Par.
1 | 14
2 2 | dans leur coin.~14 août 1883~
3 | a
4 1 | toute l'Europe, toute, abartiendra à nous. La Brusse blus forte
5 1 | il blaguait la défense acharnée et impuissante des départements ;
6 1 | Je fous brie t'aller en acheter gand le gonvoi s'arrêtera. "~
7 2 | son sabre, d'étreindre son adversaire couché sur lui. Mais M.
8 2 | toujours :~ " Fous n'afez pas foulu faire ma gommission. "~
9 1 | vainqueur.~ De Paris affolé, affamé, désespéré, les premiers
10 1 | vainqueur.~ De Paris affolé, affamé, désespéré, les
11 1 | comme les sauterelles d'Afrique.~ L'officier tendit la
12 2 | voyage, les levèrent en les agitant, puis, trois fois de suite,
13 1 | premiers trains sortaient, allant aux frontières nouvelles,
14 | aller
15 1 | le bras M. Dubuis :~ " Allez faire ma gommission, fite,
16 1 | France, et il se sentait à l'âme une sorte de fièvre de patriotisme
17 1 | résignation désolée et des phrases amères sur la sauvagerie des hommes.
18 1 | l'artillerie inutile. Il annonça que Bismarck allait bâtir
19 | ans
20 2 | côte dans leur coin.~14 août 1883~
21 1 | Aoh ! comment s'appelé, cette village ? "~ Le
22 2 | trouvé deux camarades qui apportèrent des pistolets, et on gagna
23 | après
24 1 | terreur irritée ces hommes armés et barbus installés comme
25 1 | à coup, le train s'étant arrêté à la gare d'une petite ville,
26 1 | acheter gand le gonvoi s'arrêtera. "~ Et il se mit à rire
27 1 | les commandements rauques arrivaient par instants.~ M. Dubuis,
28 1 | blaguait les mobiles, l'artillerie inutile. Il annonça que
29 2 | Dubuis, et ils retournèrent s'asseoir côte à côte dans leur coin.~
30 2 | poussait.~ L'Allemand s'assit en face du Français et,
31 2 | gros homme exaspéré, qui l'assommait.~ Les Anglais s'étaient
32 2 | Dubuis tira au hasard, sans attendre, et il aperçut avec stupeur
33 1 | chafrais le gommandement ch'aurais bris Paris, et brûlé tout,
34 1 | Français :~ " Vous n'auriez bas de tabac ? "~ M.
35 | aussi
36 2 | M. Dubuis, qui soufflait autant que la machine, dit aux
37 1 | à terre ; il blaguait l'Autriche vaincue naguère ; il blaguait
38 | avaient
39 2 | bourrer ma pipe. "~ Et il avança la main vers la figure de
40 2 | collet, le rejeta sur la banquette. Puis fou de colère, les
41 1 | ces bolissons de Français bar les oreilles. "~ Et il
42 1 | serré dans son uniforme et barbu jusqu'aux yeux. Son poil
43 1 | irritée ces hommes armés et barbus installés comme chez eux
44 1 | champs, debout au coin des barrières, ou causant devant les cafés.
45 | bas
46 1 | chercher les lieux précis des batailles ; et soudain, comme l'un
47 1 | marche. On passait devant les bâtiments incendiés d'une gare; puis
48 1 | annonça que Bismarck allait bâtir une ville de fer avec les
49 2 | son gilet, tant son coeur battait, et il s'essuya le front,
50 1 | même temps que ce grand besoin, que cet instinct nouveau
51 2 | portière et monta, suivi bientôt des deux Anglais que la
52 1 | inutile. Il annonça que Bismarck allait bâtir une ville de
53 2 | me rentre raison avec le bistolet, che vous tuerai. "~
54 1 | renversé sur le dos, il blagua. Il blaguait la France écrasée,
55 1 | un journal. Il se tenait blotti dans son coin, comme un
56 1 | debout le long des grilles de bois. La machine déjà sifflait
57 1 | reprit :~ " Ché bris ces bolissons de Français bar les oreilles. "~
58 1 | allemands le long des routes, au bord des champs, debout au coin
59 1 | capturés. Et soudain il mit ses bottes contre la cuisse de M. Dubuis,
60 2 | brendrai deux officiers bour témoins, ché le temps avant
61 1 | Je vous tonnerai un bourboire. "~ Le train siffla,
62 2 | gouper fotre moustache pour bourrer ma pipe. "~ Et il avança
63 2 | fille de Strasbourg, che brendrai deux officiers bour témoins,
64 1 | Allemand reprit :~ " Je fous brie t'aller en acheter gand
65 1 | fillage. Ché bris plus te cent brisonniers."~ Les Anglais, tout
66 1 | dans leur île, loin des bruits du monde.~ L'officier
67 1 | ch'aurais bris Paris, et brûlé tout, et tué tout le monde.
