abais-repou | repri-zenit
gras = Texte principal
Par. gris = Texte de commentaire
1 21 | regard jusqu’alors inquiet s’abaissa pour ne plus le quitter
2 12 | embrasé, - et devant lui, l’abîme blanc et doux à l’oeil comme
3 26 | courtiser la jolie fille… Les absents ont tort ! L’absence est
4 3 | de bois qui retombe. Il s’accouda, rêveur, à l’étroite fenêtre
5 47 | chétive et grêle, pas même adolescente, tout à fait enfant ; il
6 24 | fille sourit, fit un signe affirmatif et recommença de traire…~
7 41 | Quel âge as-tu ? demanda-t-il, oubliant
8 | ai
9 4 | sortit de son nid et de son aile fourchue effleura en passant
10 26 | chercher auprès de celle qui en aime un autre ? François est
11 10 | horizon encadré de lignes aimées, dont à l’autre bout de
12 | ainsi
13 16 | recouvert de fougère et d’ajonc, percé à tout endroit par
14 15 | souffle insensible, elle s’en alla doucement vers le nord,
15 26 | Trop tard ! pensa-t-il amèrement ; qu’irais-je maintenant
16 | ami
17 6 | Revoir en présence des amis et de la famille un visage
18 3 | rien dans le village n’annonçait encore le réveil ; au travers
19 19 | extrémité du pré il vit apparaître un autre homme.~
20 2 | cette clémente nuit de juin, appelaient les trayeuses à débarrasser
21 50 | suivit la belle fille qui s’appelait Aurore. ~
22 38 | Comment t’appelles-tu ?~
23 2 | gonflées de lait. Deux ou trois appels résonnèrent encore, puis
24 22 | Le jeune homme s’approcha tout près d’elle, ils échangèrent
25 21 | elle sourit en le voyant approcher, et son regard jusqu’alors
26 12 | les vertes prairies, les arbres découpaient nettement leur
27 23 | silencieux, sous les rayons ardents du soleil qui dominait le
28 16 | ruisseau en cascatelles argentines, les prairies inclinées,
29 13 | partout où un obstacle les arrêtait un instant.~
30 14 | superstitieux. Faut-il m’arrêter ici, renoncer à tenter le
31 15 | dont le bruit retentissant arriva désormais aux oreilles du
32 9 | la veille, car il était arrivé à la tombée de la nuit,
33 9 | la droite ou la gauche, arrosant partout des rives de cresson.
34 41 | Quel âge as-tu ? demanda-t-il, oubliant
35 27 | Il s’assit au haut de la falaise, triste
36 19 | pressant le pas, il allait atteindre la barrière, lorsqu’à l’
37 8 | vapeurs du zénith étaient déjà atteintes par des lueurs d’incendie,
38 19 | Le savait-elle revenu ? L’attendait-elle déjà ? Se souvenait-elle
39 18 | vers le midi et semblait attendre quelque chose avec impatience.
40 17 | patiemment traire par les mains attentives de la paysanne.~
41 9 | mer qui l’avait toujours attiré, tant qu’à la fin il s’était
42 11 | rapide, à trois cents pieds au-dessous, les rochers bruns qui forment
43 9 | sur sa tête alors blonde, aujourd’hui brune, depuis qu’il
44 26 | brume était un présage, je n’aurais pas dû aller plus loin !~
45 9 | la nuit, lui paraissait autrefois si large et si beau ! Maintenant
46 | autres
47 5 | les yeux bleus de Céline avaient-ils hanté le marin jusque dans
48 | avant
49 | avons
50 23 | Celui-ci laissa tomber sa baguette ; doucement, parlant toujours,
51 22 | Céline resta assise, la tête baissée, écoutant ce que disait
52 29 | paupières aux longs cils baissés ; ses joues roses rougirent
53 18 | Assise sur un petit banc, elle faisait jaillir le
54 13 | Une barque passa à peu de distance :
55 10 | grand buisson de houx lui barrait la vue, il le tourna et
56 19 | il allait atteindre la barrière, lorsqu’à l’autre extrémité
57 19 | Le coeur du jeune homme battit joyeusement. Le savait-elle
58 17 | réchauffaient les trois belles vaches paresseuses, dans
59 8 | peine semblable aux roses de Bengale, était à présent celle des
60 8 | la vallée où passait le bétail de Céline, et ce chemin
61 22 | cruche était pleine, la bonne bête s’éloigna satisfaite, et
62 17 | semblaient engourdies dans leur bien-être ; la troisième, debout,
63 9 | rives de cresson. Ce sentier bizarre, presque impraticable pour
64 5 | congé. Pourquoi les yeux bleus de Céline avaient-ils hanté
65 9 | passé sur sa tête alors blonde, aujourd’hui brune, depuis
66 3 | claquement d’une porte de bois qui retombe. Il s’accouda,
67 | Bonjour
68 | bonne
69 29 | cheveux repoussaient le petit bonnet qui voulait les couvrir,
70 22 | quelques mots, puis d’une branche qu’il tenait à la main,
