Victor Hugo
Les contemplations

TOME I AUTREFOIS 1830-1843

LIVRE TROISIÈME LES LUTTES ET LES RÊVES

I. Écrit sur un exemplaire de la Divina Commedia

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LIVRE TROISIÈME

LES LUTTES ET LES RÊVES

 

I.

Écrit sur un exemplaire de la Divina Commedia

 

Un soir, dans le chemin je vis passer un homme

Vêtu d’un grand manteau comme un consul de Rome,

Et qui me semblait noir sur la clarté des cieux.

Ce passant s’arrêta, fixant sur moi ses yeux

Brillants, et si profonds, qu’ils en étaient sauvages,

Et me dit : « J’ai d’abord été, dans les vieux âges,

« Une haute montagne emplissant l’horizon ;

« Puis, âme encore aveugle et brisant ma prison,

« Je montai d’un degré dans l’échelle des êtres,

« Je fus un chêne, et j’eus des autels et des prêtres,

« Et je jetai des bruits étranges dans les airs ;

« Puis je fus un lion rêvant dans les déserts,

« Parlant à la nuit sombre avec sa voix grondante ;

« Maintenant, je suis homme, et je m’appelle Dante. »

 

Juillet 1843.

 


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