1882-suivi | sully-yport
Partie
1 2| Geneviève de Z... ~30 août 1882~ ~
2 | 2
3 | 30
4 1| semblait bien, au premier abord, grâce à son tailleur, a
5 1| sont tous. Regardons-les aborder les femmes sur la terrasse,
6 2| Or, deux jeunes gens qui achevaient leur repas m'ayant vue à
7 2| commettons à coeur joie des actes dépourvus de ce savoir-vivre
8 1| occasion d'applaudir encore l'admirable Coquelin, ainsi que deux
9 1| banquette, à mon côté. C'est admis.~ Dans les villes d'eaux,
10 2| bâtiments ; les chevaux s'agitaient sur la litière des écuries.
11 1| femmes qui ne sont plus aimées ni courtisées. Il me suffit
12 1| le considérer tout à mon aise. Sa figure a surtout un
13 | aller
14 1| d'aspect doux et fin, d'allure calme, qui lisait des vers.
15 2| égards, relativement à nos allures envers eux. Du reste, mignonne,
16 2| escalier devant la porte d'une amie que l'une vient de voir
17 2| Pourquoi gâter la joie de nos amis, en leur imposant des toilettes
18 2| je me suis autrefois bien amusée.~ Nous étions là quelques-uns
19 1| confidente involontaire d'une anecdote graveleuse, dite en termes
20 1| comparaison des abominables Anglais qui semblent avoir été élevés
21 1| les baigneurs réunis cette année sur cette plage. Il n'en
22 | ans
23 2| Geneviève de Z... ~30 août 1882~ ~
24 2| mêler du mien, je me suis aperçue de ceci : que si les hommes
25 2| m'ayant vue à leur tour, appelèrent en hâte le garçon pour régler
26 1| inconnu. Figure-toi qu'il s'appelle Sully Prudhomme. Je retournai
27 1| ravir. J'eus l'occasion d'applaudir encore l'admirable Coquelin,
28 1| savoir-vivre ne devrait-il pas leur apprendre à parler bas de ces choses
29 1| donnée par une remarquable artiste, Mme Masson, qui chante
30 2| monde, du vrai monde, et des artistes, fraternisant. On ne cancanait
31 | as
32 1| un homme encore jeune, d'aspect doux et fin, d'allure calme,
33 1| Prudhomme. Je retournai m'asseoir auprès de lui pour le considérer
34 1| sont les plus mal élevés), assis en face de moi, a posé délicatement
35 1| Puis je me trouvai assise sur le galet à côté d'un
36 1| pas.~ L'autre jour j'assistai à une soirée musicale au
37 1| de rimes ; il me semblait attardé, pour un homme. C'est là,
38 2| Jamais ! jamais !~ J'attendis, l'hiver dernier, vingt-deux
39 1| les lisait avec une telle attention, une telle passion, dirai-je,
40 2| rencontrent dans la rue ; quelle attitude ! quels regards de dénigrement,
41 1| de parler en public, sans aucune espèce de précaution, des
42 1| bonnes.~ Les hommes d'aujourd'hui ont si peu d'égards
43 1| Je retournai m'asseoir auprès de lui pour le considérer
44 1| que je me sentais humiliée autant qu'indignée d'avoir pu entendre
45 | autres
46 | avant
47 1| espèce de précaution, des aventures les plus révoltantes. Quand
48 2| alors.~ Or, comme nous n'avions point l'insipide Casino
49 | ayant
50 1| et je demandai au maître baigneur, sans paraître y prendre
51 1| circonstance, voir tous les baigneurs réunis cette année sur cette
52 1| nos domestiques. C'est aux bains de mer qu'il faut voir cela.