71 | bras
72 29 | couvrir, ses yeux bruns brillaient d’un feu contenu sous ses
73 2 | presque insensible agita les brins d’herbe dressés sur le chaume,
74 50 | Sans mot dire, brûlé soudain au coeur par un
75 9 | instant par un ruisseau bruyant qui ne pouvait se contenter
76 16 | menthes sauvages, celle des bruyères qui sentent le miel, et
77 10 | Un grand buisson de houx lui barrait la vue,
78 10 | compagnons dormaient dans leurs cadres.~
79 7 | L’usage de nos campagnes permet aux galants d’aller
80 3 | de la muraille grise, qui caressaient son visage, il se pencha
81 16 | où courait le ruisseau en cascatelles argentines, les prairies
82 11 | forment une infranchissable ceinture d’écueils à cette côte,
83 | celui
84 23 | Celui-ci laissa tomber sa baguette ;
85 20 | le reconnaissait bien : celui-là n’avait pas quitté le village ;
86 11 | en pente rapide, à trois cents pieds au-dessous, les rochers
87 27 | hirondelles l’entouraient de leurs cercles joyeux ; mais que lui importait
88 17 | le mufle tourné vers la chaleur, et semblaient engourdies
89 | chambre
90 7 | Martial descendit donc de sa chambrette, il jeta un coup d’oeil
91 4 | féminine passa au bout des champs voisins… En ce moment l’
92 40 | devenue belle et qu’elle avait changé, pendant ces deux années
93 15 | entonnèrent à pleine voix la chanson de l’aube ; le ciel étincela
94 16 | vie, il agita en l’air son chapeau, saluant ainsi la terre
95 | chaque
96 13 | doucement sur les cimes des chardons en fleur, sur les touffes
97 1 | route, sillonnée par les chariots de la veille qui avaient
98 16 | Le charme était rompu ; il contempla
99 11 | en rêve ; la vapeur des chaudes nuits d’été la couvrait
100 2 | brins d’herbe dressés sur le chaume, et une faible lueur rosée,
101 16 | profonde et recueillie le cher pays qui l’avait vu naître,
102 26 | qu’irais-je maintenant chercher auprès de celle qui en aime
103 47 | fillette de quatorze ans, chétive et grêle, pas même adolescente,
104 29 | était brune ; ses lourds cheveux repoussaient le petit bonnet
105 | chose
106 29 | ses paupières aux longs cils baissés ; ses joues roses
107 13 | massaient doucement sur les cimes des chardons en fleur, sur
108 | cinquante
109 3 | d’un moment : c’était le claquement d’une porte de bois qui
110 2 | dans les pâturages cette clémente nuit de juin, appelaient
111 22 | doucement la joue et le col qu’elle tenait penchés.
112 41 | soudain son amertume et sa colère.~
113 15 | lentement sur l’onde, sur les collines ; poussée par un souffle
114 8 | Le ciel se colorait de tons plus vifs ; la nuance
115 | Comment
116 10 | par la fièvre, quand ses compagnons dormaient dans leurs cadres.~
117 5 | peu, lors de son dernier congé. Pourquoi les yeux bleus
118 40 | Aurore ! oui, il la connaissait bien ; mais qu’elle était
119 33 | Vous me connaissez donc ? demande Martial,
120 31 | Céline, elle semblait le connaître, et il ne se souvenait pas
121 36 | se tutoie quand on s’est connu enfant.~
122 16 | charme était rompu ; il contempla un instant avec une joie
123 9 | bruyant qui ne pouvait se contenter du lit qu’on lui traçait
124 29 | bruns brillaient d’un feu contenu sous ses paupières aux longs
125 22 | se défendait en riant, et continuait de traire, mais peu à peu
126 13 | passa à peu de distance : la coque était invisible ; seule,
127 | côté
128 23 | du soleil qui dominait le coteau, noyés jusqu’aux genoux
129 7 | draperies du vieux lit garni de cotonnade bleue à fleurs ; puis il
130 12 | comme la graine moelleuse du cotonnier.~
131 8 | des lueurs d’incendie, le couchant seul se teintait à peine
132 17 | au fanon. Deux s’étaient couchées, le mufle tourné vers la
133 15 | doré, pénétrant entre deux couches de vapeurs, éclaira soudain
134 21 | quitter sur le lait qui coulait entre ses doigts.~
135 9 | revoyait étroit, rocailleux, coupé à chaque instant par un
136 5 | une fillette, entrevue et courtisée un peu, bien peu, lors de
137 11 | des chaudes nuits d’été la couvrait entière, tout était d’un
138 29 | petit bonnet qui voulait les couvrir, ses yeux bruns brillaient
139 15 | lacis de diamants liquides couvrit tout autour de lui et lui-même.~
140 6 | défavorable, et Martial craignait le ridicule par-dessus tout.
