Thomas Mayne Reid (alias Captain Mayne Reid)
Le chasseur des plantes
Lecture du Texte

LXIV CONCLUSION

«»

Liens au concordances:  Normales En évidence

Link to concordances are always highlighted on mouse hover

LXIV

CONCLUSION

Vous supposez qu’après une pareille aventure nos amis se gardèrent bien de remettre les pieds dans la caverne. Il est certain qu’ils n’y seraient jamais revenus, s’ils avaient pu découvrir un passage quelconque pour s’échapper du vallon où ils étaient emprisonnés ; mais la falaise n’avait pas d’autre brèche que la moraine qui conduisait au glacier, ou l’orifice béant de cette caverne ténébreuse ; et les trois exilés ne pouvaient pas renoncer à l’espoir de trouver dans l’un des tunnels de ce labyrinthe, une issue qui les conduirait de l’autre côté de la montagne.

 

Avant d’abandonner cette espérance, il fallait au moins qu’une exploration complète eût démontré que la caverne était elle-même une impasse. Huit jours après leur sortie du labyrinthe, nos chasseurs avaient préparé des torches, et moulé des chandelles en quantité suffisante pour commencer de nouvelles recherches.

 

À peine avaient-ils déjeuné qu’ils se dirigeaient vers la falaise et que, pénétrant dans la caverne, ils en parcouraient les galeries jusqu’au soir, espérant toujours que le lendemain ils découvriraient une issue qui leur rendrait la liberté.

 

Mais les semaines s’écoulèrent sans apporter aucun changement à la situation de nos malheureux amis, Tous les passages, tous les retraits de la caverne avaient été parcourus plusieurs fois, tous les détails en avaient été soigneusement examinés, palpés, sondés ; mais, hélas ! toutes ces galeries étaient murées, toutes ces baies profondes, toutes ces fissures étroites n’aboutissaient qu’au roc impénétrable.

 

Lorsqu’il fallut enfin renoncer à cette dernière espérance, les trois amis sortirent de la grotte, et cette fois pour n’y jamais rentrer. Ils allèrent s’asseoir au bord de la corniche et y demeurèrent pendant longtemps sans échanger une parole ; mais leur attitude et leurs regards exprimaient un profond désespoir.

 

Exilés à jamais dans cette vallée sans issue, ils n’auraient plus de communication avec le monde et ne contempleraient jamais d’autres visages que ceux de leurs compagnons d’infortune ! pensée déchirante qui les absorbait entièrement.

 

Ce fut Gaspard qui le premier rompit le silence.

 

« Quelle affreuse destinée ! murmura-t-il ; vivre et mourir ici ! loin du toit paternel, loin de tout le monde ! être seuls, toujours seuls !

 

– Non, lui répondit son frère en cherchant à dissimuler sa tristesse, non, Gaspard, nous ne sommes pas seuls, car Dieu est avec nous ; efforçons-nous d’oublier le monde, et que le Seigneur devienne notre univers. »

 

FIN


«»

Best viewed with any browser at 800x600 or 768x1024 on touch / multitouch device
IntraText® (VA2) - Some rights reserved by EuloTech SRL - 1996-2011. Content in this page is licensed under a Creative Commons License