53 1| la poste me pressant. Je baise vos mains et vos joues.~
54 1| découvrir, en sortant d'un bal au Casino, que j'en eus
55 2| environs.~ On partait en bande avec un orgue de Barbarie
56 1| délicatement ses deux pieds sur la banquette, à mon côté. C'est admis.~
57 2| en bande avec un orgue de Barbarie dont jouait d'ordinaire
58 1| Yport. J'aperçus un homme barbu qui sortait d'une grande
59 1| cela. Ils s'y trouvent en bataillons serrés et on peut les juger
60 2| chantaient dans la profondeur des bâtiments ; les chevaux s'agitaient
61 2| en procession, riant et bavardant comme des folles.~ On
62 | belle
63 1| Votre nièce dévouée,~Berthe de X... ~ P.S. - Je
64 2| enseigner la politesse ; et la besogne serait si rude qu'Hercule
65 2| chuchote, où l'on danse bêtement, où l'on s'ennuie à profusion,
66 2| comme toi, mais vieille et blanche.~ C'est à nous, vois-tu,
67 2| les pommiers, au son de la boîte à musique. Les coqs réveillés
68 | bonne
69 1| enverrai à la cuisine, avec les bonnes.~ Les hommes d'aujourd'
70 2| Le Poittevin, coiffé d'un bonnet de coton. Deux hommes portaient
71 1| retiré délicatement ses bottes pour les remplacer par des
72 2| Elle me vit, me toisa et ne bougea point. Pendant plus d'un
73 1| plus souvent.~ Dans le bureau de l'hôtel, je fus presque
74 1| aspect doux et fin, d'allure calme, qui lisait des vers. Mais
75 2| mondaines en ce jour de plaisir campagnard et violent ? C'est ainsi
76 2| écuries. Le vent frais de la campagne nous caressait les joues,
77 2| artistes, fraternisant. On ne cancanait pas, alors.~ Or, comme
78 1| on désigne comme les plus cancanières pour être persuadée que
79 1| est, en outre, le pays des cancans et, partant, la patrie des
80 | car
81 1| figure a surtout un grand caractère de tranquillité et de finesse.
82 2| frais de la campagne nous caressait les joues, plein d'odeurs
83 2| tournure qui venait de payer sa carte et qui semblait prête à
84 2| visiter. Elles se mettent à causer en obstruant toute la largeur
85 2| mien, je me suis aperçue de ceci : que si les hommes ne sont
86 2| étroit, crois-tu que l'une cédera le pas, demandera pardon ?
87 1| Il me suffit de regarder celles qu'on désigne comme les
88 1| est douce, presque timide. Celui-là, certes, ne doit pas crier
89 | cependant
90 1| presque timide. Celui-là, certes, ne doit pas crier de grossièretés
91 2| estimais me manquer sans cesse ; mais en vieillissant et
92 | cet
93 | ceux
94 2| dans un restaurant des Champs-Élysées pour prendre le frais. Toutes
95 1| plage, je fus contrainte de changer de place pour ne pas être
96 2| musique. Les coqs réveillés chantaient dans la profondeur des bâtiments ;
97 1| artiste, Mme Masson, qui chante vraiment à ravir. J'eus
98 | chaque
99 1| Coquelin, ainsi que deux charmants pensionnaires du Vaudeville,
100 1| reste, comme ils sont tous chauves, cela vaut mieux.~ Mais
101 1| Figurez-vous qu'en chemin de fer, un d'eux, un monsieur
102 2| ennuie à profusion, nous cherchions de quelle manière passer
103 2| profondeur des bâtiments ; les chevaux s'agitaient sur la litière
104 1| chose qui m'exaspère et me choque par-dessus tout, c'est la
105 1| yeux sur moi. Je fus un peu choquée ; et je demandai au maître
106 1| coudoie ici, car leur genre me choquerait moins si je l'observais
107 2| Casino où l'on pose, où l'on chuchote, où l'on danse bêtement,
108 | cinq
109 1| Meillet. Je pus, en cette circonstance, voir tous les baigneurs
110 1| grande maison en forme de citadelle. C'était le peintre Jean-Paul
111 1| jeune homme qui prenait sa clef par-dessus ma tête. Un autre
112 2| dû, et nous commettons à coeur joie des actes dépourvus
113 2| le peintre Le Poittevin, coiffé d'un bonnet de coton. Deux
114 1| partant, la patrie des commères. De cinq à sept heures on
115 2| tout nous est dû, et nous commettons à coeur joie des actes dépourvus
116 1| point habituée à fréquenter communément les gens qu'on coudoie ici,
117 1| modèles de savoir-vivre en comparaison des abominables Anglais
118 1| politesse française, que nos compatriotes sont en voyage des modèles
119 2| haut en bas pour toiser et condamner ! Et si le trottoir est