141 13 | Martial n’osait remuer, craignant de rompre cet enchantement,
142 4 | Un pas fit craquer le gravier de la route,
143 37 | Devine ! fit la belle créature.~
144 9 | arrosant partout des rives de cresson. Ce sentier bizarre, presque
145 8 | et ce chemin longeait la crête de la falaise.~
146 12 | Il s’arrêta, croyant rêver ; oui, c’était bien
147 19 | revenir pour elle ? Il le crut, et, pressant le pas, il
148 2 | appelaient les trayeuses à débarrasser leurs mamelles gonflées
149 17 | bien-être ; la troisième, debout, se laissait patiemment
150 12 | vertes prairies, les arbres découpaient nettement leur fine silhouette
151 6 | produire une impression défavorable, et Martial craignait le
152 22 | tenait penchés. Elle se défendait en riant, et continuait
153 3 | visage, il se pencha au dehors pour écouter… ; un bruit
154 14 | présage de ma destinée ? se demanda le marin au coeur superstitieux.
155 41 | Quel âge as-tu ? demanda-t-il, oubliant soudain son amertume
156 | demande
157 5 | que Martial avait fait sa dernière visite au pays, il avait
158 12 | était bien comme un rêve : derrière lui, les vertes prairies,
159 7 | heure matinale ; Martial descendit donc de sa chambrette, il
160 6 | la voir encore. L’eût-il désiré ? Il n’en était pas sûr.
161 15 | bruit retentissant arriva désormais aux oreilles du jeune homme ;
162 14 | Est-ce le présage de ma destinée ? se demanda le marin au
163 5 | amour est si beau dans son détachement de ce qui n’est pas lui.
164 27 | lui dont l’âme était en deuil ?~
165 50 | par un rayon de soleil qui devait dorer toute sa vie, Martial
166 15 | le nord, sur la mer qui devenait bleue et dont le bruit retentissant
167 40 | bien ; mais qu’elle était devenue belle et qu’elle avait changé,
168 12 | comme la soie nouvellement dévidée, comme la graine moelleuse
169 37 | Devine ! fit la belle créature.~
170 10 | nostalgie jusqu’à en pleurer, dévoré par la fièvre, quand ses
171 15 | jeune homme ; un lacis de diamants liquides couvrit tout autour
172 | dire
173 22 | baissée, écoutant ce que disait François.~
174 13 | Une barque passa à peu de distance : la coque était invisible ;
175 2 | rosée, si faible qu’on la distinguait à peine, se glissa entre
176 5 | pourquoi ; à travers les distractions des escales, les tentations
177 14 | sort, à interroger Céline ? Dois-je renoncer à mon rêve ?~
178 23 | rayons ardents du soleil qui dominait le coteau, noyés jusqu’aux
179 44 | tressaillit ; que n’eût-il pas donné pour revoir ces yeux merveilleux,
180 27 | plein d’amertume. Le soleil dorait la mer et la terre autour
181 15 | Un rayon doré, pénétrant entre deux couches
182 50 | rayon de soleil qui devait dorer toute sa vie, Martial suivit
183 10 | fièvre, quand ses compagnons dormaient dans leurs cadres.~
184 | doute
185 7 | paisiblement côté à côte sous les draperies du vieux lit garni de cotonnade
186 1 | herbe au haut des toits se dressaient immobiles sur le ciel d’
187 2 | agita les brins d’herbe dressés sur le chaume, et une faible
188 26 | présage, je n’aurais pas dû aller plus loin !~
189 44 | regarda Martial pendant la durée d’un éclair. Il tressaillit ;
190 31 | Il la regarda, ébloui. Cette jeune fille était
191 22 | approcha tout près d’elle, ils échangèrent quelques mots, puis d’une
192 44 | Martial pendant la durée d’un éclair. Il tressaillit ; que n’
193 15 | deux couches de vapeurs, éclaira soudain la voile qui glissait
194 11 | pourtant mystérieusement éclairé par on ne sait quelle clarté
195 22 | assise, la tête baissée, écoutant ce que disait François.~
196 3 | se pencha au dehors pour écouter… ; un bruit éloigné que
