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Texte
C'est
un vrai jour de l'été africain ; tout Boghari descend du ksar pour se
rendre à Bou-Guezoul ; et les Ouled Naïl, couvertes de leurs bijoux,
chamarrées d'étoffes éclatantes, petites pour la plupart, avec des têtes
gentilles et douces, quand elles sont jeunes, horribles quand elles sont
vieilles, se mêlent aux femmes des Arabes vêtues de blanc et voilées, et aux
grands hommes drapés dans leurs burnous. Tout cela s'en va par
groupes, en des voitures empruntées ou louées, inimaginables véhicules du
désert, ou bien sur des chevaux aux jambes fines, sur des mulets, sur des
bourricots trottinants.
Le long de la route on en aperçoit de tous côtés, sur la. droite ou sur la gauche, se dirigeant vers le même point.
Des troupes de cavaliers dessinent par places les
fiers profils des Arabes à cheval. Ce sont des caïds entourés
de leurs hommes. Le sol n'est plus couvert de la petite herbe de
Boghari, et nous suivons une espèce de val, dont un horizon démesuré forme les
bords et dont le vaste espace est coupaillé dans tous les sens par des
montelets de rochers aux pointes rouges dressées sur le ciel comme des dents.
Puis nous quittons la grand-route et tournons à droite
pour suivre une ondulation qui nous conduit vers une hauteur, lointaine encore.
Mais voilà qu'au sommet d'un de ces petits soulèvements qui ressemblent à des
vagues et empêchent cette contrée d'être jamais unie,
nous apercevons un goum qui accourt vers nous ventre à terre en jouant avec des
cannes ou des
cravaches, avec les longs fusils, au bout d'un bras levé.
Comme il arrive droit à nous,
chargeant à fond de train, la troupe se divise, en nous enveloppant ; et
les armes tonnent à nos oreilles ; les coups nous partent dans la figure
tandis que les cavaliers aux burnous blancs, aux burnous rouges, aux burnous
bleus nous frôlent au galop furieux de leurs chevaux. C'est un honneur
qu'on nous rend, le commencement de la fantasia qui va durer jusqu'au soir.
Un
affluent du Cheliff se présente à franchir. Des mulets et deux chameaux en
grande tenue saharienne nous attendent pour ce passage, qui n'a pas trois
mètres de large. Devant ce déploiement de pompe, on s'émerveille d'abord de
l'hospitalité arabe, tandis que mon serviteur murmure derrière moi, avec son
sourire goguenard : « Une planche là-dessus aurait été plus commode
que cette ménagerie. » C'était si vrai que je me mis à rire.
Le fait lui donna raison.
Le
premier chameau, portant deux dames, passa fort bien.
Il balançait les voyageuses emprisonnées dans une hutte en tapis d'Orient,
édifiée sur sa bosse, tandis qu'au-dessus de ce monumental animal, oscillait,
comme un mât de navire dans la tempête, une immense perche honorifique faite de
roseaux liés ensemble et qu'on appelle le bassour. Puis la bête continua
sa route vers la kouba de Sidi Mohammed Bel-Kassem qu'on apercevait sur la hauteur
prochaine.
La
traversée du second chameau qui portait les suivantes des dames ne fut pas
également heureuse. La bête fit un faux mouvement, et les Arabes affirment que
ses passagères se mirent à crier. Alors le chameau, saisi de peur, lâché par
ses conducteurs, détala avec de telles secousses que la tente aérienne finit
par culbuter sur son flanc. Il en sortait des clameurs perçantes et des jambes
levées au ciel.
A mesure que nous avancions sur la
longue pente montant vers le marabout, un extraordinaire spectacle se déroulait
à nos yeux. A perte de vue sur la gauche, le mirage apparaît ; une
vision de marais et de roseaux dedans. Puis autour du mamelon couvert d'indigènes, auquel nous arrivions, dans
la plaine étendue en cercle, dix-huit ou vingt tribus arabes étaient campées.
