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Albert Besnard
Annecy

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  • III LA MONTAGNE ET SES HABITANTS
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III
LA MONTAGNE ET SES HABITANTS



C’EST le matin. Le soleil à pleins rayons achève de dévorer le sommet des montagnes. A leurs pieds le lac, sous les caresses de la brise matinale qui ride son glauque manteau, semble sourire ; tandis qu’aux flancs des collines émaillées de rose, les combes s’accusent comme des plis de draperies. Toute forme trouve sa lumière, toute harmonie invente son rythme.

Comme chaque année, je salue ces sommets. Leur ligne sans brusqueries entraîne mes regards vers cet infini impalpable où elle semble se dissoudre. Comme chaque année à pareille époque, dévêtus de leur manteau d’hiver, ils se teintent d’azur à la naissance du jour et s’enflamment aux approches de la nuit. Tisons géants, matériaux fabuleux, instruments puissants dans cette féerie que chaque jour réalise, pour notre joie et parfois pour notre secrète douleur, le Divin metteur en scène que chacun de nous invoque à toute heure, au milieu des sourires ou des larmes, debout ou prosterné. Voilà la Tournette, petite soeur du mont Blanc. Puis le Parmelan, citadelle prodigieuse aux flancs onduleux : sa tour principale semble s’avancer pour protéger la ville d’Annecy. Depuis combien de milliers d’années projette-t-elle sur le territoire de l’antique Boutæ l’élan de ses élégantes murailles ? L’antique Boutæ ! nom étrange, donné à la ville d’Annecy naissante, dont il semble que nul n’a pu pénétrer le sens ou la provenance.

Il est des gens qui détestent la montagne parce qu’ils ne comprennent et n’admirent dans la nature que ce qui est à leur portée immédiate. Je pense en ce moment à un ami, lequel, comme Tarquin l’Ancien, quand il est dans un champ, fauche de sa canne les plus hautes tiges. Cet homme, mon ami, était un sabreur d’idéal. Il détestait les trajets vers le ciel. Cette route lui était fermée. D’ailleurs, il proclamait avec une certaine suffisance qu’il faisait partie du bataillon des gens simples, lesquels ne sont, comme vous le savez, que les gens privés d’imagination. Ils vous diront, par exemple, qu’ils préfèrent en peinture une assiette de pommes peintes par un de nos plus illustres essayistes au plafond de la Sixtine. Mirbeau, ce rouquin fougueux, qui répandait autour de lui, d’un geste égal, la bonne et la mauvaise parole, était de cet avis. Il encouragea tant de gens à ne rien penser en fait d’art, qu’il en abaissa le niveau. L’art ne se fait pas, comme dans la chanson, sans qu’on y pense. L’art est plus qu’une foi, c’est une volupté ; et nous ne pouvons pas plus nous passer de celle-là que des autres… Donc, pour en finir avec mon ami, il aimait en art les petites joies ; son imagination se contentait de peu. Un brin d’herbe entre deux pierres lui suffisait, et il se gardait bien d’amplifier leur rôle. Un site sauvage ou gracieux l’humiliait, l’intimidait. Lorsque nous nous promenions par les routes de Talloires, j’observais toujours que cet ami ne portait jamais les yeux plus haut que le sommet des tas de cailloux. Et comme pour compléter sa pensée ou la commenter, ou pour aller au-devant de mon mépris, il ne manquait jamais, désignant du regard nos montagnes, de déclarer que tout ce luxe de saillies et de retraits (la variété de la montagne est difficile à peindre) tous ces contrastes entre les pics ensoleillés et les pins au feuillage sombre, lui faisaient l’effet de décors pour petits théâtres. Puis, subitement, s’élevant d’un coup d’aile, il s’écriait d’une voix sonore : « Que voulez-vous, cher ami ? J’aime la mer ! Je ne me lasse jamais de regarder la mer ! On y voit tout ce que l’on veut ! » Puis, ses bras formaient alors un grand rond ; il élargissait exagérément son geste, ce qui donnait à supposer que le grand, le sublime, rejoignaient dans sa pensée le monstrueux. Cela le sauvait. Il n’avait plus rien à dire. Seulement on voyait très bien que dans tout ceci se glissait une bonne part d’égoïsme, en grande partie à son admiration pour les idées toutes faites. Combien sont comme lui, et ne conçoivent le beau que dans l’exagéré !

