Scène
1 | 18
2 II| les maris. ~18 novembre 1884~ ~
3 I| teigne... au moral. A-t-elle eu des amants ? En ai-je
4 II| Dans le premier cas, on accepte toutes les charges, tous
5 II| M. DE GARELLE. - Alors acceptez la chaîne. ~ La Voix. -
6 I| et dont la séduction s'accroît de toutes les perfections
7 II| qui mérite mieux que votre accueil de tout à l'heure. ~
8 II| à son amant avec tout l'acharnement qu'elle met à tromper son
9 II| CHANTEVER, bas. - Mon mari ! Adieu. ~ M. DE GARELLE, se
10 II| DE CHANTEVER. - Et bien, admettez un moment que je vous ai
11 I| qui ne comprennent pas l'adorable sensation des voiles levés
12 | Ah
13 II| torts, en admettant que j'en aie eu. ~ Mme DE CHANTEVER,
14 I| coeur sans que mes yeux aient vu sa forme, et dont la
15 II| ce qui prouve que je vous aimais. Je vous ai battue, ce qui
16 II| Vous ne m'avez jamais aimée. ~ M. DE GARELLE. - Je
17 I| Où est-elle, celle qui m'aimera demain et que j'aimerai ?
18 I| m'aimera demain et que j'aimerai ? Comment seront ses yeux,
19 | ainsi
20 | ait
21 II| M. DE GARELLE. - Vous allez voir. ~ Mme DE CHANTEVER. -
22 I| a de la taille, et de l'allure. Tâchons de voir... la tête. ~
23 I| moral. A-t-elle eu des amants ? En ai-je souffert de ce
24 II| DE GARELLE. - Ma chère amie, vous raisonnez fort mal.
25 I| griserie des découvertes amoureuses tout le mystère de l'inexploré
26 I| Bon, je vais redevenir amoureux d'elle... ~ Si je lui
27 I| garçon ! A Paris, je ne m'en apercevais guère. En voyage, c'est
28 I| passe près de lui sans l'apercevoir, enfoncé~dans son fauteuil.
29 II| voudrez. Quand je vous ai aperçue, il m'a été impossible de
30 II| Nullement. Votre amour m'appartenait, n'est-ce pas ? Vos baisers
31 II| Une voix dans l'escalier appelant : Mathilde. ~~ Mme DE
32 II| voix de M. de Chantever l'appeler comme ça "Mathilde", avec
33 II| connaissez la comédie qui s'appelle le Mari cocu, battu et content.
34 II| SCÈNE II~ Il s'approche de la jeune femme qui lit
35 II| Il est juste que mon tour arrive. Ce qui est trop fort, c'
36 | assez
37 I| maintenant ?... Bon, elle s'est assise et elle prend Gil-Blas.
38 I| Et je la rencontrerai assurément aujourd'hui ou demain, cette
39 II| je regrette d'ailleurs. J'attendais plutôt, je l'avoue, des
40 I| plus le charme exquis de l'attente ? La vraie femme que j'aime
41 II| jeune femme qui lit avec~attention Gil-Blas, et d'une voix
42 | aura
43 I| je la trouve ! ~ Et j'aurai, tout entière, la joie délicieuse
44 | avaient
45 II| suffit pas. Il me faut un aveu. ~ Mme DE CHANTEVER. -
46 II| crois, madame. Et avec qui m'avez-vous trompé ? ~ Mme DE CHANTEVER. -
47 II| peut exister que si vous m'aviez trompé. ~ Mme DE CHANTEVER. -
48 | avons
49 II| La voici. Vous venez d'avouer que j'ai été, grâce à vous,
50 II| vous passe le mot, mais avouez la chose. ~ Mme DE CHANTEVER. -
51 II| jouons pas sur les mots et avouez-moi franchement que j'étais... ~
52 II| en admettant que vous en ayez eu ? Mais vous perdez la
53 II| êtres ridicules, toujours bafoués, quoi qu'ils fassent, comiques
54 II| M. DE GARELLE, lui baisant la main. - Je vous aime... ~
55 I| joie délicieuse du premier baiser, des premières caresses,
56 II| et veut s'enfuir. Il lui barre~le chemin, et, humblement :~~ -
57 | bas
58 II| ai plus le droit de vous battre : il faut bien que je me
59 II| s'appelle le Mari cocu, battu et content. Eh bien, ai-je
60 I| la taille cambrée.~~ Bigre ! elle a de la taille, et
61 II| Mme DE CHANTEVER, blessée. - Le fait est que vous
62 I| dans mes bras ? Brune ou blonde ? grande ou petite ? rieuse
63 I| première femme qui me tendra sa bouche et que j'envelopperai dans
64 II| encore aujourd'hui notre boulet... ~ Mme DE CHANTEVER,
65 II| est une chaîne qu'on ne brise pas. - Nous avons coupé
66 I| envelopperai dans mes bras ? Brune ou blonde ? grande ou petite ?
67 II| Mme de Chantever lève brusquement la tête,~pousse un cri,
68 I| ai peut-être été un peu brutal tout de même. ~ Si je
69 II| déplaisent autant que vos brutalités. ~ M. DE GARELLE. - Que