197 11 | infranchissable ceinture d’écueils à cette côte, les nuages,
198 4 | et de son aile fourchue effleura en passant la joue du jeune
199 22 | tenait à la main, il se mit à effleurer doucement la joue et le
200 22 | pleine, la bonne bête s’éloigna satisfaite, et Céline resta
201 3 | pour écouter… ; un bruit éloigné que lui seul pouvait percevoir
202 12 | fine silhouette sur le ciel embrasé, - et devant lui, l’abîme
203 33 | donc ? demande Martial, ému sans savoir pourquoi.~
204 10 | fait rêver, cet horizon encadré de lignes aimées, dont à
205 13 | craignant de rompre cet enchantement, et tout autour de lui,
206 1 | blanche, la route semblait endormie sous la clarté grise du
207 16 | et d’ajonc, percé à tout endroit par le roc de granit ; il
208 | enfin
209 17 | la chaleur, et semblaient engourdies dans leur bien-être ; la
210 16 | avait vu naître, les rochers énormes à demi recouverts de lierre,
211 15 | entre les yeux, et la brume enroulée comme un voile de tulle
212 11 | surface de l’onde dont il entendait le bruit sur les roches,
213 11 | nuits d’été la couvrait entière, tout était d’un blanc d’
214 15 | gazouillé qu’en sourdine, entonnèrent à pleine voix la chanson
215 27 | mouettes et les hirondelles l’entouraient de leurs cercles joyeux ;
216 5 | souvenir d’une fillette, entrevue et courtisée un peu, bien
217 1 | sabots dans la poussière épaisse et blanche, la route semblait
218 13 | en fleur, sur les touffes épaisses de la haute fougère, partout
219 28 | gracieusement posée sur l’épaule gauche et retenue en équilibre
220 47 | yeux sur Céline à cette époque et depuis il n’avait pas
221 5 | terminé son service et voulait épouser Céline, c’était bien simple.~
222 6 | rêvé deux ans n’est pas une épreuve indifférente : on peut être
223 28 | épaule gauche et retenue en équilibre par une longe de cuir serrée
224 36 | Qui donc es-tu ? dit Martial, suivant l’
225 5 | travers les distractions des escales, les tentations d’une vie
226 32 | cruche de lait l’avait-il essoufflée.~
227 14 | Est-ce le présage de ma destinée ?
228 2 | doux, prolongé, presque éteint, il vibra un instant dans
229 15 | chanson de l’aube ; le ciel étincela jusque dans ses replis de
230 | être
231 3 | Il s’accouda, rêveur, à l’étroite fenêtre et fixa les yeux
232 | eu
233 | eux
234 6 | était toujours la première éveillée au village, et s’en vantait
235 9 | Il marchait pensif, évoquant un à un mille souvenirs
236 19 | le sentier opposé qu’elle explorait à tout moment d’un oeil
237 19 | barrière, lorsqu’à l’autre extrémité du pré il vit apparaître
238 5 | les tentations d’une vie facile à terre, rude à bord, il
239 | faisait
240 7 | de joie et de tendresse familiale sur la chambre toujours
241 6 | présence des amis et de la famille un visage dont on a rêvé
242 17 | paresseuses, dans l’herbe jusqu’au fanon. Deux s’étaient couchées,
243 9 | inutile, et qui, suivant sa fantaisie, prenait la droite ou la
244 14 | au coeur superstitieux. Faut-il m’arrêter ici, renoncer
245 4 | gravier de la route, une forme féminine passa au bout des champs
246 7 | puis il ouvrit la porte, fermée au loquet seulement, et
247 29 | yeux bruns brillaient d’un feu contenu sous ses paupières
248 5 | la terre. Les marins sont fidèles, on ne sait pourquoi ; à
249 10 | en pleurer, dévoré par la fièvre, quand ses compagnons dormaient
250 | fin
251 12 | découpaient nettement leur fine silhouette sur le ciel embrasé, -
252 3 | à l’étroite fenêtre et fixa les yeux sur l’orient.~
253 44 | yeux merveilleux, pleins de flammes et peut-être de larmes !
