VII
LE bourg des Moustiers, mieux que
Bourgneuf pourtant plus avancé dans le sud, donne l’avant-goût de ces villages
vendéens blancs et roses, aux toits serrés autour d’un petit clocher ancien à
flèche d’ardoise. La place, devant l’église, agrandie exagérément aux dépens de
la cure, à seule fin d’assurer le triomphe des principes républicains, conserve
encore - pour combien de temps ? - un caractère puéril et noble grâce à ses
arbres et aux façades endimanchées. Un beau retable du XVIIe siècle, animé,
bistourné, colorié, dans la manière de ceux que l’on voit si fréquemment en Bretagne, - Lampaul,
Guimiliau, Saint-Thégonec, - illustre richement l’abside de l’église sous une
voûte bleue semée d’étoiles.
Mais le chef-d’oeuvre des bourgs maraîchins est Bouin, disposé en oasis sur le
marais, avec ses clochetons qui montrent les cornes par-dessus un bouquet de
charmes.
Pour mettre de l’ordre dans le circuit, prenons la route où nous l’avons
laissée à la sortie de Bourgneuf, dans son banc d’huîtres fossiles. Elle court
vers Bouin, puis vers Beauvoir-sur-Mer d’un trait à peu près droit, soulignant
le littoral à deux ou trois kilomètres d’intervalle, sans d’ailleurs qu’on
puisse le soupçonner. La mer, dans ce polder saumâtre, à peine arraché aux
entrailles de l’Océan et encore tout engluée de ses vases, est toujours
imprévue. On marche
à son niveau, plus bas les jours d’équinoxe, derrière des digues qui
contiennent malaisément son humeur. On la sent, on la respire, on la voit dans
le sel, le nuage, la mouette, l’anguille, dans ces crabes avides qui hantent
les étiers gras, et on ne peut la saisir, vrai jeu de colin-maillard. Puis un
écart vous la découvre soudain, immense, d’un bloc, telle qu’elle vit au fond
de la baie, livide, souillée, hachée de vagues courtes, ce clapotis sombre en
accent circonflexe que les Hollandais ont peint, autour de leurs barques à
livarde, avec tant d’exactitude.
A Beauvoir deux chemins, l’un tournant vers l’île de Noirmoutier, que l’on peut
atteindre, à mer basse, par le passage du Gois, l’autre poursuivant du côté de
Fromentine où commencent les sables du pays de Monts, maintenus par la pinède
jusqu’aux approches de Croix-de-Vie. Une marge de verdure borde désormais la
côte, simple trait coloré, tracé par la baguette des forestiers pour assigner sa
limite à l’Océan qui, libéré de l’enclave de la baie, est redevenu l’Atlantique
glauque, chassé de l’ouest sans répit, houle après houle. La route passe sur le
front des pins avec tant d’autorité que pas un seul ne songe à sortir du rang.
Ils demeurent chez eux, à droite, dans les dunes. Le marais s’étend à gauche,
mais moins dépouillé depuis la
Barre-de-Monts où vibrent les premiers peupliers blancs.
L’écran des bois propage un calme bienfaisant. Favorisé par l’eau du sol, la
végétation repart en couche épaisse, d’un vert suintant. Des petits ponts en
dos d’âne franchissent les douves et, du haut de leur échine, l’oeil saisit au
vol le scintillement clair des innombrables canaux. Discrète, à demi
enfuie, la maison, qui porte le nom de bourrine, est peu visible. Les maçons la
bâtissent avec cette terre du marais, pâteuse comme la glaise, grise comme la
cendre, féconde comme l’engrais, qui ne cède qu’à la fré, pelle étroite et
longue, semblable à une curette. On passe les murs au lait de chaux. On ouvre une porte, une lucarne. On
coiffe le tout d’un chaume compact qui tombe à moins de deux mètres du sol et
on plante un rosier près du seuil.
