1886-flanc | flech-repre | resol-voyag
Partie
1 III| grimace.~30 avril - 4 mai 1886~ ~
2 | 30
3 | 4
4 III| et sortit en faisant un abat-jour de sa main pour distinguer
5 I| drôle, tout remué, comme abêti de contentement. Ça lui
6 III| vers le grand pommier qui abritait l'entrée de la ferme, et
7 II| attendant le marié. On l'acclama quand il parut ; et bientôt
8 III| aux rideaux flottants, accompagne d'un chien triste, allant,
9 II| bon Dieu. Il bénit leur accouplement en leur promettant la fécondité,
10 III| Victor ! Victor !~ Il accourut en chemise. Elle ne pouvait
11 III| mains rouges, osseuses, accoutumées au travail et qui semblaient
12 II| deux par deux, à présent, accrochés par le bras, s'en allaient
13 II| grains, diriger la vente et l'achat du bétail. Alors les idées
14 I| vendre une récolte ou d'acheter un veau, le jeune homme
15 I| comme s'il s'agissait de l'acquisition d'un cheval ou d'une génisse,
16 II| Céleste le soignait avec une activité inquiète, lui faisait boire
17 I| dont il allait conter son affaire.~ L'abbé Raffin, un petit
18 I| personne, qui faisaient les affaires du bon Dieu au détriment
19 I| un peu flétrie déjà qui s'affaissait sur le côté ; puis elles
20 III| langue horriblement, avec une affreuse grimace.~30 avril - 4 mai
21 | afin
22 I| boirait ce galopin jusqu'à son âge de quatorze ans ; et une
23 II| Victor, comme s'il se fût agi d'un baptême ; et les paysans,
24 II| loin le creux sombre où agonisait son fils. Il n'en approchait
25 I| Césaire d'aller demander l'aide de leur curé.~ En rentrant
26 II| Tenez, j'vas vous aider.~ Et il se pencha vers
27 I| bien. Quand veux-tu que j'aille le trouver, ton père ?~ -
28 I| pour ce fait. Aux champs, d'ailleurs, les hiérarchies de caste
29 | ait
30 I| ton père ?~ - I dit qu'alle a eu un éfant.~ - Elle
31 I| rentra chez lui, le coeur allégé d'un grand poids.~ Il
32 II| dans ses bras, et ils s'en allèrent, lentement, par la nuit
33 III| le prévint :~ - Vous allez rentrer après le fricot,
34 III| fond il aperçut l'homme allongé sous les draps et qui sommeillait
35 II| eux ; et la procession s'allongeait sans cesse, serpentait,
36 II| ordinaire du dîner. Elle alluma le feu, tailla la soupe,
37 III| tous les côtés avec des allures de vieux chien qui flaire.
38 II| grandissantes, tout seul avec les alouettes qu'il voyait planer sur
39 III| longtemps, ravi quand un amateur abattait le gendarme ou
40 III| où jettent les familles ambulantes des coureurs de foire, directeurs
41 II| célébrant le mariage de sa bonne amie, fêtant son bonheur et lui
42 I| des objets, les pensées d'amour ne se formulaient que par
43 II| plis malins. On allait s'amuser, pardi.~ La porte s'ouvrit,
44 II| pouvait se remarier avant un an et il fallait, tout de suite,
45 I| son tour, l'égal de son ancien maître. Césaire Houlbrèque
46 I| en attendant l'heure de l'Angélus qui les rappellerait aux
47 II| assiettes. Les figures s'animaient déjà ; les bouches s'ouvraient
48 III| crochues, pareilles aux animaux à longues pattes du fond
49 III| vant la porte.~ Elle annonça :~ - J'y vas, se leva,
50 II| des hommes.~ L'année s'annonçait bien pour les nouveaux époux.
51 III| fête du village, la fête annuelle et patronale qu'on nomme
52 I| Victor Lecoq, le domestique à Anthime Loisel.~ - Ah ! ah !...
53 III| lui-même, vêtu de sa redingue antique et verdâtre, avait voulu
54 II| approchant des fermes, ils apercevaient une ou deux personnes les
55 I| est ainsi qu'il l'avait aperçue le jour où commença son
56 II| A ce cri, le vieux sourd apparut au haut de son échelle ;
57 II| Des voisins arrivaient, appelaient, frappaient. Il ne les entendait
58 II| mais le lendemain on dut appeler le médecin qui le jugea
59 III| curiosités que les paysans appellent "Faiseux vé de quoi".~
60 II| faisait boire les remèdes, lui appliquait les vésicatoires, allait
61 II| la ténacité sombre qu'il apportait autrefois à ses labeurs
62 II| les ventouses, il fallait apporter une chandelle à l'entrée.
63 I| Amable avait peur du curé par appréhension de la mort qu'il sentait
64 II| auberge à Polyte. Ça vous apprendra à faire le têtu. Et il dégringola
65 I| son père ; il aimait mieux apprendre d'un seul coup la vérité,
