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ENGAZETTAGE ET CUISSON | «» |
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ENGAZETTAGE ET CUISSON
Pour la cuisson les pièces manufacturées doivent être mises à l’abri des
impuretés, des pyrites, des projections et des sulfures de la combustion qui
terniraient la blancheur de la porcelaine.
Dans ce but elles sont placées dans des boîtes en terre réfractaire
dénommées cassettes et par corruption gazettes, boîtes
hermétiquement closes qui sont empilées dans les fours.
Chaque objet déjà cuit à 900° et recouvert de son émail est donc enfermé dans
sa boîte en terre réfractaire où il est isolé de tout contact. Les piles de
gazettes sont montées les unes à côté des autres, elles sont soudées par des «
colombins » et se soutiennent entre elles de façon que toute la gazetterie ne
forme qu’un bloc.
Les capsules sont engazettées par le procédé dit « à boucheton »,
c’est-à-dire que la même boîte de terre contient toute une série de capsules se
recouvrant les unes les autres, de la plus petite à la plus grande.
Les longs tubes de chimie qui se déformeraient, s’ils cuisaient
horizontalement, sont munis à la façon, d’une collerette qui forme saillie à
chaque extrémité, ils sont suspendus verticalement dans les fours et chargés
par en bas, à l’aide d’une masse en terre réfractaire dont le poids assure au
tube une rectitude absolue.
Au sortir du four les bagues de suspension sont sciées à l’aide d’une meule en
acier doux enduite de « carborandum ».
Ainsi que nous l’avons dit les fours, au nombre de trois, sont du système «
Gosse ».
Chaque four est constitué par une grosse cloche de maçonnerie ayant 5 mètres de
diamètre intérieur et 12 mètres environ de hauteur.
Il est divisé en deux étages communiquant entre eux par des carnaux.
Au premier, se fait la cuisson à 1.410 degrés ; on utilise le surplus de
chaleur pour le dégourdi à 900 degrés qui se fait à l’étage supérieur.
Dans cette partie du four
éloignée déjà des foyers et où il ne se trouve pas de pièces recouvertes
d’émail, on ne pratique l’engazettage que pour les objets les plus fragiles.
Les fours Gosse comportent cinq foyers ou alandiers disposés sur leur pourtour,
plus un sixième, souterrain et central.
La cuisson d’une fournée demande 24 heures, pendant lesquelles on brûle 8 à 9
tonnes de houille d’Ecosse, qui parvient à la manufacture par Caen et
Port-en-Bessin.
Ces charbons donnent une flamme très pure qui les fait préférer à tous autres.
Pendant la grève anglaise, on dut forcément brûler des charbons du
Pas-de-Calais, mais cette nécessité entraîna de graves inconvénients par suite
de dépôts abondants de sels et oxydes ferrugineux.
La conduite d’un four est chose délicate, et l’ouvrier doit veiller avec un
soin rigoureux à ce qu’aucun détail des trois phases de la cuisson ne soit
négligé.
La première consiste à chasser l’humidité contenue dans les fours ; pour cela,
on commence le feu en laissant pendant 3 ou 4 heures les alandiers ouverts afin
que la buée soit entraînée au dehors.
Le feu est ensuite poussé et les alandiers chargés tous les quart d’heure.
Pendant la dernière période - le grand feu - le charbon doit être renouvelé
toutes les sept minutes.
Lorsqu’arrivent les dernières heures de chauffage, il est nécessaire de
contrôler le degré de cuisson.
Pour cela on a disposé en face d’un regard ménagé dans la porte du four, une
gazette échancrée contenant des produits témoins, qui sont successivement
retirés et brisés ; l’examen des cassures et de la vitrification indique
empiriquement l’état général de la fournée.
On sait alors si l’on doit continuer la chauffe ou mettre bas les feux.
Afin de prévenir tout défaut de vigilance, un contrôleur électrique
relie les chaufferies à la demeure du contremaître.
Le refroidi demande trois
jours. Le quatrième, on défourne.
Les produits sont alors transportés aux magasins et triés.
C’est de là qu’ils partiront, douillettement emballés dans la paille, pour
toutes les parties du monde, vers les laboratoires et les usines, et aussi,
vers les gigantesques palaces de tourisme, ceux de Suisse par exemple, qui
demandent à Bayeux les théières, cafetières, pots à laits et à crème,
indispensables aux lunch et aux five-o’clock de leur élégante clientèle.
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Quelques spécimens d'instruments |
La porte d'entrée du personnel pavoisée |
Il y a peu de chances que les jolies misses qui sucrent le thé, au retour d’une
excursion au Righi ou entre deux parties de bosleigh sur les pentes neigeuses
de l’Engadine, se doutent de la somme de science, d’efforts et de travail
intelligent, qui doit concourir à l’exécution de la frêle verseuse qu’elles
tiennent en leurs doigts.
Ces efforts patients, ces
recherches vers le mieux, il y trente quatre ans que M. Jules Morlent les
poursuit : près de lui, témoins et collaborateurs de son œuvre, en nombre
respectable - c’est le cas ou jamais d’employer l’épithète - de vieux ouvriers,
entrés en même temps que lui à la manufacture, continuent leur dévouement à M.
Jean Morlent le jeune et artiste co-directeur qui assume à présent les charges
de surveillance et d’études techniques devenues lourdes aux épaules
paternelles.
M. Jean Morlent, dont nous aurons du reste à reparler plus spécialement quelque
jour, est un élève distingué de l’école de Sèvres.
Il emploie ses loisirs à des essais sur des pâtes qui reçoivent des flammés,
des cristallisations de grand feu, roses et dorées d’un effet d’art
extraordinaire.
Sous ses doigts, des bleus précieux et profonds, des roses d’une délicatesse
infinie, des camaïeux demi-mats, des bruns mordorés, revêtent de leurs
splendeurs de pierrerie des vases longs et étroits sonores comme des cloches,
de minuscules amphores, pures comme ces poteries idéales que les chiens des
bergers découvrent parfois en grattant la terre dans la campagne romaine…..
V. LE FORT.
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