Partie
1 Texte| un malade ! »~25 février 1884~
2 | 1a
3 | 25
4 Texte| contre le misérable : - « Qu'a-t-il donc, celui-là, à se désoler
5 Texte| cesse, autre que cette mort accourant vers nous ? Quel songe nous
6 Texte| plus elle nous pousse, nous affaiblit, nous travaille et nous
7 Texte| manger, marcher, aller à ses affaires, tout ce que nous faisons,
8 Texte| grise, nous séduit, nous affole. Elle nous cache l'affreuse
9 Texte| Lune.~ ~~~Puis ce fut l'âge blond des tiédeurs et des
10 Texte| travaux, de nos folies, de nos agitations, de nos efforts ! Rien,
11 Texte| yeux. Une folie furieuse agite ces êtres qui gesticulent,
12 Texte| bousculer ses voisins, à s'agiter, à courir, à crier ainsi
13 Texte| peut nous donner encore d'agréable, par la crainte d'un châtiment
14 Texte| soutient l'homme ? Qui le fait aimer la vie, rire, s'amuser,
15 | allons
16 Texte| boivent le phosphore des allumettes ou la blanche poudre d'arsenic,
17 Texte| ans, les richesses de l'ameublement et les respects des serviteurs ;
18 Texte| fait aimer la vie, rire, s'amuser, être heureux ? L'illusion.
19 Texte| Lorsque les cheveux blancs apparaissent et qu'on perd chaque jour,
20 Texte| hideuse bête humaine qui apparaît, hurle, s'enivre, se bat,
21 | après
22 Texte| heureux, parce que la force, l'ardeur du sang, l'espoir indécis
23 Texte| allumettes ou la blanche poudre d'arsenic, qui s'enfoncent dans la
24 Texte| eut l'amour ; elle eut ses arts, ses lois, ses Dieux...~
25 Texte| civilisation et de la loi tiendrait attaché toute l'année !~ La bête
26 Texte| semblent si proches et qu'on n'atteint jamais, suffisent à faire
27 Texte| qu'aucune jouissance ne l'attend ?~ Pourquoi parle-t-on
28 Texte| autres qui savons rêver ? Qu'attendons-nous ainsi sans cesse, autre
29 Texte| comme le désert. Ne rien attendre, ne rien rêver d'imprévu,
30 Texte| comme un vieillard... Je n'attends plus rien de la vie qu'une
31 Texte| éternelle gaieté, l'éternelle attente ; elle s'appelle Poésie,
32 Texte| Quelles que soient nos attentes, elles nous trompent toujours.
33 Texte| courir, à crier ainsi sans aucun résultat pour ces fatigues,
34 | aura
35 | autour
36 | autre
37 Texte| Pourquoi parle-t-on longtemps d'avance de ce jour, et le regrette-t-on
38 Texte| peuvent trouver ces gens à aveugler les passants avec du plâtre ?
39 Texte| Depuis, rien ne sent plus son baiser jeune et chaud ;~La Terre,
40 Texte| c'est l'amour ! Quelques baisers, quelques soirs d'exaltation,
41 Texte| de feuilles de papier à barbouiller de noir. Il me semble que
42 Texte| apparaît, hurle, s'enivre, se bat, frappe, ravage, ou tue
43 | beau
44 Texte| troupeaux, montrant bien sa bestiale sottise.~ Paris ne connaît
45 Texte| carnaval, les jours où le bétail humain s'amuse par masses,
46 Texte| phosphore des allumettes ou la blanche poudre d'arsenic, qui s'
47 Texte| toujours ! Elle nous fait voir bleu, elle nous fait voir rose,
48 Texte| Puis ce fut l'âge blond des tiédeurs et des vents~
49 Texte| un peu. Respirer, dormir, boire et manger, marcher, aller
50 Texte| qui s'enfoncent dans la bouche un canon de revolver.~
51 Texte| à heurter des coudes, à bousculer ses voisins, à s'agiter,
52 | bras
53 Texte| voir sa forme errer sans bruit,~L'âme d'un enfant mort
54 Texte| nous affole. Elle nous cache l'affreuse et éternelle
55 Texte| confetti, de poussière et de cailloux. Une bête semble déchaînée
56 Texte| enfoncent dans la bouche un canon de revolver.~ Il suffit
57 | Car
58 | cela
59 Texte| misérable : - « Qu'a-t-il donc, celui-là, à se désoler ainsi ? Va-t-il
60 Texte| toujours. Seule, 1a mort est certaine ! Je crois à la mort fatale
61 | ceux
62 Texte| bête semble déchaînée dans chacun de ces hommes, la bête,
63 Texte| puis des pleurs, un dur chagrin, et l'oubli, voilà ! Puis
64 Texte| comme à un chien que la chaîne des usages, de la politesse,
65 Texte| désert, le voyageur et le chameau. »~ Et plus loin : - «
66 Texte| éternelle misère de nous, change les formes, voit le malheur
67 Texte| de signer des papiers qui changent l'existence des peuples ?
68 Texte| berce, nous trompant et nous charmant toujours ! Elle nous fait
69 Texte| devant nous avec les fleuves charmants, pousse avec l'herbe,. fleurit
70 Texte| agréable, par la crainte d'un châtiment mystérieux et l'espoir d'
