Par.
1 | 13
2 38 | très doux. ~13 septembre 1883~ ~
3 10 | parfois. Puis, je sens d'abord de légers frémissements
4 33 | luttes ? Je me reposerai à l'abri du vent dans ma somptueuse
5 32 | chaises incommodes, boire l'absinthe en parlant d'affaires. ~
6 8 | donne-t-il donc, qu'on en absorbe jusqu'à la mort ? ~
7 17 | pour dormir, ce qui est absurde, car on ne perçoit plus
8 22 | La maison que je vais acheter, je la connais. Elle est
9 32 | l'absinthe en parlant d'affaires. ~
10 30 | soir, j'irai, d'une course affolée, vers le large horizon que
11 10 | opium, ou l'Orient. A peine ai-je pris l'opium que je me couche,
12 22 | voiles blanches, en forme d'ailes pointues, des bateaux grecs
13 14 | la pensée pratique ! Je n'aime que le rêve. Lui seul est
14 | ait
15 37 | Je m'en allai. Je ne le revis plus. ~
16 23 | gras, et qui relève en s'en allant, d'un coup de sa savate
17 10 | Connais-tu cet état de l'âme que je pourrais appeler
18 27 | plaisir d'être bien, je ferai amener devant ma porte un cheval
19 | ami
20 | amour
21 17 | pierres, nos meubles de bois anguleux et durs. Nous montons en
22 | ans
23 26 | cercle autour de chaque appartement, toutes les formes de coussins
24 10 | de l'âme que je pourrais appeler l'irritation harcelante ?
25 34 | parties du monde, et qui m'apporteront la saveur de la beauté féminine
26 30 | sable, les vêtements des Arabes, la robe blanche des chevaux. ~
27 22 | jet d'eau monte sous les arbres et s'émiette en retombant
28 15 | laisse couler la vie, où on arrondit les angles. ~
29 | as
30 1 | là-bas sur la frontière de l'Asie. ~
31 20 | amour même a, chez nous, des aspects de victoire et de défaite :
32 32 | le long des trottoirs, assourdis par le bruit dur des fiacres
33 14 | rêve ne me permettait d'attendre. ~
34 12 | limites de la vie, ne fait aucun effort pour s'élancer, grandir
35 | aussi
36 17 | en sifflant pour s'enfuir aussitôt par un tuyau de cheminée
37 1 | Voici l'automne ! Je ne puis sentir ce premier
38 | autour
39 | aux
40 | avaient
41 3 | sais qu'une fois la drogue avalée il faut demeurer sur le
42 | avons
43 22 | sablé de poudre d'or. Je m'y baignerai à tout moment, entre deux
44 22 | pipes, deux rêves ou deux baisers. ~
45 12 | Comment désirer ce pays barbare où l'Esprit est mort, où
46 | bas
47 22 | retombant dans un large bassin de marbre dont le fond est
48 18 | intellectuelle. C'est la lutte, la bataille incessante. Le souci plane
49 22 | forme d'ailes pointues, des bateaux grecs ou musulmans. Les
50 24 | semelle sur le parquet, le battement des portes lancées à toute
51 34 | apporteront la saveur de la beauté féminine épanouie dans toutes
52 25 | aurai des esclaves noirs et beaux, drapés dans un voile blanc
53 33 | valeurs, toutes les inutiles bêtises où nous gaspillons notre
54 | bien
55 30 | vêtements des Arabes, la robe blanche des chevaux. ~
56 22 | mer, où passent ces voiles blanches, en forme d'ailes pointues,
57 10 | je déteste la vie, qui me blesse chaque jour par tous ses
58 17 | partout des angles nous blessent. Angles des tables, des
59 32 | des chaises incommodes, boire l'absinthe en parlant d'
60 | bon
61 | bonne
62 18 | poursuivre les deux ou trois bonnes choses à portée de nos mains. ~
63 3 | temps en temps, mais je ne bougerai point, car tu sais qu'une
64 4 | des choses de Paris et du boulevard. ~
65 33 | ignorerai le cours de la Bourse, les fluctuations des valeurs,
66 32 | trottoirs, assourdis par le bruit dur des fiacres sur les
67 30 | crépuscule : les montagnes brûlées, le sable, les vêtements
68 16 | vivons durement, comme des brutes. ~
69 28 | partirai sur son dos, en buvant l'air qui fouette et grise,
70 6 | vous prend, ce pays, vous captive, vous pénètre jusqu'au coeur,