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Serait-ce excéder les bornes de la poésie que de dire que les montagnes ressemblent aux femmes ? Comme celles-ci, ne se servent-elles pas de tout ce qui peut les embellir ? Les feux de l’aurore, les brouillards du matin, le plein soleil, qui leur fait des ombres dont la transparence modèle leurs traits sans les durcir ; enfin, le soleil couchant, qui les allume comme des torches. Les nuages, produits de l’atmosphère, viennent comme des joyaux de lumière se poser ici et là sur leurs flancs. Voilà pour le jour. La nuit met à leur service des artifices bien autrement attrayants. La lune en passant, molle et bercée, leur fait l’hommage de sa pâleur et sème de-ci de-là des gouttes de lumière : diamants et perles, reflets des cascades. Les montagnes utilisent jusqu’à l’ombre ; elles s’en drapent avec infiniment de goût, tantôt largement, tantôt discrètement. Mais les parures qu’elles affectionnent pour la nuit, c’est l’envol des nuages d’or ou d’argent qui se teintent de rose ou d’or pâle, selon l’indication très fantaisiste de leur souveraine, la Lune.

La lune n’est pas toujours si pâle qu’on veut bien le dire : c’est une réputation qu’on lui a faite. Elle aussi, comme une vraie femme, se livre à toutes les fantaisies du maquillage ; c’est que, retenez-le bien, si le soleil est un maître coloriste, la lune est la maîtresse sublime des harmonies.

Comme aux Vénitiennes du XVIIIe siècle, ne voyons-nous pas fréquemment sur son visage un masque bien noir, derrière lequel on dirait qu’elle se consume, tant l’éclat de son foyer caché rayonne sur les sommets d’alentour ? Puis, par les belles nuits d’été, toujours en glissant, elle s’achemine vers l’aurore, qui, charitablement, lui jette en passant, pour l’aider à disparaître, un voile fait de toutes jeunes nuées prêtes à se confondre avec les premiers rayons du jour.

Oui, les montagnes sont comme les femmes. Et si, d’après elles, quelques-uns de nous conçoivent l’idée de faire un chef-doeuvre, qu’ils prennent bien garde de ne les peindre que s’ils se sentent sur le point d’en devenir amoureux. Il faut de la passion pour cela ! sinon, ils n’obtiendront rien d’elles. Pour plus de sûreté, je conseillerai à ceux qui ne les aiment qu’avec leur raison, d’aller voir les tableaux des sublimes primitifs ; ils pourront à leur aise admirer le tact nuancé dont ont fait preuve ces grands amants de la nature qui, si noblement, mais si sagement, groupaient au fond de l’horizon, parfois au-dessus des nuées, l’altier élan de leurs montagnes.

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La variété des éléments ne forme pas la seule parure que les montagnes empruntent aux aspects de l’univers. L’homme y participe par le choix des lieux où il établi ses demeures, soit à leurs pieds, soit sur leurs pieds, soit sur leurs genoux et leurs épaules ; allant enfin jusqu’à escalader leur tête. Il n’est jusqu’aux troupeaux, qui ne semblent à distance un manteau mouvant. Ils ajoutent un geste à tous ceux que suggère la nature, laquelle, sous son air majestueux et parfois morose, n’est qu’une grande agitée.

On aurait pu croire que jusqu’ici, dans cette belle Savoie, l’intrépide visiteur de ses beautés aériennes se serait plu à les gravir sans tenter d’y introduire le confortable (eau chaude, eau froide, bain à volonté, etc… - coût : cent francs par jour). Aucune roue, semblait-il, ne saurait mordre sur ces pentes abruptes où les sentiers, naguère, étaient à peine tracés. Nulle possibilité de virer sur place, au cas où l’on se serait trompé de route. Quant à la descente, pour l’effectuer en voiture, il apparaissait que seule une âme préparée pour le danger était capable, à chaque tour de roue, de résister à la vision affreuse d’une descente fatale au fond de la vallée.

Cette crainte n’existe plus. L’homme a dépensé pour son éducation une si belle dose de logique, que, peu à peu, il perd le sens du danger. Il arrivera peut-être même à ne plus rien craindre ; mais aussi peut-être, à ne plus rien aimer. Le danger est un attrait pour qui le comprend. Et sommes-nous bien sûrs qu’en rendant notre âme impassible, nous ne supprimerons pas notre valeur morale ? Nous ne reconnaîtrons le danger qu’à la manière des rats ou des singes, que le moindre bruit met en fuite. Est-ce que cela ajoutera au goût de la vie ? Le danger est une volupté qu’elle nous offre, et à laquelle bon nombre de nous ne résistent pas. Par quoi la remplacera-t-on ? Par des cars, pour lesquels on a fait des routes jusque dans la Maurienne et la Tarentaise. Cela clôt toute discussion.