Les tentes brunes, basses, presque rampantes, vrais champignons du sable,
laissaient voir un peu seulement leur sommet pointu, et leurs arêtes inclinées
et déjà, au-dessus de ces villages errants piqués là pour un jour, s'élevaient
des fumées droites, de fines colonnes grises, dans l'air, transparente annonce
des festins de couscous.
A travers ces campements, les chameaux
rôdaient par groupes, profilant sur la terre nue leurs silhouettes
invraisemblables, et devant nous la fête arabe faisait sonner son bruit sauvage
de fusillade ininterrompue, de tambourins et de flûtes perçantes.
L'administrateur civil, M. Arnaud, et
son adjoint, M. Chambige, qui nous ont invités et reçus, nous conduisent au
milieu de la foule vers la tente préparée pour eux et pour nous. Elle a
appartenu au sultan du Maroc et appartient maintenant à un caïd voisin qui l'a
prêtée pour cette réjouissance. L'intérieur
en est orné de décorations orientales en drap rouge. Entourée d'un peuple
d'hommes en burnous, de femmes voilées et de courtisanes, elle nous sert d'abri
contre le soleil dont la brûlure devient cuisante. Elle est ouverte au sud et
au nord. D'un côté là-bas, vers le désert, c'est le paysage admirable de cette
plaine éclatante de lumière, où les tribus sont reposées ; de l'autre, sur
une lente montée de sol rouge vers une crête voisine hérissée de rocs, ce sont
des centaines de cavaliers qui vont et viennent, au pas, au trot, au galop, le
fusil à la main ou pendu sur la cuisse, une année-arabe en délire. Ils
s'éloignent et vont se grouper là-bas, à mille mètres environ des tentes, car
la nôtre n'est pas seule ; et la fantasia recommence pour nous.
Voici quatre pelotons de cinq
ou six hommes chacun qui se détachent de la masse blanche. Un peu éloignés d'abord les uns des autres, les
cinq ou les six cavaliers de chaque troupe, lancés sur nous au grand galop,
s'unissaient tout à coup, comme s'ils se collaient ensemble, pour former une
sorte de tourbillon opaque d'hommes aux burnous de toutes nuances voltigeant
autour d'eux et de chevaux dont les jambes deviennent presque invisibles dans
leur vertigineux mouvement. Au-dessus de ces trombes qui laissent derrière elles
des nuages de poussière, les fusils s'agitent, voltigent, lancés en l'air et
rattrapés au vol par les mains de ces acrobates centaures.
Ils approchent, stupéfiants de
vitesse ; ils grandissent, ils sont sur nous sans ralentir leur élan
fantastique. Les armes partent, la poudre coiffe les coureurs de panaches
blancs qui se déroulent et s'allongent sur leurs têtes. La foule indigène
répond par des clameurs et des applaudissements, tandis que les femmes arabes
poussent ces cris suraigus et vibrants dont toujours et partout elles expriment
leurs émotions de gaieté, de douleur ou de pieuse exaltation.
Les cavaliers chargent toujours. Il
sont à vingt mètres de nous. La masse des spectateurs recule, car des accidents
arrivent quelquefois. Une petite émotion émeut une seconde notre tente où sont
quelques invités et les femmes des fonctionnaires de Boghari, car il semble que
ces fous emportés vont passer à travers nous comme des balles. Mais voilà qu'en
un instant ils s'arrêtent brusquement, avec des secousses, des bondissements,
des pirouettes sur place, un tas de mouvements brisés, jolis, imprévus,
frémissants, de cavaliers de boîte à joujoux dont on arrête la mécanique.
Puis quand ils se furent séparés et
éloignés au milieu des acclamations, on en aperçut deux seulement qui
arrivaient à leur tour, deux poseurs équestres, préparant leur effet derrière
le rideau des premiers. Ce ne sont plus des chevaux qui galopent, ce sont des
animaux de légende, tant ils vont vite, tant ils sont légers et
inimaginablement gracieux avec ces manteaux qui flottent et palpitent comme des
drapeaux sur le dos de leurs maîtres.