120 1| pas être plus longtemps la confidente involontaire d'une anecdote
121 2| Vois deux femmes se connaissant qui se rencontrent dans
122 2| regard toutes les tables, considérant avec quiétude ceux qui attendaient
123 1| asseoir auprès de lui pour le considérer tout à mon aise. Sa figure
124 1| esprits. Il est aussi la consolation des femmes qui ne sont plus
125 1| Hier, sur la plage, je fus contrainte de changer de place pour
126 2| Je trouve maintenant, au contraire, que les hommes ont pour
127 | contre
128 2| la boîte à musique. Les coqs réveillés chantaient dans
129 1| applaudir encore l'admirable Coquelin, ainsi que deux charmants
130 2| à tout, et en perdant ma coquetterie, et en observant sans y
131 2| Poittevin, coiffé d'un bonnet de coton. Deux hommes portaient des
132 1| communément les gens qu'on coudoie ici, car leur genre me choquerait
133 2| d'herbes et de moissons coupées.~ Que c'est loin ! que
134 1| qui ne sont plus aimées ni courtisées. Il me suffit de regarder
135 1| simplement la main à leur couvre-chef. Du reste, comme ils sont
136 1| Celui-là, certes, ne doit pas crier de grossièretés en public,
137 2| grossièreté.~ Nous nous croyons tout permis, ma chérie,
138 1| avec les mots les plus crus et les réflexions les plus
139 1| peu, je l'enverrai à la cuisine, avec les bonnes.~ Les
140 2| aperçus alors une vieille dame de noble tournure qui venait
141 2| toutes de vraies grandes dames, tous les hommes deviendraient
142 2| oignon (horreur !) et l'on dansait sous les pommiers, au son
143 2| où l'on chuchote, où l'on danse bêtement, où l'on s'ennuie
144 2| nos maris ? Ce fut d'aller danser, chaque nuit, dans une des
145 2| obstinant même à attendre debout leur monnaie. Et songe,
146 1| villes d'eaux, c'est un déchaînement de grossièreté. Je dois
147 1| sans dire "pardon", ni se découvrir, en sortant d'un bal au
148 1| Le lendemain, j'allai déjeuner à Yport. J'aperçus un homme
149 1| fus un peu choquée ; et je demandai au maître baigneur, sans
150 2| que l'une cédera le pas, demandera pardon ? Jamais ! Quand
151 2| elles se dérangeront d'un demi-pied ? Jamais ! jamais !~
152 2| attitude ! quels regards de dénigrement, quel mépris dans le coup
153 2| commettons à coeur joie des actes dépourvus de ce savoir-vivre élémentaire
154 | depuis
155 2| femme, crois-tu qu'elles se dérangeront d'un demi-pied ? Jamais !
156 2| J'attendis, l'hiver dernier, vingt-deux minutes, montre
157 1| de regarder celles qu'on désigne comme les plus cancanières
158 2| aussi sans paraître prêts à devenir enragés, comme moi. C'est
159 2| grandes dames, tous les hommes deviendraient des gentilshommes.~ Voyons,
160 2| gaiement nos soirées. Or, devine ce qu'imagina l'un de nos
161 2| ventre, nez à nez, en nous dévisageant avec insolence.~ Vois
162 1| vos joues.~ Votre nièce dévouée,~Berthe de X... ~
163 1| élémentaire savoir-vivre ne devrait-il pas leur apprendre à parler
164 1| attention, une telle passion, dirai-je, qu'il ne leva pas une seule
165 | dire
166 | dis
167 1| groupe. Comme vous me le disiez, ma chère tante, le potin
168 1| une anecdote graveleuse, dite en termes si violents que
169 2| reste, mignonne, les hommes doivent être, et sont, ce que nous
170 1| beaucoup moins bien que nos domestiques. C'est aux bains de mer
171 1| soirée musicale au Casino, donnée par une remarquable artiste,
172 1| entendis sa voix qui est douce, presque timide. Celui-là,
173 1| Je viens vers vous tout doucement. Je serai aux Fresnes le
174 1| homme encore jeune, d'aspect doux et fin, d'allure calme,
175 2| temps que tout nous est dû, et nous commettons à coeur
176 1| admis.~ Dans les villes d'eaux, c'est un déchaînement de
177 1| élevés par des valets d'écurie, tant ils prennent soin
178 2| agitaient sur la litière des écuries. Le vent frais de la campagne
179 2| tous deux saluent et s'effacent en même temps ; tandis que,
180 | Eh
181 2| hommes, petite.~ Je t'embrasse.~ Ta vieille tante,~Geneviève
182 2| pleines de raison, ce qui n'empêche que tu as tort. Je fus,
183 1| fatigue.~ Aussi sont-ils enchantés quand je ne suis pas là.
