Victor Hugo
Les contemplations

TOME I AUTREFOIS 1830-1843

LIVRE PREMIER AURORE

XVI. Vers 1820

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XVI.

Vers 1820

 

Denise, ton mari, notre vieux pédagogue,

Se promène ; il s’en va troubler la fraîche églogue

Du bel adolescent Avril dans la forêt ;

Tout tremble et tout devient pédant, dès qu’il paraît :

L’âne bougonne un thème au bœuf son camarade ;

Le vent fait sa tartine, et l’arbre sa tirade ;

L’églantier verdissant, doux garçon qui grandit,

Déclame le récit de Théramène, et dit :

Son front large est armé de cornes menaçantes.

 

Denise, cependant, tu rêves et tu chantes,

À l’âge où l’innocence ouvre sa vague fleur ;

Et, d’un œil ignorant, sans joie et sans douleur,

Sans crainte et sans désir, tu vois, à l’heurerentre

L’étudiant en classe et le docteur dans l’antre,

Venir à toi, montant ensemble l’escalier,

L’ennui, maître d’école, et l’amour, écolier.

 


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