D'autres, là-bas, se sont mis en route
et accourent à leur tour. Il y en a six groupes, inégalement espacés. Derrière
eux d'autres partent encore, et pendant une heure au moins, nous subissons les
charges frénétiques, les fusillades ininterrompues qui nous claquent dans les
oreilles, et la menace parfois réelle de l'invasion sous la tente. Les Arabes
alors au service de l'administrateur se jettent à la tête des bêtes qui se
cabrent en les soulevant.
Rien de plus charmant au monde, de
plus original et de plus souple à voir que ce jeu inimaginable, ce défilé vertigineux
de coups de fusil éclatant au galop fou des chevaux, quand on y assiste pour la
première fois. Mais lorsqu'on le connaît déjà, il devient à la fin
monotone, car aucune fantaisie nouvelle n'y est jamais introduite.
Voilà
qu'il s'interrompt soudain ; et tous les cavaliers reviennent au pas.
Pourquoi ?
El Hadji Ahmed, caïd des Zenakhra qui
nous reçoivent, tribu sage, agricole et pacifique, se charge de l'apprendre à
l'administrateur civil. On n'a plus de poudre. C'est le gouvernement qui
l'offre pour cette fête. Elle est empaquetée et emmagasinée dans la tente
voisine sous la garde de spahis, sans quoi la provision serait déjà pillée.
La
poudre excite le désir des Arabes comme les diamants, les perles et les pierres précieuses, celui
des femmes coquettes. Pour eux, c'est le bruit et la fumée grisants, la
chasse et la guerre.
On annonce la distribution que
l'administrateur adjoint va commencer et des centaines d'hommes à cheval,
pirouettant et cabriolant, entourent cette tente comme un trésor. Les spahis
sont sur leur garde, le fusil d'ordonnance au dos et la matraque à la main, car
il va falloir frapper, peut-être ; oui, on frappera. La poudre est trop
tentante pour qu'on ne se jette pas dessus, quand on la voit à sa portée.
Pendant
quelques minutes le partage des boîtes eut lieu su milieu d'une bousculade et
d'un tumulte affreux de mouvements et de cris gutturaux. Puis une poussée se
fit du dehors jetant les Arabes dans la tente, et ils se ruèrent sur les
boîtes.
Les caïds et leur escorte se
précipitèrent pour empêcher le pillage. Les spahis tapaient à coups de bâton
sur les bras, sur les mains, sur les têtes des envahisseurs, qui furent enfin
repoussés. Et malgré des clameurs violentes on cessa de donner la poudre. Mais
ils en avaient obtenu déjà beaucoup, et la fantasia reprit.
Les fonctionnaires officiels nous
racontent avec complaisance et sérénité que l'indigène n'a aucun moyen de se
procurer cette poudre.
Directement, non, mais indirectement,
oui. L'israélite électeur et citoyen français, qui peut acheter ouvertement et
revendre en cachette, est le pourvoyeur naturel et discret de l'Arabe.
Libre de s'approvisionner dans les
villes de toute la poudre de chasse qu'il désire, comment n'en vendrait-il pas,
le plus possible, à son voisin l'Arabe, avec un bon bénéfice, la marchandise
étant prohibée.
Sous notre tente on apporte le
déjeuner, déjeuner indigène bien entendu. Comme les coups de fusil nous
étourdissent, et comme les caïds, un surtout, le caïd Ali, qui porte sur un
burnous noir la croix d'honneur, nous engagent à aller voir le reste de la fête
pendant les apprêts du repas, nous voici mêlés à la foule arabe, ballottés par
la cohue, dévisagés par les yeux noirs, les yeux perçants et cernés de khôl des
femmes voilées dont les bandeaux, cachant le front, les joues, le nez, la
bouche et le menton, avivent le regard aigu dans le bâillement du linge blanc.