184 2| danse bêtement, où l'on s'ennuie à profusion, nous cherchions
185 2| paraître prêts à devenir enragés, comme moi. C'est qu'ils
186 2| vois-tu, qu'il faudrait enseigner la politesse ; et la besogne
187 1| Quand deux hommes sont ensemble, ils se racontent, avec
188 1| étant venu le trouver, j'entendis sa voix qui est douce, presque
189 1| autant qu'indignée d'avoir pu entendre cela. Le plus élémentaire
190 | entre
191 1| négligé, rien qu'un peu, je l'enverrai à la cuisine, avec les bonnes.~
192 2| relativement à nos allures envers eux. Du reste, mignonne,
193 2| dans une des fermes des environs.~ On partait en bande
194 1| sept heures on les voit errer en quête de médisances qu'
195 2| qui se rencontrent dans un escalier devant la porte d'une amie
196 1| parler en public, sans aucune espèce de précaution, des aventures
197 1| petites gens et des petits esprits. Il est aussi la consolation
198 2| impolitesse des hommes que j'estimais me manquer sans cesse ;
199 2| permis, ma chérie, et nous estimons en même temps que tout nous
200 | était
201 1| et de finesse. Quelqu'un étant venu le trouver, j'entendis
202 | été
203 2| autrefois bien amusée.~ Nous étions là quelques-uns seulement,
204 1| juger en masse. Oh ! les êtres grossiers qu'ils sont !~
205 2| Et si le trottoir est étroit, crois-tu que l'une cédera
206 1| Mais il est une chose qui m'exaspère et me choque par-dessus
207 1| heurter des femmes sans s'excuser. Il doit être un délicat,
208 1| plus mal élevés), assis en face de moi, a posé délicatement
209 | faire
210 | faisait
211 2| et sont, ce que nous les faisons. Dans une société où les
212 1| rentrant, sous prétexte de fatigue.~ Aussi sont-ils enchantés
213 2| est à nous, vois-tu, qu'il faudrait enseigner la politesse ;
214 1| Figurez-vous qu'en chemin de fer, un d'eux, un monsieur qui
215 2| chaque nuit, dans une des fermes des environs.~ On partait
216 2| folles.~ On réveillait le fermier, les servantes, les valets.
217 1| considérer tout à mon aise. Sa figure a surtout un grand caractère
218 1| raffole de mon inconnu. Figure-toi qu'il s'appelle Sully Prudhomme.
219 1| grossiers qu'ils sont !~ Figurez-vous qu'en chemin de fer, un
220 | fin
221 1| caractère de tranquillité et de finesse. Quelqu'un étant venu le
222 2| gentille plage. C'est un pays fini, perdu pour moi, mais dans
223 | fois
224 2| riant et bavardant comme des folles.~ On réveillait le fermier,
225 1| sortait d'une grande maison en forme de citadelle. C'était le
226 | fort
227 1| justification de la politesse française, que nos compatriotes sont
228 2| monde, et des artistes, fraternisant. On ne cancanait pas, alors.~
229 1| ne suis point habituée à fréquenter communément les gens qu'
230 | fut
231 2| de quelle manière passer gaiement nos soirées. Or, devine
232 1| me trouvai assise sur le galet à côté d'un homme encore
233 2| là, immobile, mettant ses gants, parcourant du regard toutes
234 1| sans paraître y prendre garde, le nom de ce monsieur.
235 2| violent ? C'est ainsi qu'on gâte les hommes, petite.~
236 2| ouverture de la chasse. Pourquoi gâter la joie de nos amis, en
237 1| passerai la revue, comme un général, à l'heure du dîner ; et
238 2| embrasse.~ Ta vieille tante,~Geneviève de Z... ~30 août 1882~ ~
239 1| on coudoie ici, car leur genre me choquerait moins si je
240 2| gens qui potinent sur cette gentille plage. C'est un pays fini,
241 2| hommes deviendraient des gentilshommes.~ Voyons, observe et
242 1| vraiment le règne de la goujaterie. Quand ils se querellent
243 1| bien, au premier abord, grâce à son tailleur, a retiré
244 | grand
245 1| barbu qui sortait d'une grande maison en forme de citadelle.
246 2| seraient toutes de vraies grandes dames, tous les hommes deviendraient
247 1| involontaire d'une anecdote graveleuse, dite en termes si violents
248 1| certes, ne doit pas crier de grossièretés en public, ni heurter des
249 1| en masse. Oh ! les êtres grossiers qu'ils sont !~ Figurez-vous
250 1| avec eux, de dîner sans habit et sans s'être rasés en
251 1| ce que je ne suis point habituée à fréquenter communément
252 2| moi. C'est qu'ils étaient habitués depuis longtemps à nos inconscientes
253 2| oeil ! Quel coup de tête de haut en bas pour toiser et condamner !