71 Texte| plus son baiser jeune et chaud ;~La Terre, qui vieillit,
72 Texte| Terre, qui vieillit, la cherche encor là-haut ;~Tout est
73 Texte| donne liberté comme à un chien que la chaîne des usages,
74 | chose
75 Texte| nombre,~Des troupeaux, des cités, des pleurs, des cris joyeux ;~
76 Texte| de la politesse, de la civilisation et de la loi tiendrait attaché
77 Texte| voir cette fête de la brute civilisée ! Hommes et femmes, du peuple
78 Texte| autour de nous dans la pâle clarté de la lune ! Elle coule
79 Texte| la pénitence au fond des cloîtres. Ils renoncent à tout, à
80 Texte| chaque minute, dès qu'a commencé cette lente démolition de
81 Texte| lorsqu'on voit, lorsqu'on comprend, lorsqu'on sait ! Lorsque
82 Texte| un espoir tombé. Ils ont compris : ils aiment mieux en finir
83 Texte| au visage des poignées de confetti, de poussière et de cailloux.
84 Texte| sortie parce qu'elle a congé.~ C'est à Nice qu'il
85 Texte| bestiale sottise.~ Paris ne connaît point de carnaval. Quelques
86 Texte| moment dans cette illusion consolante et se rendormir, pour quelques
87 Texte| à elle que les mères se consolent des enfants morts. C'est
88 Texte| avec une petite seringue contenant quelques gouttes de morphine,
89 Texte| lettres, pousse le grand cri continu, le grand cri lamentable
90 | contre
91 Texte| lente démolition de notre corps, nous mourons un peu. Respirer,
92 Texte| Quelle joie à heurter des coudes, à bousculer ses voisins,
93 Texte| clarté de la lune ! Elle coule devant nous avec les fleuves
94 Texte| du monde mêlés, la tête couverte d'un masque en fil de fer,
95 Texte| encore d'agréable, par la crainte d'un châtiment mystérieux
96 Texte| Qu'y gagneront-ils, ces craintifs égoïstes ?~ Quelles que
97 Texte| ces êtres qui gesticulent, crient, se heurtent et se lancent
98 Texte| des cités, des pleurs, des cris joyeux ;~Elle eut l'amour ;
99 Texte| bonheur prochain, et nous dansons au carnaval. Pauvres êtres !~
100 Texte| Uniquement parce qu'on déchaîne la bête, ce jour-là ! On
101 Texte| cailloux. Une bête semble déchaînée dans chacun de ces hommes,
102 Texte| tranquilles ? »~ Et ils déclarent : « C'est un malade ! »~
103 Texte| voient la vie, la vie vraie, décolorée, déshabillée. Ce sont ceux-là
104 Texte| soulevé, il suffit d'un amour déçu, d'un espoir tombé. Ils
105 Texte| repousseront plus ; elle nous défigure, fait de nous, en dix ans,
106 Texte| mousse a depuis longtemps défraîchie, la mort, l'inévitable mort
107 Texte| cesse nous talonne et nous dégrade. Elle nous prend, de mois
108 Texte| luxe de l'existence, les délicatesses de la vie, les fins repas
109 Texte| espoir indécis d'événements délicieux qui semblent si proches
110 Texte| fer, trouvent un plaisir délirant à se jeter du plâtre dans
111 Texte| Pourquoi cette foule est-elle délirante de joie, alors qu'aucune
112 Texte| qu'a commencé cette lente démolition de notre corps, nous mourons
113 Texte| on la lâche et qu'on la démusèle, la bête horrible qui incendie,
114 Texte| ne reviendra point, des dents qui ne renaîtront pas, nos
115 Texte| et de l'inconnu qui est derrière jettent les autres dans
116 Texte| aux hommes leur plainte désespérante, les autres, la foule, ceux
117 Texte| la vie vraie, décolorée, déshabillée. Ce sont ceux-là qui se
118 Texte| rêver d'imprévu, ne rien désirer d'extraordinaire, de surprenant,
119 Texte| a-t-il donc, celui-là, à se désoler ainsi ? Va-t-il pas nous
120 Texte| Vénus, dira de notre globe détruit ce que M. Edmond Haraucourt
121 Texte| lamentable de l'illusion détruite.~ « Je ne crois pas le
122 | devant
123 Texte| elle que serions-nous ? que deviendrions-nous ? Elle s'appelle l'espoir
124 Texte| appelle Foi, elle s'appelle Dieu ! C'est grâce à elle que
125 Texte| ses arts, ses lois, ses Dieux...~Et lentement rentra dans
126 Texte| ans, un être nouveau, tout différent, qu'on ne peut même pas
127 Texte| habitant Mars ou Vénus, dira de notre globe détruit ce
128 Texte| globe éphémère,~Et l'on dirait, à voir sa forme errer sans
129 | dit
130 | dix
131 Texte| puissance, l'orgueil de la domination, le droit de signer des
132 Texte| bête, ce jour-là ! On lui donne liberté comme à un chien
133 Texte| vie, les fins repas qui donnent la goutte, les fêtes qui
134 | donner
135 Texte| comme je le suis pour la douleur ! »~ Mais quand ceux-là