68 1 | abartiendra à nous. La Brusse blus forte que tous. "~
69 1 | barrières, ou causant devant les cafés. Ils couvraient la terre
70 2 | Prussien avait trouvé deux camarades qui apportèrent des pistolets,
71 1 | traversant avec lenteur les campagnes et les villages. Les premiers
72 1 | une ville de fer avec les canons capturés. Et soudain il
73 1 | ville de fer avec les canons capturés. Et soudain il mit ses bottes
74 1 | soldats prussiens, coiffés du casque noir à la pointe de cuivre,
75 1 | au coin des barrières, ou causant devant les cafés. Ils couvraient
76 1 | Les Anglais continuaient à causer, à chercher les lieux précis
77 | cent
78 2 | remparts.~ Les Anglais sans cesse tiraient leur montre, pressant
79 | cet
80 | cette
81 1 | chafrais le gommandement ch'aurais bris Paris, et brûlé
82 2 | à parier pour ou contre chacun des combattants.~ Et
83 1 | tendit la main :~ " Si chafrais le gommandement ch'aurais
84 1 | leur pipe, à cheval sur des chaises. D'autres travaillaient
85 1 | des routes, au bord des champs, debout au coin des barrières,
86 2 | debout en face de lui qui chancelait, levait les bras, et tombait
87 1 | et, malgré les gestes du chef de gare, il se précipita
88 1 | lisaient à haute voix en cherchant à bien reconnaître les lieux
89 1 | continuaient à causer, à chercher les lieux précis des batailles ;
90 1 | cuivre, fumaient leur pipe, à cheval sur des chaises. D'autres
91 | chez
92 1 | impassibles, semblaient de cire entre leurs longs favoris.
93 2 | ouvrit son gilet, tant son coeur battait, et il s'essuya
94 1 | des soldats prussiens, coiffés du casque noir à la pointe
95 2 | la banquette. Puis fou de colère, les tempes gonflées, les
96 2 | bras et, le saisissant au collet, le rejeta sur la banquette.
97 2 | pour ou contre chacun des combattants.~ Et soudain M. Dubuis
98 2 | du soleil.~ Une voix commanda : "Feu ! "~ M. Dubuis
99 1 | le bruit des roues, les commandements rauques arrivaient par instants.~
100 | comment
101 1 | aussitôt se mirent à le contempler avec des sourires de curiosité
102 1 | Aoh yes. "~ Il continua :~ "Tans vingt ans, toute
103 1 | remit en marche. Les Anglais continuaient à causer, à chercher les
104 2 | poings fermés, les coudes au corps.~ "Une, deux ! une, deux ! "~
105 1 | pâles, s'élançaient des deux côtés du visage qu'elles coupaient
106 2 | étreindre son adversaire couché sur lui. Mais M. Dubuis
107 2 | les poings fermés, les coudes au corps.~ "Une, deux !