70 II| CHANTEVER, stupéfaite. - Ah çà, vous êtes fou ? ou bien
71 I| élégante, fine, la taille cambrée.~~ Bigre ! elle a de
72 I| fauteuil.~~ Me voici à Cannes, en garçon, drôle de chose.
73 II| qui frappe une femme est capable de tout. ~ M. DE GARELLE. -
74 | car
75 I| premier baiser, des premières caresses, toute la griserie des découvertes
76 | cependant
77 I| désire, pourvu que je sois certain de la rencontrer ! Et je
78 II| M. DE GARELLE. - Mais certainement. ~ Mme DE CHANTEVER. -
79 I| au soir sans obtenir de certitude ! ~ En ai-je fait des
80 II| jour où la personne aura cessé de plaire. Cela ne se ressemble
81 I| cette porte ? Dans une des chambres de cette maison, tout près,
82 I| Midi, en garçon ! Quelle chance ! N'est-ce pas charmant
83 II| cas, on accepte toutes les charges, tous les ennuis, et toutes
84 I| Quelle chance ! N'est-ce pas charmant de voyager avec l'éternel
85 II| rendre aujourd'hui les heures charmantes que vous m'avez volées quand
86 I| mystère de l'inexploré aussi charmants, le premier jour, qu'une
87 I| qui ne connaissent plus le charme exquis de l'attente ? La
88 I| quelle coquette, et quelle charmeuse, pour ceux qui ne l'avaient
89 II| enfuir. Il lui barre~le chemin, et, humblement :~~ -
90 II| M. DE GARELLE. - Ma chère amie, vous raisonnez fort
91 I| ses yeux, ses lèvres, ses cheveux, son sourire ? Comment sera-t-elle,
92 I| murmure :~~ Sacré nom d'un chien, c'est ma femme ! ma femme,
93 II| garder, des preuves, de ces choses-là... et..., à moins d'un flagrant
94 II| madame. Vous connaissez la comédie qui s'appelle le Mari cocu,
95 II| bafoués, quoi qu'ils fassent, comiques s'ils se taisent, et plus
96 II| songez-y, si je n'avais point commis l'infamie de vous frapper,
97 II| indubitable que vous me devez une compensation plus sérieuse et d'une autre
98 II| reçus par vous sont loin de compenser l'outrage et le dommage
99 II| M. DE GARELLE. - Bon. Je comprends. Donc, j'étais avec vous,
100 I| Oh ! les imbéciles qui ne comprennent pas l'adorable sensation
101 I| dans le bras droit, sans compter le plaisir de taper à coeur
102 II| se levant. - Je vais vous conduire près de lui et me présenter. ~
103 II| peut-être que vous vous êtes conduit envers moi le mieux du monde. ~
104 II| à fait à plaindre, je le confesse, et... ~ Mme DE CHANTEVER. -
105 II| DE CHANTEVER. - Oh ! ne confondons pas. Épouser une femme prouve
106 II| l'outrage et le dommage conjugal que j'ai éprouvés de votre
107 II| qu'il aime ou je ne m'y connais pas en amour. ~ Mme DE
108 II| GARELLE. - Oui, madame. Vous connaissez la comédie qui s'appelle
109 I| premier jour, qu'une virginité conquise ! Oh ! les imbéciles qui
110 II| avoir pour nous deux les conséquences les plus sérieuses, demeurerait
111 II| appelle le Mari cocu, battu et content. Eh bien, ai-je été ou n'
112 II| avez été battue, et pas contente... ~ Mme DE CHANTEVER,
113 I| quelle menteuse, et quelle coquette, et quelle charmeuse, pour
114 II| est qu'une ficelle qu'on coupe à volonté, et devenez l'
115 II| brise pas. - Nous avons coupé la ficelle, je vous offre
116 I| cravache de dix francs et une courbature dans le bras droit, sans
117 I| même, le divorce ! Ça m'a coûté une cravache de dix francs
118 II| Vous n'avez rien à craindre, madame, je ne suis plus
119 I| parlais ? Ça serait drôle, et crâne, après tout. Sacrebleu,
120 I| Je n'ai jamais vu une créature plus séduisante quand elle
121 II| brusquement la tête,~pousse un cri, et veut s'enfuir. Il lui
122 I| dirais-je ? ~ Et puis elle va crier au secours, au sujet de
123 I| épousée ! Étais-je cocu ? Cristi ! quelle torture de se demander
124 II| GARELLE, sérieux. - Je vous crois, madame. Et avec qui m'avez-vous
125 I| tout à l'heure, ou sur la Croisette, ou dans la rue peut-être ?
126 II| battue, ce qui le prouve davantage encore, et battue très fort,
127 I| caresses, toute la griserie des découvertes amoureuses tout le mystère
128 II| fauteuil~et se laisse tomber dedans.~~ Eh bien ! vrai. J'
129 II| infâme, qui me révolte et me dégoûte. ~ M. DE GARELLE. - Je