C’est que ce sont de rudes montagnes que cette Maurienne et cette Tarentaise. Semblables aux personnages des grands plafonds italiens, où le sol, en se renversant vers le ciel, semble fuir, eux, les habitants de cette contrée dévalante, dressés à vivre à même l’espace, ne peuvent voir le danger où nous le voyons, nous, gens de plain-pied. Que ce danger soit sur leur tête ou sous leurs pieds, qu’importe à ces braves habitués à tenir tête aux cyclones. Ils sont résignés à l’envisager du jour où ils s’éloignent des bras maternels. Ils ne sont prudents que pour leurs troupeaux, leur donnant asile dans leur maison pendant l’hiver. Enfermés avec eux comme dans une étable, ils forment comme une famille, endormie dans la chaleur d’un même foyer. Enveloppés d’un même silence, un souffle commun scande la fuite des heures.

Mais, dehors ? Ah : dehors, sous un firmament glacé, l’herbe seule s’émeut des caresses du vent qui parcourt les sommets sous le froid regard de la lune. C’est son affaire.

Eh bien, c’est parmi ces singuliers habitants que se promèneront les absurdes cars, véhicules terrestres, dont les habitants d’occasion, vidés de toute imagination capable d’en faire les spectateurs dignes des beautés qu’ils parcourent, à moitié engourdis, passent la revue d’un des plus beaux spectacles de la nature.

Nos campagnes auront-elles le même sort ? Elles agonisent de la trop grande fréquence sur nos routes de ces lourdes voitures automobiles ; de ces cars larges comme des wagons. (Serait-ce par prudence que nous leur donnons un nom anglais ?) Il s’agirait de protéger nos délicieux villages. Mais il faut à ces monstres des routes assez larges pour circuler librement. On élargit donc, et, pour élargir, on détruit, on démolit des chalets, de vieilles gentilhommières, de petits manoirs, de mignonnes villas anciennes, accueillantes avec leurs murailles savamment patinées par le Temps, ce vieux migrateur barbu comme Harpignies, qui combine si bien les paysages. Ainsi les précieux villages disparaîtront-ils à leur tour, en attendant la faillite des cathédrales, que l’on entoure de squares au milieu desquels elles prennent des airs de grandes filles sans emploi, abandonnées par leurs parents.

Touristes qui aimez la maison savoyarde qu’abrite sur les confins de la plaine un grand noyer ; les lavoirs en plein air où bouillonne le linge joyeux ; les petites églises et les presbytères encore un peu gothiques, venez les saluer au plus vite et leur dire adieu, car ils ne tarderont pas à disparaître. Les gens ne se doutent pas que démolir des maisons c’est toucher à l’histoire d’un pays, peut-être à sa santé. Dût-on être obligé de restaurer un de ces jolis monuments qui se dressent si discrètement parfois au milieu d’une pelouse, à l’entrée de quelque douce ville de province, il ne faudrait le faire qu’avec d’infinies précautions : comme, dans les musées on refait un nez à une statue antique. Et encore ces restaurations sont-elles si périlleuses que les archéologues vraiment épris d’art ont renoncé à en assumer la responsabilité.

Notre secrète passion est d’égaler l’Amérique. On a inventé par toute la terre mille prétextes pour supprimer ce qui faisait le charme de certaines villes fameuses par leur précieux oubli du confortable, et que, précisément, leur modestie désignait comme refuge à nos rêveries. Sans doute, nous n’avons pas supprimé leurs murailles, mais nous les avons, comment dirai-je ? dévêtues, refaites en partie, pour mieux les machiner. On les a forcées à des attitudes qui ne sont pas les leurs. En supprimant ceci, en ajoutant cela, on les a changées. Comment ose-t-on les visiter encore ? Comment se trouve-t-il des gens pour supporter une Venise bientôt sans gondoles, et qu’on songe à doter d’un métro ? Rome se meurt en s’embellissant. On sait que les marais Pontins ont chassé leurs moustiques ; qu’enfin la Campagne romaine, qui devait un peu à la crainte de la fièvre l’austère mélancolie qu’on y goûtait, livre maintenant son sol désertique à la foule des badauds ; ils en reviennent sains et saufs, mais désillusionnés. Constantinople sans ses bachi-bouzouks n’est plus qu’un décor sans acteurs, une toile de fond que ne longe plus aucun figurant. Athènes voit son Acropole rongée par les maisons neuves. Rien ne reste du charme d’antan. Rien, vous dis-je, ne subsiste de notre autrefois splendide. Jusqu’à Naples qui se nettoie ; le Vésuve lui-même fume trop : « il fume gros », me dit-on. Il veut faire de son mieux, vaincu, sans doute, par les clameurs des touristes qui, avides d’émotions, exigent un funiculaire confortable pour l’aller voir de près. Seulement, qu’on y prenne garde : les volcans se vengent à leur façon. Le danger qu’il recèle en ses flancs pourrait bien, un jour, le délivrer, et pour longtemps, des organisateurs de grands spectacles et des accommodeurs de grandes routes ; on tentera certainement un jour de faire de lui « quelque chose » : un belvédère, un casino, qui sait ? peut-être un hôtel à quatre cent francs par jour, y compris l’éruption

