12 Cherchez ailleurs des arguments, si vous pouvez : ni
la conduite d'Archias, ni celle
de ses amis, ne sauraient vous en fournir. Vous
me demanderez, Gratius, pourquoi Archias m'inspire un si tendre intérêt ? C'est que je trouve
dans ses ouvrages de quoi délasser mon esprit fatigué du tumulte des affaires,
de quoi reposer mes oreilles importunées des clameurs du barreau. Pensez-vous
que nous pussions suffire à cette variété perpétuelle de discussions qui se
renouvellent tous les jours à la tribune, si notre esprit n'était cultivé par
l'étude, ou qu'il nous fût possible de supporter une application si constante,
si nous ne trouvions dans l'instruction un agréable délassement ? Pour moi,
j'avoue que les lettres font le charme de mes loisirs. Ceux-là peuvent en
rougir, qui s'ensevelissent dans les livres au point de n'en tirer aucun avantage
ni pour l'utilité commune ni pour leur propre gloire. Mais en rougirai-je,
Romains, moi qui, depuis tant d'années, me dévoue aux intérêts d'autrui avec un
zèle que n'a point arrêté le soin de ma fortune ou de mon repos, que le plaisir
n'a pu distraire, que n'a pu ralentir le besoin même du soleil ?
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