130 I| aurai, tout entière, la joie délicieuse du premier baiser, des premières
131 II| à moins d'un flagrant délit... (Après un silence.) Il
132 I| Cristi ! quelle torture de se demander cela du matin au soir sans
133 I| fait des marches et des démarches pour l'épier, sans rien
134 II| conséquences les plus sérieuses, demeurerait sans valeur si je n'avais
135 II| battue très fort, ce qui le démontre victorieusement. Or, si
136 II| CHANTEVER. - Vos galanteries me déplaisent autant que vos brutalités. ~
137 | depuis
138 I| est-elle ? Dans cet hôtel, derrière cette porte ? Dans une des
139 II| Mais votre figure m'est si désagréable... ~ M. DE GARELLE. -
140 I| importe, pourvu que je la désire, pourvu que je sois certain
141 I| Inconnue, l'Espérée, la Désirée, celle qui hante mon coeur
142 I| avait une manière de sauter dessus et de se glisser dans les
143 II| qu'on coupe à volonté, et devenez l'amant de cette femme :
144 II| l'épouser d'abord et de devenir son amant ensuite, cela
145 II| êtes dure, madame. Vous ne devriez pas cependant, me semble-t-il,
146 II| pitié dont je vous reconnais digne est imméritée, c'est que
147 II| Ici - ce soir - après dîner. ~ M. DE GARELLE, lui
148 I| parlais ?... Mais que lui dirais-je ? ~ Et puis elle va crier
149 | dis
150 II| DE CHANTEVER. - Et si je disais oui... vous pourriez... ~
151 II| allais vous faire, vous disais-je une proposition grave, très
152 II| plaisir, avec la faculté de disparaître le jour où la personne aura
153 II| Est-ce vrai ? Vous en avez distrait une partie au bénéfice d'
154 | dix
155 I| que moi ? Quel imbécile ça doit être pour l'avoir épousée
156 II| compenser l'outrage et le dommage conjugal que j'ai éprouvés
157 | Donc
158 II| Gil-Blas, et d'une voix douce :~~ - Me permettez-vous,
159 II| M. de Garelle retourne doucement à son fauteuil~et se laisse
160 I| En ai-je souffert de ce doute-là ? Maintenant, zut ! ça ne
161 I| et de se glisser dans les draps... ~ Bon, je vais redevenir
162 II| ce qui est légitimement dû. ~ Mme DE CHANTEVER. -
163 II| DE GARELLE. - Vous êtes dure, madame. Vous ne devriez
164 II| Vos baisers m'étaient dus, tous vos baisers, sans
165 II| vivement. - Je vous en prie, écoutez-moi une minute. J'étais jaloux,
166 I| Ma femme ! Quel drôle d'effet ça m'a produit. Ma femme !
167 II| comme vous avez fait à mon égard. La preuve est là. Tandis
168 I| traverse le fond du promenoir,~élégante, fine, la taille cambrée.~~
169 | elles
170 II| reprocher aujourd'hui un emportement que je regrette d'ailleurs.
171 | Enfin
172 I| de lui sans l'apercevoir, enfoncé~dans son fauteuil. Il murmure :~~
173 II| pousse un cri, et veut s'enfuir. Il lui barre~le chemin,
174 II| toutes les charges, tous les ennuis, et toutes les responsabilités
175 II| DE GARELLE. - Comment l'entendez-vous ? On peut le comprendre
176 II| charmante encore depuis que j'ai entendu la voix de M. de Chantever
177 I| Et j'aurai, tout entière, la joie délicieuse du premier
178 I| plus séduisante quand elle entrait au lit. Elle avait une manière
179 I| tendra sa bouche et que j'envelopperai dans mes bras ? Brune ou
180 II| que vous vous êtes conduit envers moi le mieux du monde. ~
181 I| Est-ce que je vais avoir envie de la répouser maintenant ?...
182 I| et des démarches pour l'épier, sans rien savoir. Dans
183 II| l'épouser, parce qu'en l'épousant on est sûr qu'elle vous
184 II| volées quand j'étais votre époux, pour les offrir à je ne
185 II| dommage conjugal que j'ai éprouvés de votre fait, et il est
186 II| Henry. ~Une voix dans l'escalier appelant : Mathilde. ~~
187 II| Mme DE CHANTEVER. - J'espère que cette plaisanterie est
188 I| moi, c'est l'Inconnue, l'Espérée, la Désirée, celle qui hante
189 I| de voyager avec l'éternel espoir de l'amour qui rôde ? Que
190 I| femme est remariée !~ Est-il heureux, lui, mon successeur,
191 I| avaient point épousée ! Étais-je cocu ? Cristi ! quelle torture
192 I| charmant de voyager avec l'éternel espoir de l'amour qui rôde ?
193 II| grâce à vous, un de ces êtres ridicules, toujours bafoués,
