1885-porta | porte-vraim
Partie
1 III| invite, mon gendre.~6 janvier 1885~ ~
2 | 6
3 III| sa femme :~ - La jaune a-t-elle mangé anuit~ Et la vieille
4 I| en bouteille, vu que mon abdomin n'est point pliable pour
5 I| Depuis vingt ans il abreuvait le pays de sa Fine et de
6 III| ailes toutes grandes pour abriter la troupe grossissante de
7 I| taper sur la cuisse dans ses accès de gaieté qui vous tirait
8 III| de la couveuse jaune qui accomplissait dans le poulailler la même
9 II| il poussa, la mère Toine accourut, et devinant le désastre,
10 II| C'était le maire avec l'adjoint. Ils demandèrent deux verres
11 II| et se mirent à causer des affaires du pays. Comme ils parlaient
12 I| dans les rides, dans l'affaissement croissant qui fait dire
13 III| étaient bons ! Et Toine, affolé de joie, délivré, glorieux,
14 | afin
15 | Ah
16 I| énorme :~ - En v'là un aileron, la mé, en v'là un.~
17 I| Brûlot, qu'on appelait d'ailleurs aussi souvent Toine et Toine-ma-Fine,
18 I| ravin couvert d'herbe et d'ajonc, derrière la courbe qui
19 II| ce raisonnement et s'en alla, songeuse et calmée.~
20 | aller
21 III| assistants, ravis, s'en allèrent en devisant de l'événement,
22 | allons
23 I| se régaler d'abord et d'amasser des gros sous, ensuite,
24 I| était bien, le pé Toine, l'ami de toute la contrée. On
25 I| sur qui la mort semble s'amuser, avec des ruses, des gaietés
26 III| baisa sur le dos le frêle animal, faillit l'étouffer avec
27 III| La jaune a-t-elle mangé anuit~ Et la vieille allait
28 II| chat-huant de la mère Toine apparaissait dans la fenêtre. Elle criait :~ -
29 I| souffler, à lui donner l'apparence d'une santé surhumaine ;
30 II| entendit sonner midi, il appela :~ - Hé ! la mé, la soupe
31 III| glousser la poule jaune appelant ses nouveau-nés.~ Toine,
32 I| avait aussi cette coutume d'appeler tout le monde "mon gendre",
33 II| amusait tout de même.~ On apportait une planche de la cour,
34 II| café, pour venir, chaque après-midi, faire la causette autour
35 I| entourées de fossés et d'arbres.~ Elles étaient là, ces
36 I| parce qu'il gagnait de l'argent sans rien faire, de sapas,
37 II| II~~ Il arriva que Toine eut une attaque
38 III| saltimbanque, et la vieille étant arrivée cueillit avec précaution
39 I| du canton, et même de l'arrondissement. Sa petite maison semblait
40 | as
41 | assez
42 III| Vers trois heures, Toine s'assoupit. Il dormait maintenant la
43 II| arriva que Toine eut une attaque et tomba paralysé. On coucha
44 II| homme effaré parait les attaques de sa femme avec prudence,
45 III| le café. D'autres encore attendaient devant la porte.~ On
46 III| Faut croire !~ Ils attendirent. Les amis prévenus que les
47 III| repassa, en le considérant attentivement comme s'il eût été un phénomène.~
48 II| Toine semblait n'y prendre aucun plaisir et n'avançait la
49 III| son coeur. - Combien en aurait-il, lui ?~ Il demanda :~ -
50 II| furieuse, déclara :~ - Tu n'auras point d'fricot tant que
51 III| le bras droit. Il y porta aussitôt la main gauche et saisit
52 III| s'il eût craint le bruit autant que le mouvement, et il
53 II| prendre aucun plaisir et n'avançait la main qu'avec des lenteurs
54 | avoir
55 III| était par un jour chaud d'avril. On entendait par la fenêtre
56 III| joie, délivré, glorieux, baisa sur le dos le frêle animal,
57 III| fait six. Nom de nom qué baptême.~ Et un grand rire s'
58 III| bestiole blottie sous la barbe de son mari.~ Personne
59 II| les pattes d'un lapin qui bat du tambour.~ Les trois
60 III| mauvais.~ Toine sentit battre son coeur. - Combien en
61 III| dans le poulailler la même besogne que lui.~ Il demandait
62 III| cueillit avec précaution la bestiole blottie sous la barbe de
63 III| main gauche et saisit une bête couverte de duvet jaune,
64 I| dire avec un frisson : "Bigre ! comme il a changé !" elle
65 I| Il avait une manière de blaguer les gens sans les fâcher,
66 III| enfermés dans les coques blanches.~ Il ne parlait plus
67 I| montrer dans les cheveux blancs, dans la maigreur, dans
68 I| enluminer de rouge et de bleu, à le souffler, à lui donner
69 III| avec précaution la bestiole blottie sous la barbe de son mari.~