108 2 | tombaient ses coups. Le sang coulait ; l'Allemand, étranglé,
109 1 | côtés du visage qu'elles coupaient en travers.~ Les Anglais
110 2 | marquait le pas, tout en courant, les poings fermés, les
111 1 | causant devant les cafés. Ils couvraient la terre comme les sauterelles
112 2 | Allemand, étranglé, râlait, crachait ses dents, essayait, mais
113 2 | avait tué.~ Un Anglais cria un "Aoh" vibrant de joie,
114 2 | trois fois de suite, ils crièrent : "Hip, hip, hip, hurrah ! "~
115 1 | mit ses bottes contre la cuisse de M. Dubuis, qui détournait
116 1 | casque noir à la pointe de cuivre, fumaient leur pipe, à cheval
117 1 | leurs yeux tranquilles et curieux. Ils étaient gros aussi
118 2 | la figure. Le Prussien se débattait, tâchait de tirer son sabre,
119 1 | naguère ; il blaguait la défense acharnée et impuissante
120 2 | pas de son ennemi. On lui demanda : " Etes-vous prêt ?" ~
121 1 | tout à ait intéressés, demandèrent aussitôt : ~ "Aoh ! comment
122 2 | jeta pas sur lui, tant il demeurait effaré, stupide d'étonnement
123 2 | étranglé, râlait, crachait ses dents, essayait, mais en vain,
124 2 | pour ne point manquer le départ.~ M. Dubuis n'avait jamais
125 1 | acharnée et impuissante des départements ; il blaguait les mobiles,
126 1 | De Paris affolé, affamé, désespéré, les premiers trains sortaient,
127 1 | terribles avec une résignation désolée et des phrases amères sur
128 2 | pincée de poils et tirait dessus, quand M. Dubuis d'un revers
129 1 | gommission, fite, fite ! "~ Un détachement prussien occupait la station.
130 1 | cuisse de M. Dubuis, qui détournait les yeux, rouge jusqu'aux
131 1 | répondaient plus. Leurs faces, devenues impassibles, semblaient
132 1 | Les Anglais semblaient devenus indifférents à tout, comme
133 | devoir
134 1 | fatigues n'avaient point diminué son gros ventre de marchand
135 | dire
136 1 | grand bruit de sabre sur le double marchepied du wagon. Il
137 2 | stupide d'étonnement et de douleur. Quand il eut repris haleine,
138 2 | un après l'autre, la main droite à M. Dubuis, et ils retournèrent
139 1 | de Paris pendant toute la durée du siège, allait rejoindre
140 2 | sur lui. Mais M. Dubuis l'écrasait du poids énorme de son ventre,
141 1 | blagua. Il blaguait la France écrasée, insultait les ennemis à
142 2 | sur lui, tant il demeurait effaré, stupide d'étonnement et
143 2 | Dubuis épuisé par un pareil effort, se releva et se rassit
144 1 | brusquement, M. Dubuis s'élança sur le quai et, malgré les
145 1 | moustaches, plus pâles, s'élançaient des deux côtés du visage
146 | elles
147 2 | plaça à vingt pas de son ennemi. On lui demanda : " Etes-vous
148 1 | France écrasée, insultait les ennemis à terre ; il blaguait l'
149 2 | Dubuis l'écrasait du poids énorme de son ventre, et tapait,
150 2 | Tous deux répondirent ensemble :~ " Aoh yes ! "~
151 1 | on voyait des régiments entiers manoeuvrant sur les places,
152 2 | Dubuis par le bras, et l'entraîna, au pas gymnastique, vers
153 | entre
154 1 | Suisse sa femme et sa fille, envoyées par prudence à l'étranger,
155 2 | Et soudain M. Dubuis épuisé par un pareil effort, se
156 2 | râlait, crachait ses dents, essayait, mais en vain, de rejeter
157 2 | son coeur battait, et il s'essuya le front, haletant.~
158 1 | Tout à coup, le train s'étant arrêté à la gare d'une petite
159 1 | prononça en français, en étendant ses longues jambes et se
160 2 | ennemi. On lui demanda : " Etes-vous prêt ?" ~ En répondant "
161 2 | demeurait effaré, stupide d'étonnement et de douleur. Quand il
162 1 | envoyées par prudence à l'étranger, avant l'invasion. ~
163 2 | les yeux pleins de sang, l'étranglant toujours d'une main, il
164 2 | sang coulait ; l'Allemand, étranglé, râlait, crachait ses dents,
165 | être
166 2 | tâchait de tirer son sabre, d'étreindre son adversaire couché sur
167 1 | Tans vingt ans, toute l'Europe, toute, abartiendra à nous.
168 1 | ou causaient comme s'ils eussent fait partie des familles.