Il faut descendre par Notre-Dame-de-Monts, Saint-Jean-de-Monts, jusqu’au Pissot
pour remonter vers Bouin par la belle route du Perrier, amorcée entre deux
haies de peupliers splendides qui rafraîchissent l’atmosphère, brisent le
soleil et concentrent en même temps, à cette croisée de chemins chargée de
foins engrangés, une odeur chaude comme à l’aisselle d’une blonde. Les rouliers
boivent au tournebride, la paille jonche le sol, des régiments de poules
barrent la route. Même l’été les roseaux et les aulnes éclatent de verdure. Au
second pas dans la prairie l’eau poisse aux semelles, vous happe. Il
semble, à s’enfoncer dans les champs, que la terre flotte et va sombrer. Elle
sombre. Voici l’hiver. Le marais n’est plus qu’une nappe froide anéantie sous
la foulée sans fin des escadrons du suroit.
Jusqu’à Saint-Gervais, seul point de la contrée où l’écorce terrestre fait le
gros dos le temps d’offrir une vue cavalière du polder, le charme mélancolique
n’est point rompu. En
traversant le Perrier, Sallertaine, Saint-Urbain, on retrouve, sur les
clochers, le chaperon d’ardoises pointu, la maison à croupeton sommée d’une
cheminée imposante comme un grenadier de son bonnet à poil, les villages en
choux-crème qu’on mangerait, les barges de paille carapaçonnées de tresses, les
mulons de sel et les tas de bousas séchés qui remplacent le bois sous le
trépied. La propreté vendéenne est merveille ! Chaque jour est fête pour
la bourrine. Modeste mais non pas misérable, très près de la vie primitive,
simple, rude, elle a toujours l’air de revenir de la lessive. C’est une tradition de blanchir au moins une
fois l’an ou de passer des enduits légers, roses, gris ou jaunes, sur le crépi.
Les volets sont nets, les briques peintes et les tuiles d’un ton unique,
tendre, languide, un ton de géranium amenuisé jusqu’à l’insaisissable par le
soleil et les brouillards.
La rue des Salorges, à la sortie de Bouin, avec ses maisonnettes toutes
semblables, toutes coloriées, toutes appétissantes est le modèle du genre. Le
coeur pâme dans cette imagerie et vous éprouvez soudain une grosse envie de
vous arrêter, d’entrer dans une de ces demeures, de vous asseoir entre la huche
et le vaisselier et de ne plus jamais repartir. La terre battue est molle aux
pieds, les solives fumées consolantes, le lit profond. Ah ! que vous allez bien
dormir ! Vous écoutez ? Le silence… Vous regardez ! Un rayon meurt, une fleur
penche, l’âtre soupire… Comme la vie est loin, comme votre âme s’évase, comme
vos bras pèsent ! Les ruelles sont blanches alentour comme des communiantes,
l’hôpital, précédé d’une demi-douzaine d’ormeaux, a des façons de béguinage
sous sa coiffe à l’ancienne mode, les moulins tournent sur le champ de foire,
quatre moulins minces, hauts comme des phares, pareils à de grands vieillards
secs qui parlent à l’aide de signes un langage inconnu. Irez-vous boire ? Les
cabarets portent l’enseigne de La Providence
ou de La Grâce
de Dieu et vous n’avez plus soif que du ciel. Près de l’église une bonne
femme vend des chaussons aux pommes, dodus, lourds de compote, dont la pâte
sent le beurre, le froment, et, à l’entrée du bourg, il y a une treille
miraculeuse qui produira des raisins jusqu’au coeur d’octobre.
Une jeune fille chante en tirant l’aiguille, dans la boutique du boulanger :
profil arrondi, cheveux noirs lissés, prunelle en velours. Elle patoise un peu,
mais je démêle, en prêtant l’oreille, un couplet surpris jadis aux lèvres de ma
mère :
Dans
le jardin de ma tante il y a quatre coins.