71 19 | nos meubles encore, notre caractère a des angles, toujours des
72 22 | je la connais. Elle est carrée, avec un toit plat et des
73 | Cela
74 26 | femmes, et, sur mes divans en cercle autour de chaque appartement,
75 6 | invisible fil qui vous tire sans cesse, en quelque lieu du monde
76 15 | terre des sages, la terre chaude où on laisse couler la vie,
77 17 | aussitôt par un tuyau de cheminée en forme de pompe, qui établit
78 17 | Angles des tables, des cheminées, des portes, des lits. Nous
79 18 | n'avons plus le temps de chercher et de poursuivre les deux
80 27 | amener devant ma porte un cheval blanc ou noir qui courra
81 30 | Arabes, la robe blanche des chevaux. ~
82 23 | coup de talon qui montre la cheville jaune, il me remue le coeur
83 31 | envoleront des marais sur le ciel rose ; et je pousserai des
84 16 | Occident qui nous disons civilisés ; nous sommes d'odieux barbares
85 33 | vent dans ma somptueuse et claire demeure. ~
86 6 | ne songe plus qu'aux pays clairs. Oh ! comme ce pauvre Gautier
87 24 | Je n'entendrai plus le claquement de la semelle sur le parquet,
88 29 | une flèche sur cette terre colorée qui enivre le regard, dont
89 19 | C'est le combat à outrance. Plus que nos
90 | Comment
91 20 | contre les rivalités, les compétitions, les hostilités. Chaque
92 10 | raisonne, je déduis, je comprends tout, je découvre des idées
93 2 | que j'entrai chez lui, je compris que je ne le reverrais plus.
94 14 | La réalité implacable me conduirait au suicide si le rêve ne
95 22 | que je vais acheter, je la connais. Elle est carrée, avec un
96 10 | prendre son parti de tout. Connais-tu cet état de l'âme que je
97 12 | pour s'élancer, grandir et conquérir ? ~
98 10 | toutes ses duretés. L'opium console de tout, fait prendre son
99 12 | Orient ne vient que de cette constante ivresse. Tu vis dans une
100 | contre
101 30 | large horizon que le soleil couchant teinte en rose. Tout devient
102 10 | ai-je pris l'opium que je me couche, et j'attends. J'attends
103 2 | ans. Je le trouvai tantôt couché sur un divan, en plein rêve
104 26 | coussins me permettront de me coucher dans toutes les postures
105 17 | debout ou assis, jamais couchés, sauf pour dormir, ce qui
106 15 | terre chaude où on laisse couler la vie, où on arrondit les
107 17 | de pompe, qui établit des courants d'air mortels, forts à faire
108 25 | dans un voile blanc et qui courent, nu-pieds, sur les tapis
109 20 | A peine levés, nous courons au travail par la pluie
110 27 | cheval blanc ou noir qui courra très vite. ~
111 33 | J'ignorerai le cours de la Bourse, les fluctuations
112 30 | calme du soir, j'irai, d'une course affolée, vers le large horizon
113 33 | où nous gaspillons notre courte, misérable et trompeuse
114 26 | appartement, toutes les formes de coussins me permettront de me coucher
115 17 | dures, nos murs froids, couverts d'un odieux papier ; partout
116 20 | est un ennemi qu'il faut craindre et terrasser, avec qui il
117 10 | dans les pieds, non pas une crampe, mais un engourdissement
118 30 | devient rose, là-bas, au crépuscule : les montagnes brûlées,
119 31 | rose ; et je pousserai des cris de délire, noyé dans la
120 17 | portes, des lits. Nous vivons debout ou assis, jamais couchés,
121 22 | avec un toit plat et des découpures de bois à la mode orientale.
122 10 | déduis, je comprends tout, je découvre des idées qui ne m'avaient
123 10 | surprenante. Je raisonne, je déduis, je comprends tout, je découvre
124 20 | aspects de victoire et de défaite : c'est encore une lutte." ~
125 23 | il me remue le coeur de dégoût, et je ne le puis éviter.
126 22 | ou musulmans. Les murs du dehors sont presque sans ouvertures.