169 | eut
170 | eût
171 1 | pacifique. Il avait subi les événements terribles avec une résignation
172 2 | de rejeter ce gros homme exaspéré, qui l'assommait.~ Les
173 1 | répondaient plus. Leurs faces, devenues impassibles, semblaient
174 2 | officier dit :~ "Che fais gouper fotre moustache pour
175 | faisait
176 1 | eussent fait partie des familles. Quand on passait les villes,
177 1 | avant l'invasion. ~ La famine et les fatigues n'avaient
178 1 | invasion. ~ La famine et les fatigues n'avaient point diminué
179 1 | de cire entre leurs longs favoris. Alors l'officier prussien
180 1 | allait rejoindre en Suisse sa femme et sa fille, envoyées par
181 1 | allait bâtir une ville de fer avec les canons capturés.
182 2 | il se mit avec l'autre, fermée, à lui taper furieusement
183 2 | tout en courant, les poings fermés, les coudes au corps.~ "
184 2 | Une voix commanda : "Feu ! "~ M. Dubuis tira au
185 1 | sentait à l'âme une sorte de fièvre de patriotisme impuissant
186 1 | tué touze Français tans ce fillage. Ché bris plus te cent brisonniers."~
187 1 | tira sa pipe et regardant fixement le Français :~ " Vous
188 2 | regardaient de leurs yeux fixes.~ Déjà, l'Allemand avait
189 1 | Son poil roux semblait flamber, et ses longues moustaches,
190 2 | Allemand reprit : ~ "Foici la fille de Strasbourg,
191 1 | abartiendra à nous. La Brusse blus forte que tous. "~ Les Anglais
192 2 | dit :~ "Che fais gouper fotre moustache pour bourrer ma
193 2 | rejeta sur la banquette. Puis fou de colère, les tempes gonflées,
194 2 | prononça :~ " Si fous ne foulez pas me rentre raison avec
195 2 | Fous n'afez pas foulu faire ma gommission. "~
196 1 | des gardes par les nuits froides.~ Il regardait avec une
197 1 | Maintenant qu'il gagnait la frontière, la guerre finie, il voyait
198 1 | trains sortaient, allant aux frontières nouvelles, traversant avec
199 1 | noir à la pointe de cuivre, fumaient leur pipe, à cheval sur
200 2 | autre, fermée, à lui taper furieusement des coups de poing par la
201 2 | apportèrent des pistolets, et on gagna les remparts.~ Les Anglais
202 1 | hommes. Maintenant qu'il gagnait la frontière, la guerre
203 1 | brie t'aller en acheter gand le gonvoi s'arrêtera. "~
204 2 | ouvert son parapluie pour se garantir du soleil.~ Une voix
205 1 | qui avait ait partie de la garde nationale de Paris pendant
206 1 | remparts et monté bien des gardes par les nuits froides.~
207 1 | comme un voleur en face d'un gendarme.~ Le train se remit en
208 1 | lutteur vaincu tombé sous le genou du vainqueur.~ De Paris
209 1 | sur le quai et, malgré les gestes du chef de gare, il se précipita
210 2 | était seul ! Il ouvrit son gilet, tant son coeur battait,
211 1 | main :~ " Si chafrais le gommandement ch'aurais bris Paris, et
212 2 | fou de colère, les tempes gonflées, les yeux pleins de sang,
213 1 | aller en acheter gand le gonvoi s'arrêtera. "~ Et il
214 2 | officier dit :~ "Che fais gouper fotre moustache pour bourrer
215 2 | Puis, ils tendirent gravement, l'un après l'autre, la
216 1 | regardaient, debout le long des grilles de bois. La machine déjà
217 2 | leurs ventres, comme trois grotesques d'un journal pour rire.~
218 1 | parcourant parfois leur guide, qu'ils lisaient à haute
219 2 | bras, et l'entraîna, au pas gymnastique, vers la gare.~ Le premier
220 2 | et il s'essuya le front, haletant.~ Le train s'arrêta de
221 2 | M. Dubuis tira au hasard, sans attendre, et il aperçut
222 2 | montre, pressant le pas, hâtant les préparatifs, inquiets
223 1 | guide, qu'ils lisaient à haute voix en cherchant à bien
224 2 | préparatifs, inquiets de l'heure pour ne point manquer le