136 | doute
137 Texte| gagne-t-on de personnel ? de doux ? de bon ? Pour d'autres,
138 | droit
139 Texte| la vie simple, honnête, droite, sans événements, sans secousses,
140 Texte| regards, puis des pleurs, un dur chagrin, et l'oubli, voilà !
141 Texte| que je ne rêve pas d'en écrire un, il me prend un ennui
142 Texte| globe détruit ce que M. Edmond Haraucourt dit de la Lune.~ ~~~
143 Texte| de nos agitations, de nos efforts ! Rien, pas même un souvenir !~
144 Texte| épouvantes et le doute les effraie. Ceux-là boivent les troublants
145 Texte| gagneront-ils, ces craintifs égoïstes ?~ Quelles que soient
146 Texte| aux hommes, mais à la race elle-même !~
147 | elles
148 Texte| D'autres aussi sentent s'éloigner d'eux cette confiance tranquille
149 Texte| nous ravage.~ Elle nous émiette d'instant en instant. A
150 Texte| qui vieillit, la cherche encor là-haut ;~Tout est nu. Mais,
151 Texte| perds dans mes souvenirs d'enfance, comme un vieillard... Je
152 Texte| errer sans bruit,~L'âme d'un enfant mort qui reviendrait, la
153 Texte| poudre d'arsenic, qui s'enfoncent dans la bouche un canon
154 Texte| humaine qui apparaît, hurle, s'enivre, se bat, frappe, ravage,
155 Texte| écrire un, il me prend un ennui à crier. La vie enfin ne
156 Texte| ainsi ? Car l'humanité tout entière espère toujours quelque
157 Texte| L'illusion. Elle nous enveloppe et nous berce, nous trompant
158 Texte| jamais, suffisent à faire s'épanouir l'âme, toute vibrante de
159 Texte| le soir, passe son globe éphémère,~Et l'on dirait, à voir
160 Texte| heureux. Mais la mort les épouvantes et le doute les effraie.
161 Texte| violents ?~ Quel plaisir éprouve-t-on à se réunir si c'est uniquement
162 Texte| dirait, à voir sa forme errer sans bruit,~L'âme d'un enfant
163 Texte| semble tolérable que si on l'escamote.~ « Je me perds dans
164 Texte| rien de nos rêves, de nos espérances, de nos travaux, de nos
165 Texte| l'humanité tout entière espère toujours quelque chose de
166 Texte| guère heureusement ! Nous espérons toujours un bonheur prochain,
167 Texte| possible pour quiconque a l'esprit vif et palpitant ? La peur
168 Texte| face ? Pourquoi cette foule est-elle délirante de joie, alors
169 Texte| peuvent rire encore ! N'est-il pas étrange qu'on rie avec
170 | étaient
171 Texte| Elle s'appelle l'espoir éternel, l'éternelle gaieté, l'éternelle
172 Texte| rire encore ! N'est-il pas étrange qu'on rie avec des cheveux
173 | eux
174 Texte| baisers, quelques soirs d'exaltation, de longs regards, puis
175 Texte| imprévu, ne rien désirer d'extraordinaire, de surprenant, est-ce possible
176 Texte| se jeter des saletés à la face ? Pourquoi cette foule est-elle
177 Texte| dans leur joie ; ils se fâchent, furieux contre le misérable : - «
178 | faire
179 Texte| affaires, tout ce que nous faisons, vivre enfin, c'est mourir !
180 Texte| certaine ! Je crois à la mort fatale et toute-puissante !~
181 Texte| aucun résultat pour ces fatigues, sans aucune récompense
182 Texte| couverte d'un masque en fil de fer, trouvent un plaisir délirant
183 Texte| fleurit avec les fleurs, fermente dans le vin, nous grise,
184 Texte| dans sa joie comme dans sa férocité.~ Quel bonheur stupide
185 Texte| Nice qu'il faut voir cette fête de la brute civilisée !
186 Texte| qui donnent la goutte, les fêtes qui usent l'homme en quelques
187 Texte| de la vie qu'une suite de feuilles de papier à barbouiller
188 Texte| C'est un malade ! »~25 février 1884~
189 Texte| lancer du plâtre dans la figure, se retournent, surpris,
190 Texte| couverte d'un masque en fil de fer, trouvent un plaisir
191 | fin
192 Texte| compris : ils aiment mieux en finir tout de suite.~ D'autres
193 Texte| délicatesses de la vie, les fins repas qui donnent la goutte,
194 Texte| plus retrouver. Gustave Flaubert, dans ses lettres, pousse
195 Texte| charmants, pousse avec l'herbe,. fleurit avec les fleurs, fermente
196 Texte| herbe,. fleurit avec les fleurs, fermente dans le vin, nous
197 Texte| avec les rayons du soleil, flotte autour de nous dans la pâle
198 | fois
199 Texte| plâtre dans les yeux. Une folie furieuse agite ces êtres
200 Texte| de nos travaux, de nos folies, de nos agitations, de nos
201 Texte| est heureux, parce que la force, l'ardeur du sang, l'espoir