127 27 | quand je serai las du repos délicieux, las de jouir de l'immobilité
128 31 | je pousserai des cris de délire, noyé dans la roseur illimitée
129 7 | tut et ferma les yeux. Je demandai : ~
130 3 | la drogue avalée il faut demeurer sur le dos. ~
131 2 | La dernière fois que j'entrai chez lui,
132 10 | avaient jamais effleuré ; je descends en des profondeurs nouvelles,
133 12 | une hallucination. Comment désirer ce pays barbare où l'Esprit
134 10 | suis souvent triste ; je déteste la vie, qui me blesse chaque
135 6 | comme ce pauvre Gautier devait souffrir, toujours habité
136 | devant
137 30 | couchant teinte en rose. Tout devient rose, là-bas, au crépuscule :
138 16 | gens de l'Occident qui nous disons civilisés ; nous sommes
139 10 | délicieuse sensation de la disparition de mes membres. Il me semble
140 2 | trouvai tantôt couché sur un divan, en plein rêve d'opium.
141 26 | poitrines de femmes, et, sur mes divans en cercle autour de chaque
142 | donc
143 8 | Quel bonheur physique donne-t-il donc, qu'on en absorbe jusqu'
144 17 | jamais couchés, sauf pour dormir, ce qui est absurde, car
145 35 | tut encore, puis prononça doucement : ~
146 25 | esclaves noirs et beaux, drapés dans un voile blanc et qui
147 32 | assourdis par le bruit dur des fiacres sur les pavés,
148 16 | odieux barbares qui vivons durement, comme des brutes. ~
149 17 | moulins. Nos chaises sont dures, nos murs froids, couverts
150 10 | ses angles, par toutes ses duretés. L'opium console de tout,
151 17 | meubles de bois anguleux et durs. Nous montons en haletant
152 22 | cette demeure, Un jet d'eau monte sous les arbres et
153 38 | Deux mois plus tard, il m'écrivit ces trois mots seuls : "
154 10 | qui ne m'avaient jamais effleuré ; je descends en des profondeurs
155 12 | de la vie, ne fait aucun effort pour s'élancer, grandir
156 10 | avec une lucidité sans égale, avec une pénétration surprenante.
157 12 | fait aucun effort pour s'élancer, grandir et conquérir ? ~
158 | Elle
159 | Elles
160 22 | monte sous les arbres et s'émiette en retombant dans un large
161 38 | heureux." Sa lettre sentait l'encens et d'autres parfums très
162 17 | pénètre en sifflant pour s'enfuir aussitôt par un tuyau de
163 10 | pas une crampe, mais un engourdissement vibrant. Puis peu à peu
164 29 | cette terre colorée qui enivre le regard, dont la vue est
165 20 | hostilités. Chaque homme est un ennemi qu'il faut craindre et terrasser,
166 24 | Je n'entendrai plus le claquement de la
167 10 | gagne, monte, m'envahit entièrement. Je n'ai plus de corps.
168 2 | La dernière fois que j'entrai chez lui, je compris que
169 17 | étroits et rapides pour entrer en des appartements étranglés,
170 10 | ôte. Cela gagne, monte, m'envahit entièrement. Je n'ai plus
171 31 | Les flamants roses s'envoleront des marais sur le ciel rose ;
172 34 | saveur de la beauté féminine épanouie dans toutes les races." ~
173 8 | Qu'éprouves-tu de si agréable à prendre
174 17 | montons en haletant des escaliers étroits et rapides pour
175 25 | J'aurai des esclaves noirs et beaux, drapés dans
176 12 | désirer ce pays barbare où l'Esprit est mort, où la Pensée stérile
177 17 | cheminée en forme de pompe, qui établit des courants d'air mortels,
178 17 | sommeil le bonheur d'être étendu. ~
179 27 | l'immobilité de mon rêve éternel, las du calme plaisir d'
180 10 | vibrant. Puis peu à peu j'ai l'étrange et délicieuse sensation
181 17 | entrer en des appartements étranglés, où le vent glacé pénètre
182 12 | stérile ne sort point des étroites limites de la vie, ne fait
183 17 | en haletant des escaliers étroits et rapides pour entrer en
184 23 | dégoût, et je ne le puis éviter. Elles l'ont toutes, les
185 33 | misérable et trompeuse existence. Pourquoi ces peines, ces
186 | faire
187 23 | de sa savate usée, le bas fangeux de sa jupe. Oh ! ce coup
188 34 | apporteront la saveur de la beauté féminine épanouie dans toutes les
189 26 | rebondissants comme des poitrines de femmes, et, sur mes divans en cercle
190 27 | plaisir d'être bien, je ferai amener devant ma porte un
191 32 | assourdis par le bruit dur des fiacres sur les pavés, des hommes
192 6 | vous tient par un invisible fil qui vous tire sans cesse,
193 | fin
194 31 | Les flamants roses s'envoleront des marais
195 29 | Et j'irai comme une flèche sur cette terre colorée
196 10 | hauteurs merveilleuses ; je flotte dans un océan de pensées,
197 33 | cours de la Bourse, les fluctuations des valeurs, toutes les
198 22 | bassin de marbre dont le fond est sablé de poudre d'or.