66 III| chandelle sur la table et s'approcha de la niche sombre où son
67 II| agonisait son fils. Il n'en approchait point, par haine de la femme,
68 II| vu, puis il rentrait à l'approche du soir.~ Mais de grosses
69 I| de la mort qu'il sentait approcher. Il ne redoutait pas beaucoup
70 I| et le père Amable les approuvait ou les combattait d'une
71 I| en allait par les champs, appuyé sur son bâton, en regardant
72 III| Une échelle restait appuyée contre le tronc du pommier.~
73 II| ils causèrent longtemps appuyés contre la roue de la lourde
74 II| dentelle épaisse de toile d'araignées qui pendaient et flottaient,
75 I| travers les branches des arbres dépouillés qui garantissaient
76 II| sèche, dévoré d'une soif ardente.~ Il alla pourtant jusqu'
77 II| joues rouges, parlait avec ardeur, disait ses raisons, ses
78 I| discussion, avec les mêmes arguments, les mêmes mots, les mêmes
79 III| regardait les loteries, s'arrêtait devant les tirs pour juger
80 III| entre les roues, s'étaient arrêtées l'une après l'autre sur
81 I| pas la première à qui ça arrive, depuis notre mère Eve.~ -
82 II| douloureuse.~ Lorsqu'ils furent arrivés chez eux, il grimpa aussitôt
83 II| fumée des charbons francs arrosés de graisse, de l'odeur puissante
84 | as
85 II| Hé ! vieux dégourdi, t'en as-ti un nez, d'avoir senti de
86 II| embarrassée qui prend les gens assemblés pour une cérémonie. Un des
87 I| méfiant. Quelquefois il s'asseyait sur le bord d'un fossé et
88 III| la table, en face d'une assiette pleine de pommes de terre
89 III| fût revenu. Elle demeurait assise sur une chaise, les mains
90 I| aux malades, aux mourants, assistaient, consolaient, conseillaient,
91 I| le paysan trouva son père attablé déjà, car il s'était mis
92 II| continuait à manger, le regard attaché sur le petit, à qui sa gardienne
93 II| qui le jugea fort malade, atteint d'une fluxion de poitrine.~
94 II| la table de la cuisine et attendit ceux de la famille et les
95 I| petite barrière de bois pour attendre la rentrée du prêtre. Il
96 II| muer.~ Le jeune homme, atterré, le regardait, devinant
97 II| salie par sa barbe longue, au-dessous d'une dentelle épaisse de
98 II| le ciel bleu se déployait au-dessus de la terre blanche sur
99 I| purgatoire, dont il n'avait aucune idée, mais il redoutait
100 | aura
101 I| je n'dormais point. J'l'aurais épousé pour sûr, n'eût-il
102 II| dormait au cimetière.~ Qu'aurait-il fait, le vieux ? Il ne pouvait
103 III| gendarme ou le curé, deux autorités qu'il redoutait d'instinct.
104 II| larve que de tout ce qu'avalaient les autres.~ Le repas
105 I| à toutes les soupes qu'avalerait le petit avant de pouvoir
106 I| les verres, et tailler à l'avance les croûtes pour le déjeuner
107 II| ivresse, s'obstinait à ne pas avancer. plusieurs fois même il
108 II| silence avec une obstination d'avare qui cache des sous, avec
109 I| importance aux champs. Mais son avarice, son instinct profond, féroce,
110 II| combinaisons, ses projets d'avenir ; à la fin il murmura :~ -
111 I| le jeune homme prenait l'avis du vieux, et, formant un
112 II| jeunes blés et les jeunes avoines, en songeant que son éfant
113 III| une affreuse grimace.~30 avril - 4 mai 1886~ ~
114 | ayant
115 I| grand poids.~ Il tenait à bail une petite ferme, toute
116 II| droites comme des manches à balai. Et tous allaient en se
117 II| Et tous allaient en se balançant sur leurs jambes, l'un derrière
118 III| empois, gonflée comme un ballon bleu.~ Tout le pays était
119 III| enfants dans les chars à bancs à deux roues qui sonnaient
120 I| décider la publication des bans.~ L'homme avait saisi
121 II| comme s'il se fût agi d'un baptême ; et les paysans, deux par
122 III| du clairon ; l'orgue de barbarie des chevaux de bois égrenait
123 II| tête creuse, salie par sa barbe longue, au-dessous d'une
124 I| assis auprès de la petite barrière de bois pour attendre la
125 III| ferraille en oscillant comme des bascules. On avait dételé chez des
126 I| les champs, appuyé sur son bâton, en regardant les bêtes
127 I| allait traire les vaches et battait le beurre, ils vivaient
128 III| mon pé, j'vous invite à bé une fine.~ Et ils s'assirent
129 I| furieux.~ Césaire avait beau lui crier dans l'oreille,