Des musiques étranges et bondissantes
résonnent de tous les côtés. Nous approchons d'un attroupement que le caïd
entrouvre pour nous donner passage. Ce sont des femmes qui dansent, des Ouled
Naïl. Elles sautent suivant le rythme sauvage, monotone et affolant de la danse
sacrée des Aïssaoua. Depuis une heure, deux heures peut-être, en plein soleil,
les yeux hagards, la salive aux lèvres, les vêtements presque arrachés du corps :
laissant sortir entre les bandes d'étoffes les seins noirs et flasques agités
de secousses, les cheveux répandus sur les épaules, noirs, mêlés, huileux, cinq
femmes, deux jeunes et trois vieilles, font des sauts, des bonds et des
flexions de jambes avec des gestes épileptiques. Dieu, leur Dieu Allah, le seul
Dieu, s'amuse à les regarder sans doute, du haut de son paradis, car c'est pour
lui qu'elles dansent ainsi.
Peut-être un peu pour nous. Quand
elles nous aperçoivent, leurs mouvements s'accentuent, leurs frémissements
augmentent. Deux hommes s'élancent, se mêlent à elles, les yeux en extase, et
sans interrompre l'exercice sacré, les effleurent du bout des mains, sur les
épaules, les bras, la poitrine, par des attouchements mystérieux qui sont
effrayants et chastes. D'autres encore se joignent à ces fous, et tous, par des
cris, et la prière éperdue des regards, ils excitent les musiciens qui ne font
pas assez de bruit. Le rythme s'accroît, les tambourins roulent leurs battement
désordonnés, la darbouka résonne, et dominant tout, la flûte, la terrible flûte
pousse sa note ininterrompue sous l'infatigable souffle d'un nègre aux gros
yeux blancs.
Autour de nous, cinquante Ouled Naïl
se pressent, curieuses de tout, des étrangers et du divertissement. Elles sont
couvertes de pièces d'or alignées en colliers, de pierres précieuses à peine
taillées qu'on appelle les pierres
arabes, de bijoux bizarres en argent, qui pendent sur la poitrine ou sur le
ventre. Les bras sont cerclés d'anneaux, les chevilles aussi. Beaucoup sont
jeunes, très jeunes, âgées de treize à seize ans, gentilles, d'une grâce et
d'une joliesse un peu repoussantes de petits animaux, qui sont pourtant des
femmes.
Mais voilà que deux danseuses
s'abattent, en proie à des convulsions. L'écume leur sort de la bouche et des
femmes de la foule se précipitent, les ramassent, les caressent, leur parlent,
les calment et les réconfortent, tandis qu'un des hommes, les yeux tout à fait
retournés dénoue d'un geste son turban, qui se déroule derrière lui, comme un
long serpent qui se livrerait aussi aux transports divins des Aïssaoua.
On nous vient chercher. Le déjeuner
nous attend. Il est ce que sont sous les tentes les repas indigènes offerts aux
Européens.
L'excellent mouton rôti en plein air,
cadavre rissolé dont la peau se soulève en écailles dorées par le feu, apparaît
porté par quatre Arabes sur un immense plat de bois. Son entrée sous les bords
relevés de la tente et sous le soleil qui l'illumine surprend toujours comme
l'apparition d'un supplicié du Moyen Age.
On ne le découpe jamais, on le mange
avec les mains. L'hôte soulève, sur les côtés de la colonne dorsale, de longs
filets entre son pouce et son index et les présente aux dames gravement. Elles
doivent les prendre en souriant, entre deux doigts aussi, et les manger.
Cette politesse une fois faite et
reçue les invités arrachent d'abord eux-mêmes les belles croûtes de peau
vernies et parfumées par les braises de bois odorant et les croquent, puis
attaquent la chair, le filet, le gigot, l'épaule. On emploie alors quelquefois
le couteau, et les hommes galants viennent en aide aux dames. Mais on ne
découpe pas, on dépèce, on arrache, on s'en nourrit en sauvages. Et c'est bon,
très bon, excellent, excitant si fort l'appétit, la gaieté, la bonne humeur,
qu'à sept personnes, dont deux dames, nous en avons mangé un tout entier.