254 18 | une cruche de cuivre au flanc rebondi ; mais, tout en
255 15 | replis de l’occident. Une flèche d’or vint frapper Martial
256 13 | les cimes des chardons en fleur, sur les touffes épaisses
257 7 | garni de cotonnade bleue à fleurs ; puis il ouvrit la porte,
258 13 | tout autour de lui, les flocons laiteux se massaient doucement
259 4 | gravier de la route, une forme féminine passa au bout des
260 11 | au-dessous, les rochers bruns qui forment une infranchissable ceinture
261 | fort
262 4 | de son nid et de son aile fourchue effleura en passant la joue
263 24 | approchant d’eux, posa son mufle frais et rose sur les genoux de
264 3 | lui seul pouvait percevoir frappa son oreille au bout d’un
265 15 | occident. Une flèche d’or vint frapper Martial entre les yeux,
266 1 | calme, si calme que rien ne frémissait encore ; les touffes d’herbe
267 2 | résonnèrent encore, puis rien… Un frisson presque insensible agita
268 47 | avait si magnifiquement fructifié.~
269 18 | faisait jaillir le lait fumant dans une cruche de cuivre
270 7 | nos campagnes permet aux galants d’aller courtiser les jeunes
271 5 | terre, rude à bord, il avait gardé le souvenir d’une fillette,
272 7 | les draperies du vieux lit garni de cotonnade bleue à fleurs ;
273 15 | les oiseaux, qui n’avaient gazouillé qu’en sourdine, entonnèrent
274 2 | distinguait à peine, se glissa entre les vapeurs grises
275 2 | débarrasser leurs mamelles gonflées de lait. Deux ou trois appels
276 28 | doute, la cruche de cuivre gracieusement posée sur l’épaule gauche
277 12 | nouvellement dévidée, comme la graine moelleuse du cotonnier.~
278 16 | tout endroit par le roc de granit ; il respira à pleins poumons
279 35 | dit-elle de sa voix riche et grave.~
280 4 | Un pas fit craquer le gravier de la route, une forme féminine
281 47 | quatorze ans, chétive et grêle, pas même adolescente, tout
282 50 | HENRY GRÉVILLE.~ ~
283 1 | immobiles sur le ciel d’un gris laiteux, et la route, sillonnée
284 2 | glissa entre les vapeurs grises du levant.~
285 18 | en surveillant ses doigts habiles, elle tournait souvent la
286 36 | dit Martial, suivant l’habitude du pays qui veut qu’on
287 5 | bleus de Céline avaient-ils hanté le marin jusque dans les
288 21 | première fois que François se hasardait à visiter la jolie trayeuse,
289 13 | les touffes épaisses de la haute fougère, partout où un obstacle
290 50 | HENRY GRÉVILLE.~ ~
291 4 | jeune homme. Il sourit à cet heureux présage.~
292 4 | voisins… En ce moment l’hirondelle qui nichait sous le toit
293 27 | partout ; les mouettes et les hirondelles l’entouraient de leurs cercles
294 26 | années, à la veillée en hiver, à l’heure de traire en
295 10 | avait tant fait rêver, cet horizon encadré de lignes aimées,
296 10 | Un grand buisson de houx lui barrait la vue, il le
297 9 | tête alors blonde, aujourd’hui brune, depuis qu’il courait
298 23 | aux genoux dans l’herbe humide et verte…~
299 | ici
300 1 | des toits se dressaient immobiles sur le ciel d’un gris laiteux,
301 18 | attendre quelque chose avec impatience. Martial s’arrêta pour la
302 27 | cercles joyeux ; mais que lui importait la joie de la nature, à
303 9 | sentier bizarre, presque impraticable pour tout autre qu’un homme
304 6 | être ridicule, produire une impression défavorable, et Martial
305 8 | atteintes par des lueurs d’incendie, le couchant seul se teintait
306 16 | argentines, les prairies inclinées, la falaise au sol ingrat
307 48 | soudain d’une joie nouvelle, inconnue.~
308 6 | ans n’est pas une épreuve indifférente : on peut être ridicule,
309 11 | rochers bruns qui forment une infranchissable ceinture d’écueils à cette
310 16 | inclinées, la falaise au sol ingrat recouvert de fougère et
311 5 | le souvenir de ce visage innocent, plutôt que de tant d’autres ?