70 I| étaient là, ces maisons, blotties dans ce ravin couvert d'
71 I| rien que de le regarder boire. Il buvait tant qu'on lui
72 II| couver d's oeufs dans une boîte chaude, on peut ben en mett'
73 III| Tous les oeufs étaient bons ! Et Toine, affolé de joie,
74 I| un sac à grain, ce gros bouffi !~ Toine riait de tout
75 I| gaietés et des perfidies bouffonnes, rendant irrésistiblement
76 I| Toine rigolait tandis que sa bourgeoise se fâchait. C'était une
77 I| i faudrait la mettre en bouteille, vu que mon abdomin n'est
78 I| dur et salé, qui ronge et brûle comme le feu, dessèche et
79 I| pays de sa Fine et de ses Brûlots, car chaque fois qu'on lui
80 II| oubliant ses oeufs, il fit un brusque "va-t-au nord" qui le coucha
81 I| petite cour, derrière le cabaret, et elle était renommée
82 I| comme les oiseaux qui se cachent dans les sillons les jours
83 II| et s'en alla, songeuse et calmée.~ Huit jours plus tard
84 I| Brûlot, le plus gros homme du canton, et même de l'arrondissement.
85 III| férocité chaque fois qu'il cassait un oeuf.~ Il demeurait
86 II| suffoquée pour parler devant le cataplasme jaune collé sur le flanc
87 II| chaque après-midi, faire la causette autour du lit du gros homme.
88 I| Tournevent.~ Il avait rendu célèbre le hameau enfoncé dans un
89 III| envahirent la chambre, firent cercle comme autour d'un saltimbanque,
90 I| dont il se servait sans cesse :~ - Ma Fine est la première
91 II| graine de volaille que sa chaleur ferait éclore.~ Mais
92 I| ils étaient mariés, ils se chamaillaient tous les jours. Seulement
93 I| frisson : "Bigre ! comme il a changé !" elle prenait plaisir
94 III| réveillé soudain par un chatouillement inusité sous le bras droit.
95 II| d's oeufs dans une boîte chaude, on peut ben en mett' couver
96 I| Un brûlot, mon gendre, ça chauffe la tripe et ça nettoie la
97 II| volaient jusqu'au pied du lit, cherchant des miettes sur le sol.~
98 I| Elles semblaient avoir cherché un abri dans ce trou comme
99 I| de se montrer dans les cheveux blancs, dans la maigreur,
100 I| répondait :~ - Y a deux choses qui m'opposent, primo qu'
101 II| fixant sur lui son oeil de chouette.~ Il reprit :~ - Il
102 II| Il ne répondait plus. Il clignait seulement de l'oeil derrière
103 I| gens sans les fâcher, de cligner de l'oeil pour exprimer
104 II| petite chambre derrière la cloison du café, afin qu'il pût
105 I| devenaient chez lui risibles, cocasses, divertissantes, au lieu
106 I| point mieux dans l'étable à cochons nu quétou comme ça ? C'est
107 II| je n'ai point maigri, l'coffre est bon. Bientôt il fit
108 I| Sa Fine, c'était son cognac, bien entendu.~ Depuis
109 I| une tête de chat-huant en colère. Elle passait son temps
110 II| vieille, s'amusait de ses colères.~ La voyant un jour plus
111 II| devant le cataplasme jaune collé sur le flanc de son homme.~
112 II| basse, Toine Brûlot voulut coller son oreille contre le mur,
113 II| tomba paralysé. On coucha ce colosse dans la petite chambre derrière
114 I| femme ! C'était une telle comédie qu'on aurait payé sa place
115 I| rendant irrésistiblement comique son travail lent de destruction.
116 III| content de son succès, commençant à s'enorgueillir de cette
117 II| qu'elle voyait une partie commencée, elle s'élançait avec fureur,
118 | comment
119 II| chambre et on lui tenait compagnie, bien qu'il se désolât de
120 I| mer, pauvre hameau paysan composé de dix maisons normandes
121 I| fois que se présentait un consommateur, car Toine-ma-Fine était
122 I| en v'là un.~ Et les consommateurs tapaient du poing sur les
123 I| étroite et trop basse pour le contenir, et quand on le voyait debout
124 III| assistants. Et Toine sourit, content de son succès, commençant
125 II| mince et rusée du paysan qui continua :~ - J'y mettrais cinq
126 II| son gros faigniant d'homme continuât à se distraire, en jouant
127 I| mauvaise humeur et elle avait continué à être mécontente de tout.
128 I| Toine, l'ami de toute la contrée. On venait de Fécamp et
129 II| maintenant c'était d'écouter les conversations du café, et de dialoguer
130 II| vieille avait disparu, un coq aux plumes rouges sautait