194 II| tous vos baisers, sans exception. Est-ce vrai ? Vous en avez
195 II| DE CHANTEVER. - Ça, par exemple, c'est trop fort. ~ M.
196 I| premiers temps nous jouions à l'exercice - gauche - droite - gauche -
197 II| dire, puisqu'elle ne peut exister que si vous m'aviez trompé. ~
198 II| je n'ose pas... Enfin... Expliquez ça comme vous voudrez. Quand
199 I| connaissent plus le charme exquis de l'attente ? La vraie
200 II| grotesques encore s'ils se fâchent, qu'on nomme des maris trompés.
201 I| grâce à Naquet. Comme c'est facile tout de même, le divorce !
202 II| peut le comprendre de deux façons. Cela veut dire, soit que
203 II| que le plaisir, avec la faculté de disparaître le jour où
204 I| et elle prend Gil-Blas. Faisons le mort. ~ Ma femme !
205 II| entre une femme et vous, faites-la épouser par un autre, le
206 II| second cas, on laisse ces fardeaux au légitime propriétaire
207 II| toujours bafoués, quoi qu'ils fassent, comiques s'ils se taisent,
208 I| suivante, tôt ou tard ; mais il faudra bien que je la trouve ! ~
209 II| est possible. Mais votre figure m'est si désagréable... ~
210 I| du promenoir,~élégante, fine, la taille cambrée.~~
211 I| penser. Et une poitrine, d'un fini. Ouf ! Dans les premiers
212 II| choses-là... et..., à moins d'un flagrant délit... (Après un silence.)
213 I| voyage, c'est autre chose. Ma foi, je ne m'en plains pas. ~
214 I| voiles levés pour la première fois. Oh ! les imbéciles qui
215 I| que mes yeux aient vu sa forme, et dont la séduction s'
216 I| femme que je soupçonnais fortement de me tromper ! ~ Quelle
217 II| DE CHANTEVER. - Ça, c'est franc, du moins. Mais si vous
218 II| sur les mots et avouez-moi franchement que j'étais... ~ Mme
219 I| coûté une cravache de dix francs et une courbature dans le
220 II| D'ailleurs, un homme qui frappe une femme est capable de
221 II| commis l'infamie de vous frapper, nous traînerions encore
222 I| quelle jambe ! J'en ai des frissons rien que d'y penser. Et
223 II| Mme DE CHANTEVER. - Une gageure, alors, à moins que ce ne
224 II| Mme DE CHANTEVER. - Vos galanteries me déplaisent autant que
225 II| légitime propriétaire et on ne garde que le plaisir, avec la
226 II| Mais on n'en peut pas garder, des preuves, de ces choses-là...
227 I| de sauter dessus et de se glisser dans les draps... ~ Bon,
228 I| bras ? Brune ou blonde ? grande ou petite ? rieuse ou sévère ?
229 I| premières caresses, toute la griserie des découvertes amoureuses
230 II| ils se taisent, et plus grotesques encore s'ils se fâchent,
231 I| est jolie tout de même, la gueuse... ~ Est-ce que je vais
232 I| Espérée, la Désirée, celle qui hante mon coeur sans que mes yeux
233 II| riant. - Ne faites pas ça, Henry. ~Une voix dans l'escalier
234 II| me rendre aujourd'hui les heures charmantes que vous m'avez
235 II| GARELLE. - Que si vous étiez heureuse avec celui qui a pris ma
236 I| Maintenant, je vais passer l'hiver dans le Midi, en garçon !
237 II| comme on fait pour les vols honteux. ~ Mme DE CHANTEVER. -
238 II| lui barre~le chemin, et, humblement :~~ - Vous n'avez rien
239 | Ici
240 II| SCÈNE II~ Il s'approche de la jeune
241 I| plus heureux que moi ? Quel imbécile ça doit être pour l'avoir
242 I| aussi des tares morales importantes. ~ Quelle rouée, et quelle
243 II| suffire. ~ M DE GARELLE, s'inclinant. - Alors, vous êtes prête
244 I| que j'aime moi, c'est l'Inconnue, l'Espérée, la Désirée,
245 II| Mme DE CHANTEVER, indignée. - Comment ? en admettant
246 II| est là. Tandis qu'il est indiscutable qu'une maîtresse reste fidèle
247 II| M. DE GARELLE. - Il est indispensable que je sache son nom. ~
248 II| Si vous voulez qu'un lien indissoluble se lie entre une femme et
249 I| amoureuses tout le mystère de l'inexploré aussi charmants, le premier
250 II| Ne prononcez pas ce mot infâme, qui me révolte et me dégoûte. ~
251 II| je n'avais point commis l'infamie de vous frapper, nous traînerions
252 II| que ce ne soit une simple insolence. D'ailleurs, un homme qui
253 II| Mme DE CHANTEVER. - Insolent ! Et cette proposition ?... ~
