Thomas Mayne Reid (alias Captain Mayne Reid)
Le chasseur des plantes
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L UN MONSTRE MYSTÉRIEUX

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UN MONSTRE MYSTÉRIEUX


Karl était sorti dès le matin ; son frère, ainsi que le Shikarri, commencèrent à s’inquiéter lorsque, l’heure du dîner étant passée depuis longtemps, ils ne le virent pas revenir ; leur inquiétude augmenta en voyant l’absence de Karl se prolonger outre mesure ; ils savaient que le botaniste n’avait pas emporté de vivres ; l’espèce de sacoche où il mettait les graines et les plantes qu’il allait parfois recueillir était restée à la maison ; il était donc parti avec l’intention de faire une simple promenade, et, pour qu’il ne fût pas rentré, il fallait nécessairement qu’il lui fût arrivé quelque chose.

 

Préoccupés de cette idée, Gaspard et l’Hindou se mirent à la recherche du botaniste : il est probable qu’ils ne l’auraient pas découvert aussi promptement, s’ils n’avaient été guidés par le chien ; mais Fritz les avait mis tout d’abord sur la voie qu’avait suivie le chasseur de plantes, et les avait conduits à la ravineKarl était perché.

 

Ils y étaient arrivés juste au momentcelui-ci quittait le rebord de la terrasse, et avaient poussé de grands cris, dès qu’ils avaient pu l’apercevoir, afin de l’avertir de leur présence ; mais le pauvre Karl, absorbé à la fois par les difficultés de cette descente périlleuse et par l’inquiétude que lui inspirait l’ours, n’avait pas entendu les premières paroles qui lui avaient été adressées.

 

Gaspard, en voyant son frère suspendu à la muraille de granit, s’était précipité au pied de la falaise et avait dit à Ossaro de le suivre et de défaire la peau de buffle qui lui servait de manteau. Le Shikarri, comprenant quelle était la pensée du jeune Sahib, s’était empressé de faire ce que lui disait Gaspard, et les deux jeunes gens avaient étendu la peau de buffle au-dessus de leurs têtes. C’est alors que les mains du chasseur de plantes s’étaient détachées de la falaise ; mais Karl, en tombant, avait été reçu par le manteau du Shikarri ; et, bien que la force de la chute eût renversé Gaspard et l’Hindou, nos trois amis s’étaient relevés sans avoir le moindre mal.

 

« Voilà ce qui s’appelle arriver à propos ! » s’écria Gaspard d’une voix joyeuse.

 

Et certes, jamais personne n’arriva plus à temps ; c’en était fait de Karl, si le secours inattendu qu’il venait de recevoir avait été différé d’une seconde.

 

« Je suis en veine, reprit Gaspard ; je veux dire qu’aujourdhui est un de mes jours de bonheur ; et cependant je ne devrais pas employer cette expression en parlant d’une journée qui a failli vous être si fatale à tous les deux.

 

– À tous les deux ! s’écria le botaniste avec surprise.

 

– Oui, cher frère ; tu es la seconde personne que je viens de sauver d’une mort certaine.

 

– Qu’est-il arrivé au Shikarri ? mais ses vêtements sont tout humides ! les tiens aussi, Gaspard ; vous sortez donc du lac ? est-ce que vous avez manqué de vous noyer ?

 

– Précisément, répondit Gaspard ; et même ce pauvre Ossaro a failli être victime d’un sort bien plus cruel ; sans moi, c’était fini ; le malheureux était avalé par un épouvantable monstre

 

– Un monstre ! s’écria le botaniste avec une surprise mêlée d’effroi.

 

– Le mot n’est pas tout à fait exact, reprit Gaspard en souriant de l’air effaré qu’avait le chasseur de plantes ; ce n’est pas d’une monstruosité qu’il s’agit, c’est au contraire d’un phénomène très-naturel, mais tout aussi dangereux que le plus grand alligator ; il faudra bien faire attention à nous quand nous irons flâner aux environs du lac. »

 

Voici le récit de l’aventure d’Ossaro, tel à peu près qu’il le fit lui-même.


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