Puis viennent des ragoûts où les
fruits sucrés du désert et les piments féroces sont mêlés aux graisses chaudes
et fondues des bêtes, autour des viandes bouillies qui ressemblent en même
temps à des entremets et à du feu.
Puis c'est le tour du couscous, quelquefois
bon et souvent détestable. C'est une farine de granules cuites dans une vapeur
de mouton bouilli, avec des légumes, des haricots, des choux, toujours du
piment. On obtient cette farine granuleuse avec du blé, qu'on a d'abord
beaucoup mouillé, puis couvert de linges humides au soleil, pour le faire
enfler et fermenter sans le laisser germer. D'autres préparations suivent pour
l'amener à la perfection. On le sèche, on le broie entre deux meules légères en
pierre dure,
mais on ne le réduit point en poudre fine. Comme le grain ordinaire, on le
casse simplement en grumeaux un peu plus gros que du millet. Ces grumeaux sont
de nouveau séchés au soleil, puis on les vanne pour les débarrasser de l'écorce
et de l'endocarpe du blé, et on les enferme enfin pour les conserver, en des
peaux de chèvre ou de mouton.
Quand le couscous est fait avec du bon
beurre et de bons légumes, il semble parfois excellent, et il contient des
qualités nutritives tout à fait exceptionnelles, mais les beurres arabes le
rendent presque toujours répugnant.
Pour le manger on fait un trou dans la
pâte élevée en dôme au milieu d'une espèce de grande jatte de bois, vaste et
pas très profonde. Par ce trou, on verse en abondance la sauce qui se répand dans
le fond. Cette sauce est un bouillon de viandes et de légumes pimenté
fortement. Chaque convive alors avec sa cuiller fouille dans le plat
devant lui, jusqu'à ce liquide, et il le mélange dans son assiette avec la
farine sèche restée par-dessus.
Pendant
que nous nous livrions à ces usages compliqués et barbares, les détonations
continuaient autour de nous. La tête des chevaux, mal arrêtés, arrivait
parfois jusqu'à la tente et la fumée de la fusillade y flottait d'une entrée à
l'autre, comme celle d'un train dans un tunnel.
Sur nos têtes, au-dessus de cette
toile, le soleil tombait en pluie de feu, et je sentais sur mes épaules et sur
ma nuque cette température d'étuve sèche qui caractérise si fort les midis
sahariens.
Il n'y a pas un atome d'humidité dans
l'air, pas une trace d'eau dans ce sol brûlé, pas un arbre et pas une herbe
dans cet horizon tout nu, il n'y a rien que la tombée ininterrompue de lumière
aveuglante et de chaleur dévoratrice que le soleil verse sur cette terre aimée
par lui entre toutes, qu'il détruit et tue de sa caresse.
La
brûlure qui tombe de son globe sur certaines oasis, en été, vers deux heures,
quand tous les Arabes sont cachés dans leurs cases de boue, n'est comparable à
rien de ce qu'on peut imaginer, et on sent que ce bienfaiteur des régions
fertiles, atteintes seulement de loin par ses rayons, n'est ici qu'une sorte de
destructeur tout-puissant, le féroce pacha du ciel.
La saison d'automne que nous
traversons l'a calmé. Il est attiédi, un peu dur encore ; et nous, bien
que doucement haletants et étourdis, nous déjeunons avec grand plaisir,
écoutant toujours la musique lointaine des danseurs Aïssaoua qui continuent leurs
exercices.
Trois heures plus tard, nous
repartions, à la première sensation du soir, et nos chevaux trottinants nous
traînèrent jusqu'à la nuit à travers l'idéale féerie des crépuscules roses
d'Afrique.
13 avril 1891
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