IntraText Index | Mots: Alphabétique - Fréquence - Inversions - Longueur - Statistiques | Aide | Bibliothèque IntraText |
Link to concordances are always highlighted on mouse hover
PRÉPARATION DE LA BARBOTINE
Voici donc l’argile kaolinique arrivée à pied-d’œuvre. Elle n’est pas à l’état
de pureté, il s’agit de l’y amener par une série de lavages et de décantations
qui élimineront les sables et les particules de grès quartzeux qui s’y trouvent
mélangés.
Le kaolin est donc placé dans un premier délayeur, assez analogue à une baratte
à beurre, dans lequel il est mouillé et transformé en une bouillie plus ou
moins épaisse. La barbotine.
Pour fixer le temps nécessaire à ce délayage et pour qu’il s’opère d’une façon
uniforme, un avertisseur électrique prévient l’ouvrier du degré de chargement
de la cuve.
Cette bouillie descend alors dans une auge divisée en trois parties au fond
desquelles se déposeront déjà les sables les plus lourds qui représentent
environ le ⅓ des terres traitées.
De là, la barbotine passe dans une série de bacs de décantation à plans étagés
communiquant entre eux par un écoulement insensible et qui retiennent chacun
des sables de plus en plus fins. Il ne demeure en suspension dans l’eau
que le kaolin pur.
Un système de pompe aspire la barbotine dans le dernier décanteur et la refoule
dans un autre délayeur où se fera le dosage des matières qui constituent la
pâte œuvrable. Les éléments fusibles, sables feldspathiques et quartzeux
provenant des lavages et la craie, qui donneront à la porcelaine la dureté et
le liant, y sont incorporés dans des proportions rigoureusement déterminées.
Ce composé est brassé longuement par un mélangeur, d’où par un jeu de robinet
la même pompe le renvoie dans un malaxeur à hélice qui ressemble beaucoup au
pétrin mécanique des boulangers.
Dans cet appareil on ajoute à la barbotine les résidus non-cuits provenant des
déchets de tour et de pièces brisées au séchage : puis de là, la purée
kaolinique repasse dans un nouveau délayeur qui parachève le mélange.
On pourrait supposer que cette série d’épurations suffirait à donner une pâte
assez fine : il n’en est rien.
Pour éliminer les impuretés qu’elle peut encore contenir, elle est aspirée et
refoulée par une pompe, d’abord dans un premier tamis rotatif dont la toile
fait 90 fils au pouce, puis dans une seconde bluterie constituée par un tamis
plus fin de 120 fils.
Toujours aqueux, le kaolin est repris à nouveau par un délayeur destiné à
maintenir l’homogénéité du liquide.
La barbotine traverse encore un filtre-presse qui a pour but de l’amener à
l’état pâteux.
Cette machine est composée d’une série de plateaux creux, percés d’un orifice
central et revêtus d’une toile perméable.
Une pompe à membrane refoule le liquide dans ces plateaux, à une pression de 9
kilogs contrôlée par un manomètre.
A mesure que cette pression s’élève, l’eau s’écoule à la partie inférieure des
plateaux par une série de petits trous ; le kaolin en suspens est retenu par
les toiles sur lesquels il est recueilli sous forme de galettes.
A L’ÉTAT
PATEUX
Les galettes sont soumises à l’action d’une marcheuse composée de deux
cylindres extrêmement lourds roulant sur une table circulaire, où elles sont
pétries. Cette opération qui se faisait autrefois au pied - d’où le nom de
l’appareil - a pour but de chasser les bulles d’air et de donner plus de
consistance à la pâte.
La matière ainsi préparée est mise à pourrir dans des cuves de pierre revêtues
de zinc et de plomb dans lesquelles elle séjourne le plus longtemps possible.
La légende assure que les porcelainiers chinois l’y laissaient un siècle !
Dans ces bassins qui contiennent de 25 à 30.000 kilogs de pâte, les oxydations
naturelles se produisent, les échanges chimiques se font, l’équilibre hygrométrique
s’assure, réalisant l’homogénéité la plus absolue de la masse.
En sortant des cuves de pourrissage, la pâte à porcelaine est pétrie par une
nouvelle marcheuse semblable à celle
déjà indiquée.
Le fer est soigneusement proscrit de tout le matériel en contact avec la pâte à
cause de la rouille qu’il lui communiquerait ; les tables sont recouvertes de
plomb ou de zinc, les instruments sont en bois ou en cuivre.
Toutes les machines dont nous venons de décrire les délicates fonctions de même
que les autres appareils de fabrication sont mûs par la vapeur.