254 II| levant. - Monsieur, vous m'insultez. ~ M. DE GARELLE, vivement. -
255 II| M. DE GARELLE. - Il est inutile de vous la dire, puisqu'
256 II| vraiment aimable, vous vous en irez. M. DE GARELLE. - Je
257 I| considérables ; quelle jambe ! J'en ai des frissons rien
258 II| II~ Il s'approche de la jeune femme qui lit avec~attention
259 I| aurai, tout entière, la joie délicieuse du premier baiser,
260 I| femme de Chantever. Elle est jolie tout de même, la gueuse... ~
261 I| les premiers temps nous jouions à l'exercice - gauche -
262 II| M. DE GARELLE. - Ne jouons pas sur les mots et avouez-moi
263 I| Il est vrai que le jugement a été prononcé à son bénéfice
264 II| levant la main. - Je le jure. ~ M. DE GARELLE, sérieux. -
265 II| Alors, vous êtes prête à le jurer. ~ Mme DE CHANTEVER,
266 II| plaisanterie, monsieur. Veuillez me laisser seule. ~ M. DE GARELLE. -
267 II| M. DE GARELLE. - Vous le laissez entendre. ~ Mme DE CHANTEVER.
268 II| Mme DE CHANTEVER. - Laissez-moi. ~ M. DE GARELLE. - Où
269 II| on laisse ces fardeaux au légitime propriétaire et on ne garde
270 II| refuser de rendre ce qui est légitimement dû. ~ Mme DE CHANTEVER. -
271 I| voiles-là... il ne faut pas les lever trop souvent... sur le même
272 I| adorable sensation des voiles levés pour la première fois. Oh !
273 I| Comment seront ses yeux, ses lèvres, ses cheveux, son sourire ?
274 II| de cette femme : l'amour libre est une chaîne qu'on ne
275 II| un lien indissoluble se lie entre une femme et vous,
276 II| vrai ? Si vous voulez qu'un lien indissoluble se lie entre
277 II| importe que la restitution ait lieu, restitution sans scandale,
278 I| une des chambres de cette maison, tout près, ou loin encore ?
279 II| amie, vous raisonnez fort mal. Quand on aime une femme,
280 II| faut que vous soyez fort malheureuse. Mme DE CHANTEVER. -
281 I| entrait au lit. Elle avait une manière de sauter dessus et de se
282 I| En ai-je fait des marches et des démarches pour l'
283 II| épouser par un autre, le mariage n'est qu'une ficelle qu'
284 II| Parce que je suis une femme mariée. ~ M. DE GARELLE. - Eh
285 I| Oh ! les imbéciles qui se marient... car... ces voiles-là...
286 I| torture de se demander cela du matin au soir sans obtenir de
287 I| Quelle rouée, et quelle menteuse, et quelle coquette, et
288 II| ne prouve rien... que le mépris. Dans le premier cas, on
289 II| veut dire, soit que vous méprisez ma pitié, soit qu'elle est
290 II| est-ce pas ? Un service qui mérite mieux que votre accueil
291 II| de moi étaient plus que mérités. ~ Mme DE CHANTEVER. -
292 II| tout l'acharnement qu'elle met à tromper son mari. Est-ce
293 I| vais passer l'hiver dans le Midi, en garçon ! Quelle chance !
294 II| en prie, écoutez-moi une minute. J'étais jaloux, très jaloux,
295 II| Et bien, admettez un moment que je vous ai trompé. ~
296 II| conduit envers moi le mieux du monde. ~ M. DE GARELLE. - Peut-être ! ~
297 II| il faut bien que je me montre aimable. ~ Mme DE CHANTEVER. -
298 II| fou ? ou bien vous vous moquez de moi comme un rustre. ~
299 I| Mais quelle teigne... au moral. A-t-elle eu des amants ?
300 I| considérables, mais aussi des tares morales importantes. ~ Quelle
301 I| prend Gil-Blas. Faisons le mort. ~ Ma femme ! Quel drôle
302 II| Ne jouons pas sur les mots et avouez-moi franchement
303 I| enfoncé~dans son fauteuil. Il murmure :~~ Sacré nom d'un chien,
304 I| découvertes amoureuses tout le mystère de l'inexploré aussi charmants,
305 II| plus ? Je vous ai trompé, na. ~ M. DE GARELLE. - Il
306 I| ne le suis plus, grâce à Naquet. Comme c'est facile tout
307 II| sérieuse et d'une autre nature, maintenant que je ne suis
308 II| s'ils se fâchent, qu'on nomme des maris trompés. Eh bien,
309 II| qui vous a permis cette nouvelle union. ~ Mme DE CHANTEVER. -
310 II| propriétaire qu'ont les maris. ~18 novembre 1884~ ~
311 I| cela du matin au soir sans obtenir de certitude ! ~ En ai-je
312 II| coupé la ficelle, je vous offre la chaîne. ~ Mme DE CHANTEVER. -