199 26 | appartement, toutes les formes de coussins me permettront
200 17 | courants d'air mortels, forts à faire tourner des moulins.
201 28 | dos, en buvant l'air qui fouette et grise, l'air sifflant
202 24 | lancées à toute volée, le fracas de la vaisselle qui tombe. ~
203 10 | je sens d'abord de légers frémissements dans les mains et dans les
204 1 | ne puis sentir ce premier frisson d'hiver sans songer à l'
205 17 | chaises sont dures, nos murs froids, couverts d'un odieux papier ;
206 1 | ami qui vit là-bas sur la frontière de l'Asie. ~
207 28 | air sifflant des galops furieux. ~
208 10 | semble qu'on me les ôte. Cela gagne, monte, m'envahit entièrement.
209 28 | grise, l'air sifflant des galops furieux. ~
210 10 | ai plus de corps. Je n'en garde plus qu'une sorte de souvenir
211 33 | inutiles bêtises où nous gaspillons notre courte, misérable
212 6 | clairs. Oh ! comme ce pauvre Gautier devait souffrir, toujours
213 20 | travail par la pluie ou la gelée. Nous luttons contre les
214 16 | les barbares, nous autres gens de l'Occident qui nous disons
215 17 | appartements étranglés, où le vent glacé pénètre en sifflant pour
216 | grand
217 12 | aucun effort pour s'élancer, grandir et conquérir ? ~
218 23 | hideuse bonne au tablier gras, et qui relève en s'en allant,
219 22 | ailes pointues, des bateaux grecs ou musulmans. Les murs du
220 28 | buvant l'air qui fouette et grise, l'air sifflant des galops
221 10 | Deux choses m'en peuvent guérir : l'opium, ou l'Orient.
222 6 | devait souffrir, toujours habité par le désir de l'Orient.
223 17 | et durs. Nous montons en haletant des escaliers étroits et
224 12 | ivresse. Tu vis dans une hallucination. Comment désirer ce pays
225 10 | pourrais appeler l'irritation harcelante ? Je vis ordinairement dans
226 18 | les préoccupations nous harcèlent ; nous n'avons plus le temps
227 6 | quelque lieu du monde que le hasard vous ait jeté. Je prends
228 10 | nouvelles, je monte à des hauteurs merveilleuses ; je flotte
229 10 | attends une heure, deux heures parfois. Puis, je sens d'
230 38 | trois mots seuls : "Je suis heureux." Sa lettre sentait l'encens
231 23 | aurai point la servante, la hideuse bonne au tablier gras, et
232 1 | sentir ce premier frisson d'hiver sans songer à l'ami qui
233 20 | les hostilités. Chaque homme est un ennemi qu'il faut
234 32 | fiacres sur les pavés, des hommes vêtus de noir, assis sur
235 30 | course affolée, vers le large horizon que le soleil couchant teinte
236 20 | rivalités, les compétitions, les hostilités. Chaque homme est un ennemi
237 10 | incomparable bonheur, l'idéale jouissance de cette pure
238 10 | comprends tout, je découvre des idées qui ne m'avaient jamais
239 33 | J'ignorerai le cours de la Bourse, les
240 31 | délire, noyé dans la roseur illimitée du monde. ~
241 27 | délicieux, las de jouir de l'immobilité de mon rêve éternel, las
242 14 | seul est doux. La réalité implacable me conduirait au suicide
243 14 | Qu'importe la pensée pratique ! Je
244 18 | est la lutte, la bataille incessante. Le souci plane sur nous,
245 32 | noir, assis sur des chaises incommodes, boire l'absinthe en parlant
246 10 | pensées, et je savoure l'incomparable bonheur, l'idéale jouissance
247 10 | avec une joie matérielle infinie, avec une lucidité sans