225 2 | satisfaite et d'impatience heureuse. L'autre, qui tenait toujours
226 2 | vain, de rejeter ce gros homme exaspéré, qui l'assommait.~
227 1 | eux tendait le bras vers l'horizon en indiquant un village,
228 2 | crièrent : "Hip, hip, hip, hurrah ! "~ Puis, ils tendirent
229 1 | brusquement renfermés dans leur île, loin des bruits du monde.~
230 2 | curiosité satisfaite et d'impatience heureuse. L'autre, qui tenait
231 1 | de fièvre de patriotisme impuissant en même temps que ce grand
232 1 | blaguait la défense acharnée et impuissante des départements ; il blaguait
233 1 | Anglais semblaient devenus indifférents à tout, comme s'ils s'étaient
234 1 | le bras vers l'horizon en indiquant un village, l'officier prussien
235 1 | bien reconnaître les lieux indiqués.~ Tout à coup, le train
236 1 | ces hommes armés et barbus installés comme chez eux sur la terre
237 1 | commandements rauques arrivaient par instants.~ M. Dubuis, qui avait
238 1 | ce grand besoin, que cet instinct nouveau de prudence qui
239 1 | blaguait la France écrasée, insultait les ennemis à terre ; il
240 1 | Les Anglais, tout à ait intéressés, demandèrent aussitôt : ~ "
241 1 | les mobiles, l'artillerie inutile. Il annonça que Bismarck
242 1 | prudence à l'étranger, avant l'invasion. ~ La famine et les fatigues
243 1 | regardait avec une terreur irritée ces hommes armés et barbus
244 | jamais
245 1 | en étendant ses longues jambes et se renversant sur le
246 2 | mot.~ Le Prussien ne se jeta pas sur lui, tant il demeurait
247 1 | deux et causaient en leur langue, parcourant parfois leur
248 1 | nouvelles, traversant avec lenteur les campagnes et les villages.
249 2 | face de lui qui chancelait, levait les bras, et tombait raide
250 2 | leurs toques de voyage, les levèrent en les agitant, puis, trois
251 2 | Les Anglais s'étaient levés et rapprochés pour mieux
252 1 | Dubuis faisait semblant de lire un journal. Il se tenait
253 1 | parfois leur guide, qu'ils lisaient à haute voix en cherchant
254 | loin
255 1 | semblaient de cire entre leurs longs favoris. Alors l'officier
256 1 | pays palpitait comme un lutteur vaincu tombé sous le genou
257 | Maintenant
258 1 | incendiés. Devant les portes des maisons restées debout, des soldats
259 1 | voyait des régiments entiers manoeuvrant sur les places, et, malgré
260 2 | de l'heure pour ne point manquer le départ.~ M. Dubuis
261 1 | diminué son gros ventre de marchand riche et pacifique. Il avait
262 1 | bruit de sabre sur le double marchepied du wagon. Il était grand,
263 2 | Le premier Anglais marquait le pas, tout en courant,
264 | me
265 1 | patriotisme impuissant en même temps que ce grand besoin,
266 | mes
267 | mieux
268 2 | train s'arrêta.~ En une minute, le Prussien avait trouvé
269 1 | Les Anglais aussitôt se mirent à le contempler avec des
270 1 | départements ; il blaguait les mobiles, l'artillerie inutile. Il
271 1 | devoir sur les remparts et monté bien des gardes par les
272 2 | et se rassit sans dire un mot.~ Le Prussien ne se jeta
273 2 | Che fais gouper fotre moustache pour bourrer ma pipe. "~
274 1 | flamber, et ses longues moustaches, plus pâles, s'élançaient
275 1 | blaguait l'Autriche vaincue naguère ; il blaguait la défense
276 1 | avait ait partie de la garde nationale de Paris pendant toute la
277 2 | et tombait raide sur le nez. Il l'avait tué.~ Un
278 1 | prussiens, coiffés du casque noir à la pointe de cuivre, fumaient
279 1 | sortaient, allant aux frontières nouvelles, traversant avec lenteur
280 1 | bien des gardes par les nuits froides.~ Il regardait
281 1 | était finie ; les Allemands occupaient la France ; le pays palpitait