202 Texte| Et l'on dirait, à voir sa forme errer sans bruit,~L'âme
203 Texte| misère de nous, change les formes, voit le malheur toujours
204 Texte| Pour d'autres, c'est la fortune, le luxe de l'existence,
205 Texte| prend, de mois en mois, la fraîcheur de la peau qui ne reviendra
206 Texte| hurle, s'enivre, se bat, frappe, ravage, ou tue sitôt qu'
207 Texte| que la lézarde ride au front et que la mousse a depuis
208 Texte| dans les yeux. Une folie furieuse agite ces êtres qui gesticulent,
209 Texte| leur joie ; ils se fâchent, furieux contre le misérable : - «
210 | fut
211 Texte| montre le bonheur toujours fuyant.~ Sans elle que serions-nous ?
212 Texte| existence des peuples ? Qu'y gagne-t-on de personnel ? de doux ?
213 Texte| récompense éternelle.~ Qu'y gagneront-ils, ces craintifs égoïstes ?~
214 Texte| peu de sa santé, comment garder sa foi dans un bonheur possible ?~
215 Texte| furieuse agite ces êtres qui gesticulent, crient, se heurtent et
216 Texte| fins repas qui donnent la goutte, les fêtes qui usent l'homme
217 Texte| seringue contenant quelques gouttes de morphine, qui les fait
218 Texte| passent dans le monde, les grands tristes, et jettent aux
219 Texte| fermente dans le vin, nous grise, nous séduit, nous affole.
220 Texte| Mais nous n'y songeons guère heureusement ! Nous espérons
221 Texte| et massacre aux jours de guerre, qui guillotine aux jours
222 Texte| aux jours de guerre, qui guillotine aux jours de n révolution,
223 Texte| peuvent plus retrouver. Gustave Flaubert, dans ses lettres,
224 Texte| quelque poète, peut-être, habitant Mars ou Vénus, dira de notre
225 Texte| détruit ce que M. Edmond Haraucourt dit de la Lune.~ ~~~Puis
226 Texte| tuent, qui se jettent du haut des ponts dans les rivières,
227 Texte| charmants, pousse avec l'herbe,. fleurit avec les fleurs,
228 Texte| A chaque jour, à chaque heure, à chaque minute, dès qu'
229 Texte| nous n'y songeons guère heureusement ! Nous espérons toujours
230 Texte| gesticulent, crient, se heurtent et se lancent au visage
231 Texte| du plâtre ? Quelle joie à heurter des coudes, à bousculer
232 Texte| ces hommes, la bête, cette hideuse bête humaine qui apparaît,
233 Texte| bonheur, c'est la vie simple, honnête, droite, sans événements,
234 Texte| masques passent, rapides, honteux et méprisés dans la foule,
235 Texte| on la démusèle, la bête horrible qui incendie, pille et massacre
236 Texte| les jours où le bétail humain s'amuse par masses, par
237 Texte| nous trompe ainsi ? Car l'humanité tout entière espère toujours
238 Texte| bête humaine qui apparaît, hurle, s'enivre, se bat, frappe,
239 Texte| plus à beaucoup.~ Cette idée de plaisir et de bonheur
240 Texte| attendre, ne rien rêver d'imprévu, ne rien désirer d'extraordinaire,
241 Texte| démusèle, la bête horrible qui incendie, pille et massacre aux jours
242 Texte| peur de la mort et de l'inconnu qui est derrière jettent
243 Texte| ardeur du sang, l'espoir indécis d'événements délicieux qui
244 Texte| en nous, tenace, vivace, indéracinable malgré la réalité lamentable.~
245 Texte| quelque chose de bon et d'indéterminé !~ Pour beaucoup, c'est
246 Texte| longtemps défraîchie, la mort, l'inévitable mort sans cesse nous talonne
247 Texte| rendormir, pour quelques instants, dans le beau rêve universel
248 Texte| récompense après ces mouvements inutiles et violents ?~ Quel plaisir
249 Texte| ne sent plus son baiser jeune et chaud ;~La Terre, qui
250 Texte| on déchaîne la bête, ce jour-là ! On lui donne liberté comme
251 Texte| cités, des pleurs, des cris joyeux ;~Elle eut l'amour ; elle
252 | là
253 Texte| vieillit, la cherche encor là-haut ;~Tout est nu. Mais, le
254 Texte| ravage, ou tue sitôt qu'on la lâche et qu'on la démusèle, la
255 Texte| ainsi ? Va-t-il pas nous laisser tranquilles ? »~ Et ils
256 Texte| crient, se heurtent et se lancent au visage des poignées de
257 Texte| carnaval et qui aiment à se lancer du plâtre dans la figure,
258 Texte| est courir vers la mort en landau au lieu d'y aller à pied.~
259 Texte| confiance tranquille dans les lendemains heureux. Mais la mort les
260 Texte| ses lois, ses Dieux...~Et lentement rentra dans l'ombre.~~Depuis,
261 Texte| Gustave Flaubert, dans ses lettres, pousse le grand cri continu,
262 Texte| tuiles et des pierres, que la lézarde ride au front et que la