248 18 | songe aussi à notre vie intellectuelle. C'est la lutte, la bataille
249 10 | sereine ivresse de la seule intelligence. ~
250 6 | Tu ne m'intéresses pas ; je ne songe plus qu'
251 33 | des valeurs, toutes les inutiles bêtises où nous gaspillons
252 6 | par toutes ses séductions invincibles, et il vous tient par un
253 6 | et il vous tient par un invisible fil qui vous tire sans cesse,
254 10 | que je pourrais appeler l'irritation harcelante ? Je vis ordinairement
255 22 | sans ouvertures. Un grand jardin, où l'air est lourd sous
256 23 | talon qui montre la cheville jaune, il me remue le coeur de
257 22 | milieu de cette demeure, Un jet d'eau monte sous les arbres
258 6 | monde que le hasard vous ait jeté. Je prends la drogue pour
259 10 | pense. Je pense avec une joie matérielle infinie, avec
260 27 | repos délicieux, las de jouir de l'immobilité de mon rêve
261 10 | incomparable bonheur, l'idéale jouissance de cette pure et sereine
262 10 | vie, qui me blesse chaque jour par tous ses angles, par
263 23 | usée, le bas fangeux de sa jupe. Oh ! ce coup de talon qui
264 6 | jusqu'au coeur, et ne vous lâche plus. Il entre en vous par
265 15 | sages, la terre chaude où on laisse couler la vie, où on arrondit
266 36 | Laisse-moi. ~
267 24 | le battement des portes lancées à toute volée, le fracas
268 10 | Puis, je sens d'abord de légers frémissements dans les mains
269 38 | Je suis heureux." Sa lettre sentait l'encens et d'autres
270 20 | A peine levés, nous courons au travail
271 6 | tire sans cesse, en quelque lieu du monde que le hasard vous
272 12 | sort point des étroites limites de la vie, ne fait aucun
273 17 | cheminées, des portes, des lits. Nous vivons debout ou assis,
274 | long
275 22 | grand jardin, où l'air est lourd sous le parasol des palmiers,
276 10 | matérielle infinie, avec une lucidité sans égale, avec une pénétration
277 33 | peines, ces souffrances, ces luttes ? Je me reposerai à l'abri
278 20 | pluie ou la gelée. Nous luttons contre les rivalités, les
279 2 | d'opium. Il me tendit la main sans remuer le corps, et
280 22 | La maison que je vais acheter, je
281 15 | des barbares ; tais-toi, malheureux, c'est la terre des sages,
282 31 | flamants roses s'envoleront des marais sur le ciel rose ; et je
283 22 | dans un large bassin de marbre dont le fond est sablé de
284 10 | Je pense avec une joie matérielle infinie, avec une lucidité
285 10 | de la disparition de mes membres. Il me semble qu'on me les
286 20 | qui il faut ruser. L'amour même a, chez nous, des aspects
287 | mer
288 10 | je monte à des hauteurs merveilleuses ; je flotte dans un océan
289 | mieux
290 | milieu
291 4 | assis et je lui racontai mille choses, des choses de Paris
292 33 | gaspillons notre courte, misérable et trompeuse existence.
293 23 | Elles l'ont toutes, les misérables ! ~
294 22 | découpures de bois à la mode orientale. De la terrasse,
295 | mois
296 | moment
297 | mon
298 30 | là-bas, au crépuscule : les montagnes brûlées, le sable, les vêtements
299 17 | bois anguleux et durs. Nous montons en haletant des escaliers
300 23 | Oh ! ce coup de talon qui montre la cheville jaune, il me
301 17 | établit des courants d'air mortels, forts à faire tourner des
302 38 | il m'écrivit ces trois mots seuls : "Je suis heureux."