131 III| volailles enfermés dans les coques blanches.~ Il ne parlait
132 III| sortirent en même temps de leurs coquilles.~ Ce fut une grande rumeur
133 II| lit du gros homme. Tout couché qu'il était, ce farceur
134 II| Maloisel et Césaire Paumelle courbaient la tête, mais Prosper Horslaville
135 I| et d'ajonc, derrière la courbe qui avait fait nommer ce
136 III| il lâcha le poussin qui courut sur sa poitrine. Le café
137 II| jour que je donnerais la couvée à une poule. Ça naîtrait
138 I| blotties dans ce ravin couvert d'herbe et d'ajonc, derrière
139 III| gauche et saisit une bête couverte de duvet jaune, qui remuait
140 II| J'veux, qu'tu les couves, propre à rien.~ Il rit
141 III| et il s'inquiétait de la couveuse jaune qui accomplissait
142 I| sur la terre du soi, et crachaient par terre dans un délire
143 III| voix basse comme s'il eût craint le bruit autant que le mouvement,
144 III| furieux, torturée par la crainte d'un~insuccès :~ - Faut
145 II| timide, plus humble, avec des craintes de petit enfant devant sa
146 III| un triomphe. Le dernier creva son enveloppe à sept heures
147 II| chambre, puis poussait son cri sonore. Et parfois aussi,
148 III| un~insuccès :~ - Faut croire !~ Ils attendirent. Les
149 I| rides, dans l'affaissement croissant qui fait dire avec un frisson : "
150 II| amis arrivèrent, ils le crurent tout à fait mal, tant il
151 II| gros faigniant.~ Il crut qu'elle plaisantait et attendit,
152 III| la vieille étant arrivée cueillit avec précaution la bestiole
153 II| La vieille cria de sa cuisine :~ - Y a point de soupe
154 I| pas, de se taper sur la cuisse dans ses accès de gaieté
155 II| la mé, la soupe est-il cuite ?~ La vieille cria de
156 II| s'élançait avec fureur, culbutait la planche, saisissait le
157 I| coups. Et puis c'était une curiosité rien que de le regarder
158 I| contenir, et quand on le voyait debout sur sa porte où il passait
159 II| rapportait dans le café et déclarait que c'était assez de nourrir
160 I| point de jour sans qu'elle déclarât d'un air exaspéré :~ -
161 II| devinant le désastre, le découvrit d'une secousse. Elle demeura
162 I| santé surhumaine ; et les déformations qu'elle inflige à tous les
163 I| crachaient par terre dans un délire de gaieté.~ La vieille
164 III| Et Toine, affolé de joie, délivré, glorieux, baisa sur le
165 II| maire avec l'adjoint. Ils demandèrent deux verres de Fine et se
166 II| seul mouvement qui lui demeurât possible. Il appelait cet
167 I| pourrait entrer dans sa demeure. Il y entrait chaque fois
168 II| amis, car sa tête était demeurée libre, tandis que son corps,
169 I| Sa petite maison semblait dérisoirement trop étroite et trop basse
170 II| accourut, et devinant le désastre, le découvrit d'une secousse.
171 I| dans un pli du vallon qui descendait vers la mer, pauvre hameau
172 II| Les amis de Toine-ma-Fine désertèrent bientôt la salle du café,
173 II| nord" et des "va-t-au sud" désespérés, tapa la muraille à coups
174 II| compagnie, bien qu'il se désolât de voir qu'on buvait sans
175 I| ronge et brûle comme le feu, dessèche et détruit comme les gelées
176 I| comique son travail lent de destruction. Au lieu de se montrer comme
177 I| comme le feu, dessèche et détruit comme les gelées d'hiver.~
178 I| primo qu'a l'est salée, et deusio qu'i faudrait la mettre
179 I| inflige à tous les êtres devenaient chez lui risibles, cocasses,
180 III| angoisse de femme qui va devenir mère.~ La vieille répondit
181 I| surprenant à voir, tant il était devenu épais et gros, rouge et
182 II| mère Toine accourut, et devinant le désastre, le découvrit
183 II| Mais la mère Toine devint bientôt insupportable. Elle
184 III| ravis, s'en allèrent en devisant de l'événement, et Horslaville,
185 II| Il aurait fait rire le diable, ce malin-là. Ils étaient
186 II| conversations du café, et de dialoguer à travers le mur quand il
187 II| pourtant, mais d'une gaieté différente, plus timide, plus humble,
188 I| il fallait, pour que le dîner fût goûté, qu'on y mangeât
189 I| affaissement croissant qui fait dire avec un frisson : "Bigre !
190 | Dis
191 II| Et quand la vieille avait disparu, un coq aux plumes rouges
