deux par deux, en parlant 224 1| encore que les fils de nos mères. L'homme n'est plus le même 225 | mes 226 2| exemple et admettons que Mgr le duc d'Aumale ait pu songer 227 2| un de ses premiers chefs militaires.~    « Ne serais-je pas 228 3| prenant ces hommes pour des moines en extase devant cette fin 229 | moins 230 | mois 231 | monde 232 3| montant vers le nord. La montagne inculte et riche était plantée 233 3| Ajaccio, contourne la mer en montant vers le nord. La montagne 234 4| regardent au loin, avec des yeux mouillés, et se rappellent des soirs 235 4| le souvenir le hante, il mourra aussi sûrement que si une 236 3| levèrent les bras dans un mouvement grave et magnifique, puis 237 1| douloureuse.~    L'exil est le moyen dont se servent le plus 238 2| être le plus détestable des moyens pour rendre inoffensifs 239 3| bêtes, que jette loin du sol natal l'odieuse volonté du plus 240 1| pour le pays où nous sommes nés, qui nous a nourris de son 241 2| laisser ma succession à un neveu. En outre, je puis être 242 4| quand ils allaient aux nids, quand ils allaient aux 243 4| quand ils allaient aux noisettes.~    On sourit en les voyant 244 | non 245 3| la mer en montant vers le nord. La montagne inculte et 246 1| nous sommes nés, qui nous a nourris de son air, de ses plantes 247 3| jette loin du sol natal l'odieuse volonté du plus puissant.~ 248 3| creusés, de vraies têtes d'oiseaux de proie, une allure majestueuse 249 3| plantée de châtaigniers, d'oliviers, d'orangers et de maquis. 250 3| paysans inactifs, assis à l'ombre, sur des bancs de granit, 251 2| propriétés, son luxe, toute l'opulence et tout le bonheur de sa 252 2| chassé.~    Les prétendants opulents et heureux ne sont guère 253 3| châtaigniers, d'oliviers, d'orangers et de maquis. En traversant 254 1| fait de sa substance ; nos organes sont accoutumés à sa température 255 | ou 256 1| emprisonné injustement peut oublier ; un banni ne pardonne jamais. 257 2| succession à un neveu. En outre, je puis être détrôné du 258 2| colossalement riche. J'ai des palais que des rois ne possèdent 259 | parce 260 1| distance, parce que chaque parcelle de pays le fait et le veut 261 1| peut oublier ; un banni ne pardonne jamais. Les plus terribles 262 4| des voisins, des amis, des parents. Ils soupirent et parfois 263 4| parents. Ils soupirent et parfois pleurent, ces hommes en 264 4| sur les fortifications de Paris et regardez les petits troupiers 265 4| marchent deux par deux, en parlant du pays. Ils causent de 266 3| Corse, la grande route qui, partant d'Ajaccio, contourne la 267 3| sous eux.~    Et quand je passai tout près je reconnus des 268 4| On sourit en les voyant passer avec leur air gauche, épluchant 269 3| je rencontrais des tas de paysans inactifs, assis à l'ombre, 270 1| et à ses formes ; notre peau a le ton et la résistance 271 1| assurément la plus terrible des peines dont on peut frapper certains 272 3| majestueuse et résignée.~    Je pensais aux lions du Jardin des 273 2| le duc d'Aumale, lui fait perdre sa fortune, ses propriétés, 274 | petit 275 1| est ajouter une souffrance physique, incessante et cruelle, 276 3| suivais depuis six jours, à pied, sur les côtes de la Corse, 277 3| montagne inculte et riche était plantée de châtaigniers, d'oliviers, 278 1| bannis.~    L'histoire est pleine d'exemples consolants qui 279 4| Ils soupirent et parfois pleurent, ces hommes en culotte rouge 280 3| abaissait à l'horizon, prêt à plonger dans les flots ; et les 281 3| le front par terre, la poitrine par terre, les jambes repliées 282 1| habitudes et de sa vie, pour les porter sur une terre où il ne s' 283 2| de risquer tout ce que je possède pour conquérir un pouvoir 284 2| des palais que des rois ne possèdent point. Je suis prince, entouré, 285 2| courait un danger, je le pourrais défendre, étant un de ses 286 2| plus rien à ménager ; il ne pourrait que gagner à tenter un coup 287 2| même des intérêts qu'ils pouvaient avoir à ménager. Prenons 288 2| défendre, étant un de ses premiers chefs militaires.