303 17 | forts à faire tourner des moulins. Nos chaises sont dures,
304 22 | pointues, des bateaux grecs ou musulmans. Les murs du dehors sont
305 25 | J'aurai des esclaves noirs et beaux, drapés dans un
306 | non
307 | nouveau
308 10 | descends en des profondeurs nouvelles, je monte à des hauteurs
309 31 | pousserai des cris de délire, noyé dans la roseur illimitée
310 25 | voile blanc et qui courent, nu-pieds, sur les tapis sourds. ~
311 16 | barbares, nous autres gens de l'Occident qui nous disons civilisés ;
312 10 | merveilleuses ; je flotte dans un océan de pensées, et je savoure
313 6 | Il entre en vous par l'oeil, par la peau, par toutes
314 | ont
315 22 | fond est sablé de poudre d'or. Je m'y baignerai à tout
316 10 | irritation harcelante ? Je vis ordinairement dans cet état. Deux choses
317 22 | découpures de bois à la mode orientale. De la terrasse, on voit
318 10 | Il me semble qu'on me les ôte. Cela gagne, monte, m'envahit
319 19 | C'est le combat à outrance. Plus que nos meubles encore,
320 22 | dehors sont presque sans ouvertures. Un grand jardin, où l'air
321 22 | lourd sous le parasol des palmiers, forme le milieu de cette
322 17 | froids, couverts d'un odieux papier ; partout des angles nous
323 22 | l'air est lourd sous le parasol des palmiers, forme le milieu
324 10 | attends une heure, deux heures parfois. Puis, je sens d'abord de
325 38 | sentait l'encens et d'autres parfums très doux. ~13 septembre
326 4 | mille choses, des choses de Paris et du boulevard. ~
327 32 | incommodes, boire l'absinthe en parlant d'affaires. ~
328 3 | Reste là, parle, je te répondrai de temps
329 24 | claquement de la semelle sur le parquet, le battement des portes
330 10 | de tout, fait prendre son parti de tout. Connais-tu cet
331 34 | épouses venues des cinq parties du monde, et qui m'apporteront
332 28 | Et je partirai sur son dos, en buvant l'
333 17 | couverts d'un odieux papier ; partout des angles nous blessent.
334 22 | terrasse, on voit la mer, où passent ces voiles blanches, en
335 6 | pays clairs. Oh ! comme ce pauvre Gautier devait souffrir,
336 32 | dur des fiacres sur les pavés, des hommes vêtus de noir,
337 6 | vous par l'oeil, par la peau, par toutes ses séductions
338 33 | existence. Pourquoi ces peines, ces souffrances, ces luttes ?
339 10 | lucidité sans égale, avec une pénétration surprenante. Je raisonne,
340 10 | flotte dans un océan de pensées, et je savoure l'incomparable
341 6 | prends la drogue pour y penser dans la délicieuse torpeur
342 17 | qui est absurde, car on ne perçoit plus dans le sommeil le
343 14 | suicide si le rêve ne me permettait d'attendre. ~
344 26 | les formes de coussins me permettront de me coucher dans toutes
345 | peut
346 10 | cet état. Deux choses m'en peuvent guérir : l'opium, ou l'Orient.
347 10 | dans les mains et dans les pieds, non pas une crampe, mais
348 17 | Regarde nos villes de pierres, nos meubles de bois anguleux
349 22 | tout moment, entre deux pipes, deux rêves ou deux baisers. ~
350 27 | rêve éternel, las du calme plaisir d'être bien, je ferai amener
351 18 | bataille incessante. Le souci plane sur nous, les préoccupations
352 22 | est carrée, avec un toit plat et des découpures de bois
353 2 | couché sur un divan, en plein rêve d'opium. Il me tendit
354 20 | courons au travail par la pluie ou la gelée. Nous luttons
355 22 | blanches, en forme d'ailes pointues, des bateaux grecs ou musulmans.
356 8 | si agréable à prendre ce poison ? Quel bonheur physique
357 26 | rebondissants comme des poitrines de femmes, et, sur mes divans
358 17 | de cheminée en forme de pompe, qui établit des courants
359 27 | je ferai amener devant ma porte un cheval blanc ou noir
360 18 | ou trois bonnes choses à portée de nos mains. ~
361 26 | coucher dans toutes les postures qu'on peut prendre. ~
362 22 | dont le fond est sablé de poudre d'or. Je m'y baignerai à
363 | Pourquoi
364 10 | cet état de l'âme que je pourrais appeler l'irritation harcelante ?
365 18 | temps de chercher et de poursuivre les deux ou trois bonnes
366 31 | sur le ciel rose ; et je pousserai des cris de délire, noyé
367 14 | Qu'importe la pensée pratique ! Je n'aime que le rêve.
