Victor Le Fort
La porcelaine de Bayeux, 1812-1912

DEUX MODES DE FABRICATION : TOURNAGE ET COULAGE

«»

Liens au concordances:  Normales En évidence

Link to concordances are always highlighted on mouse hover

DEUX MODES DE FABRICATION : TOURNAGE ET COULAGE

La confection des pièces suivant leur genre et l’épaisseur qu’elles doivent avoir s’opère par deux procédés très différents : le tournage et le coulage. Le premier, associé au moulage, est réservé aux grandes pièces, le second aux objets de profil  irrégulier et de moindre résistance.

Dans le premier atelier de tournage où nous pénétrons se fabriquent les grands instruments de chimie, capsules, mortiers, etc…. depuis les capsules de 27 m/m de diamètre jusqu’à celles mesurant 440 m/m. On en a même fait pour l’Italie dont le diamètre atteignait un mètre. Et ces capsules, une fois cuites, n’ont guère que 2 m/m et demi d’épaisseur.

Ces pièces sont à la fois moulées et tournées. Une première ébauche est fournie par un moule en plâtre, monté sur un tour et sur lequel s’abaisse un gabarit qui donnera au vase sa forme intérieure approximative.

Cette ébauche est calibrée sur un champignon puis la croûte de pâte est déposée à nouveau dans un moule également disposé à nouveau dans un moule également disposé sur tour, sur lequel l’intérieur de la pièce est soigneusement parachevé et lissé.

On abandonne le moule dont le plâtre absorbera l’humidité : la pièce se détachera alors d’elle-même.

A côté de cet atelier, une file interminable d’autres tours également mécaniques servent à la fabrication des assiettes et des plats.

Chacune de ces pièces passe sur trois appareils distincts qui les façonnent automatiquement et avec la plus grande précision.

C’est aussi dans cet atelier que sont faits les pyrogènes réclame des maisons Dubonnet, Cusenier, Dewars-Wisky, Mariani, Cherry-Brandy, Saint-Raphaël Quinquina, etc…..

Plus loin, sont installés les tourneurs au pied. Car la manufacture en a conservé quelques uns. Il est en effet admis que pour certains travaux un ouvrier habile obtiendra ainsi plus de délicatesse qu’avec les tours mécaniques.

Là sont fabriqués : creusets, pilons, entonnoirs de ménage et de chimie, théières, pots à lait, etc.

Passons maintenant à l’autre procédé, le coulage qui provoque toujours chez le visiteur un sentiment de surprise.

Une cuve surélevée contient de la barbotine épurée qu’un ouvrier déverse à l’aide d’un tuyau souple dans d’épais moules en plâtre dont le profil intérieur représente exactement l’objet à reproduire et qui ont été au préalable  époussetés avec un soin extrême.

Ces moules sont remplis jusqu’aux bords. Dès cet instant le plâtre s’empare de l’eau contenant le kaolin et celui-ci se dépose en croûte progressivement plus épaisse sur les parois du moule.

Pour déterminer la durée de l’opération, afin que toutes les pièces soient absolument identiques, un ingénieux appareil électrique, à cadran réglable, avertit l’ouvrier lorsque l’épaisseur désirée est obtenue.

A ce moment le surplus de la barbotine est rejeté dans un bac et presquimmédiatement on peut procéder au démoulage, le dépôt ayant déjà une consistance suffisante.

C’est par ce procédé que sont faits les cornues, les tubes pour laboratoire jusqu’à 1m20 de longueur et 7 centimètres de diamètre, etc. Dans d’autres ateliers de moulage sont confectionnés des cuves à réaction et à mercure, des cuvettes photographiques, des nacelles d’expérience, des plateaux, des articles pour l’électricité, des bains pour teinturier, des pièces industrielles, des cuillers et spatules à acides, des ustensiles de cuisine et jusqu’à des moufles pour la fabrication des verres d’optique.

Les moules innombrables qui sont en usage à la manufacture y sont tous fabriqués. Lorsqu’un objet-type est envoyé en commande, ce modèle ne peut servir et doit être copié à une échelle supérieure. Le retrait ramène aux dimensions exigées.

Les becs des capsules et des verseuses, les poignées et tous les accessoires qui ne peuvent être faits directement sur la pièce, y sont rapportés dans un atelier spécial dit de garniture. Ce travail est exécuté par des femmes, qui avec une dextérité surprenante, ajustent et collent à la barbotine, en un clin d’oeil, les becs et les anses : travail délicat, car les pièces ayant déjà séché sont devenues poreuses et par suite extrêmement friables.

L'émaillage et l'atelier de retouche.

Un tourneur au pied.- Fabrication d'un pilon



«»

Best viewed with any browser at 800x600 or 768x1024 on Tablet PC
IntraText® (VA1) - Some rights reserved by EuloTech SRL - 1996-2009. Content in this page is licensed under a Creative Commons License