263 Texte| ce jour-là ! On lui donne liberté comme à un chien que la
264 Texte| La bête humaine est libre ! Elle se soulage et s'amuse
265 Texte| vers la mort en landau au lieu d'y aller à pied.~ Pour
266 Texte| Ceux-là boivent les troublants liquides et mangent l'opium !~
267 Texte| que je ne tiens plus un livre ou que je ne rêve pas d'
268 Texte| la civilisation et de la loi tiendrait attaché toute
269 | loin
270 Texte| elle eut ses arts, ses lois, ses Dieux...~Et lentement
271 Texte| quelques soirs d'exaltation, de longs regards, puis des pleurs,
272 Texte| comprend, lorsqu'on sait ! Lorsque les cheveux blancs apparaissent
273 | lui
274 Texte| autres, c'est la fortune, le luxe de l'existence, les délicatesses
275 | M
276 Texte| Comme une vieille maison, dont tombent, d'année en
277 Texte| ils déclarent : « C'est un malade ! »~25 février 1884~
278 Texte| tenace, vivace, indéracinable malgré la réalité lamentable.~
279 Texte| change les formes, voit le malheur toujours présent et nous
280 Texte| les troublants liquides et mangent l'opium !~ Des hommes
281 Texte| Respirer, dormir, boire et manger, marcher, aller à ses affaires,
282 Texte| dormir, boire et manger, marcher, aller à ses affaires, tout
283 Texte| poète, peut-être, habitant Mars ou Vénus, dira de notre
284 Texte| mêlés, la tête couverte d'un masque en fil de fer, trouvent
285 Texte| point de carnaval. Quelques masques passent, rapides, honteux
286 Texte| horrible qui incendie, pille et massacre aux jours de guerre, qui
287 Texte| bétail humain s'amuse par masses, par troupeaux, montrant
288 Texte| femmes, du peuple et du monde mêlés, la tête couverte d'un masque
289 Texte| cette illusion, la grande menteuse. Et soudain ils voient la
290 Texte| passent, rapides, honteux et méprisés dans la foule, lente et
291 | mer
292 Texte| Pour regarder dormir sa mère.~~~ ~
293 Texte| est grâce à elle que les mères se consolent des enfants
294 Texte| murmures vivants ;~Elle eut des mers sans fond et des fleuves
295 | mes
296 | mieux
297 | milieu
298 Texte| hommes et des femmes, par milliers, se piquent le bras chaque
299 Texte| à chaque heure, à chaque minute, dès qu'a commencé cette
300 Texte| fâchent, furieux contre le misérable : - « Qu'a-t-il donc, celui-là,
301 Texte| l'affreuse et éternelle misère de nous, change les formes,
302 | moi
303 | moment
304 Texte| route, nue comme la mer, monotone comme le désert. Ne rien
305 Texte| par masses, par troupeaux, montrant bien sa bestiale sottise.~
306 Texte| toujours présent et nous montre le bonheur toujours fuyant.~
307 Texte| contenant quelques gouttes de morphine, qui les fait rentrer un
308 Texte| Puis, quand la Terre sera morte aussi, il ne restera plus
309 Texte| se consolent des enfants morts. C'est grâce à elle que
310 Texte| faisons, vivre enfin, c'est mourir ! Mais nous n'y songeons
311 Texte| démolition de notre corps, nous mourons un peu. Respirer, dormir,
312 Texte| ride au front et que la mousse a depuis longtemps défraîchie,
313 Texte| aucune récompense après ces mouvements inutiles et violents ?~
314 Texte| vents~La Lune se peupla de murmures vivants ;~Elle eut des mers
315 Texte| la crainte d'un châtiment mystérieux et l'espoir d'une récompense
316 Texte| soulage et s'amuse selon sa nature de brute.~ Il ne faut
317 Texte| Ce n'est encore là qu'une négation. Tournons les pages :~ «
318 Texte| elle a congé.~ C'est à Nice qu'il faut voir cette fête
319 Texte| papier à barbouiller de noir. Il me semble que je traverse
320 Texte| aura plus jamais de cheveux noirs.~ Quelques-uns la perdent,
321 Texte| fond et des fleuves sans nombre,~Des troupeaux, des cités,
322 | nouveau
323 Texte| encor là-haut ;~Tout est nu. Mais, le soir, passe son
324 Texte| comme une grande route, nue comme la mer, monotone comme
325 Texte| mort qui reviendrait, la nuit, ~Pour regarder dormir sa
326 Texte| lentement rentra dans l'ombre.~~Depuis, rien ne sent plus
327 Texte| troublants liquides et mangent l'opium !~ Des hommes et des
328 Texte| loin : - « Que ne suis-je organisé pour la jouissance comme
329 Texte| autres, c'est la puissance, l'orgueil de la domination, le droit
330 Texte| pleurs, un dur chagrin, et l'oubli, voilà ! Puis la mort.~
331 | Oui
332 Texte| une négation. Tournons les pages :~ « Dès que je ne tiens
