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QUATRIÈME TABLEAU
Même décor qu'au premier tableau. - Chambre de COLOMBINE.
Au lever du rideau Mme CASSANDRE, CASSANDRE et le médecin sont groupés autour du
lit de COLOMBINE.
A la porte, que tient entrebâillée une des filles du village, on voit passer le
museau blanc de PIERROT.
Il fait grand jour ; le soleil illumine gaiement les vitraux.
Un mouvement se fait dans les rideaux du lit qui s'entr'ouvrent. COLOMBINE apparaît, couchée, la tête appuyée
sur le bras de sa mère. Elle se réveille lentement, se lève sur son séant et
ouvre de grands yeux étonnés : Où est-elle ? aurait-elle rêvé ?
Elle passe les bras autour du cou de Mme CASSANDRE,
l'embrasse, baise les mains de son père qui, tout en essuyant une larme, va
ouvrir la fenêtre toute grande et fait signe à PIERROT
que COLOMBINE est guérie.
Sauvée ! Sauvée !... et, malgré Mme CASSANDRE,
qui lui fait signe de rester dehors, il se précipite vers le lit de COLOMBINE, se jette à genoux, lui dévorant les
mains de baisers, tandis que la servante essaie de pousser la porte contre un
flot de visiteurs, filles et gars, qui veulent entrer !
Sauvée ! Sauvée !
Mme CASSANDRE fait comprendre à PIERROT qu'il faut laisser COLOMBINE.
Tandis que PIERROT va parlementer à la
porte avec les visiteurs pour leur faire prendre patience, COLOMBINE, aidée par sa mère et par la
servante, se lève et passe une matinée à fleurs.
COLOMBINE est conduite auprès de la
table. Elle s'installe dans le grand fauteuil et PIERROT,
après un signe échangé avec Mme CASSANDRE,
laisse pénétrer dans la chambre toutes les jeunes filles amies de COLOMBINE. COLOMBINE
reçoit leurs félicitations, leur serre la main : elle n'est plus folle, elle
est sauvée, elle est guérie… mais elle leur a fait une fière peur, hier ?...
PIERROT, qui s'est fait remplacer à la
porte par une des jeunes filles, s'agenouille devant elle et lui chausse les
petits souliers blancs de la veille ; - mais il est repoussé et congédié par
Mme CASSANDRE, qui veut qu'on laisse sa
fille s'habiller.
COLOMBINE est emmenée, par les jeunes filles, derrière un grand paravent que
l'on déploie (paravent qui ne la cache qu'à PIERROT
et à ceux qui occupent le fond de la scène et qui laisse les spectateurs
témoins de la toilette de COLOMBINE).
Derrière ce paravent, les jeunes filles habillent,
coiffent, lacent COLOMBINE en mariée,
lui assujettissent son
voile et sa couronne en dansant.
Pendant ce petit ballet sur place, PIERROT a ouvert la porte à ses amis,
qui viennent tous lui serrer la main et se rangent sur le fond de la scène. PIERROT leur indique du geste que COLOMBINE s'habille là,
derrière, et, tout heureux, ne
tient pas en place, va de l'un à l'autre,
puis, se penchant à la fenêtre, fait signe aux gens du dehors de monter.
Mme CASSANDRE, elle-même, ne se
tient plus de joie et voltige sans arrêt à travers l'appartement.
Par la porte grande ouverte, les invités de la noce arrivent : hommes, femmes
endimanchées, etc.
La famille CASSANDRE et PIERROT les reçoivent avec force salutations.
Un des amis de PIERROT lui apporte un
flot de rubans qu'il pique à sa veste, un gros bouquet et un chapeau
enrubanné... Enfin, les ménétriers,
armés de leurs violons entrent en jouant et se rangent
au fond de la scène.
Le paravent se replie COLOMBINE,
en mariée, s'avance au-devant de PIERROT
qui la prend par la main et lui fait faire le tour de l'appartement pour la
présenter à la société.
Des vivats
éclatent ;
tous les gars agitent leurs chapeaux ; des coups de fusils pétaradent
dehors ; les crins-crins
font rage pendant que les cloches de l'église s'ébranlent joyeusement.
Mme CASSANDRE, que les jeunes filles ont
coiffée d'une immense
capote et enveloppée d'un
grand châle, prend le bras
de son gendre, tandis que M. CASSANDRE offre le sien à sa fille,
tout en mettant ses gants.
Les gens de la noce se groupent par couples, derrière eux
et le cortège se met en branle...
cependant que les cloches multiplient leurs gais carillons.
FIN
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