Voici pour les grandes villes, qui, jusqu’à ce jour, ont mérité les hommages du monde entier. Quant à leurs habitants, ils ont l’air de domestiques d’hôtel ou de sportsmen. Ils portent le nez plus ou moins long, selon le pays. L’Orient, jadis superbe, n’est plus habité que par des comparses ; il ne reste plus rien de ces Turcs superbes, qui sont la légende de notre enfance. Les Bretons (et tous les autres) ne se costument plus : ils s’habillent ; et comment ! Sans leurs magnifiques yeux bleus ou gris et leur port de reine, leurs femmes ressembleraient aux quelconques ouvrières de Paris. Je peine peut-être les amoureux du progrès ; mais les artistes, qui ont pour principale fonction de regarder, et que cette fonction passionne, ont bien le droit de dire une fois ce qu’ils pensent de la transformation qui s’opère dans le décor du monde, dont ils ont la vanité de se croire les gardiens.

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La montagne n’est pas la seule beauté de la Savoie. Il y a les villages et leurs maisons, qui pour être moins connues et moins étudiées que les maisons antiques, les égalent, du moins, par la beauté de leurs toits. Je ne veux pas faire ici un cours d’architecture ; mais la proportion de ces toits, qui retombent sur les murs de l’habitation comme des manteaux de tuiles brunes, est une trouvaille de génie. Si on les mesurait, si on raisonnait leurs pentes et leurs sommets, ils pourraient servir de leçon à plus d’un constructeur de villas. Voilà encore une chose à révéler avant de la détruire. Ne détruisons donc plus rien. Conservons avec soin des sujets de comparaison, non pour imiter les modèles du passé, mais pour perfectionner les nôtres. Faisons vite, par exemple, car on démolit ferme en ce moment. La banlieue qu’on nous construit autour de Paris n’est-elle pas hideuse avec ses toits rouges sur des murs jaunes ? Et les proportions de ces murs ? et le sens du groupement de tous ces nids de misère, qui font penser à un pénitencier ! Quel ennemi du travailleur des villes a donc pu les imaginer ? Rien pour la joie des yeux. Rien pour remonter le moral de l’ouvrier pauvre, qu’on a jeté là, comme on jette un tas de détritus encombrant de notre vie malsaine. Exemple à fuir.

Le Savoyard, lui, a une vraie maison. Elle est un abri, dans toute la force du mot ; elle est plus : c’est une patrie. Sans erreur de proportions, sans faute d’architecture, elle annonce le paysan dont elle protège l’outillage. A l’aide des instruments qu’elle abrite il fouille le sol et récolte son blé. Sa maison est le sommaire de sa vie. Elle n’a pas la gaieté des façades provençales où se suspendent en festons des pelures d’oranges ou des guirlandes de tomates. On n’y chante pas : on y médite ; peut-être sur la grande nourricière capricieuse et cruelle qui travaille sous nos pieds : la terre, dont les spéculations secrètes peuvent enrichir ou ruiner.

Nous ne pouvons nous défendre d’être comiques en louant outre mesure la royauté de ce soleil, qui, en été, tarit les sources, alors qu’il les faudrait abondantes, et, de ce fait, pousse les bestiaux à l’abattoir, alors que les pluies diluviennes entraînent les semences au ruisseau. Le même Phoebus, qui nous enchante, accable le cultivateur de plus de soucis qu’il n’a de rayons. C’est pour cela que ce cultivateur nous méprise un peu, comme des enfants trop jeunes pour leur âge.

Environné de montagnes, le paysan savoyard est nécessairement un solitaire. Bien qu’intéressé, comme tous les paysans, il est rêveur, très humain. Il connaît le prix de la vie. Ce n’est pas lui qui dirait tout naturellement, comme certaine paysanne de la Brie : « Mon Charles ? il est à Paris, chez un boucher. Que voulez-vous, il aime tuer, cet enfant. »

Je ne sais trop pour quelle raison presque tous les enfants savoyards sont beaux et blonds. Blonds avec abondance. Ils se développent volontiers en hauteur. Cette persistance de la ligne montante leur confère une élégance qui flatte l’oeil en l’étonnant. Ne vous est-il jamais venu à l’idée que les lignes des paysages d’une contrée, de même que l’atmosphère d’un pays, influent sur la formation physique et morale de l’indigène ? Dans ce pays de plans allongés, qui se relèvent pour former des montagnes, il n’y a presque point d’hommes trapus.

Je ne puis croire à la persistance en Savoie d’une race exclusivement italienne, car, dans un moyen âge, assez reculé, il est vrai, les Maures les plus basanés l’ont occupée. D’où vient donc cette persistance de la chevelure blonde ? de chez nous ? Aurions-nous donc si bien travaillé depuis 1859 ?




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