333 Texte| flotte autour de nous dans la pâle clarté de la lune ! Elle
334 Texte| quiconque a l'esprit vif et palpitant ? La peur de la mort et
335 Texte| une suite de feuilles de papier à barbouiller de noir. Il
336 Texte| le droit de signer des papiers qui changent l'existence
337 Texte| sa bestiale sottise.~ Paris ne connaît point de carnaval.
338 Texte| l'attend ?~ Pourquoi parle-t-on longtemps d'avance de ce
339 Texte| ces gens à aveugler les passants avec du plâtre ? Quelle
340 Texte| Tout est nu. Mais, le soir, passe son globe éphémère,~Et l'
341 Texte| regrette-t-on lorsqu'il est passé ? Uniquement parce qu'on
342 Texte| tout ce que la vie, notre pauvre vie, peut nous donner encore
343 Texte| nous dansons au carnaval. Pauvres êtres !~
344 Texte| mois, la fraîcheur de la peau qui ne reviendra point,
345 | pendant
346 Texte| jettent les autres dans la pénitence au fond des cloîtres. Ils
347 Texte| blancs apparaissent et qu'on perd chaque jour, dès la trentaine,
348 Texte| noirs.~ Quelques-uns la perdent, cette illusion, la grande
349 Texte| l'escamote.~ « Je me perds dans mes souvenirs d'enfance,
350 Texte| Des hommes pourtant l'ont perdue à tout jamais et ne la peuvent
351 Texte| peuples ? Qu'y gagne-t-on de personnel ? de doux ? de bon ? Pour
352 Texte| dans la foule, lente et pesante, sortie parce qu'elle a
353 Texte| bras chaque jour avec une petite seringue contenant quelques
354 Texte| et des vents~La Lune se peupla de murmures vivants ;~Elle
355 Texte| civilisée ! Hommes et femmes, du peuple et du monde mêlés, la tête
356 Texte| changent l'existence des peuples ? Qu'y gagne-t-on de personnel ?
357 Texte| esprit vif et palpitant ? La peur de la mort et de l'inconnu
358 Texte| Et quelque poète, peut-être, habitant Mars ou Vénus,
359 Texte| rivières, qui boivent le phosphore des allumettes ou la blanche
360 Texte| landau au lieu d'y aller à pied.~ Pour d'autres, c'est
361 Texte| année, des tuiles et des pierres, que la lézarde ride au
362 Texte| bête horrible qui incendie, pille et massacre aux jours de
363 Texte| femmes, par milliers, se piquent le bras chaque jour avec
364 Texte| jettent aux hommes leur plainte désespérante, les autres,
365 Texte| milieu des enfants ; la vie plate comme une grande route,
366 Texte| attente ; elle s'appelle Poésie, elle s'appelle Foi, elle
367 Texte| souvenir !~ Et quelque poète, peut-être, habitant Mars
368 Texte| se lancent au visage des poignées de confetti, de poussière
369 Texte| chaîne des usages, de la politesse, de la civilisation et de
370 Texte| qui se jettent du haut des ponts dans les rivières, qui boivent
371 Texte| allumettes ou la blanche poudre d'arsenic, qui s'enfoncent
372 Texte| poignées de confetti, de poussière et de cailloux. Une bête
373 Texte| voit le malheur toujours présent et nous montre le bonheur
374 Texte| espérons toujours un bonheur prochain, et nous dansons au carnaval.
375 Texte| délicieux qui semblent si proches et qu'on n'atteint jamais,
376 Texte| sueur, aux jours de gaieté publique, affreuse dans sa joie comme
377 Texte| Pour d'autres, c'est la puissance, l'orgueil de la domination,
378 | Quelle
379 Texte| craintifs égoïstes ?~ Quelles que soient nos attentes,
380 Texte| jamais de cheveux noirs.~ Quelques-uns la perdent, cette illusion,
381 Texte| surprenant, est-ce possible pour quiconque a l'esprit vif et palpitant ?
382 Texte| vouloir aux hommes, mais à la race elle-même !~
383 Texte| Quelques masques passent, rapides, honteux et méprisés dans
384 Texte| tombe sur nous avec les rayons du soleil, flotte autour
385 Texte| indéracinable malgré la réalité lamentable.~ A vingt
386 Texte| qu'on ne peut même pas reconnaître ; et plus nous allons, plus
387 Texte| reviendrait, la nuit, ~Pour regarder dormir sa mère.~~~ ~
388 Texte| soirs d'exaltation, de longs regards, puis des pleurs, un dur
389 Texte| avance de ce jour, et le regrette-t-on lorsqu'il est passé ? Uniquement
390 Texte| point, des dents qui ne renaîtront pas, nos cheveux qui ne
391 Texte| illusion consolante et se rendormir, pour quelques instants,
392 Texte| au fond des cloîtres. Ils renoncent à tout, à tout ce que la
393 Texte| ses Dieux...~Et lentement rentra dans l'ombre.~~Depuis, rien
394 Texte| de morphine, qui les fait rentrer un moment dans cette illusion