313 II| étais votre époux, pour les offrir à je ne sais qui. ~ Mme
314 | ont
315 II| DE CHANTEVER. - Oh ! vous osez ? Après... après ce qui
316 I| une poitrine, d'un fini. Ouf ! Dans les premiers temps
317 II| sont loin de compenser l'outrage et le dommage conjugal que
318 II| M. DE GARELLE. - Parbleu ! Ça n'est pas fait pour
319 II| fort. ~ M. DE GARELLE. - Pardon, celui qui m'a trompé vous
320 II| Eh bien, il ne vous le pardonnera pas. ~ Mme DE CHANTEVER. -
321 I| chose. Je suis garçon ! A Paris, je ne m'en apercevais guère.
322 II| impossible de ne pas venir vous parler. ~ Mme DE CHANTEVER. -
323 I| Sacrebleu, oui, je lui parlerai, et même si je suis vraiment
324 II| silence.) Il me semble que ma parole devrait vous suffire. ~
325 II| des remerciements de votre part. ~ Mme DE CHANTEVER,
326 II| Vous en avez distrait une partie au bénéfice d'un autre !
327 I| Maintenant, je vais passer l'hiver dans le Midi, en
328 I| des frissons rien que d'y penser. Et une poitrine, d'un fini.
329 I| s'accroît de toutes les perfections rêvées. Où est-elle ? Dans
330 II| une voix douce :~~ - Me permettez-vous, madame, de me rappeler
331 II| de ma violence qui vous a permis cette nouvelle union. ~
332 II| disparaître le jour où la personne aura cessé de plaire. Cela
333 I| Brune ou blonde ? grande ou petite ? rieuse ou sévère ? grasse
334 II| avec celui qui a pris ma place, vous me seriez reconnaissante
335 II| Mme DE CHANTEVER. - Ne me plaignez pas. ~ M. DE GARELLE. -
336 I| cet hôtel, derrière cette porte ? Dans une des chambres
337 II| Mme DE CHANTEVER. - C'est possible. Mais votre figure m'est
338 II| si je disais oui... vous pourriez... ~ M. DE GARELLE. -
339 II| Mme DE CHANTEVER. - C'est pousser trop loin la plaisanterie,
340 II| mieux ce rôle-là que le précédent. C'est qu'elle est charmante,
341 I| à son bénéfice et à mon préjudice - mais quelle pile ! ~
342 I| délicieuse du premier baiser, des premières caresses, toute la griserie
343 I| un fini. Ouf ! Dans les premiers temps nous jouions à l'exercice -
344 I| elle s'est assise et elle prend Gil-Blas. Faisons le mort. ~
345 II| amour ou le désir, mais la prendre comme maîtresse ne prouve
346 II| Mme DE CHANTEVER. - Prenez-le comme vous voudrez. ~
347 II| CHANTEVER. - Mais pour qui me prenez-vous ? ~ M. DE GARELLE. -
348 II| conduire près de lui et me présenter. ~ Mme DE CHANTEVER. -
349 II| inclinant. - Alors, vous êtes prête à le jurer. ~ Mme DE
350 II| Alors, quelle est votre prétention ? ~ M. DE GARELLE. -
351 II| DE GARELLE. - Alors, je préviendrai M. de Chantever. Mme
352 II| DE CHANTEVER. - Vous le préviendrez de quoi ? ~ M. DE GARELLE. -
353 II| heureuse avec celui qui a pris ma place, vous me seriez
354 II| qui m'a trompé vous a bien prise pour la femme de M. de Garelle.
355 I| Quel drôle d'effet ça m'a produit. Ma femme ! Au fait, voici
356 II| CHANTEVER. - Et le secret professionnel ? ~ M. DE GARELLE. -
357 I| femme traverse le fond du promenoir,~élégante, fine, la taille
358 I| vrai que le jugement a été prononcé à son bénéfice et à mon
359 II| Mme DE CHANTEVER. - Ne prononcez pas ce mot infâme, qui me
360 II| homme est assez fou pour proposer à une femme de l'épouser
361 II| inutile de vous la dire, puisqu'elle ne peut exister que
362 II| Mme DE CHANTEVER. - Mais quelles preuves voulez-vous que
363 II| allais vous faire n'a plus de raison d'être. ~ Mme DE CHANTEVER. -
364 II| GARELLE. - Ma chère amie, vous raisonnez fort mal. Quand on aime
365 II| permettez-vous, madame, de me rappeler à votre souvenir ? ~Mme
366 I| fait quelques pas, puis se rassied.~~ Il est vrai que le
367 II| Ça n'est pas fait pour le rassurer. ~ Mme DE CHANTEVER,
368 II| M. DE GARELLE. - A raviver notre amour. Mme DE
369 II| si la pitié dont je vous reconnais digne est imméritée, c'est
370 II| ma place, vous me seriez reconnaissante de ma violence qui vous
371 I| draps... ~ Bon, je vais redevenir amoureux d'elle... ~
372 II| Vous êtes drôle. Mais je refuse. ~ M. DE GARELLE. - Alors,
373 II| est trop fort, c'est de refuser de rendre ce qui est légitimement