282 1 | Un détachement prussien occupait la station. D'autres soldats
283 1 | traversant toujours des hameaux occupés. On voyait les soldats allemands
284 2 | Strasbourg, che brendrai deux officiers bour témoins, ché le temps
285 1 | regardait M. Dubuis en riant orgueilleusement dans son poil.~ Le train
286 2 | Alors, les Anglais, ôtant leurs toques de voyage,
287 | où
288 | oui
289 2 | qu'un des Anglais avait ouvert son parapluie pour se garantir
290 1 | ventre de marchand riche et pacifique. Il avait subi les événements
291 1 | longues moustaches, plus pâles, s'élançaient des deux côtés
292 1 | occupaient la France ; le pays palpitait comme un lutteur vaincu
293 2 | Anglais avait ouvert son parapluie pour se garantir du soleil.~
294 1 | causaient en leur langue, parcourant parfois leur guide, qu'ils
295 2 | M. Dubuis épuisé par un pareil effort, se releva et se
296 1 | leur langue, parcourant parfois leur guide, qu'ils lisaient
297 2 | et de curiosité, prêts à parier pour ou contre chacun des
298 2 | pour rire.~ Le train partait. Ils sautèrent dans leur
299 2 | Et tout à coup l'officier parut à la portière et monta,
300 1 | âme une sorte de fièvre de patriotisme impuissant en même temps
301 1 | occupaient la France ; le pays palpitait comme un lutteur
302 | pendant
303 1 | étant arrêté à la gare d'une petite ville, un officier prussien
304 1 | Le Prussien répondit : " Pharsbourg" .~ Il reprit :~ "
305 1 | résignation désolée et des phrases amères sur la sauvagerie
306 2 | Allemand avait pris une pincée de poils et tirait dessus,
307 2 | Dubuis n'avait jamais tenu un pistolet. On le plaça à vingt pas
308 2 | camarades qui apportèrent des pistolets, et on gagna les remparts.~
309 2 | tenu un pistolet. On le plaça à vingt pas de son ennemi.
310 1 | entiers manoeuvrant sur les places, et, malgré le bruit des
311 1 | regardaient par les portières les plaines ruinées et les hameaux incendiés.
312 2 | M. Dubuis l'écrasait du poids énorme de son ventre, et
313 2 | avait pris une pincée de poils et tirait dessus, quand
314 2 | furieusement des coups de poing par la figure. Le Prussien
315 2 | pas, tout en courant, les poings fermés, les coudes au corps.~ "
316 1 | coiffés du casque noir à la pointe de cuivre, fumaient leur
317 1 | Les Anglais par politesse répondirent simplement :~ "
318 1 | hameaux incendiés. Devant les portes des maisons restées debout,
319 1 | voyageurs regardaient par les portières les plaines ruinées et les
320 2 | Anglais que la curiosité poussait.~ L'Allemand s'assit
321 1 | gestes du chef de gare, il se précipita dans le compartiment voisin. ~
322 1 | causer, à chercher les lieux précis des batailles ; et soudain,
323 2 | gymnastique, vers la gare.~ Le premier Anglais marquait le pas,
324 1 | finie, il voyait pour la première fois des Prussiens, bien
325 1 | Allemand ouvrit la portière et, prenant par le bras M. Dubuis :~ "
326 2 | tapait sans repos, sans prendre haleine, sans savoir où
327 2 | pressant le pas, hâtant les préparatifs, inquiets de l'heure pour
328 2 | cesse tiraient leur montre, pressant le pas, hâtant les préparatifs,
329 2 | lui demanda : " Etes-vous prêt ?" ~ En répondant "oui,
330 2 | de joie et de curiosité, prêts à parier pour ou contre
331 2 | Déjà, l'Allemand avait pris une pincée de poils et tirait
332 1 | Dubuis s'élança sur le quai et, malgré les gestes du
333 1 | prudence qui ne nous a plus quittés.~ Dans son compartiment,
334 2 | levait les bras, et tombait raide sur le nez. Il l'avait tué.~
335 2 | ne foulez pas me rentre raison avec le bistolet, che vous
336 2 | l'Allemand, étranglé, râlait, crachait ses dents, essayait,