395 Texte| délicatesses de la vie, les fins repas qui donnent la goutte, les
396 Texte| pas, nos cheveux qui ne repousseront plus ; elle nous défigure,
397 Texte| de l'ameublement et les respects des serviteurs ; c'est courir
398 Texte| corps, nous mourons un peu. Respirer, dormir, boire et manger,
399 Texte| sera morte aussi, il ne restera plus rien de nos rêves,
400 Texte| à crier ainsi sans aucun résultat pour ces fatigues, sans
401 Texte| plâtre dans la figure, se retournent, surpris, troublés dans
402 Texte| jamais et ne la peuvent plus retrouver. Gustave Flaubert, dans
403 Texte| plaisir éprouve-t-on à se réunir si c'est uniquement pour
404 Texte| universel dont ils s'étaient réveillés.~
405 Texte| restera plus rien de nos rêves, de nos espérances, de nos
406 Texte| fraîcheur de la peau qui ne reviendra point, des dents qui ne
407 Texte| âme d'un enfant mort qui reviendrait, la nuit, ~Pour regarder
408 Texte| guillotine aux jours de n révolution, et saute, en sueur, aux
409 Texte| dans la bouche un canon de revolver.~ Il suffit que le voile
410 Texte| Comment le rêvons-nous, ce bonheur, nous autres
411 Texte| homme en quelques ans, les richesses de l'ameublement et les
412 Texte| pierres, que la lézarde ride au front et que la mousse
413 Texte| est-il pas étrange qu'on rie avec des cheveux blancs,
414 Texte| haut des ponts dans les rivières, qui boivent le phosphore
415 Texte| bleu, elle nous fait voir rose, elle tombe sur nous avec
416 Texte| vie plate comme une grande route, nue comme la mer, monotone
417 | sais
418 Texte| lorsqu'on comprend, lorsqu'on sait ! Lorsque les cheveux blancs
419 Texte| uniquement pour se jeter des saletés à la face ? Pourquoi cette
420 Texte| que la force, l'ardeur du sang, l'espoir indécis d'événements
421 Texte| confiance, un peu de sa santé, comment garder sa foi dans
422 Texte| jours de n révolution, et saute, en sueur, aux jours de
423 Texte| bonheur, nous autres qui savons rêver ? Qu'attendons-nous
424 Texte| droite, sans événements, sans secousses, au milieu des enfants ;
425 Texte| le vin, nous grise, nous séduit, nous affole. Elle nous
426 | selon
427 Texte| événements délicieux qui semblent si proches et qu'on n'atteint
428 Texte| ombre.~~Depuis, rien ne sent plus son baiser jeune et
429 Texte| suite.~ D'autres aussi sentent s'éloigner d'eux cette confiance
430 | sera
431 Texte| chaque jour avec une petite seringue contenant quelques gouttes
432 Texte| fuyant.~ Sans elle que serions-nous ? que deviendrions-nous ?
433 Texte| ameublement et les respects des serviteurs ; c'est courir vers la mort
434 Texte| domination, le droit de signer des papiers qui changent
435 Texte| le bonheur, c'est la vie simple, honnête, droite, sans événements,
436 Texte| frappe, ravage, ou tue sitôt qu'on la lâche et qu'on
437 | soient
438 Texte| Tout est nu. Mais, le soir, passe son globe éphémère,~
439 Texte| Quelques baisers, quelques soirs d'exaltation, de longs regards,
440 | soit
441 Texte| nous avec les rayons du soleil, flotte autour de nous dans
442 Texte| semble que je traverse une solitude sans fin, pour aller je
443 Texte| accourant vers nous ? Quel songe nous berce ainsi, nous trompe
444 Texte| est mourir ! Mais nous n'y songeons guère heureusement ! Nous
445 Texte| foule, lente et pesante, sortie parce qu'elle a congé.~
446 Texte| montrant bien sa bestiale sottise.~ Paris ne connaît point
447 Texte| la grande menteuse. Et soudain ils voient la vie, la vie
448 Texte| humaine est libre ! Elle se soulage et s'amuse selon sa nature
449 Texte| Trompeuse se soit un instant soulevé, il suffit d'un amour déçu,
450 Texte| Qu'est-ce donc qui soutient l'homme ? Qui le fait aimer
451 Texte| efforts ! Rien, pas même un souvenir !~ Et quelque poète,
452 Texte| Je me perds dans mes souvenirs d'enfance, comme un vieillard...
453 Texte| férocité.~ Quel bonheur stupide peuvent trouver ces gens
454 Texte| révolution, et saute, en sueur, aux jours de gaieté publique,
455 Texte| qu'on n'atteint jamais, suffisent à faire s'épanouir l'âme,
456 Texte| Et plus loin : - « Que ne suis-je organisé pour la jouissance
457 | sur
458 Texte| désirer d'extraordinaire, de surprenant, est-ce possible pour quiconque
459 Texte| la figure, se retournent, surpris, troublés dans leur joie ;