374 I| Maintenant, zut ! ça ne me regarde plus. ~ Je n'ai jamais
375 II| hui un emportement que je regrette d'ailleurs. J'attendais
376 I| pas. ~ Et ma femme est remariée !~ Est-il heureux, lui,
377 II| plutôt, je l'avoue, des remerciements de votre part. ~ Mme
378 I| la rencontrer ! Et je la rencontrerai assurément aujourd'hui ou
379 II| fait est que vous m'avez rendu là un rude service ! ~
380 II| M. DE GARELLE. - Réparer mes torts, en admettant
381 I| je vais avoir envie de la répouser maintenant ?... Bon, elle
382 II| cependant, me semble-t-il, me reprocher aujourd'hui un emportement
383 II| les ennuis, et toutes les responsabilités de l'amour ; dans le second
384 II| cessé de plaire. Cela ne se ressemble guère. ~ M. DE GARELLE. -
385 II| indiscutable qu'une maîtresse reste fidèle à son amant avec
386 II| se sauve. ~ M. de Garelle retourne doucement à son fauteuil~
387 I| de toutes les perfections rêvées. Où est-elle ? Dans cet
388 II| M. DE GARELLE. - Où vous reverrai-je ? ~ Mme DE CHANTEVER. -
389 II| pas ce mot infâme, qui me révolte et me dégoûte. ~ M. DE
390 II| à vous, un de ces êtres ridicules, toujours bafoués, quoi
391 I| blonde ? grande ou petite ? rieuse ou sévère ? grasse ou ?...
392 I| éternel espoir de l'amour qui rôde ? Que vais-je rencontrer,
393 II| vrai. J'aime mieux ce rôle-là que le précédent. C'est
394 I| la Croisette, ou dans la rue peut-être ? Où est-elle,
395 II| vous moquez de moi comme un rustre. ~ M. DE GARELLE. - Nullement,
396 II| est indispensable que je sache son nom. ~ Mme DE CHANTEVER. -
397 I| fauteuil. Il murmure :~~ Sacré nom d'un chien, c'est ma
398 I| drôle, et crâne, après tout. Sacrebleu, oui, je lui parlerai, et
399 | sais
400 I| Elle avait une manière de sauter dessus et de se glisser
401 II| Je vous aime... ~Elle se sauve. ~ M. de Garelle retourne
402 I| pour l'épier, sans rien savoir. Dans tous les cas, si j'
403 II| ait lieu, restitution sans scandale, restitution secrète, comme
404 II| responsabilités de l'amour ; dans le second cas, on laisse ces fardeaux
405 I| Et puis elle va crier au secours, au sujet de la pile ! Quelle
406 II| Mme DE CHANTEVER. - Et le secret professionnel ? ~ M.
407 II| sans scandale, restitution secrète, comme on fait pour les
408 I| vu sa forme, et dont la séduction s'accroît de toutes les
409 I| jamais vu une créature plus séduisante quand elle entrait au lit.
410 I| aujourd'hui ou demain, cette semaine ou la suivante, tôt ou tard ;
411 II| Après un silence.) Il me semble que ma parole devrait vous
412 II| devriez pas cependant, me semble-t-il, me reprocher aujourd'hui
413 I| comprennent pas l'adorable sensation des voiles levés pour la
414 | sera
415 I| cheveux, son sourire ? Comment sera-t-elle, la première femme qui me
416 II| très grave, sans quoi je ne serais point venu vous trouver
417 | serait
418 II| devez une compensation plus sérieuse et d'une autre nature, maintenant
419 II| les conséquences les plus sérieuses, demeurerait sans valeur
420 II| jure. ~ M. DE GARELLE, sérieux. - Je vous crois, madame.
421 II| a pris ma place, vous me seriez reconnaissante de ma violence
422 | seront
423 II| Alors, à quoi aurait servi le divorce ? ~ M. DE
424 I| PREMIÈRE~ M. de Garelle, seul, au fond d'un fauteuil.~~
425 II| monsieur. Veuillez me laisser seule. ~ M. DE GARELLE. - Pourtant,
426 I| grande ou petite ? rieuse ou sévère ? grasse ou ?... Elle sera
427 II| flagrant délit... (Après un silence.) Il me semble que ma parole
428 II| moins que ce ne soit une simple insolence. D'ailleurs, un
429 | soient
430 I| la désire, pourvu que je sois certain de la rencontrer !
431 II| GARELLE. - Pourtant, madame, songez-y, si je n'avais point commis
432 | sont
433 I| fait, je n'étais pas moins sot pour l'avoir épousée le
434 I| eu des amants ? En ai-je souffert de ce doute-là ? Maintenant,
435 I| veux-tu, sur une femme que je soupçonnais fortement de me tromper ! ~
436 II| Mme DE CHANTEVER, souriant. - Vous en demandez trop,
437 I| lèvres, ses cheveux, son sourire ? Comment sera-t-elle, la