368 1 | automne ! Je ne puis sentir ce premier frisson d'hiver sans songer
369 6 | que c'est, comme il vous prend, ce pays, vous captive,
370 6 | hasard vous ait jeté. Je prends la drogue pour y penser
371 18 | souci plane sur nous, les préoccupations nous harcèlent ; nous n'
372 | presque
373 10 | l'Orient. A peine ai-je pris l'opium que je me couche,
374 10 | effleuré ; je descends en des profondeurs nouvelles, je monte à des
375 35 | Il se tut encore, puis prononça doucement : ~
376 10 | idéale jouissance de cette pure et sereine ivresse de la
377 | quand
378 34 | Et j'aurai quatre ou cinq épouses en des appartements
379 | Quel
380 | quelque
381 | quelques
382 34 | épanouie dans toutes les races." ~
383 4 | Je m'assis et je lui racontai mille choses, des choses
384 10 | pénétration surprenante. Je raisonne, je déduis, je comprends
385 17 | des escaliers étroits et rapides pour entrer en des appartements
386 14 | bon, lui seul est doux. La réalité implacable me conduirait
387 26 | murs seront moelleux et rebondissants comme des poitrines de femmes,
388 29 | terre colorée qui enivre le regard, dont la vue est savoureuse
389 17 | Regarde nos villes de pierres, nos
390 23 | au tablier gras, et qui relève en s'en allant, d'un coup
391 23 | la cheville jaune, il me remue le coeur de dégoût, et je
392 2 | Il me tendit la main sans remuer le corps, et me dit : ~
393 3 | Reste là, parle, je te répondrai de temps en temps, mais
394 27 | Puis, quand je serai las du repos délicieux, las de jouir
395 33 | souffrances, ces luttes ? Je me reposerai à l'abri du vent dans ma
396 11 | de nouveau les yeux. Je repris : ~
397 21 | songea quelques secondes et reprit : ~
398 3 | Reste là, parle, je te répondrai
399 22 | les arbres et s'émiette en retombant dans un large bassin de
400 2 | je compris que je ne le reverrais plus. C'était vers la fin
401 22 | entre deux pipes, deux rêves ou deux baisers. ~
402 37 | Je m'en allai. Je ne le revis plus. ~
403 20 | Nous luttons contre les rivalités, les compétitions, les hostilités.
404 30 | vêtements des Arabes, la robe blanche des chevaux. ~
405 31 | Les flamants roses s'envoleront des marais
406 31 | de délire, noyé dans la roseur illimitée du monde. ~
407 20 | terrasser, avec qui il faut ruser. L'amour même a, chez nous,
408 30 | les montagnes brûlées, le sable, les vêtements des Arabes,
409 22 | marbre dont le fond est sablé de poudre d'or. Je m'y baignerai
410 15 | malheureux, c'est la terre des sages, la terre chaude où on laisse
411 17 | ou assis, jamais couchés, sauf pour dormir, ce qui est
412 23 | allant, d'un coup de sa savate usée, le bas fangeux de
413 34 | et qui m'apporteront la saveur de la beauté féminine épanouie
414 10 | océan de pensées, et je savoure l'incomparable bonheur,
415 29 | regard, dont la vue est savoureuse comme un vin. ~
416 21 | Il songea quelques secondes et reprit : ~
417 6 | la peau, par toutes ses séductions invincibles, et il vous
418 10 | disparition de mes membres. Il me semble qu'on me les ôte. Cela gagne,
419 24 | plus le claquement de la semelle sur le parquet, le battement
420 10 | heures parfois. Puis, je sens d'abord de légers frémissements
421 10 | l'étrange et délicieuse sensation de la disparition de mes
422 38 | suis heureux." Sa lettre sentait l'encens et d'autres parfums
423 1 | Voici l'automne ! Je ne puis sentir ce premier frisson d'hiver
424 27 | Puis, quand je serai las du repos délicieux,
425 10 | jouissance de cette pure et sereine ivresse de la seule intelligence. ~
426 | seront
427 23 | Je n'aurai point la servante, la hideuse bonne au tablier
428 38 | m'écrivit ces trois mots seuls : "Je suis heureux." Sa
429 30 | A l'heure calme du soir, j'irai, d'une course affolée,
430 30 | le large horizon que le soleil couchant teinte en rose.