192 II| énergie, mais cet espoir disparut bientôt, et Toine-ma-Fine
193 II| va-t-au sud".~ Sa grande distraction maintenant c'était d'écouter
194 II| faigniant d'homme continuât à se distraire, en jouant aux dominos dans
195 II| faire sans le voir encore se divertir comme pour narguer le pauvre
196 I| lui risibles, cocasses, divertissantes, au lieu d'être sinistres
197 III| jaune, qui remuait dans ses doigts.~ Son émotion fut telle,
198 III| renoncer aux parties de domino, renoncer à tout mouvement,
199 I| volailles.~ Quand on donnait un repas à Fécamp chez les
200 III| être si petiot qu'il avait donné à la vie ; mais la vieille
201 I| bleu, à le souffler, à lui donner l'apparence d'une santé
202 II| autre, l'même jour que je donnerais la couvée à une poule. Ça
203 III| heures, Toine s'assoupit. Il dormait maintenant la moitié des
204 I| une joie qui venait de son double plaisir, plaisir de se régaler
205 I| le vent du large, le vent dur et salé, qui ronge et brûle
206 III| saisit une bête couverte de duvet jaune, qui remuait dans
207 I| marchant à longs pas d'échassier, et portant sur un corps
208 III| soulevés comme des ailes, échauffant contre lui les germes de
209 III| ai maujeure tant que ça m'échauffe. J'ai des fremis qui me
210 II| volaille que sa chaleur ferait éclore.~ Mais la vieille, furieuse,
211 II| même. Quand ils seraient éclos j'porterais à vot'poule
212 I| voir et pour rigoler en l'écoutant, car il aurait fait rire
213 II| des cris, et le gros homme effaré parait les attaques de sa
214 I| des buveurs.~ Toine, en effet, était surprenant à voir,
215 II| partie commencée, elle s'élançait avec fureur, culbutait la
216 III| Et un grand rire s'éleva dans le public. D'autres
217 II| vot'homme pour qu'a les élève. Ça vous en f'rait d'la
218 I| Elle passait son temps à élever des poules dans une petite
219 I| renommée, de sa santé et de son embonpoint. Elle le traitait de propre
220 III| public. D'autres personnes emplissaient le café. D'autres encore
221 III| vie ; mais la vieille l'emporta comme les autres sans écouter
222 III| matin, sa femme entra très émue et déclara :~ - La jaune
223 II| jambes reprendraient quelque énergie, mais cet espoir disparut
224 II| avec des craintes de petit enfant devant sa femme qui piaillait
225 III| les germes de volailles enfermés dans les coques blanches.~
226 I| rendu célèbre le hameau enfoncé dans un pli du vallon qui
227 II| secours de quatre voisins qui enlevaient le cabaretier par les quatre
228 I| monstrueux et drôle, à l'enluminer de rouge et de bleu, à le
229 III| son succès, commençant à s'enorgueillir de cette paternité singulière.~
230 I| C'était un de ces êtres énormes sur qui la mort semble s'
231 I| Son café avait pour enseigne : "Au Rendez-vous des Amis",
232 | ensuite
233 III| un jour chaud d'avril. On entendait par la fenêtre ouverte glousser
234 I| c'était son cognac, bien entendu.~ Depuis vingt ans il
235 I| il passait des journées entières, on se demandait comment
236 I| de dix maisons normandes entourées de fossés et d'arbres.~
237 III| nouvelles de Toine. Ils entraient à pas légers comme on entre
238 I| entrer dans sa demeure. Il y entrait chaque fois que se présentait
239 | entre
240 III| buveurs se précipitèrent, envahirent la chambre, firent cercle
241 III| triomphe. Le dernier creva son enveloppe à sept heures du soir. Tous
242 I| connaissait à dix lieues aux environs le père Toine, le gros Toine,
243 I| voir, tant il était devenu épais et gros, rouge et soufflant.
244 II| quasiment t'une lourdeur dans l'épaule.~ Soudain, on entendit
245 II| point les casser.~ Toine éperdu, demanda :~ - Qué que
246 III| nouvelle, et la poule gloussait éperdument, hérissait ses plumes, ouvrait
247 II| frappé d'immobilité. On espérait, dans les premiers temps,
248 II| quelque énergie, mais cet espoir disparut bientôt, et Toine-ma-Fine
249 I| lui demandait.~ - Qu'est-ce que j'allons bé, pé Toine ?~
250 I| serait-il point mieux dans l'étable à cochons nu quétou comme
251 II| c'que j'f'rais, mé, si j'étais de vous ?~ Elle attendit
252 III| saltimbanque, et la vieille étant arrivée cueillit avec précaution
253 | été