~    «  289 3| approchai à grands pas, prenant ces hommes pour des moines 290 2| pouvaient avoir à ménager. Prenons un exemple et admettons 291 | près 292 | presque 293 3| s'abaissait à l'horizon, prêt à plonger dans les flots ; 294 3| deux chefs de grande tente, prisonniers pour avoir défendu leur 295 3| vraies têtes d'oiseaux de proie, une allure majestueuse 296 3| blancs, debout sur un petit promontoire en face de la mer.~    Le 297 2| fait perdre sa fortune, ses propriétés, son luxe, toute l'opulence 298 3| et brusquement, ils se prosternèrent, le front par terre, la 299 2| Mgr le duc d'Aumale ait pu songer un instant à s'emparer 300 3| odieuse volonté du plus puissant.~ 301 | Quel 302 1| être de son sol, rompre les racines de ses habitudes et de sa 303 3| hommes petits et bruns, rappelant un peu les Bretons. Les 304 4| des yeux mouillés, et se rappellent des soirs semblables, quand 305 2| était Compiègne. Je puis recevoir en frère tous les souverains 306 3| quand je passai tout près je reconnus des Arabes ; c'étaient deux 307 2| prétendants faméliques sont redoutables.~ 308 2| rendre inoffensifs ceux qu'on redoute : vu qu'il les fait dangereux 309 3| ils se furent relevés ils regagnèrent à pas lents la forteresse 310 3| qui les attendait ; ils regardaient toujours la mer.~    Là-bas, 311 4| sabre bat la cuisse. Ils regardent au loin, avec des yeux mouillés, 312 4| fortifications de Paris et regardez les petits troupiers qui 313 1| enseignement pour ceux qui règnent.~    Un homme emprisonné 314 3| Quand ils se furent relevés ils regagnèrent à pas lents 315 3| traversant les villages, je rencontrais des tas de paysans inactifs, 316 2| ils étaient.~    Il leur rend leur liberté d'action, les 317 2| détestable des moyens pour rendre inoffensifs ceux qu'on redoute : 318 2| tenter un coup d'État, à renverser le pouvoir qui l'a chassé.~     319 4| du pays ». Et si on ne le renvoie point au triste village 320 3| poitrine par terre, les jambes repliées sous eux.~    Et quand je 321 3| une allure majestueuse et résignée.~    Je pensais aux lions 322 1| notre peau a le ton et la résistance que donne son soleil et 323 2| Je suis prince, entouré, respecté. Chantilly est plus magnifique 324 3| Bretons. Les femmes, graves, ressemblaient assez aux villageoises d' 325 2| donnerait bien peu en plus. Restons ce que nous sommes. " Mais 326 2| bénéfice en tirerai-je, si je réussis ? Je ne suis plus jeune. 327 2| lendemain, en ce pays qu'une révolution secoue tous les dix ans ; 328 | rien 329 2| J'ai des palais que des rois ne possèdent point. Je suis 330 1| arracher l'être de son sol, rompre les racines de ses habitudes 331 4| pleurent, ces hommes en culotte rouge dont un sabre bat la cuisse. 332 3| côtes de la Corse, la grande route qui, partant d'Ajaccio, 333 4| en culotte rouge dont un sabre bat la cuisse. Ils regardent 334 3| courbant l'échine, comme pour saluer le soleil ; et brusquement, 335 2| les affranchit de tout scrupule, de toute contrainte morale, 336 2| ce pays qu'une révolution secoue tous les dix ans ; il est 337 4| se rappellent des soirs semblables, quand ils allaient aux 338 3| les deux êtres immobiles semblaient contempler l'astre couchant. 339 2| Il semblerait, si la logique gouvernait 340 1| tendresse instinctive et presque sensuelle, pour le pays où nous sommes 341 1| hommes. En dehors de ce sentiment idéal qu'on appelle « l' 342 | sera 343 2| tranquille.~    « Si j'échoue, je serai peut-être exécuté ; mais 344 2| chefs militaires.~    « Ne serais-je pas bien fou d'abandonner 345 1| exil est le moyen dont se servent le plus souvent les gouvernements 346 2| sont guère à craindre : seuls les prétendants faméliques 347 1| Il en est aujourd'hui qui siègent à la Chambre : qu'on leur 348 1| Patrie », il existe une singulière tendresse, une tendresse 349 3| exilés.