130 I| secouait, la broyait en bégayant : - Vrai... Vrai... Vrai...
131 I| échange de pièces blanches, de bel argent luisant dont on payait
132 I| répétait : - Cristi, c'est une belle fille tout de même. C'est
133 II| Céleste. Les terres avaient besoin d'un homme qui les surveillât
134 I| passaient tout doucement, la bête, l'instrument et le laboureur,
135 II| tièdes, un de ces jours bienfaisants où la vie fermente, palpite,
136 II| aurore à la nuit, sous la bise et sous les pluies, le long
137 II| lentement, par la nuit blafarde qu'éclairait la neige. Le
138 II| chaumières coiffée d'un bonnet blanc ; et les pommiers ronds
139 I| finances, en échange de pièces blanches, de bel argent luisant dont
140 I| miette de pain qui vient du blé.~ Puis il grimpait, par
141 II| Il regardait les jeunes blés et les jeunes avoines, en
142 II| chambre, vêtue d'une robe bleue, les épaules couvertes d'
143 III| casquette sur l'oreille et la blouse raidie par l'empois, gonflée
144 I| cidre que mangerait et que boirait ce galopin jusqu'à son âge
145 II| usé, traînant la jambe et boitillant. Et comme il était tout
146 II| sa bonne amie, fêtant son bonheur et lui jetant ses voeux
147 III| dans la bouche ouverte d'un bonhomme peint sur une planche. On
148 II| chaumières coiffée d'un bonnet blanc ; et les pommiers
149 II| maintenant par terre sur deux bottes de paille défaites, allait
150 II| dans l'estomac, à chaque bouchée de pain ou de viande écrasée
151 II| souffrait plus des quelques bouchées sucées par cette larve que
152 II| figures s'animaient déjà ; les bouches s'ouvraient pour crier des
153 II| par haine de la femme, boudant comme un chien jaloux.~
154 II| la vive chaleur de l'eau bouillante.~ Puis il chercha ses
155 III| consistait à jeter une grosse boule de bois dans la bouche ouverte
156 I| continu, tout le long du grand bourrelet de terre que la charrue
157 I| consistait à desserrer les bourses, à vider les poches des
158 III| candide et satisfait ces boutiques modestes qu'ils revoyaient
159 I| de chaume à travers les branches des arbres dépouillés qui
160 I| en l'air, piquaient des brins de colza dans la plaine
161 II| gigot tournant devant la broche, les volailles rissolées
162 I| serrait, la secouait, la broyait en bégayant : - Vrai...
163 I| leurs mâchoires tirant et broyant le foin des râteliers.~
164 I| chevaux restés debout, et le bruit de leurs mâchoires tirant
165 I| devant lui le pot de terre brûlé qui contenait sa soupe,
166 I| étoiles, un de ces soirs brumeux où l'air semble gras d'humidité.
167 I| du sol, comme ils avaient bu depuis soixante-dix ans
168 III| installée en plein air. Ils burent une fine, puis deux fines,
169 I| rhumatismes, ses vieux membres buvaient encore l'humidité du sol,
170 I| pain, après la soupe en buvant un verre de cidre ; puis
171 I| fermes dont on apercevait, çà et là, les toits de chaume
172 II| obstination d'avare qui cache des sous, avec la ténacité
173 II| lieu à l'auberge de Polyte Cacheprune. Vingt couverts avaient
174 II| d'un vagabond, allait se cacher derrière les granges pour
175 II| installé dans une grande caisse à savon, le petit de Céleste
176 I| dans la ferme ; il avait calculé toutes les livres de pain,
177 II| et lourde des nourritures campagnardes.~ On se mit à table à
178 I| bon Dieu au détriment des campagnards.~ Il savait fort bien
179 III| regardaient déjà d'un oeil candide et satisfait ces boutiques
180 II| ne voyait que le bout des canons d'où sortaient de rapides
181 III| on déchire ; les coups de carabine claquaient de seconde en
182 III| Faiseux vé de quoi".~ Les carrioles sales, aux rideaux flottants,
183 II| on lui fit place. On le casa au milieu de la table, en
184 II| entendait pas. Un d'eux cassa la vitre de la fenêtre et
185 I| Il se dressa, les jambes cassées, n'osant plus parler, n'
186 I| ailleurs, les hiérarchies de caste n'existent point, et si
187 II| y a rien de tel qu'eune cataplasme d'andouille ! Ça tient chaud
188 I| Césaire et son père ne causaient presque jamais. De temps
189 III| Lecoq semblait chez lui, causait de temps en temps avec Céleste,
190 I| garde à elle. Ils avaient causé quelques minutes ; puis