312 48 | attendais, Aurore ? dit Martial, inondé soudain d’une joie nouvelle,
313 45 | avec une sorte de tendresse inquiète.~
314 14 | renoncer à tenter le sort, à interroger Céline ? Dois-je renoncer
315 9 | même persévérance toujours inutile, et qui, suivant sa fantaisie,
316 13 | distance : la coque était invisible ; seule, la voile blanche
317 26 | pensa-t-il amèrement ; qu’irais-je maintenant chercher auprès
318 16 | qui sentent le miel, et ivre de jeunesse et de vie, il
319 18 | petit banc, elle faisait jaillir le lait fumant dans une
320 7 | donc de sa chambrette, il jeta un coup d’oeil plein de
321 47 | il n’avait pas encore jeté les yeux sur Céline à cette
322 16 | sentent le miel, et ivre de jeunesse et de vie, il agita en l’
323 29 | longs cils baissés ; ses joues roses rougirent encore sous
324 9 | de son enfance. Bien des jours et bien des nuits avaient
325 11 | on ne sait quelle clarté joyeuse.~
326 19 | coeur du jeune homme battit joyeusement. Le savait-elle revenu ?
327 27 | entouraient de leurs cercles joyeux ; mais que lui importait
328 2 | pâturages cette clémente nuit de juin, appelaient les trayeuses
329 5 | de tant d’autres ? C’est justement parce que l’amour est si
330 26 | temps de nous faire aimer là-bas, dans nos voyages, et au
331 15 | oreilles du jeune homme ; un lacis de diamants liquides couvrit
332 23 | Celui-ci laissa tomber sa baguette ; doucement,
333 17 | la troisième, debout, se laissait patiemment traire par les
334 1 | de la veille qui avaient laissé la trace des roues et des
335 9 | paraissait autrefois si large et si beau ! Maintenant
336 44 | flammes et peut-être de larmes ! mais elle regardait la
337 28 | dans la main droite. Il se leva pour lui faire un passage,
338 16 | énormes à demi recouverts de lierre, l’orifice de la vallée
339 10 | cet horizon encadré de lignes aimées, dont à l’autre bout
340 2 | vibra un instant dans l’air limpide, puis le silence recommença,
341 15 | homme ; un lacis de diamants liquides couvrit tout autour de lui
342 | loin
343 26 | faire aimer ! Il a eu le loisir pendant ces deux années,
344 8 | de Céline, et ce chemin longeait la crête de la falaise.~
345 29 | contenu sous ses paupières aux longs cils baissés ; ses joues
346 7 | ouvrit la porte, fermée au loquet seulement, et sortit de
347 5 | courtisée un peu, bien peu, lors de son dernier congé. Pourquoi
348 | lorsqu
349 29 | Elle était brune ; ses lourds cheveux repoussaient le
350 2 | le chaume, et une faible lueur rosée, si faible qu’on la
351 15 | couvrit tout autour de lui et lui-même.~
352 | ma
353 47 | une âme, où elle avait si magnifiquement fructifié.~
354 17 | patiemment traire par les mains attentives de la paysanne.~
355 7 | seulement, et sortit de la maison paternelle.~
356 2 | vint mourir aux premières maisons du village ; doux, prolongé,
357 2 | trayeuses à débarrasser leurs mamelles gonflées de lait. Deux ou
358 9 | Il marchait pensif, évoquant un à un
359 5 | autour de la terre. Les marins sont fidèles, on ne sait
360 13 | les flocons laiteux se massaient doucement sur les cimes
361 7 | jeunes filles à cette heure matinale ; Martial descendit donc
362 26 | ont tort ! L’absence est mauvaise ; nous n’avons pas le temps
363 | me
364 27 | falaise, triste et presque méchant, car son coeur était plein
365 16 | pleins poumons l’odeur des menthes sauvages, celle des bruyères
366 5 | le marin jusque dans les mers du Sud ? Pourquoi avait-il
367 44 | donné pour revoir ces yeux merveilleux, pleins de flammes et peut-être
368 17 | Céline allait traire était à mi-côte, les rayons du soleil levant
369 18 | souvent la tête vers le midi et semblait attendre quelque
370 16 | bruyères qui sentent le miel, et ivre de jeunesse et
371 9 | pensif, évoquant un à un mille souvenirs de son enfance.