254 II| riaient à suffoquer, toussant, éternuant, poussant des cris, et le
255 III| frêle animal, faillit l'étouffer avec ses lèvres. Il voulut
256 I| semblait dérisoirement trop étroite et trop basse pour le contenir,
257 | eu
258 III| arrivèrent bientôt inquiets eux-mêmes.~ On en jasait dans les
259 III| allèrent en devisant de l'événement, et Horslaville, resté le
260 I| qu'elle déclarât d'un air exaspéré :~ - Ça serait-il point
261 II| La voyant un jour plus exaspérée que de coutume, il lui dit :~ -
262 II| mais Prosper Horslaville excitait la vieille, s'amusait de
263 II| possible. Il appelait cet exercice faire un "va-t-au nord",
264 II| Elle attendit qu'il s'expliquât, fixant sur lui son oeil
265 I| de cligner de l'oeil pour exprimer ce qu'il ne disait pas,
266 II| comme elle insistait, il se fâcha, il résista, il refusa résolument
267 I| tandis que sa bourgeoise se fâchait. C'était une grande paysanne,
268 I| être mécontente de tout. Fâchée contre le monde entier,
269 I| blaguer les gens sans les fâcher, de cligner de l'oeil pour
270 I| elle était renommée pour la façon dont elle savait engraisser
271 III| le dos le frêle animal, faillit l'étouffer avec ses lèvres.
272 | faisait
273 III| portait à la poule cette famille nouvelle, et la poule gloussait
274 II| Tout couché qu'il était, ce farceur de Toine, il les amusait
275 I| pour sa régalade.~ Les farceurs du pays lui demandaient :~ -
276 I| est salée, et deusio qu'i faudrait la mettre en bouteille,
277 II| volaille que sa chaleur ferait éclore.~ Mais la vieille,
278 III| privait de nourriture avec férocité chaque fois qu'il cassait
279 I| ronge et brûle comme le feu, dessèche et détruit comme
280 II| moquait d'elle, considérant la figure mince et rusée du paysan
281 I| qu'il n'eût jamais eu de fille mariée ou à marier.~
282 III| envahirent la chambre, firent cercle comme autour d'un
283 II| attendit qu'il s'expliquât, fixant sur lui son oeil de chouette.~
284 I| maisons normandes entourées de fossés et d'arbres.~ Elles étaient
285 II| Il est chaud comme un four, vot'homme, qui n'sort point
286 I| Fine est la première de France.~ Sa Fine, c'était son
287 II| remuer, à soulever, restait frappé d'immobilité. On espérait,
288 II| dans un lit..~ Elle fut frappée par ce raisonnement et s'
289 III| glorieux, baisa sur le dos le frêle animal, faillit l'étouffer
290 III| ça m'échauffe. J'ai des fremis qui me galopent sur la peau.~
291 II| de son homme.~ Puis, frémissant de fureur, elle se rua sur
292 III| vrai ?~ A cette idée de fricassée, le visage de Toine s'illumina,
293 III| pé Toine, tu m'invites à fricasser l'premier, pas vrai ?~
294 II| Tu n'auras point d'fricot tant que tu n'les prendras
295 I| croissant qui fait dire avec un frisson : "Bigre ! comme il a changé !"
296 II| petit sec avec un nez de furet, malicieux, futé comme un
297 III| vieille répondit d'un air furieux, torturée par la crainte
298 I| fallait, pour que le dîner fût goûté, qu'on y mangeât une
299 II| nez de furet, malicieux, futé comme un renard, et Césaire
300 I| propre à rien, parce qu'il gagnait de l'argent sans rien faire,
301 II| paillasse.~ Il demeurait gai pourtant, mais d'une gaieté
302 I| amuser, avec des ruses, des gaietés et des perfidies bouffonnes,
303 III| J'ai des fremis qui me galopent sur la peau.~ Or, un
304 II| Toine-ma-Fine prononçait :- Pour galoper, point encore. Mais je n'
305 III| ses lèvres. Il voulut le garder dans son lit, celui-là,
306 II| d'un nom. L'reste, j'men gargarise, mais de ne point bé mé
307 I| dessèche et détruit comme les gelées d'hiver.~ Mais le hameau
308 II| tant il paraissait drôle et gêné.~ Puis on fit la partie
309 III| échauffant contre lui les germes de volailles enfermés dans
310 III| affolé de joie, délivré, glorieux, baisa sur le dos le frêle
311 III| famille nouvelle, et la poule gloussait éperdument, hérissait ses
312 III| entendait par la fenêtre ouverte glousser la poule jaune appelant
313 I| fallait, pour que le dîner fût goûté, qu'on y mangeât une pensionnaire
314 II| deuil, mon gendre, de n'pus goûter d'ma Fine, nom d'un nom.
315 II| sous ses gros bras cette graine de volaille que sa chaleur