191 II| les terres.~ Alors ils causèrent longtemps appuyés contre
192 I| enfermait dans une espèce de cave, un trou noir qui servait
193 II| cortège ; c'était Victor Lecoq célébrant le mariage de sa bonne amie,
194 | celle
195 | cent
196 | cependant
197 I| sabots englués de terre. Certes il voulait épouser Céleste
198 II| procession s'allongeait sans cesse, serpentait, suivant les
199 | cet
200 | ceux
201 II| toucher et rencontra la chair glacée de son visage. Elle
202 II| épaules couvertes d'un petit châle rouge, la tête fleurie d'
203 II| neige avec des mouvements de chaloupe sur la mer.~ Après que
204 II| par le passé. Rien n'était changé sauf que son fils Césaire
205 III| ou huit, piaillaient des chansons ; les gars les suivaient
206 II| tête, sans entendre leur chant léger, il se mit à pleurer
207 II| parfum épais, de la fumée des charbons francs arrosés de graisse,
208 II| du nord, les nuages gris chargés de cette pluie mousseuse
209 III| et leurs enfants dans les chars à bancs à deux roues qui
210 I| sentit quelque chose qui lui chatouillait le fond de la gorge, comme
211 I| elle, il s'étonnait de ce chatouillement nerveux qui recommençait
212 I| étroites fenêtres leur odeur chaude de bêtes vivantes endormies
213 II| prit le vase brûlant, s'y chauffa les mains selon sa coutume :
214 I| ronde du vase, et il se chauffait les mains hiver comme été,
215 I| heure de son dîner en se chauffant les pieds au feu de sa cuisine.~
216 I| çà et là, les toits de chaume à travers les branches des
217 II| Il faisait froid dans les chaumières coiffée d'un bonnet blanc ;
218 I| sorte de niche près de la cheminée, et que la servante s'enfermait
219 III| Victor !~ Il accourut en chemise. Elle ne pouvait plus parler,
220 I| vient du feu, lequel coûte cher, ni une goutte de soupe
221 II| bouillante.~ Puis il chercha ses bâtons et s'en alla
222 III| vieux chien qui flaire. Il cherchait Victor Lecoq. Comme il ne
223 I| haute femelle normande, aux cheveux jaunes, au teint de sang.~
224 II| jupes, montraient leurs chevilles maigres, leurs bas de laine
225 II| grésillant sur le feu vif et clair, emplissaient la maison
226 III| faiseur de tours jouait du clairon ; l'orgue de barbarie des
227 III| les coups de carabine claquaient de seconde en seconde. Et
228 I| garantissaient contre le vent les clos de pommiers.~ Au bord
229 I| des hommes pour emplir le coffre du ciel. C'était une sorte
230 I| couvert de son maître sur un coin de table, devant la fenêtre.
231 I| Amable les approuvait ou les combattait d'une voix lente et creuse
232 II| disait ses raisons, ses combinaisons, ses projets d'avenir ;
233 I| avait aperçue le jour où commença son désir pour elle. Il
234 II| de grosses préoccupations commençaient à hanter l'esprit de Céleste.
235 III| chaque année.~ Dès le commencement de l'après-midi, il y eut
236 I| sorte d'immense maison de commerce dont les curés étaient les
237 I| d'une génisse, lui avait communiqué, à pleins poumons, dans
238 II| maudit toit.~ Césaire comprit qu'il ne réussirait pas,
239 II| main comme un paysan qui conclut un marché, et demanda :~ -
240 II| des champs, le travail, la concorde et la fidélité, tandis que
241 II| quérir sa fiancée et la conduire à la mairie ; mais comme
242 II| mousqueterie. On trouva qu'il se conduisait bien.~ Le repas eut lieu
243 I| que, c'est quasiment une confession.~ Alors l'abbé Raffin
244 I| paysan ; il vit sa mine confuse, son air gêné, ses yeux
245 II| Pour sûr non, ça me connaît.~ Un soir, pourtant,
246 II| Elle le savait, l'ayant connu à l'oeuvre chez ses parents.~
247 II| cultivateur, un maître, qui connût le métier et eût le souci
248 I| assistaient, consolaient, conseillaient, soutenaient, mais tout
249 I| alors que Céleste avait conseillé à Césaire d'aller demander
250 I| sacrements et les messes, les conseils et la protection, le pardon
251 I| Alors l'abbé Raffin considéra avec soin son paysan ; il
252 I| aux mourants, assistaient, consolaient, conseillaient, soutenaient,
253 I| le pot de terre brûlé qui contenait sa soupe, il l'enfermait
254 III| versait à boire, paraissait contente en lui parlant. Le père
255 I| tout remué, comme abêti de contentement. Ça lui faisait même plaisir