254 2| joues, plein d'odeurs d'herbes et de moissons coupées.~
255 2| besogne serait si rude qu'Hercule n'y suffirait pas.~ Tu
256 1| commères. De cinq à sept heures on les voit errer en quête
257 1| par-dessus ma tête. Un autre me heurta si fort, sans dire "pardon",
258 2| Jamais ! Quand deux hommes se heurtent en une ruelle insuffisante,
259 1| grossièretés en public, ni heurter des femmes sans s'excuser.
260 1| est à portée de leur voix. Hier, sur la plage, je fus contrainte
261 1| les plus abominables, des histoires vraiment horribles, sans
262 2| de la soupe à l'oignon (horreur !) et l'on dansait sous
263 1| des histoires vraiment horribles, sans s'inquiéter le moins
264 1| Dans le bureau de l'hôtel, je fus presque renversée
265 1| Les hommes d'aujourd'hui ont si peu d'égards et de
266 1| violents que je me sentais humiliée autant qu'indignée d'avoir
267 | ici
268 2| soirées. Or, devine ce qu'imagina l'un de nos maris ? Ce fut
269 2| quart d'heure elle resta là, immobile, mettant ses gants, parcourant
270 2| indignée autrefois de l'impolitesse des hommes que j'estimais
271 2| joie de nos amis, en leur imposant des toilettes mondaines
272 1| présent, je raffole de mon inconnu. Figure-toi qu'il s'appelle
273 2| habitués depuis longtemps à nos inconscientes insolences.~ L'autre
274 1| ils se provoquent avec des injures de portefaix, et, devant
275 2| contre, sont toujours d'une inqualifiable grossièreté.~ Nous nous
276 1| vraiment horribles, sans s'inquiéter le moins du monde si quelque
277 2| comme nous n'avions point l'insipide Casino où l'on pose, où
278 2| en nous dévisageant avec insolence.~ Vois deux femmes se
279 2| longtemps à nos inconscientes insolences.~ L'autre jour, avant
280 2| se heurtent en une ruelle insuffisante, tous deux saluent et s'
281 1| longtemps la confidente involontaire d'une anecdote graveleuse,
282 1| citadelle. C'était le peintre Jean-Paul Laurens. Il ne lui suffit
283 2| attendaient comme moi. Or, deux jeunes gens qui achevaient leur
284 2| belle, que je ne suis plus jolie, comme toi, mais vieille
285 2| un orgue de Barbarie dont jouait d'ordinaire le peintre Le
286 1| et vous leur permettez ce jour-là, quand vous êtes seule avec
287 1| bataillons serrés et on peut les juger en masse. Oh ! les êtres
288 2| allai dîner, avec ton mari justement, dans un restaurant des
289 1| cependant ajouter, pour la justification de la politesse française,
290 2| Deux hommes portaient des lanternes. Nous suivions en procession,
291 2| causer en obstruant toute la largeur du passage. Si quelqu'un
292 1| était le peintre Jean-Paul Laurens. Il ne lui suffit pas, paraît-il,
293 1| beaucoup de marque.~ Le lendemain, j'allai déjeuner à Yport.
294 2| perdu pour moi, mais dans lequel je me suis autrefois bien
295 | leurs
296 1| passion, dirai-je, qu'il ne leva pas une seule fois les yeux
297 1| par-dessus tout, c'est la liberté qu'ils prennent de parler
298 1| moi je riais un peu de ce liseur de rimes ; il me semblait
299 2| chevaux s'agitaient sur la litière des écuries. Le vent frais
300 1| personnages, il tient à s'emmurer lui-même.~ Puis je me trouvai
301 1| me pressant. Je baise vos mains et vos joues.~ Votre
302 | maintenant
303 1| qui sortait d'une grande maison en forme de citadelle. C'
304 1| choquée ; et je demandai au maître baigneur, sans paraître
305 1| mais un délicat presque maladif, un vibrant. Je tâcherai,
306 2| nous cherchions de quelle manière passer gaiement nos soirées.
307 2| j'allai dîner, avec ton mari justement, dans un restaurant
308 2| ce qu'imagina l'un de nos maris ? Ce fut d'aller danser,
309 1| n'en est pas beaucoup de marque.~ Le lendemain, j'allai
310 1| et on peut les juger en masse. Oh ! les êtres grossiers
311 1| remarquable artiste, Mme Masson, qui chante vraiment à ravir.