316 I| comme ça ? C'est que d'la graisse que ça en fait mal au coeur.~ -
317 III| ouvrait les ailes toutes grandes pour abriter la troupe grossissante
318 II| et se mit à lui taper de grands coups sur le ventre, comme
319 II| premiers temps, que ses grosses jambes reprendraient quelque
320 III| grandes pour abriter la troupe grossissante de ses petits.~ - En
321 I| fait chez les autres, la gueuse, de se montrer dans les
322 I| Fécamp chez les gens de la haute, il fallait, pour que le
323 I| dans ce ravin couvert d'herbe et d'ajonc, derrière la
324 III| poule gloussait éperdument, hérissait ses plumes, ouvrait les
325 III| gens du pays qui savaient l'histoire s'en venaient, curieux et
326 I| détruit comme les gelées d'hiver.~ Mais le hameau tout
327 I| mangeait et buvait comme dix hommes ordinaires, et il ne se
328 | Huit
329 II| différente, plus timide, plus humble, avec des craintes de petit
330 I| elle était née de mauvaise humeur et elle avait continué à
331 III| pas vrai ?~ A cette idée de fricassée, le visage
332 II| II~~ Il arriva que Toine
333 III| III~~ Toine fut vaincu. Il
334 III| fricassée, le visage de Toine s'illumina, et le gros homme répondit :~ -
335 II| soulever, restait frappé d'immobilité. On espérait, dans les premiers
336 II| corps, un corps énorme, impossible à remuer, à soulever, restait
337 II| demeura d'abord immobile, indignée, trop suffoquée pour parler
338 II| lenteurs et des précautions infinies.~ - T'as donc l'bras
339 I| les déformations qu'elle inflige à tous les êtres devenaient
340 III| les maisons. On allait s'informer aux portes voisines Vers
341 II| qu'arrivera.~ Toine, inquiet, ne répondit rien.~ Quand
342 III| que le mouvement, et il s'inquiétait de la couveuse jaune qui
343 III| proches arrivèrent bientôt inquiets eux-mêmes.~ On en jasait
344 III| d'émotion, d'angoisse, d'inquiétude, murmura :~ - J'en ai
345 II| abord ; puis, comme elle insistait, il se fâcha, il résista,
346 III| torturée par la crainte d'un~insuccès :~ - Faut croire !~
347 II| mère Toine devint bientôt insupportable. Elle ne pouvait tolérer
348 II| la mé !~ La vieille interdite demanda :~ - Ça se peut-il ?~
349 III| malades et demandaient avec intérêt :~ - Eh bien ! ça va-t-il ?~
350 II| Bientôt il fit venir les plus intimes dans sa chambre et on lui
351 II| dut se résigner à laisser introduire dans sa couche cinq oeufs
352 III| soudain par un chatouillement inusité sous le bras droit. Il y
353 I| Toine ?~ Il répondait invariablement :~ - Un brûlot, mon gendre,
354 III| Pour sûr que je t'invite, mon gendre.~6 janvier 1885~ ~
355 I| car Toine-ma-Fine était invité de droit à prélever son
356 III| Dis donc, pé Toine, tu m'invites à fricasser l'premier, pas
357 I| perfidies bouffonnes, rendant irrésistiblement comique son travail lent
358 II| premiers temps, que ses grosses jambes reprendraient quelque énergie,
359 III| t'invite, mon gendre.~6 janvier 1885~ ~
360 III| inquiets eux-mêmes.~ On en jasait dans les maisons. On allait
361 II| la planche, saisissait le jeu, le rapportait dans le café
362 II| posait au bord du lit et on jouait aux dominos pardi, et on
363 II| continuât à se distraire, en jouant aux dominos dans son lit ;
364 II| entrer dans le café. Les joueurs se turent.~ C'était le
365 I| porte où il passait des journées entières, on se demandait
366 II| puis il pria, supplia, jura, fit des "va-t-au nord"
367 II| sur une omelette.~ Au juron qu'il poussa, la mère Toine
368 III| pousser des cris, et il lâcha le poussin qui courut sur
369 I| vent de mer, le vent du large, le vent dur et salé, qui
370 II| ventre, comme lorsqu'elle lavait son linge au bord de la
371 II| faut nourrir, qu'i faut laver, qu'i faut nettoyer comme
372 III| Toine. Ils entraient à pas légers comme on entre chez les
373 III| lit, celui-là, jusqu'au lendemain, saisi par une tendresse
374 I| irrésistiblement comique son travail lent de destruction. Au lieu
375 II| avançait la main qu'avec des lenteurs et des précautions infinies.~ -
376 | leurs
377 III| faillit l'étouffer avec ses lèvres. Il voulut le garder dans
378 II| d'son lit. Eh ben, mé, j'li f'rais couver des oeufs.~