256 I| la façon dont il allait conter son affaire.~ L'abbé
257 I| D'un mouvement leste et continu, tout le long du grand bourrelet
258 II| son grenier.~ Et sa vie continua comme par le passé. Rien
259 I| recouvraient la racine et continuaient leur travail. Un homme qui
260 II| oeil ne le quitta plus. Il continuait à manger, le regard attaché
261 II| serpentait, suivant les contours invisibles du chemin, avait
262 I| la regarder pour en être convaincu, pour se sentir tout drôle,
263 I| eût enfoncé une plume de coq par la bouche dans la poitrine ;
264 III| dans l'arbre et coupa la corde. Mais le vieux était déjà
265 II| entrer en lui, dans son vieux corps roidi par les hivers, un
266 II| montra qui regardait le cortège ; c'était Victor Lecoq célébrant
267 III| pendu très haut par le cou au moyen d'un licol d'écurie.~
268 I| paillasse, tandis que le fils couchait en bas, au fond d'une sorte
269 III| de travailler, elle avait couché son fils, mis tout en place,
270 II| si fatigué qu'il dut se coucher sans souper. Il se leva
271 II| midi ; et la soupe aussitôt coula dans les assiettes. Les
272 II| cidre et de vin qui lui coulait par le gosier, il croyait
273 III| la façon d'une pâte qui coule, avec des remous de troupeau,
274 II| est quéque vent qu'aura coulé par çu maudit toit.~
275 III| grimpa dans l'arbre et coupa la corde. Mais le vieux
276 II| la mariée.~ Dès que le couple reparut sur le seuil de
277 I| sourds, perclus de douleurs, courbé, tordu, il s'en allait par
278 I| tandis que cinq femmes, courbées et la croupe en l'air, piquaient
279 III| familles ambulantes des coureurs de foire, directeurs de
280 III| tronc du pommier.~ Victor courut chercher une serpe, grimpa
281 II| endimanchées, la tante et la cousine du marié, puis trois hommes,
282 I| qui vient du feu, lequel coûte cher, ni une goutte de soupe
283 I| gagnerait cent fois ce que coûterait l'enfant. Mais le vieux
284 I| ses pieds en mettant le couvert de son maître sur un coin
285 II| robe bleue, les épaules couvertes d'un petit châle rouge,
286 II| Polyte Cacheprune. Vingt couverts avaient été mis dans la
287 II| Césaire répondit :~ - Je crais ben que oui.~ - Allons,
288 I| marchant il répétait : - Cristi, c'est une belle fille tout
289 III| grises, hautes, maigres, crochues, pareilles aux animaux à
290 I| enfermait dans ses doigts crochus qui semblaient avoir gardé
291 I| cinq femmes, courbées et la croupe en l'air, piquaient des
292 I| et tailler à l'avance les croûtes pour le déjeuner de l'aurore.~
293 II| coulait par le gosier, il croyait regagner quelque chose de
294 III| fut devant sa porte, il crut voir par la fenêtre éclairée
295 II| quéque vent qu'aura coulé par çu maudit toit.~ Césaire
296 II| prendre sa part. A chaque cuillerée de soupe qui lui tombait
297 I| emportée pour laver les cuillers, essuyer les verres, et
298 II| ne pouvait gouverner la culture, suivre le prix des grains,
299 I| maison de commerce dont les curés étaient les commis, commis
300 III| surexcitaient l'envie et la curiosité des gamins.~ Dès le matin
301 III| divers, ou montreurs de curiosités que les paysans appellent "
302 I| soupçons, et, prévoyant un danger, il se disposait à grimper
303 I| sur coup, sans s'expliquer davantage :~ - J' veux point !
304 I| une colère folle s'était déchaînée en lui contre Césaire qui
305 III| comme des étoffes qu'on déchire ; les coups de carabine
306 I| épargne.~ - Et ça ne le décide pas. Alors tu veux que je
307 II| alla fermer la porte en dedans pour empêcher la femme de
308 II| sur deux bottes de paille défaites, allait voir si son homme
309 I| Allons, maintenant, défile ton chapelet.~ Le gars
310 II| ses mains : - Hé ! vieux dégourdi, t'en as-ti un nez, d'avoir
311 I| commis sournois, rusés, dégourdis comme personne, qui faisaient
312 II| apprendra à faire le têtu. Et il dégringola l'échelle, puis se mit en
313 I| avance les croûtes pour le déjeuner de l'aurore.~ Un coup
314 I| oui. Viens-t'en me trouver demain, midi, pour décider la publication
315 II| oranger.~ Mais chacun demandait à Césaire :~ - Oùs qu'
316 I| conseillé à Césaire d'aller demander l'aide de leur curé.~
317 III| le jeu de massacre. Il y demeura longtemps, ravi quand un
