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L’aimable et tendre Philomèle,
Voyant commencer les beaux jours,
Et ses malheurs et ses amours.
Le plus beau paon du voisinage,
Maître et sultan de ce canton,
Vint interrompre son ramage :
C’est bien à toi, chantre ennuyeux,
Et ce long bec, et ces gros yeux,
De vouloir charmer ce bocage !
D’oser célébrer la tendresse :
De quel droit chantes-tu sans cesse ?
Moi, qui suis beau, je ne dis rien.
Il est vrai, je ne suis pas belle ;
Mais vous, dont la noble arrogance
Vous vous taisez par impuissance,
Et n’avez que vos seuls appas.
Ils doivent éblouir sans doute ;
Est-ce assez pour se faire aimer ?
Allez, puisqu’amour n’y voit goutte,
C’est l’oreille qu’il faut charmer.