Dans le premier coin il y a un jasmin,
Je vous aime d’un amour sans fin.
Dans le second coin il y a une rose,
Je voudrais vous embrasser mais je n’ose.
Dans le troisième il y a un oeillet,
Dites-moi tout bas votre secret.
Dans le quatrième est un pavot,
Ce que vous dites bas, dites-le haut…
Dans une auberge de Bois-de-Céné également, devant une pauvre limonade, j’ai
éprouvé cette douce fascination du silence, de la blancheur et de ces vieilles
choses ignorantes qui ont gardé leur premier sourire. Le chêne des tables luisait profondément autour
du billard couvert d’une housse en cretonne. Des lampes de cuivre étincelaient
au plafond et les verres dans les placards d’angle. Entre les rideaux frais on
distinguait, d’un côté, l’église courtaude derrière ses ifs, de l’autre une
cuisine dorée où travaillait la patronne. Un parfum de pomme, de fumée,
d’encaustique, auquel se mêlait l’odeur terreuse de carreaux trop souvent lavés
et qui ne sèchent point, collait aux murs de la maison. Seul l’horloge du
clocher bougeait, tous les quarts d’heure, mais on finissait par ne plus
l’entendre. Deux paysans s’attablèrent et révèrent longtemps sans mot dire, en
trinquant. Ils m’avaient salué avec courtoisie, comme le font encore les
anciens - écho qui expire ! - le long des routes vendéennes.
Je vous jure qu’il faut un effort pour reprendre le bâton quand cette présence
du vide vous a frôlé ! Ne m’avez-vous pas dit, mon cher Sageret, que Bouin est
l’unique lieu du monde où vous avez dormi, parfaitement dormi, de ce grand
sommeil qui est l’image de la mort ?
Compensation : la route est vivante. Bétail, volaille, dindons, canards,
goélands, moulins, nuages et vent, tout s’agite à l’entour de son ruban étroit
qui sinue au travers des pacages et des bossis ensemencés de fèves. Le vent
surtout, ce vent du marais, prompt et jamais las, trempé, sauri, gâté par le
relent des vases en dépit des bouffées toniques de l’étable et du foin, rampe
ou galope jour et nuit au ras des herbes. Cette terre basse n’est pour
lui que le prolongement de la mer. Nul obstacle, nul repli, pas même l’ondulation des houles. Il arrive en
pleine force, en pleine lancée : il fauche. Dès novembre, aux premiers
crachins, il commence de battre la bourrine-champignon, où l’homme se clapit
près d’un feu de bouses, tandis que l’eau sournoise monte inexorablement, les
deux complices se rejoignent sous la nue bouchée qui couvre de ses brumes leur
tyrannie sans pitié. Je me souviens que la femme du peintre Milcendeau, exilée
sous son chaume de Soullans, disait les larmes que le hurlement incessant de
l’hiver arrachait à ses nerfs brisés.
Au soleil de juin, c’est une fête de voir les troupeaux bien nourris, grands boeufs
pâles, vaches au mufle huileux, disposer, sur les fonds verts, la masse
décorative de leurs formes graves. L’heure du lait, le soir, les groupe aux
échaliers près des bidons qui attendent. Les filles portent les sceaux crémeux,
bras nus et la crinière coulée sur la nuque dans une résille. Les moutons font
tache de-ci, de-là ; les poules s’affairent, bien campées, l’oeil vif ; les
canards bâfrent, culs-de-plomb qui tranchent de l’aventurier en jouant de la
corne. Mais ils ne feront jamais qu’un voyage au marché de Saint-Jean-de-Monts,
de Challans ou de Machecoul, les pattes liées au fond d’un cageot, et l’âne en
rit qui les conduira.
