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UN PEU D’HISTOIRE
Le véritable fondateur de la
Porcelaine de Bayeux
fut M. Joachim Langlois, né à Lasson le 31 juillet 1759. Maire de Caen et
président du Tribunal de Commerce de cette ville pendant la période
révolutionnaire, il venait d’éprouver des revers de fortune en 1801 et se
trouvait en possession d’un lot d’actions de la Fabrique de porcelaine de
Valognes, actions dépréciées qui lui avaient été remises en paiement d’une
dette.
L’idée lui vint de contrôler la valeur de ce nantissement et il se présenta un
beau jour à Valognes où depuis quelques années on commençait à fabriquer des
produits assez beaux. Malheureusement, comme ils se vendaient mal, la
situation financière de la Société était peu brillante. M. Joachim Langlois, en homme d’action qu’il
était, entreprit de la rendre prospère.
Il part incontinent pour Sèvres, y acquérir les connaissances techniques
indispensables qui lui font défaut, et revient à Valognes après quatre ou cinq
mois d’études qui ont porté surtout sur le kaolin des Pieux. Il fonde une
société constituée pour dix ans et en est nommé le directeur.
Pendant ce laps de temps, M. Langlois fit preuve de la plus haute intelligence
et d’un entendement parfait de l’art précieux de la céramique.
Il adjoignit la fabrication de la porcelaine de luxe à celle moins délicate de la vaisselle de
ménage, certaines pièces qui sortirent de ses ateliers atteignaient une valeur
de 800 francs.
Quatre-vingt six ouvriers, dont 12 peintres et doreurs travaillaient sous ses
ordres.
Malgré son habileté et les flatteuses récompenses obtenues aux expositions, la
société arrivée à sa date de dissolution, ne fut pas renouvelée. C’est alors
que M. Langlois, abandonna Valognes pour Bayeux.
Il acquit l’ancien couvent des Bénédictines et s’y installa avec 40 de ses
anciens ouvriers.
Les premières années furent pénibles.
Après l’apothéose de l’Empire, le malheur s’abattait sur la France. Mais le
cauchemar de 1815 passé, le pays entier et la manufacture de Bayeux avec lui se prennent à revivre.
M. Langlois ne cesse de perfectionner ses procédés. Comme la lithographie vient
de faire son apparition et que l’on ne peut se procurer les pierres nécessaires qu’en Allemagne, il
imagine de confectionner des plaques de biscuit de porcelaine destinées à les
remplacer. Puis il grave et imprime à l’aide de ces planches des vues et des
paysages dont quelques épreuves sont conservées à la Bibliothèque de Caen.
En 1870, son fils Paul lui succéda, mais il mourut peu après laissant la lourde
entreprise aux mains de sa jeune femme, qui maintint pendant quelques années le
bon renom de la manufacture et la céda en 1878 à M. Jules Morlent, le
propriétaire actuel.
M. Edouard Morlent, son frère, devint son associé en 1883 et lui apporta sa
collaboration la plus active et la plus intelligente jusqu’en 1910.
Nous voici arrivés à la période où la fabrication de la porcelaine va devenir
de plus en plus scientifique : un outillage perfectionné va permettre une
production intensive avec une main-d’œuvre moins importante.
Diverses opérations faites mécaniquement présenteront le double avantage d’une
précision mathématique et d’une rapidité plus grande ; enfin cet ensemble
permettra de réaliser à des prix très faibles les porcelaines industrielles, de
ménage, et d’ornementation, mais surtout les ustensiles et instruments de
laboratoire, universellement réputés.
Pour apprécier toute l’ingéniosité des procédés en usage, nous guiderons nos
lecteurs comme nous l’avons été nous-même par M. Jean Morlent, parmi les vastes
salles et les escaliers poudrés à frimas de la manufacture ; lorsqu’ils auront
accompli cette visite, la
Porcelaine de Bayeux n’aura plus aucun secret pour eux.
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Le premier délayeur et les bacs de décantation. |
La Marcheuse qui assure l'homogénéité de la pâte |