~    Je suivais depuis six jours, à pied, sur les côtes 350 3| villageoises d'Alsace.~    Or, un soir, comme j'approchais de Calvi, 351 4| mouillés, et se rappellent des soirs semblables, quand ils allaient 352 3| granit, vêtus de vestes sombres et coiffés de chapeaux noirs 353 2| Mgr le duc d'Aumale ait pu songer un instant à s'emparer du 354 4| des amis, des parents. Ils soupirent et parfois pleurent, ces 355 1| vignes et de l'eau de ses sources.~    Notre corps est fait 356 4| allaient aux noisettes.~    On sourit en les voyant passer avec 357 | sous 358 2| leur liberté d'action, les soustrait à la surveillance, les affranchit 359 4| au triste village dont le souvenir le hante, il mourra aussi 360 2| recevoir en frère tous les souverains du monde qui traverseraient 361 1| Notre corps est fait de sa substance ; nos organes sont accoutumés 362 2| Il faudra donc laisser ma succession à un neveu. En outre, je 363 3| ai vu des exilés.~    Je suivais depuis six jours, à pied, 364 3| extase devant cette fin superbe du jour. Tout à coup, comme 365 4| le hante, il mourra aussi sûrement que si une balle l'avait 366 2| action, les soustrait à la surveillance, les affranchit de tout 367 4| baguette. Trois mois plus tard, un d'eux sera peut-être 368 3| villages, je rencontrais des tas de paysans inactifs, assis 369 1| organes sont accoutumés à sa température et à ses formes ; notre 370 3| étaient deux chefs de grande tente, prisonniers pour avoir 371 2| ne pourrait que gagner à tenter un coup d'État, à renverser 372 1| exil est assurément la plus terrible des peines dont on peut 373 1| pardonne jamais. Les plus terribles adversaires de l'Empire 374 3| abaissèrent, courbant la tête, courbant l'échine, comme 375 3| noirs et creusés, de vraies têtes d'oiseaux de proie, une 376 2| aventure. Quel bénéfice en tirerai-je, si je réussis ? Je ne suis 377 | ton 378 3| comme le globe éclatant touchait à l'eau, ils levèrent les 379 | toujours 380 2| Tuileries. Je ne dormirai jamais tranquille.~    « Si j'échoue, je serai 381 2| dangereux et actifs, de tranquilles qu'ils étaient.~    Il leur 382 2| l'inconnu ; de jouer la tranquillité de ma vieillesse, de risquer 383 3| orangers et de maquis. En traversant les villages, je rencontrais 384 2| souverains du monde qui traverseraient ma patrie. Mon ambition 385 4| on ne le renvoie point au triste village dont le souvenir 386 4| épluchant une baguette. Trois mois plus tard, un d'eux 387 4| Paris et regardez les petits troupiers qui marchent deux par deux, 388 2| ce qui ne vaut pas les Tuileries. Je ne dormirai jamais tranquille.~    «  389 | vais 390 2| habiter l'Élysée, ce qui ne vaut pas les Tuileries. Je ne 391 3| Jardin des Plantes, aux vautours en cage, à tous ceux, hommes 392 | vers 393 3| bancs de granit, vêtus de vestes sombres et coiffés de chapeaux 394 3| sur des bancs de granit, vêtus de vestes sombres et coiffés 395 1| parcelle de pays le fait et le veut différent.~    Exiler, c' 396 2| jouer la tranquillité de ma vieillesse, de risquer tout ce que 397 1| ses bêtes, du jus de ses vignes et de l'eau de ses sources.~     398 4| renvoie point au triste village dont le souvenir le hante, 399 3| ressemblaient assez aux villageoises d'Alsace.~    Or, un soir, 400 3| maquis. En traversant les villages, je rencontrais des tas 401 1| homme n'est plus le même à vingt lieues de distance, parce 402 3| Afrique ! Ils avaient des visages noirs et creusés, de vraies 403 4| Voulez-vous voir des exilés ?~    Allez chaque 404 4| causent de la ferme, des voisins, des amis, des parents. 405 3| loin du sol natal l'odieuse volonté du plus puissant.~ 406 4| Voulez-vous voir des exilés ?~    Allez 407 4| noisettes.~    On sourit en les voyant passer avec leur air gauche, 408 3| visages noirs et creusés, de vraies têtes d'oiseaux de proie, 409 | yeux


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