Lui, du moins, il engraisse. Bête de misère dans les régions tondues, l’âne
tient au Pays de Retz sa prébende. Le poil frais, l’oreille vive, agile et
bonhomme, il hante les fermes, les grèves, les foires, les chemins. On le voit
paître les fossés en frétillant de la queue, traîner des charges de bousas, des
montagnes de paille de fèves et porter le sel gris, tantôt poussé par un paysan
en chapeau maraîchin, tantôt conduit par une femme abritée sous la coiffe en
anse de panier qu’on nomme quinchenotte. Il est à l’échelle des maisons et sa
fine couleur s’accorde naturellement aux pastels du paysage. Si j’avais à doter
le marais d’armoiries parlantes, je choisirais, pour le représenter, l’eau, le
nuage et l’âne. C’est un malin, en dépit de sa réputation, et un sage.
J’ai eu naguère une bourrique qui n’avait rien de plus pressé que de se rouler
dans la poussière chaque fois qu’on lui passait l’étrille. Elle m’apprit ainsi à mépriser les vanités
mondaines dont le cheval et ceux qui le montent sont tout farcis.
Petit à petit, d’ailleurs, l’âne cède le pas à l’automobile et c’est dommage.
M. Guilloux, l’historien du marais breton-vendéen, nous apprend que jadis, du
XVe au XVIIIe siècle, la baie de Bourgneuf fournissait de sel une bonne moitié
du monde civilisé. Des flottes de la
Hanse le venaient charger en l’île de Bouin, tandis
qu’huguenots et papistes argumentaient à coups de rapières, aux entours de
Beauvoir, sur la façon correcte de gagner le ciel. On disait, en Allemagne, le
sel de la Baye,
sans plus, et il faisait prime. Mais la vase envahissait les côtes, les
salines. Des siècles de lutte n’empêchèrent pas la défaite. On dut planter où
la mer cristallisait. Le marais salant devint le marais gât, en culture, et la
fève, le blé, le foin éliminèrent lentement le sel. Il n’est plus aujourd’hui
qu’une ressource médiocre en comparaison des céréales, de l’élevage. Les
nourrisseurs de Paris écument les marchés : volailles grasses, prés-salés,
veaux laiteux. Et la mécanique, qui vous aplatit proprement un poulet sur le
macadam, chasse à son tour notre lambin de bourricot.
J’ai remarqué pourtant que cette richesse d’après guerre avait moins
atteint le pittoresque qu’on ne l’a dit, en Bretagne comme en Vendée. Bien des paysans de la vieille
Armorique ont profité de l’argent pour remonter leur garde-robe en veste de
velours, en gilets brodés, en tabliers de soie. Au marais on bâtit toujours la
bourrine en regard des murs de pierre. Et, ma foi, j’ai beau y regarder de
près, je retrouve encore intacte la nature et les hommes qu’ont peints Lepère
et Milcendeau.
Le premier avait choisi le marais par élection, pour s’y recueillir quelques
mois chaque année, le second tenait au sol par ses ancêtres, et il y a entre
eux la différence du sang comme entre demi-frères. Il faudrait ignorer la
maîtrise de Lepère, sûr de ses moyens jusqu’à éblouir, son intelligence, sa
sensibilité, pour douter de la façon admirable dont il a pu interpréter les
massifs d’arbres au bord des routes, - oh ! le beau souvenir des frondaisons de
Watteau ! - la plaine submergée où le maraîchin pousse la yole sous les
tétards, le hameau transi, la nue convulsive, le marché grouillant. Le drame de
la terre et de l’eau où se débat l’homme, ce monde mouvant, dilué, sans fond,
sur quoi se dressent des troncs cornus, des baliveaux instables et une volonté
de vivre, il en a pénétré et rendu la grandeur tragique. Et il a été
touché par la lumière aussi, cette lumière moelleuse, à facettes, qui réserve à
ce lopin de boue une richesse incomparable.
Mais dans sa Bièvre, dans ses Quais de la Seine, dans sa Normandie,
dans toute son oeuvre, je sens la même acuité, les mêmes raffinements de métier,
le même oeil. Milcendeau possédait deux regards. En Vendée, un nouveau génie
l’habite. Il n’est plus
uniquement l’artiste qui met son savoir et ses dons au service d’un sujet qui
l’émeut. Il est visionnaire. Ses morts, des paysans à bourrine, parlent en lui.