318 I| en restaient là, sans en démordre l'un et l'autre, reprenant,
319 II| longue, au-dessous d'une dentelle épaisse de toile d'araignées
320 II| Allons, mon pé, dépêchez-vous, v'là d'la bonne soupe.~
321 II| disparu, et le ciel bleu se déployait au-dessus de la terre blanche
322 I| les branches des arbres dépouillés qui garantissaient contre
323 II| pencha vers le vieillard, déroula sa couverture, le prit par
324 III| table, tandis que l'homme se déshabillait avec tranquillité. Puis
325 I| le jour où commença son désir pour elle. Il la connaissait
326 I| la religion consistait à desserrer les bourses, à vider les
327 III| des feuillages éclairés en dessous, le père Amable, pendu très
328 III| comme des bascules. On avait dételé chez des amis ; et les cours
329 II| jetant ses voeux avec les détonations de la poudre. Il avait embauché
330 I| affaires du bon Dieu au détriment des campagnards.~ Il
331 II| famille et les amis qui devaient venir le prendre.~ Depuis
332 III| dans l'assemblée. Ses idées devenaient un peu troubles, il souriait
333 II| semences d'automne était devenue livide, endormie sous un
334 I| le valet est économe, il devient, en prenant une ferme à
335 II| atterré, le regardait, devinant sa ruse.~ - Allons, pé,
336 II| argent que tous ces goinfres dévoraient, sauver une parcelle de
337 II| brûlant, la langue sèche, dévoré d'une soif ardente.~
338 I| beaucoup le bon Dieu, ni le diable, ni l'enfer, ni le purgatoire,
339 III| III~~ Ce dimanche-là, c'était la fête du village,
340 II| la grande salle où l'on dînait aux jours de marché ; et
341 I| visite au presbytère. Ils dînèrent en silence, face à face,
342 II| Eh ben ! vous n' dînerez point, puisque j'faisons
343 I| encore que des images nées directement des objets, les pensées
344 III| ambulantes des coureurs de foire, directeurs de loterie, de tirs, de
345 II| suivre le prix des grains, diriger la vente et l'achat du bétail.
346 III| sans entendre ce qu'ils disaient. Quand il eut fini de souper (
347 I| semaine au moins, la même discussion, avec les mêmes arguments,
348 I| prévoyant un danger, il se disposait à grimper son échelle, quand
349 I| pas sur le chemin, et il distingua bientôt, quoique la nuit
350 II| mon pé, faut retourner, dit-il.~ Et il lui mit ses deux
351 I| Tout juste. Vous l' dites !~ - Et qu'est-ce que
352 III| loterie, de tirs, de jeux divers, ou montreurs de curiosités
353 I| il l'enfermait dans ses doigts crochus qui semblaient avoir
354 II| sourd murmura d'une voix dolente :~ - J'peux pu. J'ai
355 I| Victor, Victor Lecoq, le domestique à Anthime Loisel.~ -
356 I| envie de cette fille aussi dominatrice qu'un pouvoir d'enfer. Il
357 I| fille tout de même. C'est dommage qu'elle ait fauté avec Victor.~
358 II| seule à la maison, c'qui m'donne du tracas vu les terres.~
359 III| et profonde où elle avait dormi avec Césaire.~ La porte
360 II| derrière les granges pour dormir une heure ou deux, comme
361 II| comme les nouveaux mariés ne dormirent point tout de suite, ils
362 III| dehors, faudrait voir s'il n'dort point sur l'banc d'vant
363 III| vers la ferme. Une ombre douce, l'ombre tiède des soirs
364 II| sorte de plainte longue et douloureuse.~ Lorsqu'ils furent arrivés
365 I| l'enfant. Mais le vieux doutait de ces mérites, tandis qu'
366 I| Par moralité ? Non sans doute. La vertu d'une fille n'
367 I| tandis qu'il ne pouvait douter de l'existence du petit ;
368 II| endormie sous un grand drap de glace.~ Il faisait
369 I| de la soutane.~ Il se dressa, les jambes cassées, n'osant
370 III| Puis une tente s'était dressée devant chaque demeure voyageuse,
371 II| voir, pour lui donner des drogues, lui poser les ventouses,
372 II| leurs quilles osseuses, droites comme des manches à balai.
373 I| convaincu, pour se sentir tout drôle, tout remué, comme abêti
374 II| Les récoltes poussaient drues et vivaces ; on n'eut point
375 II| les autres.~ Le repas dura jusqu'au soir. puis chacun
376 II| de la vive chaleur de l'eau bouillante.~ Puis il
377 I| cela moyennant finances, en échange de pièces blanches, de bel
378 II| rêvât, soit qu'il laissât s'échapper sa pensée par sa bouche,