372 22 | tenait à la main, il se mit à effleurer doucement la
373 12 | dévidée, comme la graine moelleuse du cotonnier.~
374 | mon
375 50 | Sans mot dire, brûlé soudain au coeur
376 22 | ils échangèrent quelques mots, puis d’une branche qu’il
377 27 | autour de lui, partout ; les mouettes et les hirondelles l’entouraient
378 2 | éleva des prairies et vint mourir aux premières maisons du
379 3 | rosiers-noisettes, parure de la muraille grise, qui caressaient son
380 11 | demi opaque et pourtant mystérieusement éclairé par on ne sait quelle
381 6 | et s’en vantait avec un naïf orgueil.~
382 16 | cher pays qui l’avait vu naître, les rochers énormes à demi
383 16 | saluant ainsi la terre natale, puis il tourna rapidement
384 5 | il avait encore une fois navigué autour de la terre. Les
385 12 | les arbres découpaient nettement leur fine silhouette sur
386 4 | moment l’hirondelle qui nichait sous le toit de Martial
387 4 | de Martial sortit de son nid et de son aile fourchue
388 2 | avant l’aube qu’au plus noir des ténèbres. Un son semblable,
389 15 | en alla doucement vers le nord, sur la mer qui devenait
390 10 | terre il avait ressenti la nostalgie jusqu’à en pleurer, dévoré
391 | nouvelle
392 12 | doux à l’oeil comme la soie nouvellement dévidée, comme la graine
393 23 | qui dominait le coteau, noyés jusqu’aux genoux dans l’
394 8 | colorait de tons plus vifs ; la nuance des nuages, tout à l’heure
395 13 | haute fougère, partout où un obstacle les arrêtait un instant.~
396 15 | jusque dans ses replis de l’occident. Une flèche d’or vint frapper
397 16 | respira à pleins poumons l’odeur des menthes sauvages, celle
398 28 | comme on regarde une belle oeuvre de la nature.~
399 15 | mer, et tout à coup les oiseaux, qui n’avaient gazouillé
400 11 | tout était d’un blanc d’opale ; le bord de la falaise
401 11 | était d’un blanc à demi opaque et pourtant mystérieusement
402 19 | pas, c’était le sentier opposé qu’elle explorait à tout
403 15 | l’occident. Une flèche d’or vint frapper Martial entre
404 3 | pouvait percevoir frappa son oreille au bout d’un moment : c’
405 15 | retentissant arriva désormais aux oreilles du jeune homme ; un lacis
406 6 | en vantait avec un naïf orgueil.~
407 16 | recouverts de lierre, l’orifice de la vallée où courait
408 13 | celle du ciel ; Martial n’osait remuer, craignant de rompre
409 41 | âge as-tu ? demanda-t-il, oubliant soudain son amertume et
410 26 | filles ont celui de nous oublier… La brume était un présage,
411 7 | sur la chambre toujours ouverte où les parents déjà vieux
412 7 | parents déjà vieux reposaient paisiblement côté à côte sous les draperies
413 6 | Martial craignait le ridicule par-dessus tout. Mais Céline allait
414 9 | la tombée de la nuit, lui paraissait autrefois si large et si
415 | parce
416 7 | toujours ouverte où les parents déjà vieux reposaient paisiblement
417 17 | les trois belles vaches paresseuses, dans l’herbe jusqu’au fanon.
418 23 | sa baguette ; doucement, parlant toujours, mais très bas,
419 47 | avait pas pensé à cette parole, semence perdue pour lui,
420 3 | travers des rosiers-noisettes, parure de la muraille grise, qui
421 28 | se leva pour lui faire un passage, car le sentier était étroit,
422 8 | le chemin de la vallée où passait le bétail de Céline, et
423 4 | aile fourchue effleura en passant la joue du jeune homme.
