Jean-Pierre Claris de Florian
Fables
Lecture du Texte

Livre 1

4 – Les deux voyageurs

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4 – Les deux voyageurs

 

Le compère Thomas et son ami Lubin

Allaient à pied tous deux à la ville prochaine.

Thomas trouve sur son chemin

Une bourse de louis pleine ;

Il l’empoche aussitôt. Lubin, d’un air content,

Lui dit : pour nous la bonne aubaine !

Non, répond Thomas froidement,

Pour nous n’est pas bien dit, pour moi c’est différent.

Lubin ne souffle plus ; mais, en quittant la plaine,

Ils trouvent des voleurs cachés au bois voisin.

Thomas tremblant, et non sans cause,

Dit : nous sommes perdus ! Non, lui répond Lubin,

Nous n’est pas le vrai mot, mais toi, c’est autre chose.

Cela dit, il s’échappe à travers les taillis.

Immobile de peur, Thomas est bientôt pris,

Il tire la bourse et la donne.

Qui ne songe qu’à soi quand sa fortune est bonne

Dans le malheur n’a point d’amis.


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