Victor Hugo
Le roi s'amuse

V TRIBOULET ACTE CINQUIÈME

SCÈNE II.

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SCÈNE II.

TRIBOULET, SALTABADIL.

 

 

SALTABADIL.

 

Ouf ! c’est lourd. Aidez-moi, monsieur, pour quelques pas.

 

Triboulet, agité d’une joie convulsive, l’aide à apporter sur le devant de la scène un long sac de couleur brune, qui paraît contenir un cadavre.

 

Votre homme est dans ce sac.

 

TRIBOULET.

 

Voyons-le ! quelle joie !

Un flambeau !

 

SALTABADIL.

 

Pardieu non !

 

TRIBOULET.

 

Que crains-tu qui nous voie ?

 

SALTABADIL.

 

Les archers de l’écuelle et les guetteurs de nuit.

Diable ! pas de flambeau ! c’est bien assez du bruit ! –

L’argent !

 

TRIBOULET, lui remettant une bourse.

 

Tiens !

 

Examinant le sac étendu à terre pendant que l’autre compte.

 

Il est donc des bonheurs dans la haine !

 

SALTABADIL.

 

Vous aiderai-je un peu pour le jeter en Seine ?

 

TRIBOULET.

 

J’y suffirai tout seul.

 

SALTABADIL, insistant.

 

À nous deux, c’est plus court.

 

TRIBOULET.

 

Un ennemi qu’on porte en terre n’est pas lourd.

 

SALTABADIL.

 

Vous voulez dire en Seine ? bien ! maître, à votre aise !

 

Allant à un point du parapet.

 

Ne le jetez pas là. Cette place est mauvaise.

 

Lui montrant une brèche dans le parapet.

 

Ici, c’est très-profond. – Faites vite. – Bonsoir.

 

Il rentre et ferme la maison sur lui.

 


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