424 6 | était elle qui venait de passer, car elle était toujours
425 7 | et sortit de la maison paternelle.~
426 17 | troisième, debout, se laissait patiemment traire par les mains attentives
427 2 | qui avaient passé dans les pâturages cette clémente nuit de juin,
428 29 | un feu contenu sous ses paupières aux longs cils baissés ;
429 17 | les mains attentives de la paysanne.~
430 3 | caressaient son visage, il se pencha au dehors pour écouter… ;
431 22 | et le col qu’elle tenait penchés. Elle se défendait en riant,
432 16 | rapidement le promontoire et pénétra dans le vallon.~
433 15 | Un rayon doré, pénétrant entre deux couches de vapeurs,
434 26 | Trop tard ! pensa-t-il amèrement ; qu’irais-je
435 47 | et depuis il n’avait pas pensé à cette parole, semence
436 9 | Il marchait pensif, évoquant un à un mille
437 11 | le bord de la falaise en pente rapide, à trois cents pieds
438 16 | recouvert de fougère et d’ajonc, percé à tout endroit par le roc
439 3 | éloigné que lui seul pouvait percevoir frappa son oreille au bout
440 47 | à cette parole, semence perdue pour lui, tombée dans une
441 7 | L’usage de nos campagnes permet aux galants d’aller courtiser
442 9 | cinquante ans avec la même persévérance toujours inutile, et qui,
443 | peut
444 11 | pente rapide, à trois cents pieds au-dessous, les rochers
445 5 | Pourquoi avait-il rapporté pieusement le souvenir de ce visage
446 10 | la nostalgie jusqu’à en pleurer, dévoré par la fièvre, quand
447 5 | souvenir de ce visage innocent, plutôt que de tant d’autres ? C’
448 32 | tremblante - peut-être le poids de la cruche de lait l’avait-il
449 35 | Vous m’avez portée dans vos bras quand j’étais
450 24 | vache, s’approchant d’eux, posa son mufle frais et rose
451 28 | de cuivre gracieusement posée sur l’épaule gauche et retenue
452 16 | granit ; il respira à pleins poumons l’odeur des menthes sauvages,
453 11 | un blanc à demi opaque et pourtant mystérieusement éclairé
454 15 | onde, sur les collines ; poussée par un souffle insensible,
455 1 | roues et des sabots dans la poussière épaisse et blanche, la route
456 19 | lorsqu’à l’autre extrémité du pré il vit apparaître un autre
457 2 | silence de la nature qui précède le réveil, plus profond
458 9 | du pays, était la route préférée de Martial, celle qui menait
459 2 | mais plus fort, répondit au premier dans le lointain : les vaches
460 9 | qui, suivant sa fantaisie, prenait la droite ou la gauche,
461 | près
462 6 | était pas sûr. Revoir en présence des amis et de la famille
463 8 | roses de Bengale, était à présent celle des roses du roi ;
464 19 | pour elle ? Il le crut, et, pressant le pas, il allait atteindre
465 6 | on peut être ridicule, produire une impression défavorable,
466 2 | précède le réveil, plus profond avant l’aube qu’au plus
467 16 | un instant avec une joie profonde et recueillie le cher pays
468 2 | maisons du village ; doux, prolongé, presque éteint, il vibra
469 19 | souvenait-elle qu’il avait promis de revenir, et revenir pour
470 16 | il tourna rapidement le promontoire et pénétra dans le vallon.~
471 47 | jour, à cette fillette de quatorze ans, chétive et grêle, pas
472 | Quel
473 | quelle
474 | quelque
475 | quelques
476 20 | bien : celui-là n’avait pas quitté le village ; que venait-il
477 21 | abaissa pour ne plus le quitter sur le lait qui coulait
478 9 | courait dans le sentier raboteux qui menait à la mer ; ce
479 49 | Elle répéta oui, très bas, rajusta la longe de cuir dans sa
480 22 | peu à peu ses doigts se ralentirent ; la cruche était pleine,
481 28 | rapide : mais la jeune fille ralentit le pas en s’approchant de
482 16 | terre natale, puis il tourna rapidement le promontoire et pénétra
483 5 | Sud ? Pourquoi avait-il rapporté pieusement le souvenir de
484 18 | cruche de cuivre au flanc rebondi ; mais, tout en surveillant
485 17 | rayons du soleil levant réchauffaient les trois belles vaches
486 20 | un ami d’enfance, il le reconnaissait bien : celui-là n’avait
487 16 | la falaise au sol ingrat recouvert de fougère et d’ajonc, percé
488 16 | les rochers énormes à demi recouverts de lierre, l’orifice de
489 16 | avec une joie profonde et recueillie le cher pays qui l’avait
490 8 | se teintait à peine des reflets de l’orient. Martial prit
491 44 | peut-être de larmes ! mais elle regardait la terre.~
492 28 | Il la regarda comme on regarde une belle oeuvre de la nature.~
493 18 | Martial s’arrêta pour la regarder.~
494 13 | du ciel ; Martial n’osait remuer, craignant de rompre cet
495 49 | Elle répéta oui, très bas, rajusta la
496 45 | Tu m’as reconnu, répéta-t-il, avec une sorte de tendresse
497 15 | étincela jusque dans ses replis de l’occident. Une flèche
498 2 | semblable, mais plus fort, répondit au premier dans le lointain :
499 7 | où les parents déjà vieux reposaient paisiblement côté à côte
500 29 | brune ; ses lourds cheveux repoussaient le petit bonnet qui voulait
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