337 1 | Le train siffla, ralentissant sa marche. On passait devant
338 2 | Anglais s'étaient levés et rapprochés pour mieux voir. Ils se
339 2 | effort, se releva et se rassit sans dire un mot.~ Le
340 1 | roues, les commandements rauques arrivaient par instants.~
341 2 | temps avant que le train rebarte. "~ M. Dubuis, qui soufflait
342 1 | voix en cherchant à bien reconnaître les lieux indiqués.~
343 1 | officier tira sa pipe et regardant fixement le Français :~ "
344 1 | les villes, on voyait des régiments entiers manoeuvrant sur
345 2 | saisissant au collet, le rejeta sur la banquette. Puis fou
346 2 | essayait, mais en vain, de rejeter ce gros homme exaspéré,
347 1 | la durée du siège, allait rejoindre en Suisse sa femme et sa
348 1 | gendarme.~ Le train se remit en marche. Les Anglais continuaient
349 1 | étaient trouvés brusquement renfermés dans leur île, loin des
350 2 | Si fous ne foulez pas me rentre raison avec le bistolet,
351 1 | ses longues jambes et se renversant sur le dos :~ "Ché tué
352 1 | mit à rire. Et, toujours renversé sur le dos, il blagua. Il
353 1 | Les Anglais inquiets ne répondaient plus. Leurs faces, devenues
354 2 | Etes-vous prêt ?" ~ En répondant "oui, monsieur", il s'aperçut
355 2 | et tapait, tapait sans repos, sans prendre haleine, sans
356 2 | de douleur. Quand il eut repris haleine, il prononça :~ "
357 1 | événements terribles avec une résignation désolée et des phrases amères
358 1 | Devant les portes des maisons restées debout, des soldats prussiens,
359 2 | droite à M. Dubuis, et ils retournèrent s'asseoir côte à côte dans
360 2 | dessus, quand M. Dubuis d'un revers de main, lui releva le bras
361 1 | gros ventre de marchand riche et pacifique. Il avait subi
362 1 | et, malgré le bruit des roues, les commandements rauques
363 1 | qui détournait les yeux, rouge jusqu'aux oreilles. ~
364 1 | dans son poil.~ Le train roulait, traversant toujours des
365 1 | soldats allemands le long des routes, au bord des champs, debout
366 1 | jusqu'aux yeux. Son poil roux semblait flamber, et ses
367 1 | les portières les plaines ruinées et les hameaux incendiés.
368 2 | lui releva le bras et, le saisissant au collet, le rejeta sur
369 2 | toujours sa montre à la main, saisit M. Dubuis par le bras, et
370 1 | couvraient la terre comme les sauterelles d'Afrique.~ L'officier
371 2 | Le train partait. Ils sautèrent dans leur voiture.~ Alors,
372 1 | des phrases amères sur la sauvagerie des hommes. Maintenant qu'
373 | savoir
374 1 | aux yeux. Son poil roux semblait flamber, et ses longues
375 1 | tandis que M. Dubuis faisait semblant de lire un journal. Il se
376 1 | terre de France, et il se sentait à l'âme une sorte de fièvre
377 1 | du wagon. Il était grand, serré dans son uniforme et barbu
378 | seul
379 1 | pendant toute la durée du siège, allait rejoindre en Suisse
380 1 | bourboire. "~ Le train siffla, ralentissant sa marche.
381 1 | de bois. La machine déjà sifflait pour repartir. Alors, brusquement,
382 1 | par politesse répondirent simplement :~ " Aoh yes. "~ Il
383 2 | parapluie pour se garantir du soleil.~ Une voix commanda : "
384 1 | désespéré, les premiers trains sortaient, allant aux frontières nouvelles,
385 1 | il se sentait à l'âme une sorte de fièvre de patriotisme
386 2 | rebarte. "~ M. Dubuis, qui soufflait autant que la machine, dit
387 1 | à le contempler avec des sourires de curiosité satisfaite,
388 | sous
389 2 | Foici la fille de Strasbourg, che brendrai deux officiers
390 2 | attendre, et il aperçut avec stupeur le Prussien debout en face
391 2 | tant il demeurait effaré, stupide d'étonnement et de douleur.