379 II| car sa tête était demeurée libre, tandis que son corps, un
380 I| On le connaissait à dix lieues aux environs le père Toine,
381 II| comme lorsqu'elle lavait son linge au bord de la mare. Ses
382 I| Toine-ma-Fine, par suite d'une locution dont il se servait sans
383 I| grande paysanne, marchant à longs pas d'échassier, et portant
384 | lorsqu
385 II| J'ai quasiment t'une lourdeur dans l'épaule.~ Soudain,
386 I| cheveux blancs, dans la maigreur, dans les rides, dans l'
387 II| encore. Mais je n'ai point maigri, l'coffre est bon. Bientôt
388 II| au bord de la mare. Ses mains tombaient l'une après l'
389 II| se turent.~ C'était le maire avec l'adjoint. Ils demandèrent
390 I| arrondissement. Sa petite maison semblait dérisoirement trop
391 III| comme on entre chez les malades et demandaient avec intérêt :~ -
392 I| tirait le rire du ventre malgré vous, à tous les coups.
393 II| sec avec un nez de furet, malicieux, futé comme un renard, et
394 I| avec une joie dans son oeil malin, une joie qui venait de
395 II| fait rire le diable, ce malin-là. Ils étaient trois qui reparaissaient
396 I| voir.~ Et relevant sa manche sur son bras énorme :~ -
397 III| La jaune a-t-elle mangé anuit~ Et la vieille
398 I| faire, de sapas, parce qu'il mangeait et buvait comme dix hommes
399 I| dîner fût goûté, qu'on y mangeât une pensionnaire de la mé
400 I| gros homme. Il avait une manière de blaguer les gens sans
401 I| était une grande paysanne, marchant à longs pas d'échassier,
402 II| son linge au bord de la mare. Ses mains tombaient l'une
403 I| n'eût jamais eu de fille mariée ou à marier.~ Ah ! oui,
404 I| eu de fille mariée ou à marier.~ Ah ! oui, on le connaissait
405 I| trente ans qu'ils étaient mariés, ils se chamaillaient tous
406 III| sur la peau.~ Or, un matin, sa femme entra très émue
407 III| aller, ça va, mais j'ai maujeure tant que ça m'échauffe.
408 III| Y avait trois oeufs de mauvais.~ Toine sentit battre
409 I| Mais elle était née de mauvaise humeur et elle avait continué
410 I| elle avait continué à être mécontente de tout. Fâchée contre le
411 I| nettoie la tête ; y a rien de meilleur pour le corps.~ Il avait
412 II| cabaretier par les quatre membres pendant qu'on retournait
413 II| nom d'un nom. L'reste, j'men gargarise, mais de ne point
414 II| qui continua :~ - J'y mettrais cinq sous un bras, cinq
415 II| Quand il entendit sonner midi, il appela :~ - Hé !
416 II| pied du lit, cherchant des miettes sur le sol.~ Les amis
417 | mieux
418 II| elle, considérant la figure mince et rusée du paysan qui continua :~ -
419 III| phénomène.~ Pendant vingt minutes, il n'en naquit pas, puis
420 II| deux verres de Fine et se mirent à causer des affaires du
421 III| Il dormait maintenant la moitié des jours. Il fut réveillé
422 I| engraisser, celui-là, à le faire monstrueux et drôle, à l'enluminer
423 I| On venait de Fécamp et de Montivilliers pour le voir et pour rigoler
424 II| stupéfaite, pensant qu'on se moquait d'elle, considérant la figure
425 I| êtres énormes sur qui la mort semble s'amuser, avec des
426 III| second poussin, avec des mouvements soigneux de sage-femme.~
427 II| sud" désespérés, tapa la muraille à coups de poing, mais il
428 III| préoccupation des petits poulets qui mûrissaient dans le lit et dans le nid.~
429 III| angoisse, d'inquiétude, murmura :~ - J'en ai encore un
430 II| la couvée à une poule. Ça naîtrait d'même. Quand ils seraient
431 III| Pendant vingt minutes, il n'en naquit pas, puis quatre sortirent
432 II| encore se divertir comme pour narguer le pauvre monde qui travaillait
433 I| Toine.~ Mais elle était née de mauvaise humeur et elle
434 I| ça chauffe la tripe et ça nettoie la tête ; y a rien de meilleur
435 II| i faut laver, qu'i faut nettoyer comme un porc.~ Et quand
436 II| Horslaville, un petit sec avec un nez de furet, malicieux, futé
437 I| la courbe qui avait fait nommer ce lieu Tournevent. Elles
438 I| paysan composé de dix maisons normandes entourées de fossés et d'
439 II| T'as donc l'bras noué, demandait Horslaville.~
440 III| la vieille le privait de nourriture avec férocité chaque fois
441 III| poule jaune appelant ses nouveau-nés.~ Toine, qui suait d'
