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MARCEL SCHWOB
Marcel Schwob est mort. Un mal banal triomphe
de sa chair débile que dévorait une vie ardente. A l'abri de l'admiration du
vulgaire, aimé des délicats, il meurt maître de ce talent mystérieux
qu'éclairait une si parfaite conscience.
Il meurt à trente-neuf ans, ayant enrichi le trésor littéraire français d'une
oeuvre, en tous points considérable, chérie de ceux qui, jouissant du mystère
sans en devenir la proie, ne renoncent jamais aux clartés certaines d'une
logique impérieuse : Mimes, la Croisade des Enfants, l'Etoile
de Bois, le Roi au Masque d'Or, autant de précieux livres qui
nous seront plus précieux désormais, car ils sont la chair et le sang du Maître
aimé qui, hier, nous remettait les premiers feuillets de « Il Libro
della mia Memoria »... !
Les poètes, les lettrés le pleureront et, certes, aussi, les vingt fidèles
qu'il réunissait chaque jeudi en l’Ecole des Hautes Etudes Sociales,
parachevant son étude sur l'oeuvre et la vie de François Villon, qui eût
constitué l'un des monuments impérissables de notre littérature. Les « Villonistes
» n'ont plus de maître.
Nous courberons la tête sans rien ajouter, cependant que le peuple des diurnales,
qui refusait naguère d'honorer le vivant, entonne un chant de gloire ; Marcel
Schwob est mort.
A. S.
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