392 1 | riche et pacifique. Il avait subi les événements terribles
393 1 | siège, allait rejoindre en Suisse sa femme et sa fille, envoyées
394 2 | agitant, puis, trois fois de suite, ils crièrent : "Hip, hip,
395 2 | à la portière et monta, suivi bientôt des deux Anglais
396 | t
397 1 | Vous n'auriez bas de tabac ? "~ M. Dubuis répondit :~ "
398 2 | Le Prussien se débattait, tâchait de tirer son sabre, d'étreindre
399 1 | de curiosité satisfaite, tandis que M. Dubuis faisait semblant
400 2 | avec l'autre, fermée, à lui taper furieusement des coups de
401 | te
402 2 | Puis fou de colère, les tempes gonflées, les yeux pleins
403 2 | pour mieux voir. Ils se tenaient debout, pleins de joie et
404 1 | soudain, comme l'un d'eux tendait le bras vers l'horizon en
405 2 | hurrah ! "~ Puis, ils tendirent gravement, l'un après l'
406 1 | Afrique.~ L'officier tendit la main :~ " Si chafrais
407 2 | M. Dubuis n'avait jamais tenu un pistolet. On le plaça
408 1 | Il regardait avec une terreur irritée ces hommes armés
409 1 | avait subi les événements terribles avec une résignation désolée
410 [Titre]| Texte~
411 2 | Les Anglais sans cesse tiraient leur montre, pressant le
412 2 | pris une pincée de poils et tirait dessus, quand M. Dubuis
413 2 | se débattait, tâchait de tirer son sabre, d'étreindre son
414 2 | haleine, sans savoir où tombaient ses coups. Le sang coulait ;
415 2 | chancelait, levait les bras, et tombait raide sur le nez. Il l'avait
416 1 | comme un lutteur vaincu tombé sous le genou du vainqueur.~
417 1 | nouveau :~ " Je vous tonnerai un bourboire. "~ Le train
418 2 | les Anglais, ôtant leurs toques de voyage, les levèrent
419 1 | sur le dos :~ "Ché tué touze Français tans ce fillage.
420 1 | désespéré, les premiers trains sortaient, allant aux frontières
421 1 | regardaient de leurs yeux tranquilles et curieux. Ils étaient
422 1 | sur des chaises. D'autres travaillaient ou causaient comme s'ils
423 1 | visage qu'elles coupaient en travers.~ Les Anglais aussitôt
424 2 | Et tous trois de front trottaient, malgré leurs ventres, comme
425 2 | minute, le Prussien avait trouvé deux camarades qui apportèrent
426 1 | tout, comme s'ils s'étaient trouvés brusquement renfermés dans
427 2 | avec le bistolet, che vous tuerai. "~ M. Dubuis répondit :~ "
428 1 | était grand, serré dans son uniforme et barbu jusqu'aux yeux.
429 2 | dents, essayait, mais en vain, de rejeter ce gros homme
430 1 | palpitait comme un lutteur vaincu tombé sous le genou du vainqueur.~
431 1 | il blaguait l'Autriche vaincue naguère ; il blaguait la
432 1 | vaincu tombé sous le genou du vainqueur.~ De Paris affolé, affamé,
433 2 | monsieur. "~ Le train venait de repartir.~ L'officier
434 2 | trottaient, malgré leurs ventres, comme trois grotesques
435 1 | compartiment, deux Anglais, venus pour voir, regardaient de
436 | veux
437 2 | Un Anglais cria un "Aoh" vibrant de joie, de curiosité satisfaite
438 1 | lenteur les campagnes et les villages. Les premiers voyageurs
439 1 | familles. Quand on passait les villes, on voyait des régiments
440 1 | élançaient des deux côtés du visage qu'elles coupaient en travers.~
441 2 | Ils sautèrent dans leur voiture.~ Alors, les Anglais,
442 1 | dans son coin, comme un voleur en face d'un gendarme.~
443 2 | répondit :~ "Quand vous voudrez. Je veux bien."~ L'Allemand
444 2 | dit aux Anglais :~ " Voulez-vous être mes témoins ? "~
445 2 | Anglais, ôtant leurs toques de voyage, les levèrent en les agitant,
446 1 | les villages. Les premiers voyageurs regardaient par les portières
447 1 | le double marchepied du wagon. Il était grand, serré dans
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