442 III| à la poule cette famille nouvelle, et la poule gloussait éperdument,
443 III| et sérieux, prendre des nouvelles de Toine. Ils entraient
444 I| dans l'étable à cochons nu quétou comme ça ? C'est
445 II| Toine-ma-Fine passa ses jours et ses nuits dans son lit qu'on ne retapait
446 III| son homme à ses poules, obsédée, possédée par la préoccupation
447 III| chaque fois qu'il cassait un oeuf.~ Il demeurait sur le
448 I| buvait tant qu'on lui en offrait, et de tout, avec une joie
449 I| abri dans ce trou comme les oiseaux qui se cachent dans les
450 II| nord" qui le coucha sur une omelette.~ Au juron qu'il poussa,
451 I| Y a deux choses qui m'opposent, primo qu'a l'est salée,
452 III| galopent sur la peau.~ Or, un matin, sa femme entra
453 I| buvait comme dix hommes ordinaires, et il ne se passait point
454 II| Brûlot voulut coller son oreille contre le mur, et, oubliant
455 | où
456 II| oreille contre le mur, et, oubliant ses oeufs, il fit un brusque "
457 I| mariée ou à marier.~ Ah ! oui, on le connaissait Toine
458 I| les sillons les jours d'ouragan, un abri contre le grand
459 III| entendait par la fenêtre ouverte glousser la poule jaune
460 III| éperdument, hérissait ses plumes, ouvrait les ailes toutes grandes
461 II| pendant qu'on retournait sa paillasse.~ Il demeurait gai pourtant,
462 II| tout à fait mal, tant il paraissait drôle et gêné.~ Puis
463 II| et le gros homme effaré parait les attaques de sa femme
464 II| eut une attaque et tomba paralysé. On coucha ce colosse dans
465 II| fureur, elle se rua sur le paralytique et se mit à lui taper de
466 II| et on jouait aux dominos pardi, et on faisait de rudes
467 II| affaires du pays. Comme ils parlaient à voix basse, Toine Brûlot
468 II| indignée, trop suffoquée pour parler devant le cataplasme jaune
469 III| Ce fut une grande rumeur parmi les assistants. Et Toine
470 II| bientôt, et Toine-ma-Fine passa ses jours et ses nuits dans
471 III| s'enorgueillir de cette paternité singulière.~ On n'en
472 II| sourd, rapides comme les pattes d'un lapin qui bat du tambour.~
473 I| telle comédie qu'on aurait payé sa place de bon coeur. Depuis
474 I| fâchait. C'était une grande paysanne, marchant à longs pas d'
475 III| fremis qui me galopent sur la peau.~ Or, un matin, sa femme
476 II| Elle demeura stupéfaite, pensant qu'on se moquait d'elle,
477 I| goûté, qu'on y mangeât une pensionnaire de la mé Toine.~ Mais
478 I| dix lieues aux environs le père Toine, le gros Toine, Toine-ma-Fine,
479 I| ruses, des gaietés et des perfidies bouffonnes, rendant irrésistiblement
480 III| la barbe de son mari.~ Personne ne parlait plus. C'était
481 III| dans le public. D'autres personnes emplissaient le café. D'
482 III| de mère pour cet être si petiot qu'il avait donné à la vie ;
483 | peu
484 II| interdite demanda :~ - Ça se peut-il ?~ L'homme reprit :~ -
485 III| attentivement comme s'il eût été un phénomène.~ Pendant vingt minutes,
486 II| enfant devant sa femme qui piaillait toute la journée :~ -
487 I| il aurait fait rire une pierre de tombe, ce gros homme.
488 II| ça n'se pourrait point ? Pisqu'on fait ben couver d's oeufs
489 I| lieu d'être sinistres et pitoyables.~ - Espère un brin, espère
490 I| comédie qu'on aurait payé sa place de bon coeur. Depuis trente
491 III| demeurait sur le dos, l'oeil au plafond, immobile, les bras soulevés
492 II| faigniant.~ Il crut qu'elle plaisantait et attendit, puis il pria,
493 I| portant sur un corps maigre et plat une tête de chat-huant en
494 I| le hameau enfoncé dans un pli du vallon qui descendait
495 I| mon abdomin n'est point pliable pour bé à c'te tasse-là !~
496 III| c't'heure.~ Sa femme plongea dans le lit sa grande main
497 III| poussin qui courut sur sa poitrine. Le café était plein de
498 II| tordu comme un tronc de pommier, Prosper Horslaville, un
499 II| i faut nettoyer comme un porc.~ Et quand la vieille
500 III| sous le bras droit. Il y porta aussitôt la main gauche
501 III| a six.~ La mère Toine portait à la poule cette famille
502 I| longs pas d'échassier, et portant sur un corps maigre et plat
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