312 1| les voit errer en quête de médisances qu'elles transportent de
313 1| pensionnaires du Vaudeville, M... et Meillet. Je pus, en cette circonstance,
314 2| et en observant sans y mêler du mien, je me suis aperçue
315 2| regards de dénigrement, quel mépris dans le coup d'oeil ! Quel
316 | mer
317 2| elle resta là, immobile, mettant ses gants, parcourant du
318 2| autre va visiter. Elles se mettent à causer en obstruant toute
319 2| observant sans y mêler du mien, je me suis aperçue de ceci :
320 | mieux
321 2| allures envers eux. Du reste, mignonne, les hommes doivent être,
322 2| hiver dernier, vingt-deux minutes, montre en main, à la porte
323 1| une remarquable artiste, Mme Masson, qui chante vraiment
324 1| compatriotes sont en voyage des modèles de savoir-vivre en comparaison
325 2| d'odeurs d'herbes et de moissons coupées.~ Que c'est loin !
326 2| leur imposant des toilettes mondaines en ce jour de plaisir campagnard
327 2| même à attendre debout leur monnaie. Et songe, ma belle, que
328 2| du passage. Si quelqu'un monte derrière elles, homme ou
329 2| dernier, vingt-deux minutes, montre en main, à la porte d'un
330 1| savoir-vivre qu'il faut se montrer toujours sévère. C'est vraiment
331 1| ils se racontent, avec les mots les plus crus et les réflexions
332 1| j'assistai à une soirée musicale au Casino, donnée par une
333 2| pommiers, au son de la boîte à musique. Les coqs réveillés chantaient
334 1| C'est là, pensai-je, un naïf. Eh bien, ma tante, à présent,
335 1| en trouve un seul un peu négligé, rien qu'un peu, je l'enverrai
336 1| et vos joues.~ Votre nièce dévouée,~Berthe de X... ~
337 2| alors une vieille dame de noble tournure qui venait de payer
338 | nom
339 2| garçon pour régler leur note et m'offrirent leur place
340 | notre
341 2| fut d'aller danser, chaque nuit, dans une des fermes des
342 1| choquerait moins si je l'observais plus souvent.~ Dans le
343 2| perdant ma coquetterie, et en observant sans y mêler du mien, je
344 2| gentilshommes.~ Voyons, observe et réfléchis.~ Vois deux
345 2| leur place tout de suite, s'obstinant même à attendre debout leur
346 2| Elles se mettent à causer en obstruant toute la largeur du passage.
347 1| vraiment à ravir. J'eus l'occasion d'applaudir encore l'admirable
348 2| Toutes les tables étaient occupées. Le garçon nous pria d'attendre.~
349 2| caressait les joues, plein d'odeurs d'herbes et de moissons
350 2| quel mépris dans le coup d'oeil ! Quel coup de tête de haut
351 2| pour régler leur note et m'offrirent leur place tout de suite,
352 | Oh
353 2| même faire de la soupe à l'oignon (horreur !) et l'on dansait
354 2| de Barbarie dont jouait d'ordinaire le peintre Le Poittevin,
355 1| moins du monde si quelque oreille de femme est à portée de
356 2| partait en bande avec un orgue de Barbarie dont jouait
357 | ou
358 1| voisinage ?~ Étretat est, en outre, le pays des cancans et,
359 1| Berthe de X... ~ P.S. - Je dois cependant ajouter,
360 1| Laurens. Il ne lui suffit pas, paraît-il, d'emmurer ses personnages,
361 2| immobile, mettant ses gants, parcourant du regard toutes les tables,
362 2| autre jour, avant de quitter Paris, j'allai dîner, avec ton
363 2| fermes des environs.~ On partait en bande avec un orgue de
364 1| le pays des cancans et, partant, la patrie des commères.
365 2| et qui semblait prête à partir. Elle me vit, me toisa et
366 1| vieux qui doit être un riche parvenu (ce sont les plus mal élevés),
367 2| obstruant toute la largeur du passage. Si quelqu'un monte derrière
368 2| cherchions de quelle manière passer gaiement nos soirées. Or,
369 1| là. Mais j'y serai, et je passerai la revue, comme un général,
370 1| cancans et, partant, la patrie des commères. De cinq à
371 2| noble tournure qui venait de payer sa carte et qui semblait
372 1| sur la terrasse, c'est à peine s'ils saluent. Ils portent
373 | Pendant
374 1| pour un homme. C'est là, pensai-je, un naïf. Eh bien, ma tante,
375 1| ainsi que deux charmants pensionnaires du Vaudeville, M... et Meillet.