379 II| par la nuit blafarde qu'éclairait la neige. Le vieux sourd,
380 III| crut voir par la fenêtre éclairée deux personnes dans la maison.
381 II| église, des coups de fusil éclatèrent dans le fossé du cimetière.
382 I| point, et si le valet est économe, il devient, en prenant
383 II| tôt et rentrait tard, pour économiser le prix d'un valet.~
384 II| parlait jamais.~ L'hiver s'écoula. Il fut long et rude. Puis
385 II| bouchée de pain ou de viande écrasée sur ses gencives, à chaque
386 III| cou au moyen d'un licol d'écurie.~ Une échelle restait
387 I| il entendait au pied des écuries le piétinement des chevaux
388 I| piquer son colza.~ En effet l'homme qui s'en allait
389 I| esprit du paysan tout l'effort de la religion consistait
390 II| sortir de sa couche profonde. Effrayée elle demanda :~ - Eh
391 I| une ferme à son tour, l'égal de son ancien maître. Césaire
392 II| reparut sur le seuil de l'église, des coups de fusil éclatèrent
393 III| barbarie des chevaux de bois égrenait dans l'air ses notes pleurardes
394 II| et comme il vit Céleste s'élancer dehors pour chercher du
395 I| révolté à l'idée que son fils élèverait un enfant qu'il n'avait
396 III| indifférent, répondit :~ - T'en éluge point. I rentrera ben quand
397 II| timidité, de cette tristesse embarrassée qui prend les gens assemblés
398 II| détonations de la poudre. Il avait embauché des amis, cinq ou six valets
399 I| enfant dans ses bras. Il l'embrassa de nouveau et le remit sur
400 III| enfant sur ses genoux et l'embrassait. Et Céleste lui redonnait
401 I| de l'enfant, le prit et l'embrasse. Alors une des femmes se
402 I| lui faisait même plaisir d'embrasser le petit, le petit de Victor,
403 I| voulait pas que son espoir s'émiettât à chaque refus obstiné de
404 I| qui servait autrefois à emmagasiner les pommes de terre.~
405 I| garçon, qui est-ce qui t'en empêche ?~ - C'est l' pé qui
406 II| la porte en dedans pour empêcher la femme de rentrer et reprendre
407 I| les poches des hommes pour emplir le coffre du ciel. C'était
408 II| sur le feu vif et clair, emplissaient la maison d'un parfum épais,
409 I| Victor Lecoq, simple valet employé alors dans la ferme de ses
410 III| et la blouse raidie par l'empois, gonflée comme un ballon
411 I| la petite servante avait emportée pour laver les cuillers,
412 II| entrèrent, des paysannes endimanchées, la tante et la cousine
413 II| automne était devenue livide, endormie sous un grand drap de glace.~
414 I| chaude de bêtes vivantes endormies sur le fumier ; et il entendait
415 I| connaissait cependant depuis l'enfance, mais jamais, comme ce matin-là,
416 II| sillons de terre brune qui enfantaient le pain des hommes.~
417 III| avec leurs femmes et leurs enfants dans les chars à bancs à
418 | enfin
419 II| toutes ses larmes, les joues enflée et les yeux rouges. Alors
420 I| venait de retourner, elles enfonçaient une pointe de bois, puis
421 I| gorge, comme si on lui eût enfoncé une plume de coq par la
422 I| autre ses lourds sabots englués de terre. Certes il voulait
423 III| point, elle murmura avec ennui, avec humeur :~ - I nous
424 II| point tout de suite, ils entendirent longtemps le vieux qui remuait
425 III| arrêta, fort surpris, puis il entra et il aperçut Victor Lecoq
426 III| Amable reparut. Dès qu'il fut entré, il regarda de tous les
427 I| Alors Césaire s'était mis à énumérer ses raisons, à dire les
428 II| une inquiétude venait d'envahir, grimpa l'échelle du grenier
429 II| au-dessous d'une dentelle épaisse de toile d'araignées qui
430 II| comme au joli mois de leur épanouissement.~ Ce jour-là, les gros
431 I| paysans travaillaient encore, épars dans les champs, en attendant
432 I| des cours, car c'était l'époque où on ramassait les plus
433 I| dormais point. J'l'aurais épousé pour sûr, n'eût-il point
434 II| cri, un long cri de femme épouvantée. Il était mort.~ A ce
435 I| son air gêné, ses yeux errants, et il ordonna :~ - Maria,
436 III| père Amable recommença à errer dans l'assemblée. Ses idées
437 | es
438 I| servante s'enfermait dans une espèce de cave, un trou noir qui
439 III| ménage, lava les assiettes, essuya la table, tandis que l'homme
440 I| pour laver les cuillers, essuyer les verres, et tailler à