438 II| de me rappeler à votre souvenir ? ~Mme de Chantever lève
439 I| faut pas les lever trop souvent... sur le même spectacle... ~
440 II| comprendre, il faut que vous soyez fort malheureuse. Mme
441 I| trop souvent... sur le même spectacle... ~ Tiens, une femme !... ~
442 II| Mme DE CHANTEVER, stupéfaite. - Ah çà, vous êtes fou ?
443 I| Est-il heureux, lui, mon successeur, plus heureux que moi ?
444 II| que ma parole devrait vous suffire. ~ M DE GARELLE, s'inclinant. -
445 I| demain, cette semaine ou la suivante, tôt ou tard ; mais il faudra
446 I| va crier au secours, au sujet de la pile ! Quelle pile !
447 | sûr
448 II| DE CHANTEVER. - Vous êtes surprenant. Mais que voulez-vous de
449 I| taille, et de l'allure. Tâchons de voir... la tête. ~Elle
450 II| fassent, comiques s'ils se taisent, et plus grotesques encore
451 II| égard. La preuve est là. Tandis qu'il est indiscutable qu'
452 I| sans compter le plaisir de taper à coeur que veux-tu, sur
453 I| semaine ou la suivante, tôt ou tard ; mais il faudra bien que
454 I| considérables, mais aussi des tares morales importantes. ~
455 I| valait. ~ Mais quelle teigne... au moral. A-t-elle
456 I| Ouf ! Dans les premiers temps nous jouions à l'exercice -
457 I| la première femme qui me tendra sa bouche et que j'envelopperai
458 II| que cette plaisanterie est terminée, n'est-ce pas ? ~ M.
459 I| le même spectacle... ~ Tiens, une femme !... ~Une femme
460 II| son fauteuil~et se laisse tomber dedans.~~ Eh bien ! vrai.
461 | ton
462 II| DE GARELLE. - Réparer mes torts, en admettant que j'en aie
463 I| Étais-je cocu ? Cristi ! quelle torture de se demander cela du matin
464 I| semaine ou la suivante, tôt ou tard ; mais il faudra
465 | toujours
466 II| Garelle. Il est juste que mon tour arrive. Ce qui est trop
467 | toute
468 II| infamie de vous frapper, nous traînerions encore aujourd'hui notre
469 I| une femme !... ~Une femme traverse le fond du promenoir,~élégante,
470 II| on est sûr qu'elle vous trompera, comme vous avez fait à
471 II| fâchent, qu'on nomme des maris trompés. Eh bien, madame, il est
472 I| il faudra bien que je la trouve ! ~ Et j'aurai, tout
473 II| ne serais point venu vous trouver ainsi après ce qui s'est
474 II| avez rouée de coups et vous trouvez peut-être que vous vous
475 II| a permis cette nouvelle union. ~ Mme DE CHANTEVER. -
476 | va
477 I| de l'amour qui rôde ? Que vais-je rencontrer, dans cet hôtel,
478 I| Gauche ou droite, ça se valait. ~ Mais quelle teigne...
479 II| sérieuses, demeurerait sans valeur si je n'avais pas été trompé
480 II| GARELLE. - La voici. Vous venez d'avouer que j'ai été, grâce
481 II| été impossible de ne pas venir vous parler. ~ Mme DE
482 II| quoi je ne serais point venu vous trouver ainsi après
483 I| suis vraiment fort... Nous verrons bien... ~~~
484 II| plaisanterie, monsieur. Veuillez me laisser seule. ~ M.
485 I| plaisir de taper à coeur que veux-tu, sur une femme que je soupçonnais
486 II| fort, ce qui le démontre victorieusement. Or, si vous avez été fidèle,
487 II| seriez reconnaissante de ma violence qui vous a permis cette
488 II| que les coups... les coups violents que vous avez reçus de moi
489 I| le premier jour, qu'une virginité conquise ! Oh ! les imbéciles
490 II| insultez. ~ M. DE GARELLE, vivement. - Je vous en prie, écoutez-moi
491 I| l'adorable sensation des voiles levés pour la première fois.
492 I| se marient... car... ces voiles-là... il ne faut pas les lever
493 II| charmantes que vous m'avez volées quand j'étais votre époux,
494 II| une ficelle qu'on coupe à volonté, et devenez l'amant de cette
495 II| comme on fait pour les vols honteux. ~ Mme DE CHANTEVER. -
496 II| en dirai pas autant de la vôtre. ~ Mme DE CHANTEVER. -
497 I| en apercevais guère. En voyage, c'est autre chose. Ma foi,
498 I| N'est-ce pas charmant de voyager avec l'éternel espoir de
499 I| exquis de l'attente ? La vraie femme que j'aime moi, c'
500 I| ce doute-là ? Maintenant, zut ! ça ne me regarde plus. ~
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