376 2| en songeant à tout, et en perdant ma coquetterie, et en observant
377 2| plage. C'est un pays fini, perdu pour moi, mais dans lequel
378 1| ma tante, et vous leur permettez ce jour-là, quand vous êtes
379 2| Nous nous croyons tout permis, ma chérie, et nous estimons
380 1| paraît-il, d'emmurer ses personnages, il tient à s'emmurer lui-même.~
381 1| plus cancanières pour être persuadée que vous ne vous trompez
382 1| est un signe de race des petites gens et des petits esprits.
383 1| des petites gens et des petits esprits. Il est aussi la
384 | peut
385 1| chose : ma révolte tient peut-être à ce que je ne suis point
386 1| posé délicatement ses deux pieds sur la banquette, à mon
387 2| mondaines en ce jour de plaisir campagnard et violent ?
388 2| nous caressait les joues, plein d'odeurs d'herbes et de
389 2| me dis beaucoup de choses pleines de raison, ce qui n'empêche
390 1| que j'en eus mal dans la poitrine. Voilà comme ils sont tous.
391 2| ordinaire le peintre Le Poittevin, coiffé d'un bonnet de coton.
392 2| hommes ne sont pas toujours polis, les femmes, par contre,
393 2| et l'on dansait sous les pommiers, au son de la boîte à musique.
394 2| bonnet de coton. Deux hommes portaient des lanternes. Nous suivions
395 1| quelque oreille de femme est à portée de leur voix. Hier, sur
396 1| provoquent avec des injures de portefaix, et, devant nous, ils se
397 1| peine s'ils saluent. Ils portent simplement la main à leur
398 2| insipide Casino où l'on pose, où l'on chuchote, où l'
399 1| assis en face de moi, a posé délicatement ses deux pieds
400 1| quitte en hâte, l'heure de la poste me pressant. Je baise vos
401 1| disiez, ma chère tante, le potin est un signe de race des
402 2| Étretat et des gens qui potinent sur cette gentille plage.
403 | Pourquoi
404 1| public, sans aucune espèce de précaution, des aventures les plus
405 2| nous autres, nous nous précipitons ventre à ventre, nez à nez,
406 1| monsieur qui semblait bien, au premier abord, grâce à son tailleur,
407 1| renversée par un jeune homme qui prenait sa clef par-dessus ma tête.
408 1| naïf. Eh bien, ma tante, à présent, je raffole de mon inconnu.
409 1| cet hiver, qu'il me soit présenté.~ Je ne sais plus rien,
410 1| l'heure de la poste me pressant. Je baise vos mains et vos
411 2| sa carte et qui semblait prête à partir. Elle me vit, me
412 1| rasés en rentrant, sous prétexte de fatigue.~ Aussi sont-ils
413 2| attendaient aussi sans paraître prêts à devenir enragés, comme
414 2| occupées. Le garçon nous pria d'attendre.~ J'aperçus
415 2| lanternes. Nous suivions en procession, riant et bavardant comme
416 2| réveillés chantaient dans la profondeur des bâtiments ; les chevaux
417 2| bêtement, où l'on s'ennuie à profusion, nous cherchions de quelle
418 1| querellent entre eux, ils se provoquent avec des injures de portefaix,
419 1| Figure-toi qu'il s'appelle Sully Prudhomme. Je retournai m'asseoir
420 1| autant qu'indignée d'avoir pu entendre cela. Le plus élémentaire
421 | Puis
422 1| Vaudeville, M... et Meillet. Je pus, en cette circonstance,
423 2| point. Pendant plus d'un quart d'heure elle resta là, immobile,
424 | quelque
425 2| amusée.~ Nous étions là quelques-uns seulement, des gens du monde,
426 2| rue ; quelle attitude ! quels regards de dénigrement,
427 1| goujaterie. Quand ils se querellent entre eux, ils se provoquent
428 1| heures on les voit errer en quête de médisances qu'elles transportent
429 2| tables, considérant avec quiétude ceux qui attendaient comme
430 1| chère tante, et je vous quitte en hâte, l'heure de la poste
431 2| L'autre jour, avant de quitter Paris, j'allai dîner, avec
432 1| le potin est un signe de race des petites gens et des
433 1| hommes sont ensemble, ils se racontent, avec les mots les plus
434 1| ma tante, à présent, je raffole de mon inconnu. Figure-toi
435 2| beaucoup de choses pleines de raison, ce qui n'empêche que tu
436 1| sans habit et sans s'être rasés en rentrant, sous prétexte
437 1| Masson, qui chante vraiment à ravir. J'eus l'occasion d'applaudir
438 2| Voyons, observe et réfléchis.~ Vois deux femmes qui
439 1| mots les plus crus et les réflexions les plus abominables, des
440 2| ses gants, parcourant du regard toutes les tables, considérant
441 1| courtisées. Il me suffit de regarder celles qu'on désigne comme
442 1| Voilà comme ils sont tous. Regardons-les aborder les femmes sur la
443 2| quelle attitude ! quels regards de dénigrement, quel mépris
444 2| appelèrent en hâte le garçon pour régler leur note et m'offrirent
445 1| sévère. C'est vraiment le règne de la goujaterie. Quand
446 2| nous beaucoup d'égards, relativement à nos allures envers eux.