441 II| soupe qui lui tombait dans l'estomac, à chaque bouchée de pain
442 I| dit au pays du cidre. Les étables, quand Césaire longeait
443 III| baraques s'étaient ouvertes, étalant leurs splendeurs de verre
444 II| fut simple, les mariés n'étant pas riches. Césaire, vêtu
445 II| ne répondit pas.~ Elle étendit la main pour le toucher
446 III| loteries grinçait comme des étoffes qu'on déchire ; les coups
447 I| sans lune, un soir sans étoiles, un de ces soirs brumeux
448 I| trouvait près d'elle, il s'étonnait de ce chatouillement nerveux
449 II| femme et l'enfant comme des étrangers qu'il ne connaissait pas,
450 III| fermes étaient pleines d'étranges guimbardes grises, hautes,
451 I| murs, soufflaient par leurs étroites fenêtres leur odeur chaude
452 I| plus précoces, les pommes "euribles" comme on dit au pays du
453 II| relevant leur torse comme s'ils eussent fait marcher une pompe.
454 I| aurais épousé pour sûr, n'eût-il point été un serviteur.
455 I| arrive, depuis notre mère Eve.~ - Un éfant avec Victor,
456 I| se formulaient que par l'évocation d'une grande fille rouge,
457 II| peu d'argent en poche, un excellent cultivateur. Elle le savait,
458 II| jaillit des gorges. Malivoire, excité par le succès reprit :~ -
459 I| il ne pouvait douter de l'existence du petit ; et il répondait,
460 I| les hiérarchies de caste n'existent point, et si le valet est
461 I| répondait, coup sur coup, sans s'expliquer davantage :~ - J' veux
462 I| puissance sur lui, mais il l'exprimait par ces mots : "J'en sieus
463 I| connaissait son homme et qui ne se fâchait jamais, se mit à rire.~ -
464 I| Alors le père s'était fâché. Pourquoi ? Par moralité ?
465 I| Céleste, qui connaissait cette faiblesse du vieux, poussait Césaire
466 III| sous de chandelle, ce vieux fainéant.~ Victor répondit au
467 I| dégourdis comme personne, qui faisaient les affaires du bon Dieu
468 III| la lumière et sortit en faisant un abat-jour de sa main
469 III| gênées de leur repos.~ Un faiseur de tours jouait du clairon ;
470 III| que les paysans appellent "Faiseux vé de quoi".~ Les carrioles
471 II| dînerez point, puisque j'faisons le r'pas à l'auberge à Polyte.
472 | faites
473 III| foraines où jettent les familles ambulantes des coureurs
474 II| ouvraient pour crier des farces, les yeux riaient avec des
475 II| pourtant, il rentra si fatigué qu'il dut se coucher sans
476 III| heure qu'il est dehors, faudrait voir s'il n'dort point sur
477 I| s'inquiétait guère de sa faute. Tant pis après tout ; cela
478 II| terre brune, la terre déjà fécondée par les semences d'automne
479 II| accouplement en leur promettant la fécondité, puis il leur prêcha les
480 I| et des épaules, une haute femelle normande, aux cheveux jaunes,
481 I| soufflaient par leurs étroites fenêtres leur odeur chaude de bêtes
482 I| allait ne pas réussir, que ferait-il ? Il n'osait y penser tant
483 II| jours bienfaisants où la vie fermente, palpite, fleurit sur toute
484 II| comprenant soudain, alla fermer la porte en dedans pour
485 I| avarice, son instinct profond, féroce, d'épargne, s'était révolté
486 III| deux roues qui sonnaient la ferraille en oscillant comme des bascules.
487 II| mariage de sa bonne amie, fêtant son bonheur et lui jetant
488 III| y a du bon ragoût pour fêter l'assemblée.~ Alors il
489 III| il aperçut, au milieu des feuillages éclairés en dessous, le
490 I| terres nues et mouillées, des feuilles tombées, de l'herbe morte,
491 II| que le maire eut lié les fiancés dans la petite maison municipale,
492 II| travail, la concorde et la fidélité, tandis que l'enfant, pris
493 II| retournait sur sa paillasse, fiévreux, le front brûlant, la langue
494 II| vivement, tâta à son tour la figure de son fils et, comprenant
495 II| dans les assiettes. Les figures s'animaient déjà ; les bouches
496 III| sorties par hasard.~ Les filles, se tenant par le bras par
497 II| projets d'avenir ; à la fin il murmura :~ - Oui,
498 I| mais tout cela moyennant finances, en échange de pièces blanches,
499 III| allures de vieux chien qui flaire. Il cherchait Victor Lecoq.
500 I| grande fille rouge, large du flanc, de la taille et des épaules,
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