Le marais, sous ses crayons ou son pinceau, devient religieux. Aucun effet,
aucune déformation de style, mais une vérité grave jusqu’au recueillement,
profonde jusqu’à l’angoisse.
Lui seul a crayonné, avec la naïveté savante d’un Clouet qui va d’emblée aux
traits essentiels, le maraîchin rasé, plissé, tanné, coiffé d’un chapeau rond,
vêtu d’un frac en forme de boléro et d’un pantalon collant à pleines fesses.
Lui seul a fixé dans des gouaches, des dessins parfaits et sans détours, l’âme
chaude, contenue, des filles à cheveux plats, brunes sanguines aux lèvres
estompées, aux beaux yeux sombres, au menton court. S’il aimait la mutilation
des vieux visages, le printemps craintif des adolescentes rustiques n’a pas
manqué de l’attirer. Il y a dans ses horizons gris une fatalité qui fait mal.
Ses toits de chaume ne posent pas, ils souffrent. Ses intérieurs fascinent.
Milcendeau prend le marais et nous ouvre son coeur. Passant ailleurs, il est
ici de la famille. Et s’il a rapporté d’Espagne une oeuvre lucide, c’est que le
maraîchin rappelle dans ses traits, sa vêture, les paysans du Léon dont il
serait, dit-on, un descendant émigré.
Chacun va où son démon le pousse et il n’est pas vrai de prétendre que
l’artiste fait ce qu’il veut. Ces
quelques lieues carrées où le Pays de Retz s’ajuste au Pays de Monts, ont
inspiré des peintres diversement. Peské a pris l’arbre en bûcheron, en poète.
Antral a pris l’eau et les signes primitifs d’une nature élémentaire.
J’ai découvert Antral au bourg des Moustiers, dans la maison de la mère Pinson,
un beau matin qu’une brise vinaigrée enfilait la ruelle. Il venait de Nantes : escale au port,
aux rues chaudes, tordues, fades, lumineuses, musicales. La Loire et le lac de
Grand-Lieu l’avaient préparé à ces horizons déserts que hachurent, au premier
plan, un jonc maigre, des osiers, et il tenait de la mer la révélation des
cieux dramatiques. Il ne fut pas longtemps à prêter l’oreille pour entendre la
langue du Pays de Retz, les sables pâles comme un champ d’avoine, les vasières
opalines, la baie lourde, bilieuse, arrondie dans un beau mouvement circulaire,
les étiers taillés dans une terre pourrie - le Collet, les Brochets, l’Époids,
- où christe-marine, algue, pourpier sucent leur vie côte à côte et qu’un
balisage de perches rustiques prolonge dans le large, les douves des salines,
croûtées comme un visage malade, les poteaux du télégraphe si hauts sur la
plaine, les coiffes blanches, les maisons blanches, le vent…
Un soir de septembre, ces soirs si grands chez nous où les nuages s’arrêtent,
échafaudent leurs masses et s’ouvrent tout à coup dans un éclatement pourpre,
j’ai quitté Antral. Il emportait dans ses cartons ce pays où nous avions roulé
ensemble, où il ne reviendra peut-être jamais. Je me suis retrouvé seul
sur la route, avec la chaleur mélancolique d’une forte poignée de main et cette
pesanteur de l’âme qui suit les évasions exaltées. Le crépuscule couvait encore des braises rouges
dans ses cendres soufrées. Un phare s’alluma : le Pilier qui me fait
signe du côté de l’aventure depuis tantôt quarante ans. Je vis la mer, molle et
passionnée comme une phrase de Chopin, musique fanée qui vous brise… Ah ! que
cette terre que je traîne aux semelles me parut pesante, en rentrant !
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