431 17 | ne perçoit plus dans le sommeil le bonheur d'être étendu. ~
432 33 | à l'abri du vent dans ma somptueuse et claire demeure. ~
433 21 | Il songea quelques secondes et reprit : ~
434 1 | premier frisson d'hiver sans songer à l'ami qui vit là-bas sur
435 12 | où la Pensée stérile ne sort point des étroites limites
436 10 | Je n'en garde plus qu'une sorte de souvenir agréable. Ma
437 18 | bataille incessante. Le souci plane sur nous, les préoccupations
438 33 | Pourquoi ces peines, ces souffrances, ces luttes ? Je me reposerai
439 6 | ce pauvre Gautier devait souffrir, toujours habité par le
440 25 | nu-pieds, sur les tapis sourds. ~
441 10 | garde plus qu'une sorte de souvenir agréable. Ma tête seule
442 10 | mieux, c'est plus. Je suis souvent triste ; je déteste la vie,
443 12 | Esprit est mort, où la Pensée stérile ne sort point des étroites
444 14 | implacable me conduirait au suicide si le rêve ne me permettait
445 10 | égale, avec une pénétration surprenante. Je raisonne, je déduis,
446 17 | nous blessent. Angles des tables, des cheminées, des portes,
447 23 | servante, la hideuse bonne au tablier gras, et qui relève en s'
448 15 | la terre des barbares ; tais-toi, malheureux, c'est la terre
449 23 | sa jupe. Oh ! ce coup de talon qui montre la cheville jaune,
450 2 | trois ans. Je le trouvai tantôt couché sur un divan, en
451 25 | courent, nu-pieds, sur les tapis sourds. ~
452 38 | Deux mois plus tard, il m'écrivit ces trois
453 | te
454 30 | horizon que le soleil couchant teinte en rose. Tout devient rose,
455 2 | plein rêve d'opium. Il me tendit la main sans remuer le corps,
456 22 | la mode orientale. De la terrasse, on voit la mer, où passent
457 20 | ennemi qu'il faut craindre et terrasser, avec qui il faut ruser.
458 10 | de souvenir agréable. Ma tête seule est là, et travaille.
459 [Titre]| Texte~
460 6 | invincibles, et il vous tient par un invisible fil qui
461 6 | un invisible fil qui vous tire sans cesse, en quelque lieu
462 22 | Elle est carrée, avec un toit plat et des découpures de
463 24 | fracas de la vaisselle qui tombe. ~
464 | Ton
465 6 | penser dans la délicieuse torpeur de l'opium. ~
466 17 | air mortels, forts à faire tourner des moulins. Nos chaises
467 | tous
468 | toute
469 20 | peine levés, nous courons au travail par la pluie ou la gelée.
470 10 | Ma tête seule est là, et travaille. Je pense. Je pense avec
471 10 | est plus. Je suis souvent triste ; je déteste la vie, qui
472 33 | notre courte, misérable et trompeuse existence. Pourquoi ces
473 32 | verrai plus, le long des trottoirs, assourdis par le bruit
474 2 | voici trois ans. Je le trouvai tantôt couché sur un divan,
475 17 | s'enfuir aussitôt par un tuyau de cheminée en forme de
476 23 | d'un coup de sa savate usée, le bas fangeux de sa jupe.
477 | vais
478 24 | toute volée, le fracas de la vaisselle qui tombe. ~
479 33 | Bourse, les fluctuations des valeurs, toutes les inutiles bêtises
480 34 | appartements moelleux, cinq épouses venues des cinq parties du monde,
481 32 | Je ne verrai plus, le long des trottoirs,
482 30 | montagnes brûlées, le sable, les vêtements des Arabes, la robe blanche
483 32 | sur les pavés, des hommes vêtus de noir, assis sur des chaises
484 10 | mais un engourdissement vibrant. Puis peu à peu j'ai l'étrange
485 20 | chez nous, des aspects de victoire et de défaite : c'est encore
486 12 | Ton désir de l'Orient ne vient que de cette constante ivresse.
487 17 | Regarde nos villes de pierres, nos meubles
488 29 | est savoureuse comme un vin. ~
489 1 | sans songer à l'ami qui vit là-bas sur la frontière
490 27 | ou noir qui courra très vite. ~
491 25 | et beaux, drapés dans un voile blanc et qui courent, nu-pieds,
492 22 | voit la mer, où passent ces voiles blanches, en forme d'ailes
493 22 | orientale. De la terrasse, on voit la mer, où passent ces voiles
494 24 | des portes lancées à toute volée, le fracas de la vaisselle
495 29 | enivre le regard, dont la vue est savoureuse comme un
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