460 Texte| inévitable mort sans cesse nous talonne et nous dégrade. Elle nous
461 Texte| de vivre.~ Mais plus tard, lorsqu'on voit, lorsqu'
462 Texte| de bonheur est, en nous, tenace, vivace, indéracinable malgré
463 Texte| peuple et du monde mêlés, la tête couverte d'un masque en
464 Texte| Texte~ ~
465 Texte| Puis ce fut l'âge blond des tiédeurs et des vents~La Lune se
466 Texte| civilisation et de la loi tiendrait attaché toute l'année !~
467 Texte| pages :~ « Dès que je ne tiens plus un livre ou que je
468 Texte| La vie enfin ne me semble tolérable que si on l'escamote.~ «
469 Texte| nous fait voir rose, elle tombe sur nous avec les rayons
470 Texte| amour déçu, d'un espoir tombé. Ils ont compris : ils aiment
471 Texte| une vieille maison, dont tombent, d'année en année, des tuiles
472 Texte| encore là qu'une négation. Tournons les pages :~ « Dès que
473 Texte| crois à la mort fatale et toute-puissante !~ Mais des gens dansent
474 Texte| éloigner d'eux cette confiance tranquille dans les lendemains heureux.
475 Texte| Va-t-il pas nous laisser tranquilles ? »~ Et ils déclarent : «
476 Texte| bonheur possible, mais bien la tranquillité. » Ce n'est encore là qu'
477 Texte| pousse, nous affaiblit, nous travaille et nous ravage.~ Elle
478 Texte| de nos espérances, de nos travaux, de nos folies, de nos agitations,
479 Texte| noir. Il me semble que je traverse une solitude sans fin, pour
480 Texte| perd chaque jour, dès la trentaine, un peu de sa vigueur, un
481 Texte| dans le monde, les grands tristes, et jettent aux hommes leur
482 Texte| enveloppe et nous berce, nous trompant et nous charmant toujours !
483 Texte| songe nous berce ainsi, nous trompe ainsi ? Car l'humanité tout
484 Texte| nos attentes, elles nous trompent toujours. Seule, 1a mort
485 Texte| suffit que le voile de la Trompeuse se soit un instant soulevé,
486 Texte| effraie. Ceux-là boivent les troublants liquides et mangent l'opium !~
487 Texte| se retournent, surpris, troublés dans leur joie ; ils se
488 Texte| un masque en fil de fer, trouvent un plaisir délirant à se
489 Texte| bonheur stupide peuvent trouver ces gens à aveugler les
490 Texte| bat, frappe, ravage, ou tue sitôt qu'on la lâche et
491 Texte| Ce sont ceux-là qui se tuent, qui se jettent du haut
492 Texte| tombent, d'année en année, des tuiles et des pierres, que la lézarde
493 Texte| instants, dans le beau rêve universel dont ils s'étaient réveillés.~
494 Texte| chien que la chaîne des usages, de la politesse, de la
495 Texte| la goutte, les fêtes qui usent l'homme en quelques ans,
496 Texte| celui-là, à se désoler ainsi ? Va-t-il pas nous laisser tranquilles ? »~
497 Texte| blond des tiédeurs et des vents~La Lune se peupla de murmures
498 Texte| Voici venus les jours du carnaval, les
499 Texte| peut-être, habitant Mars ou Vénus, dira de notre globe détruit
500 Texte| s'épanouir l'âme, toute vibrante de la seule joie de vivre.~
501 Texte| souvenirs d'enfance, comme un vieillard... Je n'attends plus rien
502 Texte| est grâce à elle que les vieillards peuvent rire encore ! N'
503 Texte| possible ?~ Comme une vieille maison, dont tombent, d'
504 Texte| et chaud ;~La Terre, qui vieillit, la cherche encor là-haut ;~
505 Texte| pour quiconque a l'esprit vif et palpitant ? La peur de
506 Texte| trentaine, un peu de sa vigueur, un peu de sa confiance,
507 Texte| fleurs, fermente dans le vin, nous grise, nous séduit,
508 Texte| réalité lamentable.~ A vingt ans, on est heureux, parce
509 Texte| ces mouvements inutiles et violents ?~ Quel plaisir éprouve-t-on
510 Texte| heurtent et se lancent au visage des poignées de confetti,
511 Texte| bonheur est, en nous, tenace, vivace, indéracinable malgré la
512 Texte| Lune se peupla de murmures vivants ;~Elle eut des mers sans
513 Texte| Voici venus les jours du carnaval,
514 Texte| menteuse. Et soudain ils voient la vie, la vie vraie, décolorée,
515 Texte| revolver.~ Il suffit que le voile de la Trompeuse se soit
516 Texte| coudes, à bousculer ses voisins, à s'agiter, à courir, à
517 Texte| brute.~ Il ne faut pas en vouloir aux hommes, mais à la race
518 Texte| à la fois le désert, le voyageur et le chameau. »~ Et
519 Texte| ils voient la vie, la vie vraie, décolorée, déshabillée.
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