447 1| au Casino, donnée par une remarquable artiste, Mme Masson, qui
448 1| délicatement ses bottes pour les remplacer par des savates. Un autre,
449 1| et sans s'être rasés en rentrant, sous prétexte de fatigue.~
450 1| l'hôtel, je fus presque renversée par un jeune homme qui prenait
451 2| gens qui achevaient leur repas m'ayant vue à leur tour,
452 2| d'un quart d'heure elle resta là, immobile, mettant ses
453 2| mari justement, dans un restaurant des Champs-Élysées pour
454 1| grâce à son tailleur, a retiré délicatement ses bottes
455 1| appelle Sully Prudhomme. Je retournai m'asseoir auprès de lui
456 1| voir tous les baigneurs réunis cette année sur cette plage.
457 2| comme des folles.~ On réveillait le fermier, les servantes,
458 2| boîte à musique. Les coqs réveillés chantaient dans la profondeur
459 1| des aventures les plus révoltantes. Quand deux hommes sont
460 1| dois ajouter une chose : ma révolte tient peut-être à ce que
461 1| serai, et je passerai la revue, comme un général, à l'heure
462 1| de ce monsieur. En moi je riais un peu de ce liseur de rimes ;
463 2| suivions en procession, riant et bavardant comme des folles.~
464 1| un vieux qui doit être un riche parvenu (ce sont les plus
465 1| riais un peu de ce liseur de rimes ; il me semblait attardé,
466 2| et la besogne serait si rude qu'Hercule n'y suffirait
467 2| qui se rencontrent dans la rue ; quelle attitude ! quels
468 2| hommes se heurtent en une ruelle insuffisante, tous deux
469 | sais
470 2| en main, à la porte d'un salon. Et derrière moi deux messieurs
471 2| Madame de X...~Les Fresnes, samedi. ~ Ma chère petite,
472 1| pour les remplacer par des savates. Un autre, un vieux qui
473 1| abominables Anglais qui semblent avoir été élevés par des
474 1| termes si violents que je me sentais humiliée autant qu'indignée
475 1| des commères. De cinq à sept heures on les voit errer
476 1| Je serai aux Fresnes le 2 septembre, veille de l'ouverture de
477 2| une société où les femmes seraient toutes de vraies grandes
478 | serait
479 1| y trouvent en bataillons serrés et on peut les juger en
480 2| réveillait le fermier, les servantes, les valets. On se faisait
481 | seul
482 | seulement
483 1| faut se montrer toujours sévère. C'est vraiment le règne
484 1| chère tante, le potin est un signe de race des petites gens
485 1| ils saluent. Ils portent simplement la main à leur couvre-chef.
486 2| nous les faisons. Dans une société où les femmes seraient toutes
487 1| écurie, tant ils prennent soin de ne se gêner en rien et
488 1| autre jour j'assistai à une soirée musicale au Casino, donnée
489 2| manière passer gaiement nos soirées. Or, devine ce qu'imagina
490 | soit
491 2| debout leur monnaie. Et songe, ma belle, que je ne suis
492 2| mais en vieillissant et en songeant à tout, et en perdant ma
493 1| prétexte de fatigue.~ Aussi sont-ils enchantés quand je ne suis
494 1| aperçus un homme barbu qui sortait d'une grande maison en forme
495 1| pardon", ni se découvrir, en sortant d'un bal au Casino, que
496 2| faisait même faire de la soupe à l'oignon (horreur !) et
497 1| moins si je l'observais plus souvent.~ Dans le bureau de l'
498 2| serait si rude qu'Hercule n'y suffirait pas.~ Tu me parles d'
499 2| offrirent leur place tout de suite, s'obstinant même à attendre
500 2| portaient des lanternes. Nous suivions en procession, riant et
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